Les sœurs de Biscarosse de Corinne Javelaud

Le 23 janvier 2019 est sorti aux éditions Terre d’histoires le nouveau roman de Corinne Javelaud, je vous avais précédemment parlé de Un été d’orage sorti en mars 2018 dont la chronique est ici

N’abordez pas ce livre en vous disant que vous allez découvrir des femmes(entre autres ici des sœurs) soumises à la gent masculine et transies d’amour, vous allez au contraire découvrir de vraies femmes fortes et volontaires. Vinciane l’aînée se retrouve à devoir gérer la claire pinède, la propriété familiale et sa cadette Mahaut va devenir pilote d’avion et suivre le parcours d’un de ses modèles: Hélène Boucher. 

Donc nous suivons ces deux femmes dont la volonté n’a d’égal que la persévérance. Entre coups du sort, rencontres inespérées, trahisons et mensonges au cœur des merveilleuses forêts Landaises.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman, vous l’avez compris c’est surtout ce côté si différent des romans de terroirs et historiques classiques où la femme faible rentre obligatoirement dans ce cliché typique de l’époque.( n’oublions pas que nous sommes ici au début des années 30). Certaines pionnières ont ouvert la porte, la libération physique est en route, les vêtements deviennent moins engoncés, plus légers. La pauvre jeune fille incapable de travailler, de diriger, ou même de prendre une décision seule s’efface peu à peu, c’est une période charnière pour la femme…Ici Corinne Javelaud nous dresse un tableau plaisant de la femme tout en nous ravissant avec des faits historiques et des records féminins qui font plaisir à découvrir.

Corinne Javelaud est une romancière, une vraie, des faits, des personnages profonds que l’on admire, un amour des mots et des histoires, à découvrir si vous ne connaissez pas ses romans.

Résumé:

A Biscarrosse, au début des années 30, la famille Gelinmacq fait partie de ces propriétaires terriens enrichis grâce au reboisement de la forêt landaise. La fille aînée, Vinciane, a repris la gestion de la propriété familiale qu’elle dirige avec passion. Pourtant, sa rencontre avec un séduisant médecin d’Arcachon qu’elle envisage d’épouser remet en jeu l’avenir de la pinède.
Mahaut Gelinmacq, la cadette, n’a quant à elle qu’un seul rêve : apprendre à voler. Piloter un avion, faire partie de ce cercle restreint de femmes aventurières à la conquête du ciel…
Les sœurs veulent que la Claire Pinède soit préservée sans pour autant sacrifier leur liberté. Mais de douloureux secrets menacent de faire voler en éclats la famille. Les deux sœurs vont devoir choisir entre leur héritage familial et leurs rêves, quel qu’en soit le prix

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Liste de nos envies…

Nous sommes tous et toutes des fans de lecture, nous vénérons le livre « objet », nous avons des piles à lire qui crèvent le plafond, mais nous en voulons toujours plus. Il faut dire que de vraies pépites sortent chaque mois chez de nombreux éditeurs. Les couvertures sont devenues un atout vente à part entière, les réseaux sociaux, les blogs, attisent nos envies chaque jour un peu plus.

Priscilla et moi ne dérogeons pas à cette règle, bien au contraire. Nous avons eu cette idée de partager avec vous la liste de nos envies, je préfère vous prévenir, elle est longue, la voici:

  • Erectus de Xavier Müller, un roman que j’ai pu voir passer à de nombreuses reprises sur les réseaux. Chez XO éditions

L’étranger dans la maison de Shari Lapena aux éditions Presses de la cité

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Le chant des revenants de Jesmyn Ward

Voici un roman qui m’a beaucoup touchée, je suis tombée en amour pour le jeune Jojo, 13 ans et pas une vie de rêve.

