Ce que tu as fait de moi – Karine Giebel aux Editions Belfond

Je termine cette lecture haletante, terriblement intense, forte, Richard et Laëtitia sont interrogés par la police des polices, ils reprennent donc leur histoire depuis le début et nous embarquent dans une pure folie, dans une relation noire, nocive mais tellement puissante!

Karine Giebel est la reine pour faire passer à ses lecteurs des moments d’émotion qui frôlent la crise cardiaque, elle malmène nos sentiments, notre coeur, elle joue avec nous et semble y prendre un plaisir fou puisqu’elle recommence à chaque roman. Elle m’a pour la première fois cloué à mon siège avec Marianne dont tous ses lecteurs se souviennent, tant cette histoire brutale, dure les a marqué avec Meurtres pour rédemption. D’autres romans entre-temps, d’autres romans et toujours cette même passion insufflée à ses personnages. Une fois de plus, j’ai le cerveau retourné par tant de sentiments contradictoires, qui ont mis mes tripes dans des montagnes russes. Je termine cette lecture comme essoufflée, choquée, abrutie par cette passion, cette addiction, cette rencontre qui a chamboulé le monde et la vie de tant de personnes.
Un roman, vous l’avez compris que j’ai dévoré, auquel je suis restée accrochée comme une toxico au bras de son dealer, besoin d’en lire encore, de comprendre, de suivre ces chemins sinueux mis en place par l’auteur. un livre qui gagne en intensité et en rebondissements, avec le rythme cardiaque qui fait des sauts de cabri, tout ce qu’un lecteur recherche est ici, alors ne cherchez plus! On passe de la haine à l’amour, on déteste et on adore, on envie et on voudra fuir ce que vivent Laëtitia et Richard, mais aussi Damien, Olivier et Nathalie…

Ce thriller psychologique qui prend pour thème la puissance de la passion, la chimie qui attire deux êtres bien au delà de l’amour, une alchimie qui peut mener à tout. Seule Karine Giebel sait nous faire vivre cette émotion entre torture et plaisir, cette sensation assez difficile à définir, qui donne vie aux personnages avec tellement d’évidence, on les voit, on les sent si réels. Une claque, un gifle, un coup de poing en plein visage, le choc est énorme mais qu’est ce que c’est bon!

Une passion dévorante qui fait perdre la notion de ce qui est acceptable de subir et de commettre, c’est là que nous emmène Karine Giebel. Un sujet difficile à tenir et à défendre de nos jours. J’ai adoré et je le crie bien fort. Dérangeant et oppressant, n’oublions pas que c’est un roman.

4ème de couverture:
Personne n’est assez fort pour la vivre.
Personne n’est préparé à l’affronter, même si chacun la désire plus que tout.
La passion, la vraie…
Extrême.
Sans limites.
Sans règles.

On se croit solide et fort, on se croit à l’abri. On suit un chemin jalonné de repères, pavé de souvenirs et de projets. On aperçoit bien le ravin sans fond qui borde notre route, mais on pourrait jurer que jamais on n’y tombera. Pourtant, il suffit d’un seul faux pas. Et c’est l’interminable chute.
Aujourd’hui encore, je suis incapable d’expliquer ce qui est arrivé. Si seulement j’avais plongé seul…

Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui doit confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ?

Si nous résistons à cette passion, elle nous achèvera l’un après l’autre, sans aucune pitié.

Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?

Si nous ne cédons pas à cette passion, elle fera de nous des ombres gelées d’effroi et de solitude.
Si nous avons peur des flammes, nous succomberons à un hiver sans fin.

La passion selon Karine Giebel… conduit forcément à l’irréparable.

Noël & Préjugés de la Team Romcom

Je voulais attendre la période de Noël pour me lancer dans ce recueil, mais finalement, j’ai craqué et grand bien m’en a pris. Novembre et son lot de mini-déprimes sont en fait l’époque idéale pour une lecture aussi rafraîchissante que celle-ci.

J’ai pris énormément de plaisir à chacune de ces histoires reliées entre elles par le fil rouge d’une vieille édition d’Orgueil et Préjugés de Jane Austen, ma révélation littéraire de l’hiver dernier.

