Les Classiques de Priscilla – Crime et Châtiment de Fédor Dostoïevski

Ce mois-ci, grâce au Reading Classics Challenge de Lilly & Books, je me suis lancée dans la lecture de Crime et Châtiment de Dostoïevski. J’avais déjà fait connaissance avec la plume de cet auteur russe, au cours de mes études : j’avais lu Le Double. Il ne m’a pas autant marquée que les autres textes lus dans le cadre de cette thématique (Le Portrait de Dorian Gray que j’avais adoré, Les Elixirs du diable et La Méprise de Nabokov).

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Ce roman de plus de 650 pages a beaucoup joué avec mes nerfs. Je l’ai d’abord trouvé, il me faut vous l’avouer, long et ennuyeux, d’autant que cette manie russe de donner, à chaque fois que l’on parle de quelqu’un, ses trois noms rend le style lui-même un peu lourd. Cela manque d’action, le personnage principal manque de dynamisme et d’assurance, j’ai vraiment cru que j’allais abandonner, mais je tenais tellement à connaître cette histoire que je me suis accrochée, et tant mieux. A partir de l’entrée en scène d’autres personnages (Razoumikhine, Dounia, la mère, Svidrigaïlov, Catherine Ivanovna et Sonia), le roman prend une autre dimension. C’est par l’intervention de tous ces êtres que le héros, Raskolnikov, prend son épaisseur et gagne en intérêt.

Le synopsis de ce roman, on le devine avec le titre : il s’agit d’un étudiant désargenté qui, par dépit, va se laisser aller au vol et au meurtre. S’il n’est pas arrêté tout de suite (c’est bien là tout l’enjeu du texte), son châtiment commence avant la moindre décision de justice. Raskolnikov doit vivre avec ce qu’il a fait et on ne peut pas dire que cela soit une réussite. De maladies nerveuses en décisions constamment avortées, ce personnage n’a pas grand chose d’attachant. Il se montre certes souvent généreux, mais avec un tel mépris pour ceux qu’il aide, que cela en devient odieux. Il a une grande estime de lui-même et manque cruellement d’assurance. Il ne parvient ni à regretter son geste, ni à en profiter. Quant à son attitude avec les amis qui l’entourent, malgré tout, elle est tout simplement détestable. Mais c’est là toute la force de ce récit, je me suis sentie absolument fascinée par les êtres les moins agréables (notamment le héros et Svidrigaïlov) alors que les autres me laissaient davantage de marbre (exceptions faites de Dounia dont la loyauté ne va pas sans un caractère fort et de Catherine Ivanovna dont le tempérament de feu m’a souvent fait sourire). En effet, Sonia, Razoumikhine, la mère du héros et de nombreux autres personnages m’ont semblé trop naïfs, trop purs pour être vraiment intéressants. Ce qui me fait dire que l’auteur s’ingénie à nous rendre aussi méprisants (voire méprisables) que son personnage principal : pour être exceptionnel, il faut être vicié…

Ce roman ressemble à une tragédie, mais une tragédie moderne et sans noblesse. Beaucoup de morts évidemment, mais aucune intervention divine, ni présence – selon moi – de destin qui s’acharne : les personnages choisissent leur sort et en paient les conséquences, même s’ils essaient d’oublier le plus souvent. Beaucoup de personnages positifs souffrent malgré leur bonté naturelle. Une seule petite nuance d’espérance apparaît dans l’épilogue et vient redonner un peu de couleur à cette réalité noircie par une plume acerbe mais que j’ai finalement trouvée addictive.

Et vous, connaissez-vous ce classique ? L’avez-vous lu jusqu’au bout ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dites-moi tout, cela m’intéresse !

