Throwback Thursday Livresque (n°3)

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Le thème de cette semaine (18 avril) est: Assistant ou secrétaire

Bel-AmiJ’ai mis un certain temps à chercher ce dont j’allais bien pouvoir parler, et c’est encore une fois en fouillant dans les classiques que j’ai aimés, lus et relus que j’ai trouvé mon bonheur. Car oui, je persiste à croire que tous les thèmes sont traités par les grands auteurs de notre patrimoine. Cette semaine, ce sera Bel-Ami de Maupassant.

Georges Duroy est un provincial qui vient à Paris pour devenir journaliste, rêvant de devenir riche et puissant. Malheureusement, il n’a aucun véritable talent pour l’écriture. Qu’à cela ne tienne, le jeune homme va jouer, pendant tout le roman, avec son atout principal, son charme. Ce qui apparaît d’abord comme de la naïveté devient rapidement une arme au service de l’ambition et de la réussite.

Les scènes qui m’ont immédiatement fait relier ce roman au thème de la semaine sont celles qu’ils passent avec Mme Forestier, alors qu’ils ne sont encore qu’amis. C’est elle qui lui dicte ses articles sur l’Algérie, c’est elle qui le fera percer dans le monde du journalisme, grâce à son talent et à ses idées brillantes. C’est elle qui lui présentera la plupart de ses victimes féminines, mais elle ne sera pas la femme de sa vie. Georges Duroy peut-il seulement avoir une femme dans sa vie, lui qui, le jour de son mariage avec une autre, renoue avec son ancienne maîtresse tout en lorgnant sur le Palais Bourbon ?

Un classique vraiment prenant dans lequel on a du mal à s’attacher au personnage qu’on espère finalement voir tomber à un moment ou à un autre, mais en vain. C’est ce qui retient notre souffle, c’est ce qui nous fait réfléchir, c’est ce qui nous marque…longtemps ! Et vous, connaissez-vous ce monument de la littérature du XIXe siècle ? Qu’en pensez-vous ?

Bonne semaine !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

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Une vie de carrosse de Jean-Marie Catonné

C’est ma première lecture d’un ouvrage paru aux éditions Héloïse d’Ormesson, et je dois dire que je ne suis pas déçue. Comme vous pouvez le constater, l’objet est vraiment beau, la couverture est sublime, les couleurs sont harmonieuses et le logo de la maison d’édition est lui aussi très joli.

Le fond n’a pourtant rien à envier à la forme : j’ai beaucoup aimé ce roman historique. C’est une période mouvementée que nous donne à lire Jean-Marie Catonné puisque nous suivons notre héroïne, Clarisse, de la fin du règne de Louis XV jusqu’à la seconde Restauration après le deuxième empire de Napoléon Bonaparte. Ces nombreux changements de régimes (monarchie absolue, monarchie constitutionnelle, république, empire, restauration, cent jours…) font de cette période un moment charnière et complètement instable, et ça je le savais.

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Ce que j’ignorais en revanche, c’est à quel point le monde du théâtre avait subi de plein fouet tous les changements liés aux nouveaux régimes. En suivant Clarisse, fille d’aubergiste, violée par Louis XV, comédienne de foire, puis à la Comédie Française, devant affronter alors tous les conflits liés à la nature de « troupe royale » de celle-ci, on se rend compte que le monde de la scène a cristallisé les problèmes politiques et sociaux de l’époque. Les jugements portés sur les comédiens, par l’Eglise évidemment mais aussi par les détenteurs du pouvoir et par le public lui-même, ont changé au gré des années, des tendances, au point de faire de ces hommes et femmes des stars avant l’âge ou des prisonniers risquant la peine de mort.

La galerie des personnages est impressionnante, on côtoie des individus fictifs évidemment, aux côtés de personnalités historiques (Louis XV, Louis XVI, Marie-Antoinette, d’Artois, Bonaparte, Louis XVIII, Beaumarchais, Talma) mais on ne se perd jamais. J’ai beaucoup aimé retrouver toutes les anecdotes historiques bien connues et les voir servir l’avancée de l’intrigue. Rien n’est dit sans raison, tout est lié, plus ou moins directement à Clarisse.