L’auteure alterne les points de vue, mais nous passons la plupart du temps avec Jojo, un garçon tellement touchant que j’ai eu tout du long envie de le rencontrer et de le rassurer, lui qui prend soin de sa petite sœur Kayla, une enfant fragile et tellement attachée à son grand frère. Leur mère Léonie, est une maman perdue, elle voudrait être une bonne mère mais elle se laisse vite emporter dans la magie du crack, on en connaît tous les conséquences… Le père Michael est en prison, il n’est pas le père parfait non plus, heureusement que les parents de Léonie sont là pour pallier cette situation et élever les enfants. Jojo les aime fort ses grands-parents, on le sent, d’ailleurs, eux aussi on a envie de les rencontrer, de les aider dans leurs tâches quotidiennes.

Une lecture qui touche mon cœur de maman, que j’ai trouvée poétique malgré cette négligence envers les enfants qui m’a fait bouillir à chaque page, Léonie, lorsqu’elle est racontée par Jojo mérite des gifles, cet enfant la ressent comme une génitrice sans plus, pourtant lorsque c’est Léonie qui prend la parole, on ressent de l’empathie pour elle, on comprend que tout n’est pas toujours si simple.

Une alternance des sentiments qui m’a faite vibrer tout au long du livre. Une histoire dans laquelle il faut le dire, il ne passe pas grand-chose, on suit un morceau de vie de cette famille que l’on voudrait effacer d’un coup de gomme et réécrire… Pourtant on s’attache à cette lecture, on ne veut pas abandonner Jojo. Ce garçon aime les histoires que lui raconte son grand-père, il cherche à s’évader de cette vie sans grand intérêt, il aimerait ressembler à son papy, il admire sa stature, sa patience, son savoir.

Pour finir cette chronique, je vous propose de découvrir un de ces moments que j’ai trouvé tellement touchant:

KAYLA A FAIM. Je le sais parce qu’elle n’arrête pas de pleurer, parce que dès qu’on repart elle se roule en boule, elle s’arc-boute et elle donne des coups de tête dans son siège. Et elle braille. Je sens qu’elle va mal. Son ventre la fait souffrir. Elle a besoin de le remplir, alors je la détache et je l’assois sur mes genoux, mais ça n’aide pas. Elle crie un peu moins fort, un peu moins aigu et perçant. La douleur s’émousse. Mais elle continue à balancer la tête dans ma poitrine, et son crâne est fin comme mes os, contre la pierre où mes côtes fusionnent, un crâne aussi facile à briser qu’un bol de porcelaine. Léonie a posé ses plantes entre elle et Misty sur l’accoudoir, et à chaque minute, à chaque kilomètre, les feuilles de ronce sont un peu plus fripées, les racines filandreuses, et la terre en dégringole par paquets. Kayla grogne et pleure. Je ne veux pas que Léonie lui donne de ça. Elle croit que c’est la chose à faire mais elle n’est pas Mamie. Ni Papy. Elle n’a jamais rien soigné ni fait pousser de sa vie, et elle ne sait pas.

Résumé:

Seule femme à avoir reçu deux fois le National Book Award, Jesmyn Ward nous livre un roman puissant, hanté, d’une déchirante beauté, un road trip à travers un Sud dévasté, un chant à trois voix pour raconter l’Amérique noire, en butte au racisme le plus primaire, aux injustices, à la misère, mais aussi l’amour inconditionnel, la tendresse et la force puisée dans les racines. Jojo n’a que treize ans mais c’est déjà l’homme de la maison. Son grand-père lui a tout appris : nourrir les animaux de la ferme, s’occuper de sa grand-mère malade, écouter les histoires, veiller sur sa petite sœur Kayla.
De son autre famille, Jojo ne sait pas grand-chose. Ces blancs n’ont jamais accepté que leur fils fasse des enfants à une noire. Quant à son père, Michael, Jojo le connaît peu, d’autant qu’il purge une peine au pénitencier d’État.
Et puis il y a Leonie, sa mère. Qui n’avait que dix-sept ans quand elle est tombée enceinte de lui. Qui aimerait être une meilleure mère mais qui cherche l’apaisement dans le crack, peut-être pour retrouver son frère, tué alors qu’il n’était qu’adolescent.
Leonie qui vient d’apprendre que Michael va sortir de prison et qui décide d’embarquer les enfants en voiture pour un voyage plein de dangers, de fantômes mais aussi de promesses…  

