Là où se pose le cœur de tamara mckinley

J’ai à de nombreuses occasions pu vous parler de Tamara McKinley et de cette façon si singulière qu’elle a de vous emporter dans ses histoires, et bien la voici de retour avec une nouvelle aventure dans la famille Reilly et leur pension du bord de mer. Cette famille si attachante a bercé mes lectures durant de nombreuses heures, elle parvient encore une fois à faire chavirer mon cœur. 

Voici ce que je vous disais des deux premiers tomes de cette saga et le lien vers Babelio pour le troisième que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire:

https://livresque78.wordpress.com/2015/11/23/et-le-ciel-sera-bleu-de-tamara-mckinley/

https://livresque78.wordpress.com/2016/11/22/si-loin-des-siens-de-tamara-mckinley/

https://www.babelio.com/livres/McKinley-Lespoir-ne-meurt-jamais/101227

Vous l’aurez donc compris, cette saga peut bien entendu se lire dans l’ordre ou individuellement, chaque histoire est indépendante.Nous sommes toujours en pleine guerre, 1941, l’Angleterre subit toujours d’intenses bombardements et attaques, Londres où vit Julie et sa famille n’y échappe pas. Cette pauvre jeune infirmière, sage-femme va vivre un cauchemar, le sort va s’acharner sur les siens, il va lui falloir changer totalement de vie pour l’amour et la protection de son neveu. C’est ainsi que nous retrouvons donc la famille Reilly chez qui va se retrouver Julie, cette famille recomposée pour la plupart, prend en son sein chaque personne à qui la vie joue un mauvais tour en cette période si difficile. C’est donc une maison du bonheur où il fait bon de vivre et où chacun soutient son prochain. On y reste ou on y passe un temps, celui de se reconstruire, mais c’est un temps qui réchauffe le cœur, indéniablement. comme dans le titre de cet opus c’est un endroit où le cœur se pose.

Comme chaque pensionnaire rencontré dans cette saga, Julie est forte et se bat pour sa survie mais surtout ici pour celle de son neveu William un enfant fragile né lors d’un bombardement. Julie va ressentir en quelques mois une foule d’émotions plus intenses  les unes que les autres. Une période de l’histoire qui me touche toujours particulièrement dans un roman, tout y est plus intense, plus fort. on tente de se projeter tout en étant heureux de la place où l’on est aujourd’hui. 

Encore une lecture belle et intense où l’on plonge sans aucune réserve, telle que Tamara McKinley sait nous en écrire. L’occasion peut-être de la découvrir pour ceux qui ne la connaissent et une nouvelle plongée dans cet univers si fort pour les fans.

Résumé:

Février 1941. Julie Harris, sage-femme, travaille dans le quartier de l’East End, à Londres, quand un bombardement détruit la maison dans laquelle elle a grandi, anéantissant tous les membres de sa famille, à l’exception de son neveu William, un nourrisson.
Déterminée à tenir la promesse qu’elle a faite à sa sœur de protéger William jusqu’à ce que Bill, son père, rentre du front, elle accepte un poste de sage-femme à Cliffehaven, sur la côte sud-est de l’Angleterre. La famille Reilly, qui dirige la pension du Bord de Mer, la prend sous son aile.
Mais bientôt, Julie apprend que Bill est porté disparu… tandis que William tombe gravement malade.
À son chevet, Julie craint de perdre ce petit ange qu’elle commençait à aimer comme son propre fils.

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[TBTL] Throwback Thursday Livres – Nature paisible

Conçu par BETTIE ROSE BOOKS sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram mais version livres ! Chaque semaine, un thème est proposé et il faut partager une lecture correspondante (une seule) à ce thème.
Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à vos lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres ! Comme nous « revenons en arrière », il s’agit de livres déjà lus. Sauf exception de thème. Quand un thème ne vous inspire pas, vous pouvez piocher à votre guise dans les anciens.

Cette semaine, un thème qui appelle à la méditation et au retour à la nature : Nature paisible, lieu isolé, campagne, montage, retraite, désert.

