Throwback Thursday Livresque n°9

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 30 mai : Imaginaire

J’ai, en voyant le thème de cette semaine sur le blog de Carol, rapidement su de quoi j’allais vous parler. Ici c’est vraiment pour moi l’occasion de vous faire découvrir un roman que j’ai lu au démarrage du blog. Une époque où l’audience des articles était limitée et par conséquent cette lecture est malheureusement passée un peu inaperçue. Voici donc le moment parfait pour la remettre à l’honneur et vous la faire découvrir.

Eldorado de Hina Corel, la chronique que j’en avais faite au moment de sa sortie est ici

Un roman qui m’a marqué car il est pour moi à part, il sort du lot des dystopies que l’on trouvait à foison à l’époque de sa sortie. C’est donc vous l’aurez compris une lecture qui me tient vraiment à coeur car elle m’a embarqué loin, très loin, elle est fraîche, différente. Des personnages vrais auxquels on s’attache rapidement, et surtout un résumé de l’éditeur assez énigmatique, qui ne donne que peu d’informations et laisse une place totale au suspense et à la découverte. Une histoire originale et qui est totalement dans l’imaginaire, ce qui colle parfaitement avec le thème de cette semaine TBTL. Bonne découverte et bonne lecture à tous.

https://livresque78.wordpress.com/2015/04/24/eldorado-de-hina-corel/

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LOU APRÈS TOUT Livre 1 – Le grand effondrement de Jérôme Leroy

Premier tome d’une trilogie, Le grand effondrement est un roman jeune adulte, paru chez les éditions Syros et je dois avouer que j’ai vraiment accroché, je vous explique pourquoi.

Jérôme Leroy l’auteur, utilise les classiques de ce qui fonctionne depuis quelques années maintenant dans la littérature dystopique: la fin du monde, les contagions, le gouvernement qui fait souffrir le peuple… Mais, car il y a un MAIS de taille, l’auteur rend cette lecture bien plus riche que cela, il fait un constat navrant sur notre société, sur l’état de notre planète, sur les nouvelles technologies, sur les addictions…

Jérôme Leroy construit cette histoire d’une façon intelligente et qui la rend très addictive, on constate tout d’abord dans une première partie où en est notre pays aux alentours de 2040, il situe ses personnages dans le Nord de la France, vers Roubaix, Lille. Il nous met entre les mains le bagage nécessaire à la compréhension, le décor est posé, rien ne va plus, l’angoisse est déjà bien présente. Nous faisons donc la connaissance de Lou et Guillaume, ils tentent ensemble de survivre à un monde apocalyptique où toutes nos craintes semblent s’être matérialisées. Pour en savoir plus à leur sujet il va vous falloir lire le roman car même sous la torture je ne parlerai pas.

Puis vient une seconde partie, la plus grande en quantité de pages et en importance du récit. Nous revenons, à travers les souvenirs de Guillaume sur tout d’abord son histoire personnelle mais aussi sur l’origine de la situation. J’ai aimé le rythme de cette partie, la tension monte crescendo, le doute n’est pas permis puisque l’on connait l’issue funeste de ce récit, pourtant l’angoisse et la peur sont de plus en plus palpables. L’auteur utilise nos craintes de 2019 pour l’avenir et il nous les fait exploser en pleine figure 20-30 ans plus tard, et c’est ce qui en fait une lecture prenante mais inquiétante car elle ressemble assez à une prophétie!

Guillaume qui nous accompagne et bien plus encore ( il nous guide, nous vivons à travers ses souvenirs, ses bonheurs, ses douleurs) tout au long de cette lecture, il est un poète, un tendre, un amoureux, un meilleur ami, un grand frère, un fils. Il laisse dans ce premier livre, le premier tome d’une trilogie qui va, j’en suis certaine, se révéler passionnante, une empreinte forte et émouvante. J’ai donc forcément en terminant ce roman la boule au ventre et la puissante envie de connaître la suite de cette belle saga à la Française, de ces mots de l’auteur qui même si ils racontent le pire savent aussi apporter le meilleur. Bravo.