Voici la quatrième de couverture :

Pour Noël, Eva se voit offrir une cure d’amaigrissement détox en Savoie, Cassandra un séjour de rêve dans un hôtel perdu dans les montagnes. Lisa se réfugie chez sa psychanalyste, terrifiée à l’idée de revoir son amour de jeunesse. Vincent tente désespérément de reconquérir son ex avec l’aide d’un coach en séduction loufoque. Lara est enfermée dans un magasin de jouets avec son chef qu’elle exècre, quant à Charlie, elle est coincée dans une tempête de neige à New York, coupée du monde à un moment crucial…

Ces six personnages ne se connaissent pas, mais sont liés à leur insu par le même roman : une ancienne édition d’Orgueil et Préjugés à la couverture rouge, qui passe de main en main et pourrait leur porter chance… ou pas !

Magie de Noël ou hasard de la vie, ils s’apprêtent tous à passer un réveillon inoubliable…

Si vous êtes du genre à regarder la rediffusion de Love Actually tous les mois de décembre alors ce livre est fait pour vous. Il met en scène des femmes et des hommes maladroits, touchants et souvent drôles dans leur quête plus ou moins consciente de l’amour. Alors, bien sûr, toutes ces histoires se terminent de la manière qu’on attendait, mais c’est ce qui fait du bien au moral, vraiment ! On sourit très souvent, on est attendri à chaque nouvelle et on est heureux de retrouver Jane Austen laisser sa marque dans notre univers moderne.

Finalement, j’attendais d’être dans l’ambiance de Noël pour lire ce recueil et c’est l’inverse qui s’est produit, c’est lui qui m’a mise dans l’ambiance de Noël et j’adore ! Donc si vous avez besoin d’un petit coup de boost, n’hésitez pas ! Ces textes se dévorent en quelques heures et vous en ressortirez ressourcés.

Priscilla

Throwback Thursday Livresque n°30

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Le thème de cette semaine, 21 novembre 2019 : Neige

Vous voulez de la neige? Vous allez en avoir car je vais vous parler d’une aventure de Mike Horn, cet homme que nous avons tous et toutes découvert sur notre écran de télévision ne nous a pas attendu pour vivre le meilleur mais aussi le pire.J’ai vécu avec passion mais aussi inquiétude cette lecture que je vous propose de découvrir à travers le thème de cette semaine. J’aime beaucoup le personnage et j’ai pu grâce à cette lecture me rendre compte à quel point j’aime mon confort 😋😋.https://livresque78.wordpress.com/2017/08/10/conquerant-de-limpossible-mike-horn/Passez une belle fin de semaine, pour moi ce ne sera pas sous la neige mais la pluie.

Des Etoiles dans les yeux de Nicolas Fraissinet

Aujourd’hui, je veux vous parler d’un livre que j’ai savouré lentement pour en apprécier l’histoire, la poésie et la musique. Il s’agit du roman de Nicolas Fraissinet, des Etoiles dans les yeux.

Voici la quatrième de couverture :

Je m’appelle Eliott. J’ai 25 ans. Je l’ai appris aujourd’hui. Je serai aveugle dans quinze jours.

Imaginez qu’il ne vous reste que quelques jours pour voir le monde et les personnes que vous aimez. Comment ne pas vous lancer, comme Eliott, à la recherche des seules images que l’on ne peut pas observer du bout des doigts ?

Recueillir les regards qui traduisent la profondeur de l’âme, quand les yeux s’emplissent d’étoiles.

Avant que l’obscurité ne vienne, Eliott découvre que sa quête effrénée lui ouvre les portes d’un monde nouveau, aussi bouleversant qu’inattendu.

Dans la première partie de ce roman très original, nous suivons Eliott lors de ses quinze derniers jours d’homme pleinement valide. Un chapitre par jour, un chapitre en musique, au rythme des rêves pleins de signes de ce jeune homme attachant. J’ai tellement aimé me fondre dans cette histoire au son de cette ambiance musicale toujours en accord avec l’histoire. Ce voyage initiatique à l’issue que l’on croirait dépourvue de surprise est un périple des sens : la vue est au cœur de l’intrigue bien sûr, les toucher est la principale perspective d’avenir du sculpteur que veut devenir Eliott, et l’ouïe, la sienne, la nôtre portent la sensibilité du personnage et des lecteurs aux nues. Les personnages sont profondément attachants : Eliott, d’abord, partagé entre la colère, la peur, le désespoir et la vitalité ; Camille et Robin, des amis extraordinaires dont l’amour, l’humour et l’espoir porteront Eliott jusqu’au bout ; la mère d’Eliott pudique et impliquée, son petit frère Hadrien, son père perdu pour d’autres raisons dans un autre monde et bien sûr. Nous avançons avec eux vers cette inexorable issue, difficile mais poétique, peuplée de papillons bleus, de regards fulgurants et d’amour, beaucoup… Jusqu’au jour J.