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Ce thème me renvoie inévitablement à une lecture, récente, mais qui m’a beaucoup marquée : Seules les montagnes dessinent des nuages de Marc Lepape aux éditions Emmanuelle Colas. C’est un roman que je vous avais déjà présenté comme magnifique et cet article me permet de revenir sur un aspect essentiel de son écriture : la présence de la nature…

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La Sélébie est une île fictive, mais en tant qu’île, c’est bien un lieu isolé, qui a des liens commerciaux avec le reste du Monde, l’Europe notamment, mais qui, sinon, vit en autarcie. Le port de Ryot, porte d’entrée de ce lieu enchanteur, est en ce sens assez peu révélateur du reste de l’île : « Il tenta d’appréhender la façade des bâtiments qui ceignaient en un demi-cercle le grand bassin. La juxtaposition des maisons, des immeubles d’armateurs et des entrepôts rappelait à s’y méprendre l’Europe, mais la palette de couleurs rythmant le bois le déconcertait. »

En effet, Erraink quitte assez rapidement cette ville pour s’enfoncer dans les profondeurs de la Sélébie et atteindre la région de l’Onk qui réunit les critères de cette semaine : campagne, nature paisible, lieu isolé… Autant de caractéristiques qui permettent à l’auteur des envolées lyriques qui ne peuvent pas laisser insensible : « Ce rempart l’hypnotisait comme le font les hautes enceintes et les lourds portails des cités légendaires. Il devinait dans les moindres anfractuosités, à l’intérieur même de la roche si dense, des trésors de temps, des palpitations figées, des exhalaisons à jamais serties. et combien de grottes inaccessibles, de ténèbres om la moindre lueur introduite incendierait un dédale de voûtes, de plafonds et de colonnes ! Combien de lacs souterrains qui feraient oublier l’impuissance du mot pureté ! »

La montagne ensuite évidemment… C’est là que tout se déclenche, le lieu de la retraire de Dmyrn, plateau sauvage, menaçant mais au point de vue époustouflant et aux vérités lourdes de conséquences : « Sur la longue sente escarpée, elle ressasserait ses pensées et elle déboucherait sur ce site grandiose dont les proportions et l’aspect lui coupaient le souffle. Dmyrn, son unique frère, serait là, inaccessible, silhouette minuscule juchée depuis trois ans au somment d’un piton rocheux vertigineux. »

Le désert enfin, menaçant mais inexploré et dont la réalité va déterminer non seulement le destin des personnages mais celui de la région tout entière.

Je n’en dis pas plus, vous trouverez ici ma chronique complète, mais si vous voulez du dépaysement, de la nature sauvage, dangereuse et de la poésie, n’hésitez plus et laissez Marc Lepape vous enchanter !

Bonne lecture !

Priscilla (@Priss0904)

 

Pas d’amour sans amour de Evelyne Dress

Coincée entre sa nature de femme forte et indépendante et ce plaisir pris aux gestes de galanterie de la part de la gent masculine, voici Eva. Ce roman est pour moi un constat sur le statut de la femme, un regard quelques fois acerbe sur le comportement des hommes.

Eva, 40 ans dans les années 90, une période charnière, nous raconte dans ce qui ressemble à un journal intime, son quotidien de quadragénaire célibataire et sans enfant, son envie de tendresse et d’attentions amoureuses, mais pas à n’importe quel prix.

Evelyne Dress a un style percutant, elle appelle un chat un chat, pas de faux-semblants, de non-dits, la passion charnelle, le sexe ne font pas bondir de honte ce personnage qu’elle nous raconte à travers ce roman.

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La femme dans sa complexité, son besoin de s’interroger, de comprendre, de tout analyser tout le temps. Elle peut rarement pratiquer le sexe sans amour, contrairement aux hommes et c’est tout le problème d’Eva.

5ème roman de l’auteur aux multiples casquettes, elle aborde ce sujet avec sérieux car c’est une réalité dans laquelle les femmes de 40 ans sauront se retrouver avec pourtant une légèreté typique de la plume d’Evelyne Dress, que j’aime décidément beaucoup.

J’ai découvert l’univers de auteur grâce au roman La maison de Pétichet en septembre 2017, voici ce que je vous en disais:

https://livresque78.wordpress.com/2017/09/18/la-maison-de-petichet-develyne-dress/

Un vrai plaisir de retrouver les mots de cette femme que l’on sent elle -même forte, indépendante et que l’on a véritablement envie de suivre à travers ses histoires.

Un roman évident, bien écrit, sans prise de tête, une parenthèse qui fait sourire tout autant qu’elle fait réfléchir à la condition de la femme que ce soit dans les années racontées dans ce texte, qu’en 2018, car au final on se dit que la femme reste la même malgré le temps et les années qui passent. La place de la femme dans la société est un sujet d’actualité permanent, la solitude et le célibat le sont tout autant. 