L’héroïne est un personnage intriguant, autant qu’attachant. Je me suis dit, à plusieurs reprises, qu’elle manquait de sentiments, d’une intériorité profonde, d’une complexité humaine mais cette froideur a une explication. Clarisse ne surmontera jamais l’horrible épreuve que fut la perte de sa virginité, un complot barbare liant son père à un « triste sire » qui aurait pu être son grand-père. Clarisse aime, mais ne sait pas forcément le montrer, Clarisse est détruite dans ce qu’elle avait de plus vrai, et elle devient alors comédienne sur scène et dans la vie. Adrien lui-même, alors qu’on voudrait y croire, ne parvient pas à rallumer la flamme, le brasier n’a pas été seulement soufflé, il a été piétiné, irrémédiablement détruit.

C’est dans ce contexte de violence, d’insécurité et de trahison que Clarisse devient femme, actrice émérite mais peu reconnue. J’ai vraiment été passionnée par tout ce que ce roman, sans être jamais pédant ou trop documentaire, nous apprend du monde du théâtre et j’ai beaucoup souri, car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, on y trouve de nombreuses pointes d’humour, grinçant parfois, mais quand même drôle.

Si vous aimez l’Histoire, si vous aimez le théâtre, si vous aimez suivre la destinée d’un personnage original, si vous aimez les romans documentés et bien écrits, alors vous ne pourrez que vous régaler à la lecture de ces pages. Et pour information, il sort aujourd’hui en librairie… A bon entendeur !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Sans mon ombre d’Edmonde Permingeat

Une claque ! Ce roman est une claque, une série de claques successives. L’histoire, sur la quatrième de couverture, est déjà vraiment alléchante, mêlant querelle de famille (les relations fraternelles sont toujours complexes, mais la gémellité ajoute une dimension non négligeable ici), polar, trahison, manipulation et suspens. Je mets au défi quiconque qui se lance dans la lecture de ce livre de pouvoir s’arrêter. On commence sur les chapeaux de roue et franchement, ça ne redescend jamais, c’est incroyable !

L’auteure (je suis désolée hein, mais « autrice », je n’aime vraiment pas) réussit à créer un suspens qui ne va que crescendo et dans le même temps, j’ai beaucoup souri pendant ma lecture.

Les personnages sont vraiment riches et variés. J’ai d’abord regretté de ne pas connaître Célia dont le sort est réglé très vite, mais c’était avant de lire l’ensemble du roman. Célia, la petite fille modèle, l’épouse parfaite, la mère rêvée, la sœur étouffante sans le savoir, va s’ouvrir à nous, outre-tombe et faire tomber les masques. Le sien, évidemment, mais aussi celui de son mari, bien sous tous rapports officiellement, de ses amis de la haute, investis dans l’école et l’église bien sûr, comme tous les gens bien, et même celui de sa sœur qui va découvrir la vérité bien trop tard.

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Alice. Un personnage haut en couleurs. Profondément malsain, maladivement jalouse, psychologiquement atteinte mais tellement, tellement jubilatoire. Derrière la prof de philosophie hautaine, aigrie, la libertine assumée, l’éternelle adolescente rebelle, se cachent une fêlure, une souffrance sur laquelle on ne peut pas poser de mots. Elle est aussi brillante (chapeau d’ailleurs à l’auteure pour toutes ces références littéraires dont elle se sert pour rendre son personnage atrocement cynique, j’adore !) que vulgaire, aussi aimante qu’égoïste, aussi fragile que méchante. Mais j’ai adoré sa méchanceté, elle détonne tellement dans l’univers édulcoré de Célia et elle m’a touchée, elle, capable de tuer sa sœur mais incapable de supporter qu’on en dise du mal.

Que dire de ces individus détestables tels que la belle-mère, le vétérinaire, le banquier ? Des monstres en puissance pour Célia, des cibles pour Alice, des personnages urticants pour les lecteurs. Un jeu généralisé sur le mensonge, la duplicité, vraiment omniprésente (le thème des jumeaux bien sûr, mais pas seulement, tout va par deux ici, des doubles-vies, 2 femmes battues, 2 mères castratrices, 2 sœurs cultivées, et ainsi de suite). Vous l’aurez compris, la construction de ce roman est vraiment fine et m’a ferrée immédiatement pour ne plus me lâcher jusqu’à la dernière ligne.

