Throwback Thursday Livresque n°12 – Les Classiques de Priscilla – Madame Bovary

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 20 juin : un personnage accro à la lecture

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Aujourd’hui encore (ça va finir par devenir une habitude, méfiez-vous), je vais évoquer un grand classique de notre littérature française qui, de toute façon, a abordé déjà pléthore de thèmes, ce qui explique sa grande présence lors de mes TBTL…

Deux personnages me viennent à l’esprit quand on me parle d' »accro à la lecture » : Don Quichotte et Emma Bovary. C’est d’Emma que j’ai décidé de vous parler aujourd’hui.

Madame Bovary est un roman que j’ai tenté de lire deux fois en vain avant de le dévorer littéralement quelques années plus tard (et à deux reprises !). Plus que l’histoire, je pense que c’est le style de Flaubert qui m’a perturbée les premières fois, je n’étais sûrement pas assez préparée, et pourtant… Quelle merveille !

L’histoire est relativement simple. Emma est une jeune femme qui lit beaucoup de romances et qui attend de l’amour autant de passion, d’aventure et de frisson que ce que vivent ses héroïnes préférées. Seulement voilà, Emma se voit mariée à Charles, un médecin qui vit dans un petit village campagnard, loin, très loin, des intrigues passionnantes des romans, et bien qu’elle soit véritablement aimée de son mari, très vite, Emma s’ennuie. Elle va donc chercher l’aventure ailleurs, avec d’autres hommes qu’elle croit meilleurs et qui ne le sont pas, qu’elle aime, qu’elle aide jusqu’à se perdre elle-même, préférant la mort au retour à une vie morne et triste.

Pourquoi ce roman est-il aussi fascinant ? Parce que Flaubert est génial. Emma est naïve, souvent bête même, mais Flaubert s’évertue à en faire un personnage avec lequel on compatit forcément. Nous nous ennuierions nous aussi à sa place. Il faut voir la galerie de personnages à laquelle la pauvre héroïne est confrontée : entre la bêtise de son mari Charles, la suffisance stupide du pharmacien Homais, la vénalité de Rodolphe, et j’en passe, la pauvre n’est vraiment pas servie…

L’ironie flaubertienne atteint son paroxysme avec sa peinture du prêtre et du pharmacien. L’un cherchant l’expiation des péchés de la jeune femme et l’autre cherchant la gloire à tout prix. Si j’ai vraiment compris la souffrance d’Emma, j’ai aussi beaucoup souri en lisant ce roman et son style ironique et acerbe. Je vous en conseille vivement la lecture, si ce n’est déjà fait…

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

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Les Classiques de Priscilla – Throwback Thursday Livresque n°8

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 23 mai : Un classique

Quand j’ai vu sur le blog de Carol le thème de cette semaine, je me suis bien sûr frotté les mains, les classiques, c’est un peu mon dada, vous le savez. Mais lequel choisir ?

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Et bien, figurez-vous que j’ai vite fait mon choix, il s’est imposé à moi en quelques secondes. Déjà, parce que Molière est un Grand Classique parmi les classiques et parce que Le Misanthrope… C’est une merveille !

qrfAlceste est misanthrope, il supporte mal ses congénères dont l’hypocrisie le rend fou. Malheureusement, dans une société de cour et de salons, Alceste devient rapidement la risée de tous les marquis et autres nobles à fanfreluches. Sa franchise et sa nature colérique font de lui la cible de divers procès et autres désaccords.

Pourtant, notre Alceste est amoureux. De qui, me direz-vous ? D’une femme sincère, honnête et droite comme lui ? Non, évidemment… Alceste aime Célimène, une jeune veuve parfaitement à l’aise dans cet univers de faux-semblants. Alceste refuse la présence des hommes dans des salons, Célimène organise des salons. Alceste ne supporte pas de ne pas dire en face ce qu’il pense des autres, Célimène est la championne des portraits à charge derrière le dos de ses victimes… A quel sort Alceste se voue-t-il donc ?