Ils en parlent:

http://www.nouveautes-jeunesse.com/2019/05/lou-apres-tout-le-grand-effondrement-jerome-leroy-syros-2019.html

https://journalduneternelado.blogspot.com/2019/05/lou-apres-tout-livre-1-le-grand.html?m=1

Une très belle découverte. Tome 2- Octobre 2019, Tome 3 -Février 2020

https://www.lisez.com/livre-grand-format/lou-apres-tout-le-grand-effondrement/9782748526349

Tout le monde connaît Lola de Jonathan Mazo

Attention, ce roman est un OVNI littéraire. Jonathan Mazo nous embarque dans une histoire abracadabrantesque du début à la fin. J’ai même, à plusieurs reprises, été perdue, mais j’ai aimé être perdue, parce que je me suis retrouvée dans la position du narrateur, David. Comme lui, nous ne connaissons pas Lola, nous ne savons pas ce qu’elle fait là… Je m’explique avec la quatrième de couverture :

qrfÀ la suite d’une rupture dont il ne parvient pas à se remettre, David noie son chagrin entre les quatre murs de son appartement parisien. Un soir, alors qu’il broie du noir, une sublime italienne prénommée Lola surgit dans son salon. Il ne l’a jamais vue mais tout porte à croire qu’ils vivent ensemble depuis plusieurs mois. Aurait-il perdu la raison ? Lorsqu’il se décide à en parler autour de lui, tout le monde semble connaître Lola. Et si le destin s’était décidé à lui prêter main-forte dans sa quête de l’âme sœur ?

Nous en sommes là quand le récit commence…

Le personnage de David est haut en couleurs : paumé, un peu loser sur les bords, David est en plus blasé par la vie et en arrive à tenir des propos d’une misogynie assez affolante, si elle n’était pas drôle, tellement c’est du second degré. Il fuit les responsabilités de couple, d’adulte et se retrouve tout à coup face à une Lola, institutrice, impulsive, volontaire et exigeante. En quel honneur David devrait-il se conformer aux désirs de cette jeune femme qui a déjà l’air désabusée par son couple ?

Lola arrive évidemment avec toute une bande de joyeux lurons autour d’elle : sa meilleure amie Clémentine, une jeune mère célibataire un peu folle, un peu nymphomane, un peu inconsciente, mais surtout en mal d’amour ; ses parents Demetrio, sourd muet un peu rude mais au cœur débordant d’amour, et Louise ; son admirateur, un homme beau, qui connaît le succès et sait y faire pour séduire les femmes. Et surtout Lucien, le vieux voisin aigri que tout le monde déteste et qui s’avère être un ange avec David et Lola, un ange au destin étrange et insaisissable.

Au contant de tout ce petit monde, David va évoluer, se rendre compte qu’il doit se battre pour obtenir la vie qu’il veut, qu’il n’y a pas de fatalité ou de facilité en amour. David va aller d’espoirs en désillusions : Lola existe-t-elle ou non ? La connaît-il ? Le connaît-elle ?

Ce roman est ambigu jusqu’à la fin, il n’est jamais définitif justement. La fin peut même éventuellement être considérée comme un début, pourquoi pas ?

Merci aux éditions Incartades pour cette découverte originale et drôle de Jonathan Mazo.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

 

Les Classiques de Priscilla – Throwback Thursday Livresque n°8

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 23 mai : Un classique

Quand j’ai vu sur le blog de Carol le thème de cette semaine, je me suis bien sûr frotté les mains, les classiques, c’est un peu mon dada, vous le savez. Mais lequel choisir ?

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Et bien, figurez-vous que j’ai vite fait mon choix, il s’est imposé à moi en quelques secondes. Déjà, parce que Molière est un Grand Classique parmi les classiques et parce que Le Misanthrope… C’est une merveille !

qrfAlceste est misanthrope, il supporte mal ses congénères dont l’hypocrisie le rend fou. Malheureusement, dans une société de cour et de salons, Alceste devient rapidement la risée de tous les marquis et autres nobles à fanfreluches. Sa franchise et sa nature colérique font de lui la cible de divers procès et autres désaccords.

Pourtant, notre Alceste est amoureux. De qui, me direz-vous ? D’une femme sincère, honnête et droite comme lui ? Non, évidemment… Alceste aime Célimène, une jeune veuve parfaitement à l’aise dans cet univers de faux-semblants. Alceste refuse la présence des hommes dans des salons, Célimène organise des salons. Alceste ne supporte pas de ne pas dire en face ce qu’il pense des autres, Célimène est la championne des portraits à charge derrière le dos de ses victimes… A quel sort Alceste se voue-t-il donc ?

