La Goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino

Ce roman qui date du début de l’année a remporté de nombreux prix littéraires en Italie et à juste titre. S’appuyant sur un fait historique avéré, celui des goûteuses payées pour manger avant Hitler les mets qui lui étaient destinés afin de savoir s’ils étaient sains ou empoisonnés, Rosella Postorino nous embarque dans une fiction mêlant habilement Amour, Amitié, Danger, Guerre, Génocide et Vie à l’arrière.

J’avoue avoir eu un peu de mal à entrer dans le récit, mais une fois que j’y suis arrivée, ce roman a été difficile à lâcher.

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Le personnage de Rosa Sauer est riche et complexe. Jeune secrétaire berlinoise, mariée à son patron, elle est forcée à vivre en Prusse Orientale après la mort de sa mère dans un bombardement, alors que Gregor, son mari, est au front. C’est ainsi qu’elle se retrouve malgré elle dans la Tanière du Loup, autour d’une table avec neuf autres femmes, condamnée à goûter tous les plats d’Hitler, au risque de mourir elle-même. Pourtant, aucune d’elles ne se plaint vraiment, puisqu’au moins, elles mangent.

J’ai d’ailleurs trouvé la peinture de la vie à l’arrière assez réaliste : on y trouve des « enragés » fanatiques d’Hitler, des révoltés, mais surtout beaucoup d’effrayés, de victimes. Plus encore qu’au front, il faut se méfier de tous, on ne sait pas si les propos échangés sont sincères ou servent de couverture, on ne sait pas à qui ou quand faire confiance. Au sein même d’un groupe, les tensions sont légion. Rosa aura d’ailleurs bien des difficultés à se faire accepter par ses congénères qui parfois, se connaissent de longue date ou qui ont des vies similaires en de nombreux points. A la Wolfsschanze, la berlinoise mariée, sans enfants qui porte des robes chics et des talons est vite regardée différemment par les autres filles et par les SS.

La suite de l’histoire ? De mauvaises nouvelles du front, des amitiés naissantes, un coup de foudre, des coups dans le ventre, de la complicité, des empoisonnements, de la peur. un scénario riche en rebondissements qui fait qu’on a du mal à décrocher de ce roman.

La dernière partie est étonnante, elle laisse en bouche comme un goût d’inachevé, volontaire me semble-t-il. La fiction semble laissée en suspens comme la vie de Rosa à son retour à Berlin. Beaucoup de questions restent sans réponses et ne règne que la désillusion dans la vie de cette femme qui a tout perdu, trop proche de la guerre, trop proche des SS, trop proche d’Hitler qui ne l’a pourtant jamais vue. A force de vouloir vivre sans trop y croire, Rosa Sauer n’a rien vécu, vraiment… Seuls les photos, les souvenirs et les odeurs la maintiennent en vie, et ce, dès le début du roman.

Une histoire documentée et intéressante, des personnages attachants (j’ai été aussi intriguée que la narratrice par Elfriede) et une fiction passionnante font de ce roman italien une lecture d’été idéale, même si effectivement, on n’y trouve pas beaucoup de légèreté.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

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