Il semble assez facile de dire qu’évidemment le misanthrope est le Juste de cette intrigue, mais que son tort est l’excès, à l’instar de ce que lui dit son ami Philinte « La parfaite raison fuit toute extrémité, / Et veut que l’on soit sage avec sobriété« . Mais qui a dit qu’Alceste voulait être sage ou parfait ? Ce qui me touche chez ce personnage, c’est justement son imperfection : il aime, et c’est ce qui le fragilise. En fin de compte, sa haine des hommes n’est-elle pas liée à l’amour que sa belle leur inspire, à tous ces hommes qui deviennent des rivaux ? Ce culte voué à la franchise n’est-il pas simplement la traduction de l’espoir de voir Célimène devenir franche avec lui et lui avouer son amour sans détour, sans concession ? Et Célimène, a-t-elle le choix ? Peut-elle tout renié pour un homme ? Elle qui, en tant que femme, perdrait tout, en le perdant ?

Cette pièce sous-titrée « L’atrabilaire amoureux » trouble ses lecteurs : n’aurait-elle pas davantage mérité le sous-titre de « L’amoureux atrabilaire » ? Je ne sais pas si je vous ai convaincus de lire cette excellente pièce, si ce n’est pas encore le cas, je vous quitte sur quelques citations inoubliables pour moi (et belles… des alexandrins, quoi !!!).

Je veux qu’on soit sincère et qu’en homme d’honneur / On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.

Efforcez-vous, ici, de paraître fidèle, / Et je m’efforcerai, moi, de vous croire telle. (lui, l’amoureux de la franchise supplie celle qu’il aime de lui mentir, c’est magnifique, non ?)

Non, vous ne m’aimez point comme il faut que l’on aime.

Vous voyez ce que peut une indigne tendresse,
Et je vous fais tous deux témoins de ma faiblesse.
Mais, à vous dire vrai, ce n’est pas encor tout,
Et vous allez me voir la pousser jusqu’au bout, 
Montrer que c’est à tort que sages on nous nomme,
Et que dans tous les cœurs il est toujours de l’homme. (ce vers… )

Trahi de toutes parts, accablé d’injustices,
Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices ;
Et chercher sur la terre un endroit écarté
Où d’être homme d’honneur on ait la liberté.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Throwback Thursday Livresque n°6

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Thème de cette semaine, 9 mai : Maltraitance

Je vais vous parler aujourd’hui d’un classique littéraire dont l’auteur a à cœur la protection des enfants. Il s’agit évidemment des Misérables de Victor Hugo. Les destins croisés de Cosette chez les Thénardier ou de Gavroche, l’enfant des rues dressent une peinture pathétique de la manière dont pouvaient être traités les enfants.

cae-19-bayard-cosette-pCette œuvre me semble d’autant plus intéressante de ce point de vue qu’il y a quand même une grande différence entre les deux enfants. Si Cosette est confiée très jeune par sa mère, obligée de se prostituer et de vendre ses dents et ses cheveux pour payer la pension qu’exigent les Thénardier, elle va heureusement croiser la route de Jean Valjean. M. Madeleine, convaincu d’avoir une part de responsabilité dans le sort de Fantine qui a été renvoyée de ses usines, promet de retrouver la petite. Mais il fait bien plus : voyant les conditions de vie de l’enfant, il l’emmène, l’élève et l’aime comme sa fille, la protégeant de tout et lui offrant une enfance dorée, même si elle est, pour une part, bâtie sur un mensonge. Jean Valjean va faire preuve, par amour pour Cosette, d’un sens du sacrifice qui ira jusqu’à ne pas se rendre à son mariage et mourir seul, afin de ne pas gêner la famille de son gendre avec son passé douteux.

Gavroche n’aura pas cette chance. Victime des Thénardier lui aussi, puisqu’il est leur fils, Gavroche, épris de liberté, vit de menus larcins dans Paris. Sa franchise, son air de titi Parisien font de ce personnage un « gamin » vraiment attachant. On ne le suit pas de manière continue mais il apparaît ponctuellement, venant égayer la description des bas-fonds de Paris et ajouter, par petites touches, à la peinture pathétique de ses conditions de vie. Tout cela jusqu’à la scène très connue de sa mort sur les barricades. Un passage émouvant et merveilleusement bien écrit dont je ne me lasserai jamais.