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Les Classiques de Priscilla – Le Comte de Monte-Cristo (Tome II) d’Alexandre Dumas

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A peine sur la route des vacances, je me suis jetée dans le tome II des aventures d’Edmond Dantès, et je l’ai terminé hier soir ! Dans son intégralité, le roman fait 1400 pages mais ce sont 1400 pages de pur bonheur, qu’on soit amateur ou non des classiques et des pavés. Vous trouverez d’ailleurs ma chronique du premier tome ici.

qrfNous retrouvons donc le Comte de Monte-Cristo à Paris, en pleine construction d’une triple vengeance qui n’aura pas de limites, autres que celles qu’Edmond Dantès lui-même s’est fixé, guidé, croit-il par la main de Dieu. Il s’introduit ainsi dans les maisons de ses trois ennemis : Danglars, qui avait écrit la lettre responsable de son emprisonnement ; Fernand, se faisant appeler M. de Morcerf, qui l’avait envoyée et avait ensuite épousé Mercédès ; de Villefort qui avait fait enfermer Edmond parce qu’il risquait de nuire à la réputation de son père et à son futur mariage avec Melle de Saint-Méran. Le temps a passé : beaucoup d’entre eux, en plus de la richesse, ont eu le bonheur de se marier et d’avoir des enfants. C’est là que les choses se compliquent, car même si la parole divine annonce que les coupables paieront jusqu’à plusieurs générations, Monte-Cristo a du mal à faire souffrir ces individus innocents.

C’est ce que j’ai trouvé très intéressant dans ce second tome. A la haine et la colère succède le doute. On retrouve des passages dignes de la « Tempête sous un crâne » de Jean Valjean. Cela rend encore plus attachant le personnage principal qui, sans cela, deviendrait presque inhumain tant son entreprise l’obsède. Edmond Dantès, à l’instar d’Alexandre Dumas, est tout simplement un génie : son argent lui permet d’avoir accès à toutes les informations, de déployer tous les stratagèmes et sincèrement, sa vengeance est extrêmement vicieuse. Il ne s’agit pas seulement de tuer ou de ruiner, il s’agit de priver l’ennemi de tout ce dont il l’a privé lui-même plusieurs années auparavant. Franchement, je ne pense pas que l’on puisse se détacher de ce très beau texte avant d’en connaître la fin.

Au-delà de l’histoire (vous devinerez que je reste très vague pour ne rien dévoiler), j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de la relation entre Mercédès et Edmond. Bien sûr, on comprend rapidement qu’elle est la première à l’avoir reconnue et on se demande tout au long du roman ce qu’ils finiront par se dire. Mais non, le temps a passé : s’il reste des traces du premier Amour, elles sont rapidement effacées par l’amour maternel d’une part, par la colère d’autre part. L’ultime soubresaut de Monte-Cristo est touchant, parce que très réaliste. La place d’Haydée est également essentielle : l’inconnue, que l’on savait esclave du comte, devient l’équivalent d’une fille et cet amour pur tend à se présenter comme la seule source d’un éventuel bonheur futur pour ce comte, dont, rappelons-le, la moitié de la vie s’est passée en prison et la deuxième dans la vengeance.

Beaucoup de personnages secondaires, apparemment, revêtent un caractère fort, symbolique et deviennent de vrais points d’accroche dans ce roman que l’on pourrait qualifier de roman-fleuve. Maximilien Morrel bien sûr, dont la droiture, la loyauté et l’amitié en font le digne héritier de son père ; Valentine, deuxième être prodigieusement pur du texte ; Albert de Morcerf, l’âme déchirée entre son sens de l’honneur et la réputation de sa famille ; Beauchamp ; Eugénie Danglars… Même les personnages mauvais ont leur charme : je pense notamment à Caderousse ou à Benedetto.

Bref, ce fut un réel bonheur de découvrir ce roman et de découvrir Dumas par la même occasion. Autant vous dire que maintenant, il me tarde de me lancer dans Les Trois Mousquetaires. Si vous ne connaissez pas l’auteur, mais que vous aimez l’aventure, les histoires finement construites, le beau style (celui qui ne tombe ni dans la vulgarité, ni dans l’excès de descriptions ou d’effets de style justement), les personnages fins, complexes et réalistes, ne vous laissez pas rebuter par le nombre de pages. Sincèrement, ce roman est en passe de devenir mon préféré, c’est un monument de notre littérature française qui m’a laissée sans voix. Alors, je vous ai donné envie, j’espère ?

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Les Classiques de Priscilla – Le Blé en herbe de Colette

Encore une auteure découverte grâce au Reading Classics Challenge de Lilly & Books ! C’est toujours un plaisir pour moi de découvrir des œuvres de notre patrimoine que mes études ne m’avaient pas permis de découvrir.