Merci à Éric Poupet ainsi qu’aux éditions Glyphe.

Mag @livresque78

Résumé :
Eva, célibataire de quarante ans, n’a pas fait l’amour depuis trois ans. Elle est pourtant belle, dynamique, sportive, branchée.
Il y a trois ans, Bruno la quittait, probablement parce qu’elle voulait un enfant, et lui, pas !
Elle a mis tout ce temps-là à s’en remettre… et comme pour elle, il n’y a pas d’amour sans amour , elle commence, un peu, à dysfonctionner .
Elle va consulter son gynéco qui lui dit : Vous vous débrouillez comme vous voulez, mais il faut ‘réactiver’.
Alors, Eva prend sa respiration, sort dans la rue, regarde tous les hommes qui passent, et se dit : Ça va pas être de la tarte !

Pas d’amour sans amour , raconte, avec sincérité et par touches successives la génération qui a voulu échapper au schéma parental en vivant sa révolution sexuelle, sociale, intellectuelle, et qui, finalement, se retrouve en 2002 avec le goût amer de la solitude.

 

 

 

 

Nuits à haut risque de Marie-Bernadette Dupuy

J’ai reçu ce livre lors de la dernière opération Masse critique organisée sur Babelio, j’ai sélectionné cette lecture car j’aime particulièrement l’auteur, alors quelle joie lorsque j’ai vu que j’avais été retenu.

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Je connaissais donc Marie-Bernadette Dupuy dans un tout autre style d’écriture. Et je vais être franche, j’ai sur ce roman policier été déçue.

En effet, ce livre est composé de trois enquêtes dont l’enquêtrice principale est Maud Delage, agréable personnage que l’on prend plaisir à découvrir. Cependant, l’intrigue des ces histoires manque pour moi de profondeur, le format « Nouvelles » ne m’a pas séduite, on est habitué à lire des grandes sagas où l’auteur nous narre avec précision son histoire. Cependant il est à noter que le talent de manipulation des mots de l’auteur est bien entendu présent, mais la magie n’a pas opéré pour moi. Je préféré donc indéniablement Marie-Bernadette Dupuy dans l’écriture de ces romances historiques.

Attention, je ne dis pas que le livre est mauvais, bien loin de là, je me suis juste laisser croire que j’allais comme d’habitude me laisser embarquer dans une longue et belle histoire, au final cette déception est de mon fait, tanpis pour moi.

Merci à Babelio et à Archipoche pour cette découverte, celle de cette auteur tant lue et appréciée dans tout autre genre.

L’orange sanguine de Laurent Fréour

Seconde chronique en ce mois de novembre concernant les romans de Laurent Fréour, pour moi une découverte totale, puisque c’est Priscilla qui vous parlait il y a peu, du dernier roman de l’auteur: Les naufragés du navire de Pierre, pour l’article en question c’est ici:

https://livresque78.wordpress.com/2018/11/06/les-naufrages-du-navire-de-pierre-de-laurent-freour/

Nous avons donc lu séparément ces deux romans et dans le désordre, mais rien de tout cela n’est grave bien sûr puisqu’ils se lisent de manière indépendante

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Qu’ais je pensé de L’orange sanguine? Tout d’abord cette couverture, vous connaissez mon attirance pour cette vitrine du livre, ici elle est très belle et attire irrémédiablement le lecteur. Concernant l’histoire, Laurent Fréour revient ici aux fondamentaux du roman policier, pas besoin de fioritures, une enquête rondement menée avec tous les ingrédients nécessaires: un mort, des collègues, des proches, des patrons, des petits chefs… Mais aussi et surtout un lieu qui fait rêver: l’île de la réunion, ses lagons, ses paysages, son rythme de vie indolent que nous envions tant, et pourtant Landry Hammerrer a bien été tué sur son lieu de travail. Jean-Pierre Vidal alias JPV va devoir démêler cet imbroglio de relations néfastes et de collègues en souffrance afin de trouver le meurtrier.

Une enquête basée sur des interrogatoires, des découvertes à coup de délation, une enquête que je pourrais qualifier d’enquête à « l’ancienne », ce qui satisfera à coup sûr les puristes du genre. Un agréable moment de lecture, au rythme des courses de fond du capitaine JPV et du vocabulaire et des expressions Créoles, qui sont heureusement expliquées dans un glossaire en fin de roman. Car  autant certains termes vous paraissent évidents puisqu’ils sont arrivés jusqu’à notre métropole, mais pour d’autres, la surprise et le sourire sont au rendez-vous.

