Le Moulin des larmes de Francis Angeletti

Ce roman publié par les éditions Amalthée m’a été proposé par son auteur lui-même, Francis Angeletti. Il a certainement senti, via ma page Facebook, mon intérêt profond pour les romans historiques… C’est une lecture palpitante et émouvante, comme je les aime. Nous suivons la destinée d’une famille, maudite à bien des égards, mais maudite par l’Histoire. Entre 1904 et 1970, nous suivons trois générations ébranlées, chacune à leur manière, par la folie meurtrière des hommes.

Ce roman a le mérité de mêler différents genres : Histoire bien sûr, saga familiale, romance, enquête policière, crise identitaire. Où l’on pourrait se perdre, on navigue assez facilement.

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Quatrième de couverture : Ce roman à tiroirs retrace la saga d’une famille de 1904 à 1970. S’il dévoile des actes de courage et d’entraide, il ne tait pas pour autant une malédiction transmise de génération en génération, pour qu’enfin la vérité éclate au grand jour.
​En 1942, au milieu de la Poméranie occidentale, le sort s’acharnera sur des familles fuyant le nazisme. Elles se réfugieront pour la nuit dans un moulin perdu au bord d’une rivière. Au petit matin, dans une effroyable confusion, les parents voués à une mort certaine seront miraculeusement sauvés. 27 ans plus tard, un père déterminé à retrouver les criminels, lancera un journaliste d’investigation dans une enquête improbable. En rouvrant ce dossier oublié, il ne se doutait pas qu’il découvrirait aussi l’impensable.
Une jeune femme ne pouvait pas imaginer non plus le lourd secret dont elle était l’épicentre. Sa vie commença par un mensonge autour d’une histoire machiavélique. Elle vivra dans l’insouciance jusqu’au jour où elle retrouvera ses véritables origines et son nom.
Elle y découvrira l’amour et la paix. Seuls les caprices du temps pouvaient contrarier ce qui devait être établi.

Dans sa postface, l’auteur nous dit qu’il cherchait surtout à nous émouvoir. C’est chose faite ! J’ai été vraiment secouée par cette histoire, je me suis entendue pousser des cris lors de la scène la plus atroce, j’ai senti les larmes me monter aux yeux à la fin du roman. Pourtant, comme Francis Angeletti le dit aussi, c’est un roman porteur d’espoir, parce que chaque personnage porte en lui une rage de vaincre, de survivre qui n’empêche évidemment pas la mort, mais qui donne du sens à la vie. L’Amour est une valeur essentielle, il scelle le destin de ces personnages touchants et peu gâtés par la vie jusqu’à la rencontre d’un homme, d’une femme, d’un enfant qui changent tout.

Ce qui me frappe à l’issue de cette lecture, c’est que les criminels du XXe siècle ne sont pas seulement ceux que l’on pense. La Grande Guerre n’atteint pas la profonde Pologne et ce ne sont pas les nazis qui commettront l’impensable dans ce moulin éponyme qui porte parfaitement bien son nom. Ce sont des hommes, souvent sans scrupule, parfois seulement dans le besoin, et donc généralement vénaux qui se laissent dépasser par leurs peurs, leur déraison, leurs mensonges. De fait, même les pires personnages, bien que je ne les aie pas trouvés particulièrement touchants, ne commettent pas que des horreurs.

Francis Angeletti nous happe dès le début de son œuvre, il parvient à rendre attachants les premiers êtres que l’on y croise et qu’on n’arrive plus à lâcher. Pour chacune des générations que l’on suit, le portrait des personnages est vivant, brossé par des attitudes, des remarques, des actes, plus que par des descriptions trop explicites. On a vraiment le temps de s’éprendre de chacun d’eux avant de les perdre, toujours trop brusquement.

Le seul bémol de ce roman vient justement de là : il reste, à mon goût, encore trop de zones d’ombre, j’en aurais voulu encore, en fait. J’aurais aimé savoir ce que faisait Wiktor tout seul dans cette forêt, quelles relations Maria entretenait avec sa mère et ses oncles, précisément, des moments de complicité, de tendresse. Autant d’éléments qui auraient encore enrichi l’image que je me fais de ces personnages tous intrigants. Mais vraiment, avoir ce genre de remarques à faire à l’issue de la lecture d’un premier roman, je pense qu’en réalité, ça revient à faire un compliment.

Merci, M. Angeletti, pour ce bon moment de lecture, pour cette histoire originale, riche, passionnante et surtout profondément humaine. Merci également aux éditions Amalthée.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

4 réflexions sur “Le Moulin des larmes de Francis Angeletti

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