L’idée d’Alice est saugrenue, folle et l’on sait d’emblée qu’à un moment, l’étau va se resserrer. Mais comment ? Quand ? A cause de quoi ? Dans quelles circonstances ? Tout est là. Evidemment, Alice en apprend plus sur elle en essayant d’être sa sœur que pendant tout le reste de sa vie. Mais à quel point est-elle coupable ? De quoi ? Qui a vraiment tué Célia ?

Ce qui pourrait passer pour un roman haletant, mais peu marquant m’a laissée souvent perplexe. Je pense que je m’en souviendrai longtemps et que j’en parlerai…beaucoup…autour de moi ! N’hésitez pas, dès demain, foncez dans la librairie la plus proche !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Ma rencontre avec Alejandro G. Roemmers

IMG_20190411_212450_078J’ai eu la chance, jeudi 11 avril, d’être invitée par Eric Poupet à rencontrer Alejandro G. Roemmers dans une suite de l’hôtel George V avec trois autres blogueuses. Ce fut une soirée riche et inoubliable en ce qui me concerne.

Alejandro G. Roemmers est l’auteur du livre Le Retour du jeune prince sorti en France et mercredi dernier et qui raconte la suite du Petit Prince de Saint Exupéry. Vous trouverez la chronique que j’ai écrite sur ce récit ici.

IMG_4154C’est avec beaucoup d’excitation que je me suis rendue sur place, anxieuse car c’était ma première rencontre de ce genre et impressionnée par le lieu et par l’homme. Et pourtant… Alejandro est un homme profondément gentil, humain et aimant. Cette rencontre n’a rien eu de formel, elle était chaleureuse et la magie a opéré parce que, je crois, Alejandro attendait de s’enrichir à notre contact, autant que nous au sien. Ce fut donc un vrai moment de partage. J’ai eu également la chance de rencontrer trois blogueuses adorables : @elleysbook, @les_chroniques_de_koryfee et @dilshaddiablotine

Le message du livre est tellement personnel, il nous touche tous et nous en sommes rapidement venus à nous épancher sur nos vies, nos choix de vie, nos regrets et surtout les possibilités qui nous sont encore offertes.

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Alejandro n’a pas hésité à nous parler de son enfance, de sa jeunesse, de ses débuts dans sa vie d’adulte, se dépeignant comme un homme qui avait tout mais qui n’était pas heureux. Cette discussion fut un appel à la prise de conscience de nos chances, de notre bonheur d’être là, en vie. Un appel à l’humanité, à la fraternité que nous sommes seuls à pouvoir renforcer, pour avoir la chance de rencontrer un jour tous les petits princes qui existent. Qui, parmi vous, parmi nous, s’arrêterait devant un homme allongé sur le côté, qui prendrait une feuille pour dessiner un mouton à un enfant ? Et pourtant, c’est ainsi que la magie opère.

IMG_4178Poète, auteur d’une comédie musicale, fervent admirateur de tout ce qui peut aider notre quête spirituelle (christianisme, bouddhisme), Alejandro G. Roemmers a à cœur de rendre la vie plus belle aux gens autour de lui et ce soir-là, avec nous, il a réussi. Cette soirée, comme l’oeuvre, nous a fait du bien, merci !

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla)

Le Retour du jeune Prince d’A.G Roemmers

Qui ne connaît pas, au moins de nom, Le Petit Prince de Saint Exupéry ? Un conte philosophique qu’on est souvent amené à découvrir au collège et qui charme beaucoup, marquant les esprits grâce à des scènes devenues mythiques : « Dessine-moi un mouton », le renard qui veut être apprivoisé… Ecrire la suite d’un tel chef d’œuvre, d’un tel mythe semble être un pari complètement fou, mais ça n’a pas effrayé A.G Roemmers.

hdrplSur bien des plans, c’est un pari réussi. Dès les premiers chapitres, j’ai retrouvé le charme du conte de Saint Exupéry et j’ai été touchée par l’idée de cet éternel enfant devenu grand. On s’amuse rapidement à repérer les indices qui permettent de percer l’identité de ce jeune homme endormi au bord de la route. Le désert encore, les cheveux, les vêtements.