Et là, tout bascule, je ne peux vous dire comment. La narration change, la focalisation bascule, l’histoire prend une autre dimension. Une dimension toujours aussi humaine mais qui ne se limite pas à la problématique de la vue. Eliott doit apprendre à vivre dans un corps qui a changé et qui a bousculé sa façon de vivre, sa façon d’être. Nous rencontrons alors d’autres personnages, dont les plus marquants sont les jumelles Justine et Romane, ouragans d’énergie et tornades d’affection. La quête est différente mais les buts se rapprochent : trouver un sens à ce qui nous arrive, donner du corps à ce que nous sommes.

Enfin dans la troisième partie, toutes les pièces du puzzle s’assemblent dans un finale qui m’a vraiment émue.

Ce roman est un texte d’une poésie qui m’a embarquée dès les premières pages. Je vous en donne quelques exemples pour, à mon tour, vous inviter au voyage initiatique et humain que j’ai fait en compagnie de Nicolas Fraissinet.

« Je voudrais fuir, mais ton regard me maintient au sol. Le reste de tes mouvements disparaît en perte de connaissance. Qui es-Tü ? Voile noir sur ma terreur. Toutes lumières évanouies. »

« Camille, ma petite fée. La seule qui connaît la recette magique pour transformer un sanglot en éclat de rire. Semeuse de miel dans le sel de mes larmes. »

« J’observe en silence ce magnifique recueillement de l’un vers l’autre, sous les gouttes de soleil projetées en miroitements de cristal. […] Sans le savoir, cette vieille femme perdue dans son été-pluie d’or vient de m’offrir le plus beau regard de ces derniers jours. »

« Son regard est comme une flèche, un élan d’espoir tiré en plein ciel vers une histoire que lui seul peut voir. Qu’importe ce qui l’entoure, ou les erreurs d’ici-bas. Qu’importent ses mains cernées de cambouis. Il rêve avec une force brûlante. Un cavalier aux yeux d’enfant. Il nous parle avec des mots de presque adulte, mais ses yeux ont le langage de l’émerveillement. »

Priscilla

Les trois femmes du consul Jean-Christophe Rufin

Une nouvelle découverte, j’en aurai fait beaucoup durant cette année 2019 en m’ouvrant à d’autres auteurs ainsi qu’à de nouveaux styles. Jean-Christophe Rufin semble être un auteur prolifique dont on parle beaucoup, je le rencontre par pages interposées grâce à Aurel Timescu ce consul adjoint à l’ambassade de France au Mozambique. C’est un étrange personnage que cet Aurel, ce n’est pas la première fois que Jean-Christophe Rufin met en scène cet énergumène, je débarque donc un peu mais je n’ai pas rencontré de problème particulier à suivre cette nouvelle aventure. Je ne parviens juste pas à savoir qui est au fond Aurel Timescu, ce flou concernant sa personnalité est-il voulu? Ou ai-je loupé les détails le concernant dans ses premières aventures? Toujours est-il que c’est effectivement un drôle d’oiseau qui va se prendre au jeu à mener l’enquête sur la mort de Béliot, ce patron d’hôtel à la vie assez dissolue. Une écriture simple, sas fioriture, tout comme l’enquête d’ailleurs, un cheminement psychologique et instinctif de la part de cet enquêteur hors norme. Une intrigue qui tourne autour de trois femmes, toutes tellement différentes mais qui ont pourtant un point commun d’importance: Béliot et l’hôtel dont il était propriétaire et où il a été retrouvé mort.

Une lecture fluide et plutôt sympathique, n trouve un petit côté Columbo à ce personnage étrange qui donne le ton dès le début de cette aventure qui aurait pu être dépaysante, car le seul regret que je peux émettre est justement ce manque de découverte des lieux, en effet l’enquête stagne à l’hôtel et ses alentours, le lecteur en apprend peu sur le Mozambique et ses charmes. 