Paranoïa Le jour où la pluie commença d’Emilie Courts

Attention, ce roman mène à la folie, si vous l’ouvrez, c’est à vos risques et périls! Est-ce cela la folie? L’auteure parvient-elle à nous rendre paranoïaque le temps d’une lecture? Les sentiments sont forts, c’est le moins que l’on puisse dire, la tête nous tourne, on ne sait plus où l’on est. Difficile de savoir réellement durant les premières pages où va nous mener cette lecture.

Un livre scindé en deux parties, dans une première l’auteure nous parle de Sarah, mais une fois encore est-ce la réalité ou une forme de folie, tout cela est très déroutant, un peu trop pour moi sûrement. J’ai eu en effet l’espoir que comme dans certains cas, les choses s’éclairciraient, mais je ne me suis pas sentie plus à l’aise en avançant dans ma lecture.

Dans la seconde partie, on nous parle de Sophie, deux personnes pour une vies ? Deux vies différentes? je suis un peu perdue je l’avoue.

Beaucoup de scènes de sexe un peu hard, pas de romantisme ici, beaucoup de confusion, je m’y perds et ne m’y retrouve plus. J’ai un peu de mal avec ce type de romans, j’ai pour ma part besoin de savoir où je vais, où je mets les pieds. Vous l’aurez donc compris, je ne suis pas emballée par cette lecture, mais comme d’habitude chez Livresque78, nous disons la vérité.

Résumé:

Une immersion dans la folie humaine

« Paranoïa » n.f.

Délire interprétatif construit sur une perception faussée du réel. Croyances de persécution liées à une menace perçue comme provenant des individus.

Sarah, du haut de sa trentaine d’années, a une vie banale, triste, monotone, rassurante mais désespérément normale. Pourtant, de plus en plus de détails semblent perturber…

La promesse de Lucile d’Albert Ducloz

Second roman que je lis de l’auteur, souvenez-vous de Pascalou dont voici la chronique:https://livresque78.wordpress.com/2018/01/26/pascalou-de-albert-ducloz/

Albert Ducloz écrit ici encore, un très beau roman, cette fois il aborde le sujet de la guerre, mais aussi et surtout de l’occupation. Rien n’est tout blanc ou tout noir dans la vie, cette maxime vaut encore plus je pense en période d’occupation. Difficile de juger Lucile, cette femme courageuse, qui a tant fait pour les siens durant la Première Guerre Mondiale, poursuit sa bonne action alors que les Allemands sont aux portes de la ville de Valence, où elle est « ses filles » se sont réfugiées. Lucile est une femme qui a aimé et aime toujours un homme, peu importe au regard de son cœur la patrie de cet homme, seuls les sentiments qu’elle lui porte comptent.

Une réflexion nécessaire sur l’attitude qu’on pu avoir certaines femmes durant l’occupation, facile de tomber dans l’incompréhension pour nous qui n’avons pas eu à vivre ce dilemme, cette faim perpétuelle, ce manque de tout, cette promiscuité, ce froid… Un homme est un homme d’où qu’il vienne, d’autant que beaucoup de soldats occupants tentaient d’aider ces malheureux dont ils occupaient les terres, et à qui l’Allemagne ôtait le pain de la bouche.

La seconde Guerre mondiale se révèle bien entendu être, des années de souffrance, de tortures, d’emprisonnements; de morts…Mais au milieu de tout cela, quelques fois , l’amour, l’amitié, l’empathie parvenaient à se frayer un chemin, à apporter une touche d’humanité à toute cette horreur. C’est cela que nous raconte Albert Ducloz  ici avec ce très beau roman où rien n’est écrit d’avance, où rien n’est bien ou mal, nous sommes des êtres humains avec nos faiblesses et quelle que soit l’époque et les difficultés que nous vivons, nous le resterons. https://boutique.centrefrance.com/de-boree/la-promesse-de-lucile-837