Notre petit prince a grandi et comme tout individu qui quitte l’enfance, il a connu la désillusion et l’impact souvent violent de la réalité. Pourquoi est-il revenu ? Pour retrouver son ami aviateur et lui demander des explications sur toutes ces désillusions. Un enjeu que l’on sait vain mais le narrateur ne l’avoue jamais au jeune homme. Notre petit héros a toujours une forme de naïveté mais j’ai trouvé ses questionnements plus philosophiques. Son voyage est également plus terre à terre : il n’y a plus d’animaux qui parlent, mais des hommes qui agissent, défiant parfois la logique de ce grand enfant.

Ce qui m’a dérangée, c’est le côté bien trop « bien pensant » des réponses du narrateur aux questions du Prince. Si l’aviateur du conte originel m’a toujours paru aussi charmant que l’enfant dans ses tentatives d’expliquer la réalité du monde en l’associant à l’imagination de l’enfance, ici, les discours s’apparentent un peu trop, à mon goût, à des leçons de développement personnel, des leçons de vie sur Dieu, les relations de l’homme à l’avoir plutôt qu’à l’être, etc…

Néanmoins, le charme du jeune Prince agit toujours. Sa spontanéité, sa fragilité, sa sensibilité sont des preuves bien plus probantes que tous les monologues du conducteur de ce que pourrait être la nature humaine. En cela, encore une fois, le pari est réussi. Quant au message final, différent de l’originel (avec le retour du prince chez lui), je le trouve riche et subtilement ambigu. Je ne spoilerai pas le roman mais je laisse la question en suspens et quand vous aurez lu ce texte, qui paraît aujourd’hui, n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez : cette fin est-elle optimiste ou au contraire désabusée ? Pour moi, les deux se défendent, mais je ne peux pas vous dire en quoi.

Au plaisir d’en discuter avec vous, si le cœur vous en dit ! En attendant, j’aurai le plaisir d’en discuter avec l’auteur lui-même dès demain, je suis ravie !!! Je vous raconterai, promis !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

 

 

Minuit dans le jardin du manoir de Jean-Christophe Portes

J’ai été très honorée quand Jean-Christophe Portes, après avoir lu ma chronique sur L’Affaire des corps sans tête, m’a proposé de lire et critiquer son nouveau roman, un polar contemporain cette fois, Minuit dans le jardin du manoir. C’est aujourd’hui chose faite et…comment vous dire ?… Il ne faut surtout pas hésiter, foncez le lire !

rhdrC’est un roman riche en rebondissements et vraiment pluriel dans sa nature. A l’intrigue principale, cette tête piquée dans le jardin du manoir de Colette et Denis, son petit-fils, s’ajoutent une véritable chasse au trésor, une dimension historique passionnante (pas sur la Révolution cette fois…) et des (en)quêtes personnelles plus humaines. J’ai vraiment vite été ferrée par la plume haletante de Jean-Christophe Portes qui, avec des chapitres courts et efficaces, relève le défi de piquer toujours plus ma curiosité de lectrice.

Les personnages sont plaisants, je me suis beaucoup attachée à Denis qui évolue tout au long du roman, en conservant sa droiture et encore parfois son étroitesse d’esprit qui prête à sourire. Nadget est, elle aussi, un personnage riche et agréable à suivre. Trividec est un personnage volontairement caricatural et de ce fait, assez truculent. Quant à Colette, elle est surprenante, mais je ne peux pas vous en dire plus.

Des enquêtes de Victor Dauterive, on retrouve la vivacité de l’enquête qui s’avère, à chaque chapitre, plus complexe que prévu, sans que l’on perde le fil ; on retrouve la passion de l’auteur pour l’Histoire (on ne change pas une équipe qui gagne) grâce à des événements précis narrés sans lourdeur et qui apporte un vrai complément à l’histoire initiale ; on retrouve une plume légère et enlevée que j’ai toujours autant de plaisir à suivre ; on retrouve le mélange des genres, des milieux (la police, les pirates, le journalisme, la mafia, le pouvoir…).