800px-Gavroche_(Les_Misérables)« Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade. Il avait l’air de s’amuser beaucoup. C’était le moineau becquetant les chasseurs. Il répondait à chaque décharge par un couplet. On le visait sans cesse, on le manquait toujours. Les gardes nationaux et les soldats riaient en l’ajustant. Il se couchait, puis se redressait, s’effaçait dans un coin de porte, puis bondissait, disparaissait, reparaissait, se sauvait, revenait, ripostait à la mitraille par des pieds de nez, et cependant pillait les cartouches, vidait les gibernes et remplissait son panier. Les insurgés, haletants d’anxiété, le suivaient des yeux. La barricade tremblait ; lui, il chantait. Ce n’était pas un enfant, ce n’était pas un homme ; c’était un étrange gamin fée. On eût dit le nain invulnérable de la mêlée. Les balles couraient après lui, il était plus leste qu’elles. Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache-cache avec la mort ; chaque fois que la face camarde du spectre s’approchait, le gamin lui donnait une pichenette. Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l’enfant feu follet. […] Gavroche n’était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l’air, regarda du côté d’où était venu le coup, et se mit à chanter.
Je suis tombé par terre,
C’est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C’est la faute à…
Il n’acheva point. Une seconde balle du même tireur l’arrêta court. Cette fois il s’abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s’envoler. »

Ce roman est un chef-d’œuvre sur bien des aspects. Je me contenterais de ceux-là pour respecter la thématique, mais il y a tant à en dire…

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Les Classiques de Priscilla – Le Comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas

 

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Alors que cela faisait des années que j’avais envie de découvrir la plume de Dumas, je me suis lancée, grâce au Reading Classics Challenge de Lilly & Books, dans la lecture du premier tome du Comte de Monte Cristo et je ne regrette pas !

Ce classique a, en effet, été un véritable coup de cœur. 700 pages en petits caractères, mais quelle aventure ! J’ai été happée par le roman dès le premier chapitre. L’histoire est campée en quelques mots et on ne peut plus s’en détacher.

Edmond Dantès n’est que le premier d’une galerie de personnages, impressionnante par sa pluralité et sa richesse. Le lecteur sent très rapidement le piège se refermer autour de ce jeune héros de 19 ans encore naïf et peu ambitieux. L’auteur a un style vraiment fluide, sa description (jamais ennuyeuse) des individus nous laisse entrevoir, grâce à son ironie sociale (qui n’a parfois rien à envier à celle que Flaubert utilisera dix années plus tard dans Madame Bovary) mordante et acerbe, la sincérité des personnages que nous rencontrons.

IMG_20190428_223411.jpgLe scénario est tellement riche que je ne peux pas en dire grand chose de peur de trop en dire. Edmond Dantès est sur le point de se marier avec celle qu’il aime, Mercédès, et de devenir capitaine du Pharaon pour le compte de M. Morrel. C’est un jeune homme simple que cette double perspective de bonheur fait devenir la cible d’envieux et de jaloux qui complotent au point de le faire arrêter à quelques minutes de son mariage. Les enjeux propres à cette période trouble qui se situe après Napoléon, pendant la Restauration mais avant le retour de l’Empereur, puis celui du roi, font de ce petit complot un engrenage politique, juridique et d’intérêts personnels dont Dantès ne soupçonne rien. Il sera finalement enfermé au Château d’If pendant quatorze années. Il parvient à s’échapper, à se faire passer pour mort, à changer d’identité en devenant riche (je vous laisse découvrir comment) et décide alors de récompenser les quelques amis qui ont tout tenté pour lui venir en aide et de se venger de ceux qui l’ont injustement fait tomber et qui ont gâché entièrement sa vie.

On ne peut s’ennuyer un seul instant pendant cette lecture : on y trouve de l’aventure pure, du danger, de l’amour, des complots, de la vengeance, de l’amitié, des trésors, du poison… et je n’en suis qu’à la moitié. A ce stade, on sent que le filet que tisse notre héros, devenu le Comte de Monte Cristo, est constitué de mailles serrées et solides, mais rien n’est encore complètement engagé. Je suis donc tenue en haleine et ne pense qu’à une chose, me procurer le second tome !