L’ensemble est plutôt positif et agréable même s’il n’y a pas de coup de coeur pour cette lecture.

Paru le 09/10/2019
Genre : Littérature française
272 pages – 133 x 203 mmBrochéEAN : 9782081420250ISBN : 9782081420250

4ème de couverture:

À Maputo, capitale du Mozambique, aucun client n’ose s’aventurer à l’hôtel dos Camaroes, malgré son jardin luxuriant. C’est que le patron est un vieux Blanc au caractère impossible. Aussi quand on le retrouve mort un matin, flottant dans sa piscine, nul ne s’en émeut.
Sauf Aurel Timescu, roumain d’ origine, Consul adjoint à l’ambassade de France. Calamiteux diplomate, c’est un redoutable enquêteur quand il pressent une injustice.
Trois femmes gravitent autour du défunt. C’est vers l’une d’entre elles que se dirigent arbitrairement les soupçons de la police. Pour démontrer son innocence, le Consul va devoir entrer dans la complexité de relations où se mêlent l’amour, la chair et l’intérêt.
Avec sa méthode intuitive et ses tenues loufoques, Aurel va s’enfoncer plus loin que quiconque dans ces passions africaines. Jusqu’à débusquer le « gros coup ». Celui qui a coûté la vie au vieil hôtelier.
Et qui nous plonge dans un des plus grands drames écologiques de la planète.

 

 

Mauvais genre Isabelle Villain aux éditions Taurnada

Une question me taraude l’esprit, comment ai-je pu laisser ce thriller de côté si longtemps ? Livre gagné lors d’un concours, remerciements effectués, je l’ai rangé bien comme il faut dans ma bibliothèque et l’ai un peu oublié… Mais le mal est réparé et il est donc grand temps que je partage avec vous ce roman d’Isabelle Villain. L’auteur frappe fort car elle débute cette histoire avec tout ce qui me révolte le plus au monde, mais je pense que vous serez de mon avis à la lecture de ce livre, comment ne pas serrer les mâchoires et serrer les poings à la lecture de ces lignes, l’accroche est là, je suis dans les filets de cette femme qui semble avoir un don pour m’interpeller. Et elle ne s’arrête pas là, elle continue sur sa lancée. À partir de là une véritable frénésie littéraire s’enclenche, je dévore ce roman à chaque seconde qui m’ait donné car les pièces du puzzle s’emboîtent et tout devient limpide et encore plus passionnant. À coups de pieds dans les clichés, les non-dits, les intolérances, Isabelle Villain écrit un thriller que je trouve vraiment excellent, il est surprenant et ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Les allusions aux précédents romans de l’auteur ne gênent pas la lecture mais donnent une véritable envie de les découvrir et d’en savoir plus. Il faut dire les meurtriers sont vraiment retors et que les rebondissements m’ont laissé pantoise, à chaque fois que je pensais avoir une piste, Isabelle Villain me l’a démonté à coup de retournement de situation, elle met en place des chemins détournés et des voies sans issues avec un talent qui lui donne une place parmi les grands, je ne peux pas vous en dire trop mais sachez juste que vous allez vous faire balader! AVT_Isabelle-Villain_8191J’adore ce genre de découverte, ces petites pépites du thriller qui à n’en pas douter vont faire parler d’elles et d’ici peu d’après ce que j’ai pu voir sur les réseaux. Hâte donc de pouvoir vous parler à nouveau d’Isabelle Villain. Merci à elle ainsi qu’aux éditions Taurnada pour ce gain.
Isabelle Villain est l’auteur de 8 livres, Mauvais genre est sorti en novembre 2018

Throwback Thursday Livresque n°29 – Les Classiques de Priscilla – La Confession d’un enfant du siècle de Musset

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Le thème de cette semaine, 21 novembre 2019 : Romantique

Cette semaine, j’ai décidé de jouer sur le double sens du mot « romantique » en vous parlant non d’un roman d’amour, mais d’un roman écrit pendant la période romantique. Ce roman d’Alfred de Musset n’est pas le plus connu de cette époque, mais c’est sa lecture qui m’a fait comprendre ce qu’était vraiment la littérature romantique, La Confession d’un enfant du siècle.

