Moutchi de Corinne Goodman

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Moutchi est une auto-biographie, Corinne nous raconte son enfance dans une famille Franco-Américaine bourgeoise, dans laquelle rien n’aurait dû lui manquer. Pourtant, pas d’attention ni d’amour familiale pour Corinne.

Elle devient donc Moutchi avec et pour Charlie, un jeune homme qui devient son baby-sitter mais aussi son abuseur physique et moral.

Un livre dérangeant avec des scènes qui le sont tout autant mais qui interpelle sur la nécessité pour l’enfant d’être aimé, d’être guidé, d’être pris en charge, rassuré.

Quelque soit ce type d’amour, l’enfant s’y réfugie, il se laisse formater par l’adulte.

Corinne Goodman a eu besoin d’écrire ce livre afin d’exorciser cette enfance, pour avoir confirmation de l’anormalité, de l’immoralité de ce qu’elle a vécu avec Charlie.

Un livre difficile mais au fil duquel on sent l’auteure se libérer de l’emprise de son abuseur.

Difficile de se faire une opinion tranchée à la fin de cette lecture. Y a t-il un seul coupable, une seuls victime?

Merci à L&p Conseils ainsi qu’à Naïve éditions.

Résumé:

C’est une enfant et ses parents n’ont pas de temps à lui consacrer. Charlie, dix-sept ans, est engagé. Il sera le précepteur.
Charlie vient d’arriver dans la vie de l’enfant de six ans. Il va la séduire. Il va la détruire.
Moutchi, c’est l’histoire d’un prédateur et de son pouvoir.
Depuis l’âge de six ans et jusqu’à l’âge adulte, Corinne va subir ce pouvoir, seule, plongée dans un entourage familial jet-set et délétère, abandonnée par ces adultes, qui par confort, par lâcheté, ferment les yeux sur ce qui est criant… Charlie est gentil, plus gentil que papa et maman et d’ailleurs, papa et maman aimeraient tant avoir eux aussi les faveurs de Charlie, Charlie est amoureux de Moutchi (c’est le surnom dont il l’a affublée) et les autre sont jaloux, Charlie est présent quand les autres sont absents, Charlie est normal quand tout le monde est fou.
Corinne Goodman raconte avec sobriété et intensité, l’histoire d’une aliénation. Elle analyse les mécanismes de destruction mis en place par la folie de Charlie.
Violée, isolée, personne n’est venu au secours de la petite fille, personne n’a voulu reconnaître la terrible vérité, celle qu’elle a tenté de dire une fois adulte.
Double peine.
Ce roman autobiographique pose à nouveau des questions sur la protection de l’enfance, sur le rôle des adultes face aux violences, sur l’aliénation psychologique.
Décapant, dérangeant mais indispensable. Et servi par une écriture de haute tenue.

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