J’IRAI TUER POUR VOUS DE HENRI LOEVENBRUCK

Voici notre première chronique en binôme, à quatre mains, certainement une des chroniques les plus difficiles à rédiger, c’est compliqué de trouver les mots suite à une lecture aussi bouleversante que celle-ci.
Ce roman est un coup de poing, à de nombreux sens du terme. C’est un roman fort, riche qui nous a fait passer par toutes les émotions. Henri Loevenbruck est tout simplement un génie de la construction narrative. L’histoire est lourde, c’est un feu d’artifices qui part dans tous les sens mais on ne s’y perd pas une seconde. L’auteur prend en effet le temps de nous laisser lire toutes ses cartes avant de les mettre sur la table. Forte, intense, une lecture qui reste dans vos pensées bien longtemps après avoir tourné la dernière page.

Un roman qui démarre vite et fort, voilà nous sommes ferrées, nous avons mordu à l’hameçon, on découvre Marc et on l’aime déjà.  On se sent comme au cinéma, les personnages se dessinent autour de nous, on vit l’action.Puis c’est un bond en arrière et Mag se retrouve en 1985, elle a 8 ans, elle entend, chaque jour, égrener aux informations le temps de détention des otages au Liban, Jean-Paul Kauffman, Marcel  Carton, Marcel Fontaine, Michel Seurat. Ce moment de son enfance revécue, fait déjà de ce roman une lecture particulière pour Mag…Comment vous parler de cette histoire sans trop en dire ? L’intrigue touche à un sujet, encore plus sensible depuis Charlie Hebdo, ou les attentats de novembre 2015. La situation fait malheureusement trop penser à ce qui se passe encore aujourd’hui. Et ça fait froid dans le dos de lire et de comprendre à quel point les vies humaines, nos vies, sont entre les mains des hommes du pouvoir. Mitterrand, Chirac, Pasqua jouent avec la vie des otages, avec la vie des Parisiens, constamment menacés par le Hezbollah et savoir que l’histoire de Marc Masson et Olivier Dartan s’appuie sur des faits réels interroge les Français que nous sommes. Le ressenti des otages,  la face politique, les méthodes d’enquête, les missions ô combien dangereuses qu’effectuent la DGSE, les services secrets, tous ces hommes de l’ombre, tout nous est montré. Les rouages du jeu des ambassades, des accords conclus entre les pays, de l’importance du nucléaire se dévoilent à nos yeux ébahis. Les multiples ramifications des organisations terroristes et des dangers sans fin qui pesaient à l’époque sur notre pays sont mis au jour ce qui encore probablement le cas aujourd’hui. Un travail de recherche incroyable de l’auteur, qui rend cette lecture terriblement réaliste. Un suspense qui ne permet plus de lâcher ce pavé et nous emmène de Paris à Beyrouth en passant par Bélem au Brésil. Cela a beau être d’une complexité inénarrable, nous suivons parfaitement Henri Loevenbruck… 

Et, au milieu de ces stratégies écœurantes, qu’elles réussissent ou qu’elles échouent, il y a, comme dans la vraie vie, des humains. C’est la grande force du roman : l’auteur ne met pas de côté les histoires individuelles au profit de ce massif historico-politique. Justement parlons des personnages. C’est aussi l’histoire de Marc Masson, un de ces hommes, recruté pour ces talents d’action, il a déjà tellement vécu en si peu de temps, un très jeune homme, au sens moral irréprochable et au goût pour la violence incommensurable. Un jeune homme qui va grandir, vieillir, espérer, désespérer, aimer… C’est l’histoire de Pauline aussi, une jeune libraire hippie qui n’aime que « des tordus » et qui va devoir se battre contre un ennemi qu’elle ne connaît pas et qui vit dans les tripes de celui qu’elle aime. C’est l’histoire de Luciana… Le personnage d’Olivier Dartan est lui aussi passionnant : nous devenons les témoins de l’itinéraire d’un homme d’éthique et d’action, marié à une musulmane dont l’abnégation force notre admiration, et dont les certitudes vont être à plusieurs reprises ébranlées par les douteux procédés politiques et les ordres de sa hiérarchie. Il joue en quelques sortes le mentor de Marc, les relations qui s’établissent entre les deux hommes nous ouvrent les yeux sur le fait qu’un cœur comme le vôtre et le mien bat dans leur poitrine, ils ont une vie personnelle malgré la complexité de maintenir une relation…Vous l’aurez compris, on s’attache profondément à chacun de ses personnages, c’est ce qui nous a pris aux tripes.Quant à l’écriture, je pense sincèrement qu’Henri Loevenbruck est un virtuose des mots. C’est quand même extraordinaire de nous assommer à coup de sigles, spécialité française (DGSE, DST, Farl, SA…), de noms de villes du monde entier, de noms d’hommes politiques moins connus que leurs supérieurs à la tête du pays, sans que jamais, nous ne sentions dépassés ou lassés. On commence dans le feu de plusieurs actions qui vont mettre un certain temps à se lier les unes aux autres mais qui nous tiennent en haleine dès les premières pages. Quand tout s’enclenche enfin, c’est simple, c’est presque impossible de se décider à poser ce roman. Mais, parallèlement, les extraits des carnets de Marc Masson sont tout simplement des bijoux : le personnage se livre dans toutes la complexité de sa psychologie, à travers son amour de la littérature, de la patrie, de l’Homme en fait, et ce sont des pages de poésie qui s’offrent à nous.