En bref, c’est un classique comme je les aime : un récit intelligemment ficelé, une écriture agréable et accessible, un ton parfois grave, parfois jubilatoire, des éléments historiques précis car essentiels au déroulement de l’intrigue, mais jamais lourds ou difficiles à saisir. Une histoire comme on n’en lit que trop peu et que je vous conseille plus que vivement !…

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Throwback Thursday Livresque (n°3)

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Le thème de cette semaine (18 avril) est: Assistant ou secrétaire

Bel-AmiJ’ai mis un certain temps à chercher ce dont j’allais bien pouvoir parler, et c’est encore une fois en fouillant dans les classiques que j’ai aimés, lus et relus que j’ai trouvé mon bonheur. Car oui, je persiste à croire que tous les thèmes sont traités par les grands auteurs de notre patrimoine. Cette semaine, ce sera Bel-Ami de Maupassant.

Georges Duroy est un provincial qui vient à Paris pour devenir journaliste, rêvant de devenir riche et puissant. Malheureusement, il n’a aucun véritable talent pour l’écriture. Qu’à cela ne tienne, le jeune homme va jouer, pendant tout le roman, avec son atout principal, son charme. Ce qui apparaît d’abord comme de la naïveté devient rapidement une arme au service de l’ambition et de la réussite.

Les scènes qui m’ont immédiatement fait relier ce roman au thème de la semaine sont celles qu’ils passent avec Mme Forestier, alors qu’ils ne sont encore qu’amis. C’est elle qui lui dicte ses articles sur l’Algérie, c’est elle qui le fera percer dans le monde du journalisme, grâce à son talent et à ses idées brillantes. C’est elle qui lui présentera la plupart de ses victimes féminines, mais elle ne sera pas la femme de sa vie. Georges Duroy peut-il seulement avoir une femme dans sa vie, lui qui, le jour de son mariage avec une autre, renoue avec son ancienne maîtresse tout en lorgnant sur le Palais Bourbon ?

Un classique vraiment prenant dans lequel on a du mal à s’attacher au personnage qu’on espère finalement voir tomber à un moment ou à un autre, mais en vain. C’est ce qui retient notre souffle, c’est ce qui nous fait réfléchir, c’est ce qui nous marque…longtemps ! Et vous, connaissez-vous ce monument de la littérature du XIXe siècle ? Qu’en pensez-vous ?

Bonne semaine !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Les Classiques de Priscilla – Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway

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C’est grâce au Reading Classics Challenge de Lilly and Books que j’ai découvert la plume d’Hemingway, en lisant ce roman que tout le monde connaît de nom mais que peu ont vraiment lu, Le vieil homme et la mer.

IMG_20190322_230508.jpgC’est un roman assez court et que j’ai lu plutôt facilement. On ne peut pas vraiment dire que l’histoire racontée soit passionnante. Il s’agit d’un homme de quatre-vingts et quelques années qui va pêcher seul, qui ferre un énorme poisson avec lequel s’engage une lutte indirecte mais acharnée pour savoir lequel des deux vaincra et survivra à l’autre. C’est un très beau texte qui interroge sur la vieillesse, sur le rapport au temps, à la nature. Santiago, le héros, doit tuer ce poisson mais le respecte énormément et le considère comme un frère. Cet animal devient l’enjeu d’un dépassement de soi, d’un combat contre le temps et la solitude, mais d’un combat finalement vain.

Parce que oui, la conclusion est ambiguë. En réalité, il ne s’agit pas de savoir qui triomphe, ce texte n’a pas vraiment d’enjeu finalement. Il se déploie devant nos yeux comme une parabole, riche de sens, autres que religieux, humains tout simplement. Santiago doit se battre contre sa vieillesse, sa pauvreté, sa malchance (il n’a rien pêché depuis plus de quatre-vingts jours), contre la vigueur de ce poisson, contre le poids de l’animal mort, contre les requins qui viennent lui voler peu à peu des morceaux de son butin. Il est seul, il souffre, il a faim, il ne peut pas dormir, il s’obstine, se bat corps et âme. Pour quoi finalement ? Les larmes de son jeune ami qui le récupère après ces journées épuisantes sont finalement plus riches d’émotions que ce qu’arrive à exprimer le vieil homme, que je n’ai trouvé ni triste, ni en colère. C’est sûrement là sa force.