Voici la quatrième de couverture : « J’ai bien envie d’écrire notre histoire. Il me semble que cela me guérirait et m’élèverait le cœur. Je voudrais te bâtir un autel, fût-ce avec mes os… »
C’est ainsi que le 30 avril 1834, un mois après la fin du séjour mouvementé des deux écrivains-amants à Venise, Alfred de Musset faisait part à George Sand de son projet de « confession. »
Or, ce roman quasi-autobiographique où le badinage le cède bientôt à la tragédie intime apparaît aujourd’hui comme un des livres phares du dix-neuvième siècle français. Non qu’il constitue comme Le Génie du Christianisme un quelconque acte de naissance du mouvement romantique, mais parce qu’il situe le Romantisme à la croisée des chemins, à un moment où celui-ci tend à délaisser l’idéalisme pour s’adonner à la « curiosité du mal ».

Le narrateur raconte une période précise de sa vie, celle où l’on n’est plus un enfant mais pas encore un adulte, à un moment précis de l’Histoire, ce moment où les idéaux des révolutions ont laissé place à une désillusion, à l’ennui de toute une génération. Quand se conjuguent ces deux entre-deux, la jeunesse sombre…dans le désespoir, dans la débauche, dans la passion, dans la démesure en tout cas.

« J’ai à raconter à quelle occasion je fus pris d’abord de la maladie du siècle »

Le narrateur, trahi par celle qu’il aimait, va finir par retrouver l’amour, avec une femme plus âgée que lui, qui refuse de se donner et qui va finir par l’aimer, d’un amour à mi-chemin entre la dévotion maternelle et la passion, d’un amour qui, pour l’un comme pour l’autre, finira par être surtout destructeur. Une relation tumultueuse qui n’est pas sans rappeler celle, bien réelle, de Musset et George Sand.

Mais au-delà de l’intérêt autobiographique de cette histoire, ce qui m’a émue à l’époque, c’est la psychologie du narrateur, que l’on sent constamment en détresse, même dans les moments de bonheur. L’insatisfaction, la jalousie, la tristesse, la méfiance viennent ternir le quotidien d’Octave, mais aussi celui de Brigitte, alors que tous deux méritent le bonheur, souhaitent le bonheur à l’autre. Ils s’aiment, s’attirent, se rejettent, se disent des horreurs, se pardonnent et il faudra longtemps avant que leur relation devienne sereine, et à quel prix ?

C’est un roman que j’avais trouvé fort lors de ma première lecture, un peu lent et répétitif lors de ma deuxième lecture, mais je n’en retiens que la première et cette impression de voir s’écrire devant moi les préceptes du Romantisme mis en pratique.

Connaissez-vous ce texte ?

Priscilla

Notre soirée à l’Olympia : Harlan Coben & Friends

Magali et moi-même avons été gentiment invitées par les éditions Belfond à une soirée à l’Olympia en compagnie d’Harlan Coben et de quelques-uns de ses amis. Une soirée qui promettait d’être exceptionnelle : aucune d’entre nous n’était déjà allée à l’Olympia et… Harlan Coben quand même !! J’avoue être une groupie récente, mais bon, ça ne change rien au fait.

Nous avons eu la chance d’être très bien placées et de pouvoir regarder l’auteur de près, ce qui lui donnait immédiatement une dimension humaine, renforcée par sa simplicité, son humour, son désir de partager, de toucher, sa sincérité. La soirée portait vraiment bien son nom, nous avons eu l’impression de passer une soirée entre amis… Et quels amis !

Menée par la charmante Laurie Cholewa, la soirée a été égayée par la présence de Mark Daumail du groupe Cocoon qui nous a fait le plaisir d’interpréter trois de ses chansons, dont « Sushi », un morceau qui a ensorcelé Harlan Coben et qui est à l’origine de leur touchante complicité.

Un moment tout simplement hors du temps, pendant lequel la guitare et la voix de Mark ont conquis le public, entre français et anglais, entre professionnalisme et intimité…

Ce fut ensuite au tour d’Hildur Gudnadottir, violoncelliste, chanteuse et compositrice de talent, qui s’est fait remarquer ces derniers temps en signant les bandes-annonces de Tchernobyl et Joker.