Résumé:

A l’issue de la Grande Guerre, Lucile, infirmière auprès des soldats blessés, tombe amoureuse d’un soldat allemand dont il ne lui restera qu’une photo. Elle n’oubliera pas cet amour pourtant controversé. Les années passent et Lucile s’engage auprès des femmes atteintes de tuberculose. A l’aube de la Seconde Guerre, sentant le vent tourner avec les nazis aux portes de Paris, elle décide de partir avec ses protégées de Paris pour Valence où ensemble elles trouvent refuge dans un sanatorium inhabité. Mais les allemands envahissent bientôt la zone libre et réquisitionnent les immeubles. C’est alors que, parmi ces allemands, Lucile reconnaît Ludwig. Les anciens amants ne tardent pas à se retrouver et à s’aimer comme avant, malgré les interdits, les regards réprobateurs et la guerre. Ludwig n’hésitera alors pas à prendre tous les risques à l’encontre de sa hiérarchie pour sauver celle qu’il aime.

Un homme parfait de Jo Jakeman

Je dois absolument vous parler de ce livre! Un homme parfait est un roman que j’ai trouvé terriblement bluffant et je vous explique pourquoi.

Une structure particulière car le lecteur connaît la fin dès les premières pages de ce livre, ce qui était carrément risqué car il n’est pas facile de passionner le lecteur une fois que l’issue est donnée. Mais attention, tout est fait avec une incroyable intelligence, la question est posée, comment est-ce arrivé, avec un décompte haletant l’auteure nous mène exactement là où elle le veut.

Il est rare, en tout cas me concernant, qu’un roman me bloque la respiration, qu’une scène m’envoie dans les cordes tant je ne m’attendais pas à ce qui allait arriver. Ici, c’est arrivé à de nombreuses reprises, ni vu ni connu, l’auteure m’a mis régulièrement un coup de pression, une belle pétoche. Elle nous fait suivre Imogène, une femme qui semble calme, plutôt posée, une mère de famille comme tant d’autre…Non, au final, sa vie ne ressemble pas à celle de toutes les femmes car Imogène a été marié avec Philippe, un policier qui peut paraître exemplaire. Mais moi, lectrice aguerrie, je ne me voile pas la face, j’ai lu la quatrième de couverture, je sais que Philippe est loin d’avoir été le mari parfait, j’en suis donc à me dire qu’il est un manipulateur, ce que je ne sais pas c’est à quel point la tension va subitement monter!

Des rebondissements que je n’ai absolument pas vu arriver, une ambiance complétement folle car Jo Jakeman instille d’un coup une dose de folie dans un calme plat, le genre de claque qui vous pique la joue un petit moment.

On découvre au final une femme incroyable qui est capable de changer, capable de se dépasser, de mettre ses peurs de côté, de tout faire pour sauver son enfant. Il m’est difficile de vous en dire plus sans vous en dire trop.

Vous l’aurez donc compris, ce roman est pour moi une superbe réussite. Vous m’en direz des nouvelles.

Résumé:

Jusqu’où iriez-vous pour vous venger de votre ex ? Phillip, le mari d’Imogen est un terrifiant manipulateur qui présente à tous l’image de l’homme parfait. Mais Imogen sait ce qu’il cache. Alors qu’ils sont en instance de divorce, Phillip lui donne quinze jours pour quitter la maison, faute de quoi il demandera la garde de leur fils. Lors d’une dispute, dans un moment de folie, Imogen l’enferme à la cave. Maintenant qu’elle semble contrôler la situation, jusqu’où sera-t-elle capable d’aller pour défendre son fils ?

Même si on se quitte de Babsy Bisiaux

Je réagis à chaud, quelques minutes après la fin de ma lecture. Un avis mi-figue, mi-raisin concernant cette lecture. Tout d’abord, la facette thriller de ce roman que j’ai trouvé plutôt réussie, un dépaysement avec une touche Slave, des rebondissements de Paris à Vélikié Louki en Russie. Des disparitions mystérieuses, des révélations, des tentatives d’assassinat, des enlèvements… Bref tout ce qui fait d’un thriller un thriller. Un suspense et une intrigue qui pousse à poursuivre la lecture, à comprendre, à aller plus loin dans cette histoire où chacun a quelque chose à cacher, où chacun peut être un suspect.