En marge de cette enquête, nous vivons aussi au rythme de notre capitaine qui roule en side-car, un flic bien étrange, qui souhaite recoller les morceaux avec sa femme. Une parenthèse qui au fil des pages rend ce personnage attachant, ce qui donne une véritable profondeur à l’histoire, eh! oui les flics ont une vraie vie!

Merci à Laurent Fréour ainsi qu’aux éditions Incartades pour ce très agréable moment passé.

Mag @livresque78

[TBTL] Throwback Thursday Livres #2 Couvertures éblouissantes

 

Conçu par Bettie rose books sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram mais version livres ! Chaque semaine, un thème est proposé et il faut partager une lecture correspondante (une seule) à ce thème.
Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à vos lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres ! Comme nous  » revenons en arrière « , il s’agit de livres déjà lus. Sauf exception de thème. Quand un thème ne vous inspire pas, vous pouvez piocher à votre guise dans les anciens.

Pour ma part, aujourd’hui je préfère vous parler d’une « belle » couverture, car c’est une des premières choses… non, en fait la première chose qui m’amène à me diriger vers un roman.

Je suis particulièrement réceptive aux couvertures des romans ados et jeunes adultes.

Lorsque j’ai découvert ce thème, le choix a été difficile car nombreuses sont celles qui m’ont séduites par leur esthétisme, mais il a fallu faire un choix et il s’est porté sur Miss Péregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs.

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Cette saga est en elle-même un bijou car je vais déroger un peu à la règle et ne pas me contenter de vous parler de la couverture, car si vous ouvrez ces trois volumes, vous serez subjugués par la qualité de ces ouvrages.

Des photos, certes un peu flippantes pour certaines, mais qui donnent une impression de réalité totale.

Une fois passé le choc de ces superbes couvertures et de ces photos qui étayent votre lecture, vous entrez dans un univers étrange, riche qui vous fera voyager entre fantastique et faits historiques.

Une fabuleuse lecture que j’ai adorée, des romans que je garde précieusement dans ma bibliothèque car ils font vraiment partie des plus beaux.

Mag @livresque78

Les Classiques de Priscilla – Tous les matins du monde de Pascal Quignard

 

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Avec cette chronique, la première question que je me pose, c’est « qu’est-ce qu’un classique ? ». Ce roman peut-il bénéficier de ce statut ? Je ne trancherai pas sur la question de la littérarité de telle ou telle œuvre. Et tout simplement, je rangerais dans cette rubrique les romans que l’on a pour habitude de donner à lire à nos élèves de collège, de lycée ou d’université…

IMG_20181121_133609.jpgMe voici donc à vous parler du roman de Pascal Quignard que je dois lire depuis longtemps et que j’ai enfin pris le temps de découvrir. J’en ai entendu beaucoup de bien, du coup, je m’attendais sûrement à un chef-d’œuvre, d’où ma légère déception.

Le sujet n’est pas facile : rendre la magie de la musique en mots est très délicat, peut-être même impossible. Les limites du « Ut pictura poesis » !

Ce roman raconte l’histoire de la famille de Sainte-Colombe : le père vient de perdre son épouse et doit élever seul ses deux filles, Madeleine et Toinette. Complètement anéanti par son veuvage, l’homme ne se concentre que sur sa musique et n’a de rapport avec ses filles qu’à travers elle. C’est un homme froid, colérique, taciturne et dans le rejet de tout ce qui a trait à la cour de Versailles. Il rencontre un jour un jeune homme, Marin Marais qui vient lui demander de le former à la viole. Le jeune homme est ambitieux, il veut vivre de son art et de son succès. Cette divergence de point de vue et d’objectifs va vite séparer le maître et l’élève, de manière irrévocable. A cette intrigue s’ajoute une dimension amoureuse. Madeleine s’éprend de Marin et vit avec lui une relation  charnelle que Marin rompra de manière cruelle après choisi de voler – aussi – la virginité de la petite sœur.