La narration et la mise en scène de Loevenbruck, inimitables, rrndent cette histoire de 630 pages passionnante d’un bout à l’autre.

A lire absolument.

Un très grand merci à Charlotte Ajame de chez Flammarion pour cette première collaboration, et pour sa confiance.

Mag&Priscilla

 
Pour le résumé, c’est par ici:

https://www.babelio.com/livres/Loevenbruck-Jirai-tuer-pour-vous/1061810

 

 

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L’ombre et la lumière de Jack Laurent Amar

 

L’auteur nous dit être un « bébé « auteur, en effet L’ombre et la lumière est son premier roman.

Eh bien je dois dire que je tombe de haut, je viens de me prendre une grande claque, et je m’attends à très rapidement entendre parler de Mr Jack Laurent Amar. En tout cas, je ne peux que vous inviter à lire ce qui suit et à vous intéresser de plus près au cas de cet auteur originaire du Var. Il a une imagination débordante, et il nous en fait profiter dans L’ombre et la lumière.

Il m’a scotché à mon canapé avec cette histoire qui mêle amour, sensibilité, intelligence du thriller, on sent que Jack Laurent Amar s’est documenté et n’est pas parti dans une narration à l’aveuglette. Tout est pensé, bien rythmé de la première ligne jusqu’à la dernière. Il met tout d’abord en place une relation amoureuse, ce que l’on pourrait considérer comme une amourette de lycée, car même si cette relation semble forte, on a toujours tendance à penser qu’elle est passagère, éphémère… Mais Bastien et Lolie vont nous surprendre, surtout Bastien. Car c’est là que l’auteur nous emmène dans ce que son esprit a crée de toute pièces, et avec je trouve un grand talent.

Il mêle deux personnalités en une seule, un équilibre total et étonnant, il chamboule totalement l’idée qu’il vous avait mis en tête au départ. Mais je ne dois pas vous en dire trop car les surprises et les rebondissements rendent ce livre totalement addictif. Je m’y suis accroché comme à une bouée et chaque avancée dans l’histoire et dans la compréhension des événements m’ont donné beaucoup de plaisir de lecture. Plus le roman avance et plus on sent que Jack Laurent lâche la bride, il prend confiance et ses personnages et son histoire s’enrichissent.

 

L’argument des rois de Richard Delacrau

l'argumentEditions Les Passionnés de bouquins

178 pages

Note:♥♥♥♥/5

Mon avis: Je dois tout d’abord débuter cette chronique en vous parlant de ma réaction à la réception de ce roman. J’ai été très intriguée en premier lieu par la couverture, puis par le résumé. Je me suis donc lancée sans me poser de question et j’ai bien fait. Ce petit roman est pour moi un bijou d’humour, les relations entre Alexis et son ami Paul prêtent très souvent à sourire. Ils se pinaillent sans arrêt, il faut dire qu’ils se connaissent depuis l’enfance. Cette relation amicale, va donc être le point central de l’aventure incroyable que va vivre Alexis. L’histoire démarre rapidement, pas de long palabre: de l’action, on entre dans le vif du sujet et l’effet est immédiat, les pages se tournent à grande vitesse. Une intrigue très bien ficelée, où se mêlent des personnages qui empruntent leurs noms à de grands hommes de l’histoire, des énigmes en latin, des capacités cérébrales sur-développées… L’écriture de l’auteur est fluide et agréable, son humour perce à travers les mots qu’il utilise, et ses remerciements sont la preuve de ce sens de la dérision, qui ne peut que venir d’un auteur de talent, qui a ici écrit un roman de talent. Je pense donc que Mr Delacrau peut-être sûr du succès de son roman, car tous les ingrédients y sont réunis pour combler le lecteur. En tous cas, il a comblé la lectrice que je suis… Merci à l’auteur ainsi qu’aux éditions Les Passionnés de Bouquins pour leur confiance.

Résumé: Alexis, la trentaine passée, mène une vie de célibataire occupant un poste professionnel impersonnel, sans attrait ni intérêt. L’age avançant, un tel bilan le conduit inexorablement vers la dépression latente. Alors il rêve d’une vie pleine d’aventure et d’adrénaline ; Une nuit, il se voit même assassiner un petit truand. La sensation le galvanise. Aucune crainte, aucun remord…Il n’est que force et sérénité rendant la justice. Ce n’est que le lendemain, au cours d’un dîner avec Candice, une collègue qui ne le laisse pas insensible, qu’il prend conscience que tout était bien réel. Commence alors pour Alexis une course contre la montre pour découvrir qui le manipule en lui ordonnant de plus en plus de missions dans son « sommeil ». Son enquête le mènera à la découverte des secrets d’état les mieux gardés depuis le XVIIème siècle. A travers son deuxième roman, Richard Delacrau nous entraîne dans une intrigue à la limite du fantastique pour mieux parler de ses contemporains et des problèmes générationnels propres à notre époque.