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Ce texte est très court et pourtant, j’ai trouvé qu’il traînait en longueur. Si j’ai aimé cette peinture assez réaliste des émois adolescents, j’ai trouvé le personnage de Phil assez peu attachant de par son manque de maturité et de volonté. Finalement, le chapitre que j’ai préféré, c’est l’avant-dernier, quand enfin les deux héros s’expliquent et s’expriment, de toutes les manières dont ils le peuvent.

hdrplLe topo est rapide : Phil et Vinca sont deux enfants de deux couples d’amis très proches et de ce fait, avec un an d’écart entre eux, ils ont grandi ensemble, ils se connaissent, s’aiment comme des frère et sœur, jusqu’à l’été de leurs quinze et seize ans. A ce moment où les hormones entrent dans la danse, les deux jeunes gens se découvrent un amour différent l’un pour l’autre mais n’osent pas encore changer la nature de leur relation si spéciale. Convaincus qu’ils s’appartiennent de toute éternité, ils vont se faire du mal. Phil ne comprend pas tout de suite qu’il est amoureux et préfère se contenter de découvrir l’amour physique avec une femme plus âgée, pensant pouvoir le cacher à Vinca, mais devenue une femme jalouse, elle découvre tout très rapidement et lui reproche de ne pas avoir fait d’elle la première. Je ne raconterai pas la fin, qui n’est pas vraiment une fin, ou alors justement celle de l’enfance, une fin qui ouvre finalement sur la vie d’adulte avec ses espoirs et ses désillusions.

Vinca est un personnage très fort mais qui ne porte pas assez le roman selon moi. Le lecteur suit beaucoup plus Phil, dont il lit les pensées, des pensées troubles qui miment l’égarement d’un jeune qui a du mal à quitter l’enfance et qui voudrait pourtant être un homme. Vinca est plus sincère, plus entière bien qu’elle non plus ne soit pas sûre d’elle. Quant à la dame, Elle, Mme Dalleray, elle reste très énigmatique. Comme elle ne se confie pas à Phil, nous ne la connaissons pas non plus. Elle se laisse deviner comme un personnage riche, un de ces femmes qui sent que jeunesse se passe et qui s’accroche à un adolescent sans espérance mais pleine d’espoir, n’attendant rien mais observant tout.

Je comprends parfaitement qu’à la date de sa parution, le texte ait pu paraître choquant et scandaleux. L’éveil à la sexualité, la découverte craintive de l’amour par deux adolescents étaient des sujets tabous à l’époque. Mais justement, peut-être le tabou était-il si fort qu’il fallait absolument semer le trouble dans l’écriture, mettre de l’implicite partout. Mais dans le même genre, j’ai été beaucoup plus sensible au roman Le Diable au corps de Raymond Radiguet.

Le style enfin… Que dire ? Evidemment, c’est bien écrit, mais cette écriture n’a, pour moi, qu’un charme un peu désuet. Je n’ai pas été transportée par le style de Colette (j’ai le droit de dire ça ?).

En bref, un roman court, pas désagréable mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable et qui ne me donne pas envie de me ruer sur tous les autres récits de Colette, n’en déplaise aux puristes. Et vous, l’avez-vous lu, qu’en avez-vous pensé ? Ca m’intéresse…

Une petite citation que j’ai trouvée très jolie :

« Nous finissons ici, cette année, pensait sombrement Philippe, en regardant la mer. Vinca et moi, un être juste assez double pour être deux fois plus heureux qu’un seul, un être qui fut Phil-et-Vinca va mourir ici, cette année. Est-ce que cela n’est pas terrible ? Est-ce que je ne puis pas l’empêcher ? Et je reste là… Et ce soir, après dix heures, peut-être que je m’en irai encore une fois, la dernière fois des vacances, chez Mme Dalleray… »

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Throwback Thursday Livresque n°12 – Les Classiques de Priscilla – Madame Bovary

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 20 juin : un personnage accro à la lecture

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Aujourd’hui encore (ça va finir par devenir une habitude, méfiez-vous), je vais évoquer un grand classique de notre littérature française qui, de toute façon, a abordé déjà pléthore de thèmes, ce qui explique sa grande présence lors de mes TBTL…

Deux personnages me viennent à l’esprit quand on me parle d' »accro à la lecture » : Don Quichotte et Emma Bovary. C’est d’Emma que j’ai décidé de vous parler aujourd’hui.