Je n’ai vraiment pas accroché avec ce roman. Monsieur de Sainte Colombe, aussi touchant qu’il puisse être en veuf qui veut absolument revoir sa femme, magie rendue possible grâce à la musique, ne m’a pas vraiment émue. On ne comprend pas bien ses colères, sa haine de la cour et son revirement final. Seul élément convaincant à mon goût : son amour de la musique et son élitisme. Pour lui, savoir jouer ne suffit pas à devenir un vrai musicien et l’on sait combien c’est vrai…

« Quand je tire mon archet, c’est un petit morceau de mon cœur vivant que je déchire. Ce que je fais, ce n’est que la discipline d’une vie où aucun jour n’est férié. J’accomplis mon destin. »

En ce qui concerne les autres personnages, la brièveté du récit ne m’a pas permis de m’attacher à eux. Madeleine et Toinette sont assez insipides à mon goût, quant à Marin, le narrateur fait en sorte que le jugement que l’on porte à son encontre ne soit jamais remis en cause, même à la fin… On espère qu’il a changé et la dernière phrase fait tout basculer.

Dernière chose qui m’a profondément déplu, ce sont les passages évoquant la sexualité des personnages. Evidemment, dans une intrigue située au XVIIe siècle, cela détonne, on n’y est pas habitués. Qu’à cela ne tienne, Pascal Quignard revendique son appartenance au XXe siècle et le dépassement de ces convenances, tant mieux ! Toutefois, ces mentions sont trop crues à mon goût. Ne voyez pas là un excès de pudeur, non, non ! Mais je trouve que cela n’apporte rien à l’histoire et que, suggérée, cette dimension aurait été plus acceptable. Franchement, savoir que comme il fait froid, « son sexe est tout petit et gelé » alors que le personnage est en train d’écouter la musique dans la nuit, j’ai du mal à en comprendre l’intérêt.

Je suis évidemment prête à entendre tous les désaccords et toutes les rébellions que ma chroniques pourraient susciter, avec grand plaisir, même. C’est ça, la magie de la littérature, elle touche chacun selon ses sensibilités !…

Priscilla (@Priss0904)

Quatrième de couverture : Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l’ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.
Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu’à la barque. L’ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu’il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura :
– Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids

Le salon du livres des Essarts le roi du dimanche 18 novembre

Comme nous vous l’avions annoncé, dimanche matin pour Priscilla et moi, c’était direction Les Essarts le roi, à une dizaine de kilomètres de chez nous, pour la 9ème édition du salon du livre. Le but premier de cette visite était bien entendu de se faire plaisir, mais aussi de rencontrer des auteurs dont nous n’avions pas encore croisé la route. C’est chose faite, une belle matinée, des discussion avec des auteurs passionnés qui parlent de leur travail avec beaucoup d’amour.

En tout premier lieu, à notre arrivée, nous rencontrons Thierry Berlanda, pour ma part j’ai pu échanger à plusieurs reprises sur les réseaux avec cet homme charmant, avenant et agréable, pour Priscilla, c’est une vraie rencontre et une très agréable découverte.

Puis nous papillonnons de stand en stand, nous présentant et nous nous en mettons plein les yeux, tous ces romans qui donnent envie, les thèmes, de l’histoire, de la jeunesse et des romans, ne peuvent que nous donner envie de tout acheter, mais la sagesse prend le dessus, et la petite voix suraiguë de notre banquier nous susurre à l’oreille de rester raisonnable. Mais bon, malgré tout c’est le sac à main un peu plus lourd que Priscilla et moi quittons les stands de tous ces auteurs.

De nombreuses découvertes qu’à notre tour nous aimerions vous faire découvrir:

Olivier Kourilsky alias le Docteur K, un auteur charmant et disponible avec lequel nous avions échangé via facebook et messenger. Son stand attire les foules, les curieux qui veulent en savoir plus, mais aussi les fans qui désirent la petite dédicace sur le dernier roman: Marche ou greffe, qui est d’ailleurs dans ma bibliothèque bien au chaud depuis mon retour.

Puis, une totale découverte, bien agréable d’ailleurs, Frédéric Parra, professeur lui aussi comme Priscilla, la discussion se fait tout naturellement. Priscilla n’a pu que craquer pour le roman: Les disparus du Vieux-puits dont elle nous parlera j’en suis certaine lors d’une de ses chroniques.

Pour ma part, je rencontre Guillaume Cliquot et découvre avec surprise que son roman: Garde tout surtout les gosses a inspiré le film Papa ou maman, qui m’a beaucoup plu bien évidemment. Il m’a donc semblé tout naturel de découvrir ce livre ainsi que la véritable histoire à l’origine de ce succès du cinéma Français.

