Les Conquérantes (Tome 2) d’Alain Leblanc

Vous vous en souvenez ? J’avais dévoré le premier tome dont la chronique se trouve ici. Et bien… Je me suis laissée prendre une deuxième fois ! La magie opère toujours avec ce deuxième opus des aventures de Clémence et de sa descendance.

Je les avais quittées à la fin des années 1920 alors que Clémence dirigeait enfin seule sa maison de couture, que Gilberte assumait son indépendance et son homosexualité et que Noémie se laissait marier à Norbert, sous les ordres de son père, un être Ô combien charmant !

C’est cette dernière que nous suivons le plus précisément à partir de 1930. La jeune fille soumise et effacée se dévoile enfin et nous apprenons comment elle a été élevée, loin de sa mère et de sa sœur et comment elle essaie de s’en sortir. Le plus passionnant, c’est évidemment son évolution, sa prise de conscience progressive qu’elle peut penser et même agir par elle-même. Elle n’est pas aussi catégorique que Clémence ou Gilberte, elle se comporte de façon plus modérée, plus réfléchie. Elle me ressemble un peu plus en fin de compte. Bien sûr, elle ne ressent rien pour son mari, bien sûr ses convictions politiques (souvent très superficielles d’ailleurs) et son antisémitisme la révulsent au plus haut point et bien sûr elle serait ravie d’être débarrassée de lui, mais elle se montre également droite, reconnaissant ses quelques valeurs et ses mérites de père de famille. Partagée entre l’obéissance à laquelle son père l’a habituée et la virulence de sa mère et de sa sœur, déchirée entre sa situation de mère de famille et d’amoureuse (son amant lui-même ne se montrant pas toujours ouvert et compréhensif), elle doit trouver son équilibre et il lui faudra tout le roman pour y parvenir.

IMG_20190106_212222.jpgEvidemment ce second tome subit les conséquences imposées par la période historique relatée. Si le premier roman narrait une histoire qui, au gré des événements, changeait quelque peu de nature, les décennies mises en scène dans le second sont toutes marquées par le fascisme déferlant en Europe, qu’il s’agisse du début des années 1930 pendant lesquelles Hitler inquiète, des années de guerre ou de celles de la lente et difficile reconstruction du pays.

Encore une fois, l’auteur brille par la qualité des informations qu’il maîtrise et nous délivre. Nous vivons, avec les personnages, sous l’Occupation et comme eux, nous tremblons pour les Résistants, nous comptons les morts et disparus, nous nous révoltons contre les collabos et les délateurs. Ce roman nous plonge dans la Résistance intérieure, dans les sous-sols, dans les trains avec de faux papiers d’identité et il nous permet de nous rendre compte de la longueur de la guerre, de l’attente entre la promesse de De Gaulle le 18 juin 1940 et le débarquement des Alliés en juin 1944 pour ceux qui risquaient leurs vies à différentes échelles.

De ce fait, comme en 1914-1918, les femmes prennent une grande place, aidant ou suppléant leurs conjoints, quand elles ne vont pas complètement à leur encontre. La différence ici, c’est qu’elles se sont parfois montrées exemplaires à côté d’hommes qui se sont volontairement rangés du mauvais côté. Les Résistants savent ce qu’ils doivent à la gent féminine, ce qui explique l’obtention du droit de vote pour les femmes en 1944.

Aussi ai-je encore plus hâte maintenant de découvrir le troisième et dernier tome, qui concerne les décennies 1960-2000. Selon moi, il sera d’autant plus intéressant qu’il évoquera la condition féminine au quotidien. Il n’y sera plus forcément question d’héroïnes à qui les hommes devront reconnaître un statut mais de femmes qui devront simplement prouver (et c’est dommage que ce soit nécessaire) qu’elles sont les égales des hommes, même dans un contexte ordinaire. J’imagine déjà que Marianne, Ninon, Carole, Isabelle et Rachel seront au cœur d’un récit que je suis impatiente de découvrir.

logo_légéJe vous invite donc encore une fois chaleureusement à découvrir cette fresque historique et humaine dans laquelle les événements mais surtout les personnages vous scotchent à votre livre du début à la fin ! Merci Alain Leblanc, merci FrenchPulp Editions !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Résumé disponible sur le site de l’éditeur :

La France des années 30. Tandis que l’Europe s’enfonce lentement dans la guerre, Noémie se découvre mariée à un mari fasciste et antisémite. Comme sa mère avant elle, la jeune femme va devoir entrer en résistance pour faire entendre sa voix : résistance contre l’envahisseur nazi bien évidemment, mais résistance aussi contre l’autorité des hommes et le carcan moral qu’ils imposent aux femmes de toutes les conditions.

Une lutte qu’elle mènera avec les siens et tous les descendants des héros déjà croisés dans le premier tome des Conquérantes, saga historique qui retrace en trois volumes le combat des femmes pour l’égalité, un combat plus que jamais d’actualité.

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