C’est donc une lecture que j’ai appréciée et que je suis ravie d’avoir faite, mais qui, je le sais bien, ne peut pas plaire à tout le monde…

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Les Classiques de Priscilla – Mrs Dalloway de Virginia Woolf

Je suis encore dans les temps, ouf… Dans les temps pour vous parler de mon mois de février du ReadingClassicsChallenge 2019 dont vous avez mon programme ici.

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J’ai donc découvert ce mois-ci Virginia Woolf et son célèbre roman Mrs Dalloway. C’est une lecture qui a été longue et difficile en ce qui me concerne. J’ai beaucoup aimé le style : tout y est décrit en nuances, en sensations qui invitent le lecteur à imaginer parfaitement le Londres des années 1920, et ça, ce fut un réel plaisir.

Je ne peux qu’être admirative du tour de force opéré par Virginia Woolf dans ce roman où il ne se passe pas grand chose, mais pendant plus de 300 pages. C’est ce qui a rendu ma lecture un peu fastidieuse, je n’ai que rarement été happée par un suspens qui m’aurait motivée à ouvrir mon livre à chaque occasion et, fait assez rare en ce qui me concerne, mes yeux se sont souvent fermés malgré moi au cours de ma lecture. D’ailleurs, l’action que nous attendons le plus n’a jamais lieu.

IMG_20190225_220945_654Et pourtant… Pourtant, j’ai aimé ce roman ! Ce glissement opéré entre plusieurs personnages, chacun nous offrant un monologue intérieur par définition très intime. Je me suis sentie émue par Peter, Clarissa, Richard, Septimus et Rézia en particulier. Nous sommes confrontés, presque malgré nous, au décalage qui existe entre les apparences et les méandres profonds de leurs âmes. Nous découvrons alors les finesses des psychologies, les incidences du passé et les manœuvres des égos surdimensionnés des bourgeois anglais.

A cette richesse de la narration s’ajoute un travail important de tissage entre les différentes « intrigues ». Tout se passe comme si nous suivions un personnage, jusqu’à ce qu’il en rencontre un autre, qui l’intrigue de quelque manière que ce soit, et que nous choisissions de changer notre focalisation pour suivre ce nouveau personnage.

Pour moi, ce roman est une parfaite illustration d’une forme de tragédie moderne, celle de ces personnages de la haute société qui donnent le change, quitte à s’enfoncer dans des vies mornes, sans saveur, désespérées, accrochés qu’ils sont à un passé, une adolescence insouciante ou qu’ils veulent voir comme telle. Ces gens deviennent ternes, vides, dépressifs, suicidaires mais surtout condamnés à ne pas s’en sortir, comme prisonniers d’une destinée qui les dépasse. En effet, on sait, on sent que Clarissa & Peter n’arriveront pas à vivre un amour, dont on ne peut même pas assurer qu’il serait salutaire ; on sent que personne ne connaît vraiment Clarissa qui finalement ne s’interroge sur ses sentiments qu’à l’égard d’une personne qui n’est ni son mari, ni son premier amant.

Mais attention, je ne ressors pas moi-même déprimée par ma lecture, déjà parce que je n’appartiens pas, et heureusement, à cette catégorie de personnes et parce que, ce que je garde de ce récit, c’est sa beauté et sa poésie, malgré une certaine lenteur.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? Ca m’intéresse…

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Les Classiques de Priscilla – Bonjour Tristesse de Françoise Sagan

 

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Grâce au Reading Classics Challenge de Lilly and Books, j’ai (enfin !) découvert la plume de la sulfureuse Françoise Sagan avec Bonjour Tristesse. Il s’agit d’un court roman que la fluidité du style rend très facile d’accès, malgré tous les sujets qu’il aborde.

La narratrice, Cécile, 17 ans, nous parle de ses vacances d’été dans une villa de la Côte d’Azur que son père a louée pour plusieurs semaines. Elle vient de rater son bac et n’a pas l’air de voir cet échec comme quelque chose de grave. On sent très vite malgré un contexte apparemment assez neutre, l’importance de ce flashback dans la vie de la jeune femme, mais il faudra attendre les dernières pages pour comprendre pourquoi (honnêtement, je ne l’avais pas vu venir…).