Madame Bovary est un roman que j’ai tenté de lire deux fois en vain avant de le dévorer littéralement quelques années plus tard (et à deux reprises !). Plus que l’histoire, je pense que c’est le style de Flaubert qui m’a perturbée les premières fois, je n’étais sûrement pas assez préparée, et pourtant… Quelle merveille !

L’histoire est relativement simple. Emma est une jeune femme qui lit beaucoup de romances et qui attend de l’amour autant de passion, d’aventure et de frisson que ce que vivent ses héroïnes préférées. Seulement voilà, Emma se voit mariée à Charles, un médecin qui vit dans un petit village campagnard, loin, très loin, des intrigues passionnantes des romans, et bien qu’elle soit véritablement aimée de son mari, très vite, Emma s’ennuie. Elle va donc chercher l’aventure ailleurs, avec d’autres hommes qu’elle croit meilleurs et qui ne le sont pas, qu’elle aime, qu’elle aide jusqu’à se perdre elle-même, préférant la mort au retour à une vie morne et triste.

Pourquoi ce roman est-il aussi fascinant ? Parce que Flaubert est génial. Emma est naïve, souvent bête même, mais Flaubert s’évertue à en faire un personnage avec lequel on compatit forcément. Nous nous ennuierions nous aussi à sa place. Il faut voir la galerie de personnages à laquelle la pauvre héroïne est confrontée : entre la bêtise de son mari Charles, la suffisance stupide du pharmacien Homais, la vénalité de Rodolphe, et j’en passe, la pauvre n’est vraiment pas servie…

L’ironie flaubertienne atteint son paroxysme avec sa peinture du prêtre et du pharmacien. L’un cherchant l’expiation des péchés de la jeune femme et l’autre cherchant la gloire à tout prix. Si j’ai vraiment compris la souffrance d’Emma, j’ai aussi beaucoup souri en lisant ce roman et son style ironique et acerbe. Je vous en conseille vivement la lecture, si ce n’est déjà fait…

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Les Classiques de Priscilla – Throwback Thursday Livresque n°8

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 23 mai : Un classique

Quand j’ai vu sur le blog de Carol le thème de cette semaine, je me suis bien sûr frotté les mains, les classiques, c’est un peu mon dada, vous le savez. Mais lequel choisir ?

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Et bien, figurez-vous que j’ai vite fait mon choix, il s’est imposé à moi en quelques secondes. Déjà, parce que Molière est un Grand Classique parmi les classiques et parce que Le Misanthrope… C’est une merveille !

qrfAlceste est misanthrope, il supporte mal ses congénères dont l’hypocrisie le rend fou. Malheureusement, dans une société de cour et de salons, Alceste devient rapidement la risée de tous les marquis et autres nobles à fanfreluches. Sa franchise et sa nature colérique font de lui la cible de divers procès et autres désaccords.

Pourtant, notre Alceste est amoureux. De qui, me direz-vous ? D’une femme sincère, honnête et droite comme lui ? Non, évidemment… Alceste aime Célimène, une jeune veuve parfaitement à l’aise dans cet univers de faux-semblants. Alceste refuse la présence des hommes dans des salons, Célimène organise des salons. Alceste ne supporte pas de ne pas dire en face ce qu’il pense des autres, Célimène est la championne des portraits à charge derrière le dos de ses victimes… A quel sort Alceste se voue-t-il donc ?