Il semble assez facile de dire qu’évidemment le misanthrope est le Juste de cette intrigue, mais que son tort est l’excès, à l’instar de ce que lui dit son ami Philinte « La parfaite raison fuit toute extrémité, / Et veut que l’on soit sage avec sobriété« . Mais qui a dit qu’Alceste voulait être sage ou parfait ? Ce qui me touche chez ce personnage, c’est justement son imperfection : il aime, et c’est ce qui le fragilise. En fin de compte, sa haine des hommes n’est-elle pas liée à l’amour que sa belle leur inspire, à tous ces hommes qui deviennent des rivaux ? Ce culte voué à la franchise n’est-il pas simplement la traduction de l’espoir de voir Célimène devenir franche avec lui et lui avouer son amour sans détour, sans concession ? Et Célimène, a-t-elle le choix ? Peut-elle tout renié pour un homme ? Elle qui, en tant que femme, perdrait tout, en le perdant ?

Cette pièce sous-titrée « L’atrabilaire amoureux » trouble ses lecteurs : n’aurait-elle pas davantage mérité le sous-titre de « L’amoureux atrabilaire » ? Je ne sais pas si je vous ai convaincus de lire cette excellente pièce, si ce n’est pas encore le cas, je vous quitte sur quelques citations inoubliables pour moi (et belles… des alexandrins, quoi !!!).

Je veux qu’on soit sincère et qu’en homme d’honneur / On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.

Efforcez-vous, ici, de paraître fidèle, / Et je m’efforcerai, moi, de vous croire telle. (lui, l’amoureux de la franchise supplie celle qu’il aime de lui mentir, c’est magnifique, non ?)

Non, vous ne m’aimez point comme il faut que l’on aime.

Vous voyez ce que peut une indigne tendresse,
Et je vous fais tous deux témoins de ma faiblesse.
Mais, à vous dire vrai, ce n’est pas encor tout,
Et vous allez me voir la pousser jusqu’au bout, 
Montrer que c’est à tort que sages on nous nomme,
Et que dans tous les cœurs il est toujours de l’homme. (ce vers… )

Trahi de toutes parts, accablé d’injustices,
Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices ;
Et chercher sur la terre un endroit écarté
Où d’être homme d’honneur on ait la liberté.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Les quatre filles du docteur Moreau de Janine Boissard

Il n’est jamais trop tard pour faire des découvertes, encore plus dans le domaine des livres. Me voici donc pour vous parler de ma découverte de Janine Boissard, cette auteure dont je vois les romans sur les réseaux sociaux, en librairie et sur les blogs depuis des années et pourtant l’occasion ne s’était jamais présentée.

Je viens de passer un très agréable moment en compagnie de cette famille Moreau, les deux parents, les quatre filles, un niveau de vie qui semble assez aisé, en tout cas il n’est pas un souci. Parlons tout d’abord de l’écriture et du style de l’auteure, je m’avoue assez étonnée car je ne m’attendais pas à ce rythme. En effet, je n’imaginais pas un flot aussi vif, aussi jeune. Utilisant des références actuelles, des préoccupations de la jeunesse avec malgré tout, une touche de classe où l’on sent la famille éduquée (tout en restant simple) des références qui peuvent par conséquent plaire à tous types de lecteurs.

Concernant l’histoire qui nous est racontée ici, elle est simple, mais respire la vie de famille avec ses moments d’émotion, de douleur, d’euphorie, avec pour chaque membre de cette tribu sa propre sensibilité, sa priorité, son degré d’importance, mais toujours avec la solidarité familiale et l’envie de soutenir l’autre quelque soit l’épreuve à affronter.

Dans une famille, pas de petit bonheur ou de petite souffrance, tout ce qui touche à un enfant ou à une sœur, touche à tous les membres vivant sous le même toit. Un roman qui ramène au passé de la lectrice que je suis, qui me touche par la simplicité des mots, qui dans une relation familiale ont une importance qui marque à jamais. Une grand-mère qui réconforte, des parents qui peinent à s’endormir tant qu’un de leur enfant n’est pas rentré au bercail, l’inquiétude de savoir son frère ou sa sœur mal en point…

Une lecture donc qui ne raconte au final qu’un morceau de vie, mais qui encore une fois émeut par sa réalité, par sa simplicité. Hâte donc de découvrir de ce que Janine Boissard aime à raconter à ceux qui aiment les belles histoires.

Docteur Holmes de Stéphane Bourgoin Serial Killer #1

On ne présente plus Stéphane Bourgoin, la maison d’édition French Pulp commence elle aussi à se faire un nom. Il paraissait donc tous à fait logique que ces deux là mettent en commun leur talent afin de faire découvrir de nouvelles histoires aux lecteurs.