Quelques personnages intrigants donnent à ce roman une touche de peps, mais, car malheureusement il y a un mais…Les relations, les dialogues m’ont souvent parus peu crédibles. Une histoire d’amour qui va plonger deux quarantenaires dans des interactions on ne peut plus kitchs, ce qui est véritablement dommage car le décor posé: l’univers du PSG, cette vétérinaire avec la tête sur les épaules, nous donnait cette impression d’un bon début, de l’action qui arrive rapidement, puis catastrophe cette rencontre complétement puérile, cet homme qui tombe fou amoureux en 30 secondes, ces phrases sorties des chansons de Michel Sardou ou de Johnny Halliday, ce fils de 17 ans qui parle comme un petit garçon…J’avoue que j’ai failli poser ce livre pour ne plus y revenir. Mais une fois passée ces quelques scènes posant problème, l’écriture plaisante et cette intrigue dont l’issue est inattendue sont retour et sauvent ma lecture.

Il me faut être franche, c’est tout l’intérêt d’une chronique, de ce fait je dois encore soulever deux points importants, on sent que Babsy Bisiaux a une carrière médicale derrière elle, car les soins portés aux animaux ainsi qu’à Dimka sont, on le sent bien issues d’un réelle connaissance. Par contre, moi qui suit une femme et mère de fans de foot et notamment du PSG, je m’insurge de certaines fausses vérités sur le fonctionnement d’un club de foot. Dommage, car on sent que sur ce sujet les infos n’ont pas réellement été collectées. Alors, me direz- vous, c’est une roman bien sûr, mais tout de même, pour ma part cela a été dérangeant et a terni mon plaisir de lecture.

Un avis mitigé donc, vous l’aurez compris, pourtant l’idée de départ était bonne, le style l’est également, j’ai un peu eu cette impression que deux personnes différentes avaient écrits ce livre, que le fait de vouloir mélanger thriller et romance a fait perdre un moment le fil conducteur à l’auteure.

Résumé:

Dans un petit village du Loiret, Lara doit dorénavant s acquitter seule des dettes de la clinique vétérinaire depuis que son époux, vétérinaire et joueur de poker, a subitement disparu quelques jours avant Noël. Raphaël, son ami d enfance, commandant de gendarmerie, veille amoureusement sur elle. Une nuit, après une intervention difficile sur une jument, elle sauve de la noyade Dimka Chernikoff, le célèbre et séduisant entraîneur russe du PSG. Cette rencontre marquera le début d une nouvelle vie pour cette femme pleine de surprises, mais les fantômes du passé resurgiront vite de ce voyage entre la France et la Russie. Chacun d entre nous cache des secrets plus ou moins avouables qui rongent pernicieusement nos âmes. Lara, Raphaël et Dimka n échappent pas à la règle.

Une jeunesse en fuite de Arnaud Le Guern

Voici le second roman d’Arnaud Le Guern, Paru aux éditions du Rocher Une jeunesse en fuite est un très joli retour dans les souvenirs de l’auteur. Arnaud le Guern a le même âge que moi à quelques mois près, j’ai donc ici fais moi-même une incroyable introspection dans mes souvenirs d’adolescence. Un retour aux sources qu’Arnaud utilise afin de reprendre contact avec cette période de sa vie, en faire un roman, pouvoir découvrir ou redécouvrir son père, cet homme qui se dévoile peu mais qui depuis qu’il a perdu Tess, sa chienne n’est plus tout à fait le même.

Une bouffée de nostalgie, de sensations qui se rapportent à cette période de la vie d’Arnaud, des souvenirs de la situation politique qui embarque son père à Ryad durant la guerre du Golf, une période où Mitterrand est président et où toutes les familles de soldats Français qui partent, tremblent face à cette guerre et à l’inconnu.