Ensuite, rencontre avec Ludovic Lecomte, certainement un des plus passionné de ce salon, un jeune auteur dont les idées de roman nous ont séduites indéniablement, Priscilla s’est donc fait plaisir avec le roman: Si par hasard, une idée d’écriture qui a germé dans l’esprit de l’auteur suite à un reportage sur le retrait des cadenas du pont des arts à Paris. Certainement, en temps et heure un bel article de Priscilla nous permettra d’en savoir plus sur cette prometteuse lecture.

Puis pour ma part, petit cadeau pour ma fille avec un roman de Christine Feret-Fleury, une auteur absolument incroyable par sa diversité des genres, elle nous proposait ici de surtout découvrir ses romans jeunesse et jeunes adultes. Je me suis laissé tenter par: Memory, une superbe couverture et un résumé énigmatique

Une matinée riche, vous l’aurez compris, merci à tous les auteurs présents, de leur patience et d’avoir tendu l’oreille afin d’entendre le petit filet de voix qui sortait de ma bouche, je n’avais pas choisi le meilleur jour pour être malade.

A renouveler sans hésitation…

Les Prénoms épicènes d’Amélie Nothomb

46469314_263036677732390_7201266408439676928_nLà encore, il ne s’agit pas d’un service presse, même si l’on peut encore considérer ce roman comme une nouveauté… Ce livre a une histoire : je l’ai offert à mon père à l’occasion d’une visite de l’auteure dont il est inconditionnellement fan dans la librairie de son quartier. Il a donc reçu une belle dédicace et m’a invitée ensuite à le lire. Ce que j’ai ENFIN fait !

Amélie Nothomb, on a souvent un avis tranché sur ses romans : on aime ou on déteste. En ce qui me concerne, je suis moins catégorique. J’ai beaucoup aimé Stupeur et Tremblements ou Acide Sulfurique, j’ai été moins sensible au charme de Métaphysique des Tubes. Dans l’absolu, je n’ai jamais eu de grand coup de cœur et donc je n’ai jamais ressenti l’envie de lire tous ses textes. Mais celui-ci, il avait une jolie histoire…

Et oui, je lève ce suspens insoutenable : ce roman m’a plu. Avec un premier chapitre qui donne à l’histoire une tonalité et une direction que l’on oublie vite, Amélie Nothomb brouille les pistes. Le personnage de Claude (prénom épicène évidemment) est dérangeant et très intriguant, c’est finalement ce personnage sombre et négatif qui m’a le plus happée. Pourquoi veut-il épouser Dominique (vous aurez compris que c’est encore un prénom épicène) si rapidement ? Pourquoi veut-il absolument un enfant ? Pourquoi se détourne-t-il de sa fille ? Pourquoi se montre-t-il gentil parfois ? Pourquoi se montre-t-il froid juste après ? C’est là la plus grande finesse de l’auteure selon moi : il y a peu d’indices qui expliquent son comportement jusqu’à la fin.

Les autres personnages sont plus lisibles, peut-être un peu trop : Epicène (leur fille, oui oui !) est trop intelligente, trop fine, trop mature, trop, trop… Dominique n’est pas assez vindicative, pas assez présente, pas assez forte, pas assez, pas assez…

Le style est toujours aussi fluide et agréable. La langue française est maîtrisée au point qu’Amélie Nothomb peut se permettre de jouer avec elle. Ce roman aurait pu être un grand thriller psychologique, mais l’auteure semble définitivement préférer le petit roman percutant… Pourquoi pas !

Quant à la morale, elle n’est pas aussi simpliste qu’on pourrait le croire de prime abord. Certes « la personne qui aime est toujours la plus forte« , mais ici les personnages sont surtout guidés par la haine : Claude, bien sûr, dont l’échec a une portée morale, mais Epicène aussi, et avec elle, plus difficile de trancher.

Bref, j’ai retrouvé cette auteure avec grand plaisir : amour, haine, trahison, vengeance, famille, bourgeoisie, jalousie. Des thèmes récurrents, certes, mais pas seulem46449336_336805403773048_7846879406973779968_nent chez Amélie, ne sont-ils pas aussi ceux que Shakespeare, dont il est beaucoup question dans ce roman, affectionnait le plus ?

Merci, donc, cette fois, non pas à une maison d’édition particulière, mais à mon Papa !!

Priscilla (@Priss0904)