Voici donc dans la collection Les féroces Sérial Killer #1 consacré au Docteur Holmes, un tueur en série qui a sévit durant les années 1890 à 1894, date de son arrestation. Il a tout à fait sa place en tête de cette série dédiée aux plus grands criminels de l’histoire.

Ce meurtrier est une totale découverte pour moi, je ne le connaissais absolument pas. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis plongée dans cette assez courte lecture. Je dois avouer m’être à de nombreuses reprises perdue dans les noms et par conséquent dans les récits, ce qui a un peu gâché mon plaisir. Mais il est intéressant de découvrir cet homme qui semble au départ n’être qu’un arnaqueur, un fraudeur. Pourtant, nous allons découvrir qu’il a assassiné 27 personnes, et tout cela pour des raisons qui restent assez obscures, mais soyons claires, de toutes manières aucune raison ne peut justifier de tels actes. Mais ici le personnage ne semble pas avoir un profil d’assassin c’est donc réellement le point passionnant de ce premier opus.

Je ne doute pas que les suivants vont tout autant nous surprendre, j’espère pouvoir vous en parler bientôt.

Le maître des limbes d’Olivier Bal

Le mystère du sommeil, le mystère des rêves..Que se passe t-il réellement dans notre cerveau lorsque nous nous endormons. Des études sont faites, des réponses sont données, mais nous le savons tous, le rêve reste un lieu inconnu qui peut parfois faire peur. Olivier Bal utilise ce moment où l’on se sent au final si vulnérable, pour nous embarquer dans une histoire complétement addictive et passionnante, il fait dans ce second opus des limbes, preuve d’une incroyable imagination.

Imaginez que quelqu’un puisse s’introduire dans vos rêves lorsque vous dormez, à partir de là tout semble possible, comment combattre un tel pouvoir? L’histoire et l’idée sont posées, Olivier Bal a laissé son incroyable imagination faire le reste. Un roman qui peut parfaitement être lu indépendamment mais qu’il semble plus simple d’appréhender si le lecteur a auparavant découvert Les limbes, dont je vous parlais ici. Un livre qui bien qu’ayant comme voie principale le fantastique, emmène le lecteur dans différentes directions en alternant entre trois époques. Des dates qui sont importantes dans la compréhension de l’histoire, à partir de là vous allez vous retrouver embarqués dans une aventure absolument terrifiante dont les personnages aux histoires personnelles parfois difficiles vont rendre cette lecture absolument jubilatoire. Un combat entre le bien et le mal, des points de vue qui divergent et rendent difficile le fait de porter des jugements et de se ranger du côté de l’un ou l’autre. Comment savoir qui a tort ou raison, qui fait bien ou mal, qui est sincère ou pas?

Un roman dans lequel la manipulation est la base de tout, une lecture sombre et forte qui amène à de nombreux questionnements, des retournements de situation, des révélations qui font de ce pavé de 600 pages un livre qui ne se lâche qu’à la toute dernière page, donc libérez-vous du temps car vous n’allez plus pouvoir le poser. Il est de ceux dont on parle autour de soi, aucun temps mort, aucune description ni passage inutile, tout s’emboîte parfaitement et fait vibrer le lecteur d’un bout à l’autre. Une véritable réussite qui pour moi peut rivaliser avec les plus grands. Je sais à quel point ce livre est important pour l’auteur Olivier Bal, je tiens à lui dire que son objectif est atteint, c’est un très bon roman fantastique.

Ils en parlent:

https://desplumesetdeslivres.wordpress.com/2019/03/09/les-limbes-olivier-bal/

Le maître des limbes d’Olivier Bal

Résumé:

Le Maître des Limbes : vos rêves lui appartiennent. 
Un roman vertigineux, entre le récit d’espionnage, le thriller et le fantastique.

Que se passe-t-il réellement lorsque vous vous endormez ? Quand vous plongez au cœur de vos rêves, êtes-vous certain de ne pas être manipulé ? 
Il existe, aux quatre coins du monde, certains individus dotés d’une incroyable aptitude : ils peuvent contrôler les rêves des autres. 
En tentant de percer le secret de nos songes, plusieurs personnages vont faire une découverte qui pourrait changer à jamais le cours de l’histoire. 
Lee, une journaliste, enquête sur le virus du Marchand de sable, une étrange épidémie qui ne touche que des enfants. 
Gabriel, un adolescent narcoleptique isolé des autres, a la sensation qu’il peut visiter et modifier les rêves d’inconnus. 
James, à la tête de l’empire pharmaceutique ONIR, poursuit en secret des expériences débutées trente ans auparavant… 
Tandis que la CIA et la NSA se mènent une guerre secrète pour obtenir le contrôle des Limbes, au plus profond de leur sommeil, nos héros devront choisir leur camp. Une bataille se prépare, car qui contrôlera les rêves, contrôlera le monde.