Là aussi, nous avons été sensibles à la proximité qui existe entre les deux artistes, mais aussi à celle qu’ils instauraient avec nous. Hildur nous a parlé de secrets de famille, de son fils et même de ses courses. C’était encore un excellent moment !

Et enfin, la magie de la littérature a opéré. Ce fut au tour de Stéphane Varupenne d’entrer en scène pour nous lire quelques passages du roman Ne t’enfuis plus dont c’était la soirée de lancement.

Dans une salle plongée dans le noir, à l’exception l’estrade de Stéphane Varupenne, au son ensorcelant de la musique d’Hildur, les mots d’Harlan Coben ont rencontré et touché leur public. Et pour le passage le plus émouvant du roman, c’est Harlan lui-même qui est venu lire en anglais quelques lignes à ses fans. Nous en avons eu des frissons !

Vous l’aurez compris, nous avons passé une excellente soirée, au cours de laquelle nous avons eu le plaisir de rencontrer Julie, de Julitlesmots, la cerise sur le gâteau comme on dit…

Merci, vraiment, aux éditions Belfond, qui nous ont offert une soirée magique.

Priscilla & Magali

Ne t’enfuis plus – Harlan Coben aux Editions Belfond

La lecture, les envies tiennent au final à peu de chose, il aura fallu que j’entende parler de la rencontre avec Harlan Coben ce 18 novembre à L’Olympia (qui fera l’objet d’un petit article plus détaillé de Priscilla) pour que l’envie de revenir à des lectures qui ont bercé ma vie de jeune adulte et mes premières années de boulot reviennent.

Hier soir, j’étais donc à L’Olympia, cette salle mythique, juste au bord de la scène à écouter Harlan Coben parler de ses inspirations, de sa façon de créer et j’ai trouvé absolument incroyable ce moment, j’avais presque l’impression de comprendre et d’entendre ces mécanismes qui l’ont amené à écrire Ne t’enfuis plus, que je venais juste de terminer. Les anecdotes qu’il a raconté m’ont replongée dans l’histoire ainsi que les lectures de Stéphane Varupenne, sans parler de la musique de Hildur Gudnadottir, qui a signé la BO du livre, les moments partagés avec ses enfants, la peur de ne pas plaire au public à chacune de ses parutions… Un moment fort et la découverte non plus cette fois de l’écrivain à succès mais de l’homme en tant que tel, drôle et terriblement agréable.

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Mais je suis ici pour vous parler de Ne t’enfuis plus, voici donc ce que j’en ai pensé:

Tout d’abord l’excitation de retrouver la plume et les histoires tellement bien ficelées de l’auteur, on redécouvre une nouvelle fois ici l’univers familial, l’affection portée aux siens. Simon cherche à tous prix à retrouver Paige, sa fille dont il n’a plus trace depuis des mois, sa fille qui peut sembler perdue car devenue toxicomane et sous la coupe d’un homme peu recommandable. Ne supportant plus cette situation, Simon va braver des situations absolument incroyables afin de sauver son enfant, entre secrets de famille et secte illuminée, Harlan Coben balade son lecteur de rebondissements en révélations. C’est bien là que l’on reconnait son talent et sa force de narration, cette capacité à nous donner l’impression qu’aucune issue favorable et surtout rationnelle et crédible ne pourra émerger de tout cela, énorme erreur car le talent balaye toutes les inquiétudes du lecteur et emboîte chaque événement avec justesse.

Le personnage de Simon, cet homme que l’on imagine fort et grand, car on ne peut s’empêcher de le mettre en scène et de le voir à l’écran et c’est là la force incroyable de l’auteur, donc Simon même si il n’est pas parfait dégage une sérénité qui ne peut que donner envie de le suivre à travers les aventures qu’il va vivre, on lui fait confiance comme on le ferait à un père.

L’amour dans son plus grand terme est au final un fois encore le thème récurent de ce roman, quelques soient les événements, les défis et les rudesses que la vie va mettre sur le chemin d’un parent, l’amour qu’il porte à son enfant est le plus fort et il peut amener à un geste irraisonné.

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture ainsi que pour cette agréable soirée passée en compagnie de mon amie Priscilla et ces belles rencontres, notamment avec la blogueuse Ju lit les mots