ils étaient vingt et cent…

Il va m’être difficile de vous transmettre l’émotion ressentie à la lecture de ce livre de Stanislas Petrosky, je ne connaissais pas l’auteur ou juste de nom, il m’est donc apparu comme une évidence de faire sa rencontre à travers ce roman. Les histoires qui relatent les souffrances atroces vécues par les déportés sont nombreuses, celle-ci est certainement de tout ce que j’ai lu sur le sujet , la plus terrible. L’auteur a créé des personnages et il les a soumis aux tortures abjectes de monstres et de tortionnaires ayant malheureusement existé. Des scènes dures, très dures, qui je dois l’avouer par moment m’ont amené à me demander si je pouvais continuer ma lecture, il le fallait, je devais apprendre et comprendre ce qui s’est réellement passé dans ce camp de Ravensbrück. Il m’a été impossible d’intégrer l’innommable, le diable était dans ces lieux, comme bien ailleurs durant cette époque, et Stanislas Petrosky tente de nous le prouver, si besoin en est, en nous relatant des faits de barbarie commis en ces murs, en toute impunité.

Il nous fait découvrir 6 ans d’enfer à travers les yeux de Gunther, un jeune Allemand, qui grâce à son talent d’illustrateur va survivre à son opposition au régime nazi et se retrouver dans l’obligation d’assister au pire et de le dessiner. Il va vivre 6 ans aux côtés des prisonnières de Ravensbrück, un camp d’extermination de femme du IIIème Reich, de sa construction à sa libération. Il va assister au pire sans jamais pouvoir intervenir. Un espoir est-il possible? Peut-on garder une once d’humanité dans ce genre d’endroit où plane la mort et la souffrance, à tel point que les lieux en seront certainement marqués à jamais? Un roman incroyable malgré la violence qu’il était absolument nécessaire de retranscrire car elle ne peut être oubliée, car elle doit être racontée et enseignée afin qu’elle ne se reproduise jamais. L’enfer de Gunther, bien qu’il ait des conditions de vie bien meilleures que celles des prisonnières, est palpable, il est traumatisé par les cris, la faim, les expériences qu’il est en charge d’immortaliser, il se bat chaque jour pour rester celui qu’il était en arrivant dans ce camp de la mort. A lire absolument, avec toutefois un avertissement pour les âmes sensibles. Bravo et merci également à French Pulp éditions.

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe, il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs
Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

Jean Ferrat
En savoir plus sur https://www.lacoccinelle.net/1070851.html#u6zkkSHMf66bqvgy.99

Publicités

8 réflexions sur “ils étaient vingt et cent…

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s