Préjugés et orgueil de Lynn Messina

Je commence 2019, comme j’ai fini 2018, en compagnie, même un peu plus lointaine, de Jane Austen, Bennet et Darcy. Comme l’indique la couverture : « Bennet est un homme, Darcy est une femme…et nous sommes à New York au XXIe siècle ! »

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Grand bien m’a pris de lire l’original avant de me lancer dans la lecture de cette réécriture. Evidemment, ça semble, au premier abord, gâcher une part du suspens : on sait d’emblée ce qui va advenir des personnages et ce qu’ils sont réellement, mais là n’est pas l’essentiel. Le vrai tour de force de l’auteur, c’est l’adaptation ! En effet, comment certains éléments de l’intrigue, comme la fuite déshonorante de Lydia et Wickham (vivre ensemble sans être mariés, quelle horreur !), la mère abusive qui cherche absolument à « caser » ses cinq filles, se retrouveraient-ils au XXIe siècle ? Lynn Messina est donc obligée de créer un univers entier et cohérent autour de musées, de mécènes, de donations, de détournements de fonds qui permettent de conserver le sel de l’histoire originelle sans que rien ne nous choque.

Romeo-et-JulietteJ’ai lu quelques critiques de lecteurs qui se plaignaient du manque de cohérence entre le contexte moderne et le langage « austenien » des personnages, un peu ce que certains reprochent à un film comme Romeo + Juliet de Baz Lurhmann (film que je trouve tout simplement génialissime en ce qui me concerne !). Je pense, pour ma part, que c’est l’un des charmes du roman, cette présence sur une même page de « Twitter » et de propos sur « le gentleman accompli ». Car oui, ce récit va bien au-delà d’une reprise de l’intrigue d’Orgueil et Préjugés, c’est une vraie déclaration d’amour au roman originel. On sent, d’autant plus quand on les lit à la suite, à quel point Lynn Messina aime, admire et connaît parfaitement le roman de Jane Austen. Les clins d’œil sont nombreux et vraiment savoureux. Je n’en citerai que quelques exemples : le premier mot de Darcy sur le physique de Bennet, la première danse, la tornade Wickham, la lettre, la visite de Pemberley, les déclarations… Bref, un vrai florilège des moments forts du roman initial.

Il y a, en outre, tout un jeu savoureux sur la toponymie. Les prénoms sont phonétiquement très proches : Charles devient Charlotte, Georges devient Georgia, Lydia devient Lydon, Jane devient John, Caroline devient Carl ; les lieux sont eux aussi manipulés Meryton devient le nom du patron des personnages principaux, Brigton un club très privé. Le sel des personnages qui faisaient sourire à la lecture du roman anglais du XIXe siècle se retrouve ici : Lady Catherine évidemment, Mrs Bennet disparaît au profit d’un patron qui réunit toutes ses « qualités », Collin qui devient un gay contraint de se marier pour la famille…

J’ai tout simplement adoré Orgueil et Préjugés et j’ai passé un bon moment à la lecture de Préjugés et orgueil avec un effet de symétrie qui s’ajoute au changement d’année, ce qui me semble symboliquement très approprié.

Avis donc à tous les fans d’Austen, vous ne serez ni choqués, ni outrés. L’élève n’a pas l’intention de dépasser le maître ici, simplement de lui rendre hommage en montrant, encore une fois, certes en forçant un peu le trait parfois (notamment autour des classes sociales), que la littérature nous parle à travers les âges…

Je remercie chaleureusement les éditions Diva Romance pour cette découverte. Et j’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2019 !

Priscilla (@Priss0904)

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