C’est donc à un vrai moment de plaisir que vous invite Jean-Christophe Portes avec son premier polar contemporain, une vraie réussite que je vous invite chaleureusement à découvrir.

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Le Voyage de Ludwig de Julien Jouanneau

Ce roman, qui paraît aujourd’hui, est d’une grande originalité. Il raconte l’itinéraire de Ludwig, un chien qui part à la poursuite de sa maîtresse Hannah, arrêtée et déportée par les Crieurs, les SS. Le voilà donc sur les routes européennes, de Paris à la Pologne avec, en ligne de mire, le doux visage de sa maîtresse mais, en obstacles, les hommes, la haine, la mort…

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C’était un pari un peu fou que de donner à lire cette sombre période à travers les yeux d’un animal. On se reconnaît souvent dans les pensées de Ludwig, nous qui ne pouvons comprendre non plus ce déferlement de haine injustifiée, de violence incommensurable, ce fanatisme qui sacralisait Hitler en dépit du bon sens. L’amour qui lie la maîtresse et son animal est vraiment touchant, ils se protègent l’un l’autre même si cela les conduit à leur perte, peu importe tant qu’ils sont ensemble.

Bien que cette histoire ne s’appuie pas sur des faits historiques précis, l’ambiance de l’Europe occupée m’a semblé fidèle à ce que j’en connaissais. Des hommes qui tentent de ne pas se frotter aux nazis, d’autres qui ont embrassé leurs croyances (car oui, on peut presque parler de divinité), certains qui essaient de s’en sortir, d’autres qui utilisent des stratégies peu scrupuleuses pour faire du bénéfice, des innocents massacrés, des chiens dressés et abrutis pour le culte du Führer, des cadavres jetés aux animaux, des animaux tués pour être mangés… Je crois que tout cela est réaliste, malheureusement, à défaut d’être réel et encore une fois, je me suis sentie triste et révoltée à la lecture de certaines scènes, d’une violence physique ou psychologique absolument inhumaine.

Toutefois, malgré ces nombreux points positifs, je n’ai pas adhéré à ce récit. J’ai lu les « Notes de l’auteur » qui précisent que les qualités et capacités prêtées à Ludwig ont été déjà avérées chez un chien ou un autre, mais là non, c’est trop. Ludwig sait reconnaître les mots, passe encore, mais qu’il sache lire « Attention » sur un panneau, je n’y arrive pas. Qu’il soit capable de tisser des liens avec ses semblables et d’échanger avec eux sur leur passé grâce aux odeurs, oui évidemment, mais qu’il arrive à revivre une scène vieille de plusieurs mois et à laquelle il n’a pas assisté, en reniflant sa compagne qui dort, non, je n’y crois plus.

Je sais bien que nous ignorons encore beaucoup de choses sur le fonctionnement de la psychologie de nos amis les bêtes et j’accepte de penser qu’ils sont fidèles, profondément loyaux et aimants, mais je reste sceptique quand on étend leurs performances trop loin.

En bref, c’est une histoire qui ne m’a pas déplu et qui aurait pu être une vraie réussite si certains passages ne m’avaient pas fait décrocher et lever les yeux au ciel. Ceci dit, on ne peut pas tout aimer, et heureusement ! Rien ne vous empêche de vous faire votre propre avis, c’est un texte qui se lit sans aucun problème, très riche et bien écrit.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Les Classiques de Priscilla – Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway

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C’est grâce au Reading Classics Challenge de Lilly and Books que j’ai découvert la plume d’Hemingway, en lisant ce roman que tout le monde connaît de nom mais que peu ont vraiment lu, Le vieil homme et la mer.