Il semble assez facile de dire qu’évidemment le misanthrope est le Juste de cette intrigue, mais que son tort est l’excès, à l’instar de ce que lui dit son ami Philinte « La parfaite raison fuit toute extrémité, / Et veut que l’on soit sage avec sobriété« . Mais qui a dit qu’Alceste voulait être sage ou parfait ? Ce qui me touche chez ce personnage, c’est justement son imperfection : il aime, et c’est ce qui le fragilise. En fin de compte, sa haine des hommes n’est-elle pas liée à l’amour que sa belle leur inspire, à tous ces hommes qui deviennent des rivaux ? Ce culte voué à la franchise n’est-il pas simplement la traduction de l’espoir de voir Célimène devenir franche avec lui et lui avouer son amour sans détour, sans concession ? Et Célimène, a-t-elle le choix ? Peut-elle tout renié pour un homme ? Elle qui, en tant que femme, perdrait tout, en le perdant ?

Cette pièce sous-titrée « L’atrabilaire amoureux » trouble ses lecteurs : n’aurait-elle pas davantage mérité le sous-titre de « L’amoureux atrabilaire » ? Je ne sais pas si je vous ai convaincus de lire cette excellente pièce, si ce n’est pas encore le cas, je vous quitte sur quelques citations inoubliables pour moi (et belles… des alexandrins, quoi !!!).

Je veux qu’on soit sincère et qu’en homme d’honneur / On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.

Efforcez-vous, ici, de paraître fidèle, / Et je m’efforcerai, moi, de vous croire telle. (lui, l’amoureux de la franchise supplie celle qu’il aime de lui mentir, c’est magnifique, non ?)

Non, vous ne m’aimez point comme il faut que l’on aime.

Vous voyez ce que peut une indigne tendresse,
Et je vous fais tous deux témoins de ma faiblesse.
Mais, à vous dire vrai, ce n’est pas encor tout,
Et vous allez me voir la pousser jusqu’au bout, 
Montrer que c’est à tort que sages on nous nomme,
Et que dans tous les cœurs il est toujours de l’homme. (ce vers… )

Trahi de toutes parts, accablé d’injustices,
Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices ;
Et chercher sur la terre un endroit écarté
Où d’être homme d’honneur on ait la liberté.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Throwback Thursday Livresque n°6

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 9 mai : Maltraitance

Je vais vous parler aujourd’hui d’un classique littéraire dont l’auteur a à cœur la protection des enfants. Il s’agit évidemment des Misérables de Victor Hugo. Les destins croisés de Cosette chez les Thénardier ou de Gavroche, l’enfant des rues dressent une peinture pathétique de la manière dont pouvaient être traités les enfants.

cae-19-bayard-cosette-pCette œuvre me semble d’autant plus intéressante de ce point de vue qu’il y a quand même une grande différence entre les deux enfants. Si Cosette est confiée très jeune par sa mère, obligée de se prostituer et de vendre ses dents et ses cheveux pour payer la pension qu’exigent les Thénardier, elle va heureusement croiser la route de Jean Valjean. M. Madeleine, convaincu d’avoir une part de responsabilité dans le sort de Fantine qui a été renvoyée de ses usines, promet de retrouver la petite. Mais il fait bien plus : voyant les conditions de vie de l’enfant, il l’emmène, l’élève et l’aime comme sa fille, la protégeant de tout et lui offrant une enfance dorée, même si elle est, pour une part, bâtie sur un mensonge. Jean Valjean va faire preuve, par amour pour Cosette, d’un sens du sacrifice qui ira jusqu’à ne pas se rendre à son mariage et mourir seul, afin de ne pas gêner la famille de son gendre avec son passé douteux.

Gavroche n’aura pas cette chance. Victime des Thénardier lui aussi, puisqu’il est leur fils, Gavroche, épris de liberté, vit de menus larcins dans Paris. Sa franchise, son air de titi Parisien font de ce personnage un « gamin » vraiment attachant. On ne le suit pas de manière continue mais il apparaît ponctuellement, venant égayer la description des bas-fonds de Paris et ajouter, par petites touches, à la peinture pathétique de ses conditions de vie. Tout cela jusqu’à la scène très connue de sa mort sur les barricades. Un passage émouvant et merveilleusement bien écrit dont je ne me lasserai jamais.