Arnaud jeune est imprégné par la musique de l’époque qu’il écoute en boucle avec des goûts bien à lui, il lit aussi beaucoup, il admire des actrices, des comédiens, des réalisateurs. Sa narration, qu’elle soit passée ou présente est une bulle de culture, elle vous transporte dans des films et vous donne envie de les revoir, elle vous amène à des découvertes et vous foncez sur Google pour prendre des renseignements.

Un roman parfois léger, parfois plus profond lorsqu’est abordé le départ de ce père pour un danger dont Arnaud ne veut guère entendre parler. Un petit aire frais de Bretagne, une envolée d’amour pour son enfant, un très joli roman plein de poésie, qui m’a été droit au cœur.

Résumé:

De retour en Bretagne avec sa fille, le temps d’un été chez ses parents, l’auteur se souvient du début des années 90. La guerre du Golfe et le départ de son père, médecin militaire, pour l’Arabie saoudite. Une époque qu’il avait balayée de son esprit. Remplacée par les fiancées éphémères, la griserie des nuits, les écrivains fantaisistes. Relisant les lettres que son père envoyait depuis le Moyen-Orient, il retrouve les traces d’une adolescence perdue. Tout lui revient par petites touches : ses camarades de lycée, la moustache de Saddam Hussein, les actrices et mannequins à la mode, la peur que son père ne revienne pas.
Dans Une jeunesse en fuite, Arnaud Le Guern fait résonner sa musique intime, entre quête du père et éducation sentimentale. Une touchante invitation à la flânerie romanesque.

La boîte à outils de Gérard Besnier

  • En librairie le 24 janvier 2019
  • 496 pages Editions François Bourin
  • ISBN979-10-252-0428-3

Ce roman est un OVNI, inclassable car totalement hors cadre. Mais pourquoi faudrait-il toujours mettre les romans dans des genres, des cases? L’essentiel est ce que l’on a ressenti durant la lecture non? Je dois dire que j’ai apprécié ce roman dont le sujet de départ est effectivement une boîte à outils, j’ai été touché par celui à qui elle appartient cette boîte, bien qu’il ait un nom totalement improbable, Nicolas Dédacin Amoraus ce qui est d’ailleurs le cas de la plupart des personnages rencontrés dans ce livre. Nicolas est un sensible, utilisé, manipulé pour sa totale absence de méchanceté, il a envie de vivre tout simplement, une vie simple, il veut faire plaisir à son père et parvenir à construire un bonheur sincère mais sans prétention.

Comme tous les gens simples, les autres en abusent et Nicolas, toujours prêt à tout pour aider mais pas toujours très doué va se retrouver à l’origine de beaucoup d’ennuis. Nous le suivons donc au fil de ses aventures du jour où il quitte l’école, de manière un peu forcée, les ennuis commencent. Mais il a aussi un très bon ami, qui l’aide, l’héberge en toutes circonstances, lui aussi a un nom impossible: Jakhno.

Nicolas va traîner sa fameuse boîte à outils dans ses apprentissages de différents métiers, rien ne se finit jamais bien, mais au final une telle volonté de bien faire ne peut que lui attirer des amitiés, des connaissances utiles, sincères ou non, ça c’est une autre histoire.

Un roman touchant, car un personnage attachant, qui bien que limité, ne voyez rien de négatif dans ce terme, Nicolas apprend et absorbe tout ce qu’on accepte de mettre à sa disposition. Mais pour apprendre il faut que la formation soit faite par des professionnels et dans un cadre bien défini, pour vivre une histoire d’amour il faut la vivre avec une personne qui nous accepte tel que nous sommes, Nicolas va vivre tous ces moments forts et parfois difficiles et nous allons l’accompagner sur un petit bout de chemin.

Le seul point négatif est ces intrusions de l’auteur qui parle à sa lectrice, je n’y ai vu aucun intérêt, et j’avoue même les avoir zappé à de nombreuses reprises. Mea Culpa.