IMG_20190322_230508.jpgC’est un roman assez court et que j’ai lu plutôt facilement. On ne peut pas vraiment dire que l’histoire racontée soit passionnante. Il s’agit d’un homme de quatre-vingts et quelques années qui va pêcher seul, qui ferre un énorme poisson avec lequel s’engage une lutte indirecte mais acharnée pour savoir lequel des deux vaincra et survivra à l’autre. C’est un très beau texte qui interroge sur la vieillesse, sur le rapport au temps, à la nature. Santiago, le héros, doit tuer ce poisson mais le respecte énormément et le considère comme un frère. Cet animal devient l’enjeu d’un dépassement de soi, d’un combat contre le temps et la solitude, mais d’un combat finalement vain.

Parce que oui, la conclusion est ambiguë. En réalité, il ne s’agit pas de savoir qui triomphe, ce texte n’a pas vraiment d’enjeu finalement. Il se déploie devant nos yeux comme une parabole, riche de sens, autres que religieux, humains tout simplement. Santiago doit se battre contre sa vieillesse, sa pauvreté, sa malchance (il n’a rien pêché depuis plus de quatre-vingts jours), contre la vigueur de ce poisson, contre le poids de l’animal mort, contre les requins qui viennent lui voler peu à peu des morceaux de son butin. Il est seul, il souffre, il a faim, il ne peut pas dormir, il s’obstine, se bat corps et âme. Pour quoi finalement ? Les larmes de son jeune ami qui le récupère après ces journées épuisantes sont finalement plus riches d’émotions que ce qu’arrive à exprimer le vieil homme, que je n’ai trouvé ni triste, ni en colère. C’est sûrement là sa force.

C’est donc une lecture que j’ai appréciée et que je suis ravie d’avoir faite, mais qui, je le sais bien, ne peut pas plaire à tout le monde…

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Throwback Thursday Livresque 2019 – Cycle 2 – Episode 4

tbtlversion2019Le Throwback Thursday Livresque est une initiative de BettieRoseBooks afin de parler de livres qui nous ont marqués, plus ou moins récemment. En 2019, les règles changent un peu.

Chaque mois nous tournerons autour d’un concept et de quatre de ses déclinaisons. Le challenge sera de ne pas reprendre le même livre pour les déclinaisons du concept.

NOUVEAU CYCLE : COULEURS
Pour l’interprétation, vous êtes totalement libres à nouveau. Il peut s’agir de la couleur de la couverture, de celle dont le personnage se revêt toujours, d’une couleur qui revient sans cesse dans l’histoire (exemple le rouge de roses… ), la couleur d’un lieu d’action qui ressort… Pas de limites ! Facile, non ?

  • Semaine 5 : Noir, blanc, gris
  • Semaine 6 : jaune, orange, rouge
  • Semaine 7 : rose, violet
  • Semaine 8 : vert, marron, ocre
  • Semaine 9 : bleu

Pour changer, j’ai décidé de vous parler aujourd’hui d’un roman jeunesse que je conseille souvent à mes élèves de 5e Le Chevalier au bouclier vert d’Odile Weulersse.

C’est un roman très agréable à lire, facile d’accès et prenant. Odile Weulersse a le mérite de faire vivre à son héros Thibaut de Sauvigny toutes les aventures traditionnelles des romans de chevalerie (adoubement, combats au corps-à-corps, épreuve de la magie, amour courtois, guerre) en retirant de toutes ces péripéties ce qui rend la légende arthurienne difficile à comprendre ou à suivre.

Outre ces aventures, l’auteure nous peint un contexte délicieusement médiéval : la religion est présente, Thibaud se lie d’amitié avec un jongleur, il y a des conflits au sein des familles au pouvoir. C’est une lecture qui permet aux élèves d’entrer facilement dans cet univers qui a tendance à les effrayer. J’ai, pour ma part, beaucoup aimé cette histoire et si la légende arthurienne vous attire, il devrait vous plaire également…

Quatrième de couverture :

Pour avoir sauvé des brigands la fille du comte de Blois, l’écuyer Thibaut de Sauvigny est adoubé chevalier.
Amoureux de la belle, sa pauvreté ne lui permet pas de l’épouser.
Mais une nouvelle menace guette : Éléonore comprend que sa propre sœur veut sa mort !
Cette fois, la seule alliée des jeunes gens sera la fée Hadelize.
S’ils la trouvent à temps…

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)