800px-Gavroche_(Les_Misérables)« Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade. Il avait l’air de s’amuser beaucoup. C’était le moineau becquetant les chasseurs. Il répondait à chaque décharge par un couplet. On le visait sans cesse, on le manquait toujours. Les gardes nationaux et les soldats riaient en l’ajustant. Il se couchait, puis se redressait, s’effaçait dans un coin de porte, puis bondissait, disparaissait, reparaissait, se sauvait, revenait, ripostait à la mitraille par des pieds de nez, et cependant pillait les cartouches, vidait les gibernes et remplissait son panier. Les insurgés, haletants d’anxiété, le suivaient des yeux. La barricade tremblait ; lui, il chantait. Ce n’était pas un enfant, ce n’était pas un homme ; c’était un étrange gamin fée. On eût dit le nain invulnérable de la mêlée. Les balles couraient après lui, il était plus leste qu’elles. Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache-cache avec la mort ; chaque fois que la face camarde du spectre s’approchait, le gamin lui donnait une pichenette. Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l’enfant feu follet. […] Gavroche n’était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l’air, regarda du côté d’où était venu le coup, et se mit à chanter.
Je suis tombé par terre,
C’est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C’est la faute à…
Il n’acheva point. Une seconde balle du même tireur l’arrêta court. Cette fois il s’abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s’envoler. »

Ce roman est un chef-d’œuvre sur bien des aspects. Je me contenterais de ceux-là pour respecter la thématique, mais il y a tant à en dire…

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Les Classiques de Priscilla – Le Comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas

 

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Alors que cela faisait des années que j’avais envie de découvrir la plume de Dumas, je me suis lancée, grâce au Reading Classics Challenge de Lilly & Books, dans la lecture du premier tome du Comte de Monte Cristo et je ne regrette pas !

Ce classique a, en effet, été un véritable coup de cœur. 700 pages en petits caractères, mais quelle aventure ! J’ai été happée par le roman dès le premier chapitre. L’histoire est campée en quelques mots et on ne peut plus s’en détacher.

Edmond Dantès n’est que le premier d’une galerie de personnages, impressionnante par sa pluralité et sa richesse. Le lecteur sent très rapidement le piège se refermer autour de ce jeune héros de 19 ans encore naïf et peu ambitieux. L’auteur a un style vraiment fluide, sa description (jamais ennuyeuse) des individus nous laisse entrevoir, grâce à son ironie sociale (qui n’a parfois rien à envier à celle que Flaubert utilisera dix années plus tard dans Madame Bovary) mordante et acerbe, la sincérité des personnages que nous rencontrons.

IMG_20190428_223411.jpgLe scénario est tellement riche que je ne peux pas en dire grand chose de peur de trop en dire. Edmond Dantès est sur le point de se marier avec celle qu’il aime, Mercédès, et de devenir capitaine du Pharaon pour le compte de M. Morrel. C’est un jeune homme simple que cette double perspective de bonheur fait devenir la cible d’envieux et de jaloux qui complotent au point de le faire arrêter à quelques minutes de son mariage. Les enjeux propres à cette période trouble qui se situe après Napoléon, pendant la Restauration mais avant le retour de l’Empereur, puis celui du roi, font de ce petit complot un engrenage politique, juridique et d’intérêts personnels dont Dantès ne soupçonne rien. Il sera finalement enfermé au Château d’If pendant quatorze années. Il parvient à s’échapper, à se faire passer pour mort, à changer d’identité en devenant riche (je vous laisse découvrir comment) et décide alors de récompenser les quelques amis qui ont tout tenté pour lui venir en aide et de se venger de ceux qui l’ont injustement fait tomber et qui ont gâché entièrement sa vie.

On ne peut s’ennuyer un seul instant pendant cette lecture : on y trouve de l’aventure pure, du danger, de l’amour, des complots, de la vengeance, de l’amitié, des trésors, du poison… et je n’en suis qu’à la moitié. A ce stade, on sent que le filet que tisse notre héros, devenu le Comte de Monte Cristo, est constitué de mailles serrées et solides, mais rien n’est encore complètement engagé. Je suis donc tenue en haleine et ne pense qu’à une chose, me procurer le second tome !