Lily sans logis de Frédérique-Sophie Braize

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis lancée dans cette lecture, parce que j’avais beaucoup aimé Sœurs de lait dont vous pouvez retrouver ma chronique ici. Et, de fait, j’ai beaucoup aimé ce second roman aussi.

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On entre dans un univers tout aussi bien dépeint : la fin du XIXe siècle, Thonon et une société encore stricte et patriarcale dans laquelle une jeune femme de 17 ans, sans logis, sans parents, affublée d’un bébé ou de deux, ça dépend comment on voit les choses, comme le disent souvent les personnages, est rapidement jugée, voire condamnée. Parce que, oui, Lily se promène avec Castor et Pollux, deux frères siamois, tirés par Avalanche, le saint Bernard et sa petite carriole et comme elle est contrainte de tout faire pour qu’ils aient à manger, elle les exhibe lors des foires pour récolter quelques pièces afin de leur acheter du lait, ce qui n’améliore pas le regard des autres.

Seule, à la merci des curieux, des hommes sans scrupules, des médecins avides de comprendre le mystère « Castor et Pollux », Lily va connaître bien des mésaventures dans cette petite ville qui avait fait le bonheur de sa mère.

Ce que j’ai énormément aimé dans cette histoire, c’est l’évolution du personnage de Lily Rossignol. Quand je l’ai découverte, je ne me suis pas tout de suite attachée à elle, je la trouvais trop légère, trop insouciante avec les enfants, trop peu attachée à eux. Mais Lily grandit, elle change, elle évolue. Ca semble banal comme remarque au sujet d’un roman, mais vraiment, j’ai eu l’impression de lire un récit d’apprentissage. Lily devient, au fil du roman, le personnage qu’on aurait aimé qu’elle soit dès le début : déterminée, forte, combative et attachante.

Les autres personnages sont tout aussi originaux, qu’il s’agisse de Mme Agrippine, de Va-et-Vient, d’Audebert, de la Louve blanche, du Dr Genoux ou de Bismarck Bistouri. J’ai retrouvé avec plaisir les contours de personnages foncièrement mauvais et des personnages bons, malgré leur rudesse apparente. Lily, avec sa spontanéité, sa jeunesse et sa naïveté est ballotée au gré des humeurs et des ambitions des personnages qu’elle rencontre, les personnages protecteurs et aimants, les personnages fourbes et parfois criminels.

Le rythme de l’histoire est très bien orchestré. On ne s’ennuie pas une seule seconde en suivant les déambulations de Lily, à l’intérieur de la ville, à l’intérieur de ses souvenirs, parfois avec elle, parfois avec les siamois. Entre les besoins vitaux de notre héroïne, le mystère de la naissance de Castor et Pollux, les véritables intentions d’Audebert, le lecteur est totalement happé par l’histoire et par l’écriture de Frédérique-Sophie Braize. C’est un style fluide, agréable, avec un vocabulaire riche mais jamais pédant, qui nous embarque dans une autre époque, une autre région, mais dans une histoire encore une fois universelle et humaine.

Un coup de cœur de l’éditeur que je comprends parfaitement ! Merci aux éditions de Borée pour cet envoi… Encore une fois avec Frédérique-Sophie Braize, ce fut un voyage agréable et passionnant, mêlant récit d’apprentissage, roman scientifique et roman féministe. Un mélange qui m’a bien plu…

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

TBT Livresque n°7

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 16 mai 2019:

Flash-back

 

J’ai trouvé que ce thème était de loin le plus difficile à interpréter de tous ceux que nous avons découverts jusqu’à présent. Il m’a semblé difficile de comprendre le réel sens du flash-back, je me suis donc orientée vers un retour au passé, tout simplement. Mon choix s’est donc porté sur ce très beau roman de Tasmina Perry, L’écho d’un souvenir aux Editions City. Un roman sur l’amitié mais aussi sur le souvenir, une transmission de l’expérience vécue par Georgia afin d’aider Amy à se remettre de la terrible trahison dont elle a fait l’objet. Un retour donc dans les souvenirs de Georgia, voici ma chronique sur le blog:

https://livresque78.wordpress.com/2018/08/07/lecho-dun-souvenir-de-tasmina-perry/