En bref, c’est un classique comme je les aime : un récit intelligemment ficelé, une écriture agréable et accessible, un ton parfois grave, parfois jubilatoire, des éléments historiques précis car essentiels au déroulement de l’intrigue, mais jamais lourds ou difficiles à saisir. Une histoire comme on n’en lit que trop peu et que je vous conseille plus que vivement !…

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Throwback Thursday Livresque (n°3)

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Le thème de cette semaine (18 avril) est: Assistant ou secrétaire

Bel-AmiJ’ai mis un certain temps à chercher ce dont j’allais bien pouvoir parler, et c’est encore une fois en fouillant dans les classiques que j’ai aimés, lus et relus que j’ai trouvé mon bonheur. Car oui, je persiste à croire que tous les thèmes sont traités par les grands auteurs de notre patrimoine. Cette semaine, ce sera Bel-Ami de Maupassant.

Georges Duroy est un provincial qui vient à Paris pour devenir journaliste, rêvant de devenir riche et puissant. Malheureusement, il n’a aucun véritable talent pour l’écriture. Qu’à cela ne tienne, le jeune homme va jouer, pendant tout le roman, avec son atout principal, son charme. Ce qui apparaît d’abord comme de la naïveté devient rapidement une arme au service de l’ambition et de la réussite.

Les scènes qui m’ont immédiatement fait relier ce roman au thème de la semaine sont celles qu’ils passent avec Mme Forestier, alors qu’ils ne sont encore qu’amis. C’est elle qui lui dicte ses articles sur l’Algérie, c’est elle qui le fera percer dans le monde du journalisme, grâce à son talent et à ses idées brillantes. C’est elle qui lui présentera la plupart de ses victimes féminines, mais elle ne sera pas la femme de sa vie. Georges Duroy peut-il seulement avoir une femme dans sa vie, lui qui, le jour de son mariage avec une autre, renoue avec son ancienne maîtresse tout en lorgnant sur le Palais Bourbon ?

Un classique vraiment prenant dans lequel on a du mal à s’attacher au personnage qu’on espère finalement voir tomber à un moment ou à un autre, mais en vain. C’est ce qui retient notre souffle, c’est ce qui nous fait réfléchir, c’est ce qui nous marque…longtemps ! Et vous, connaissez-vous ce monument de la littérature du XIXe siècle ? Qu’en pensez-vous ?

Bonne semaine !

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Les Classiques de Priscilla – Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway

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C’est grâce au Reading Classics Challenge de Lilly and Books que j’ai découvert la plume d’Hemingway, en lisant ce roman que tout le monde connaît de nom mais que peu ont vraiment lu, Le vieil homme et la mer.

IMG_20190322_230508.jpgC’est un roman assez court et que j’ai lu plutôt facilement. On ne peut pas vraiment dire que l’histoire racontée soit passionnante. Il s’agit d’un homme de quatre-vingts et quelques années qui va pêcher seul, qui ferre un énorme poisson avec lequel s’engage une lutte indirecte mais acharnée pour savoir lequel des deux vaincra et survivra à l’autre. C’est un très beau texte qui interroge sur la vieillesse, sur le rapport au temps, à la nature. Santiago, le héros, doit tuer ce poisson mais le respecte énormément et le considère comme un frère. Cet animal devient l’enjeu d’un dépassement de soi, d’un combat contre le temps et la solitude, mais d’un combat finalement vain.

Parce que oui, la conclusion est ambiguë. En réalité, il ne s’agit pas de savoir qui triomphe, ce texte n’a pas vraiment d’enjeu finalement. Il se déploie devant nos yeux comme une parabole, riche de sens, autres que religieux, humains tout simplement. Santiago doit se battre contre sa vieillesse, sa pauvreté, sa malchance (il n’a rien pêché depuis plus de quatre-vingts jours), contre la vigueur de ce poisson, contre le poids de l’animal mort, contre les requins qui viennent lui voler peu à peu des morceaux de son butin. Il est seul, il souffre, il a faim, il ne peut pas dormir, il s’obstine, se bat corps et âme. Pour quoi finalement ? Les larmes de son jeune ami qui le récupère après ces journées épuisantes sont finalement plus riches d’émotions que ce qu’arrive à exprimer le vieil homme, que je n’ai trouvé ni triste, ni en colère. C’est sûrement là sa force.

C’est donc une lecture que j’ai appréciée et que je suis ravie d’avoir faite, mais qui, je le sais bien, ne peut pas plaire à tout le monde…

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)