L’ensemble du récit est très théâtralisé, ce qui n’est pas désagréable, et ce qui pourrait ressembler, au premier coup d’œil, à un simple vaudeville (le père avec sa très jeune maîtresse, éphémère évidemment, et sa fille passent des vacances reposantes jusqu’à l’arrivée de la bourgeoise, amie intime de la mère décédée, « tutrice » morale de la fille, mais belle…incroyablement belle !) prend très rapidement une tonalité tragique.

IMG_20190122_210048.jpgLes monologues de la jeune adolescente qui ont semblé longs à plusieurs lecteurs m’ont passionnée. Comme une sorte de fatalité, la narratrice se rend compte, au fur et à mesure, de l’étendue du pouvoir des mots, du mensonge, facultés qu’elle ne pensait même pas posséder. Finalement, elle lance les dés mais au moment où elle souhaiterait les reprendre, elle se rend compte qu’elle n’est plus la seule en lice dans la partie et tous les coups décisifs se font presque sans elle.

J’ai trouvé ses hésitations et sa versatilité très réalistes : elle ne sait pas si elle est amoureuse ou non, si elle est jalouse ou non, si elle aime Anne ou si elle la déteste. Finalement, Cécile est encore une enfant capricieuse qui, au gré des événements, change radicalement de désir, mais comme elle n’est effectivement plus une enfant, le destin ne lui passe pas ses caprices. Comme pour les adultes, chacun de ses choix a une conséquence ; comme les héros tragiques, la question de sa culpabilité demeure en suspens.

Le thème du désir me semble central dans ce roman ; au-delà de l’amour, c’est lui qui détermine la destinée de tous les personnages (de 17 à 45 ans, homme ou femme, enfant ou fiancé…) Cette vision, déjà quelque peu désabusée sur la nature humaine, est impressionnante pour une auteure de 17 ans elle aussi. Car en effet, derrière Cécile, on devine Françoise Sagan : la jeune femme libre, refusant les carcans de la famille, de la bourgeoisie et même des études, à la sexualité affirmée sans honte dans une société encore très moralisatrice, un être assoiffé de changements, de variété et craignant plus que tout la monotonie. On comprend alors le scandale qu’une telle œuvre a pu susciter à l’époque (1954 !!!!!).

En bref, un roman bien construit, une pièce régulière, une narratrice intéressante et un style très agréable, c’est donc une lecture qui m’a vraiment plu et m’a donné envie de découvrir l’œuvre de Françoise Sagan plus en détails. Si vous ne connaissez pas encore, n’hésitez pas !

Juste pour le plaisir des mots, je vous cite le début du roman qui m’a enchanté immédiatement : « Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C’est un sentiment si complet, si égoïste que j’en ai presque honte alors que la tristesse m’a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l’ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd’hui, quelque chose se replie sur moi, comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres. »

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Les Classiques de Priscilla – Le Reading Classics Challenge 2019

J’ai donc terminé 2018 en suivant le Reading Classics Challenge proposé par Lilly and Books et c’est tout naturellement et avec plaisir que je m’engage à suivre la version 2019.

Voici le programme :

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Et voici mon programme de lecture :

Janvier : Françoise Sagan, Bonjour tristesse (il paraît que c’est une merveille)

Février : Virginia Woolf, Mrs Dalloway (je ne suis pas fan de Jack London)

Mars : Ernest Hemingway, Le Vieil Homme et la mer (je ne connais pas du tout)

Avril : Alexandre Dumas : Le Comte de Monte-Cristo (ça fait des années que j’ai envie de le lire)

Mai dépendra de l’issue du match

Juin : Colette, Le Blé en herbe (depuis des années dans ma bibliothèque mais jamais lu non plus !)

Juillet : Maya Angelou, Je sais pourquoi l’oiseau chante en cage (je ne connais pas du tout, j’ai fait des recherches sur Internet et ce premier roman autobiographique me tente vraiment !)

Août : Dostoïevsky, Crimes et châtiments (lui aussi fait partie de ces titres que tout le monde connait mais que nous sommes peu nombreux à avoir lus)

Septembre : Romain Gary, La vie devant soi (tout le monde dit que ce roman est une merveille)
Octobre dépendra de l’issue du match

Novembre : Philip Roth, Pastorale américaine (on en a beaucoup entendu parler lors de son décès, et je ne connais pas du tout ses œuvres)

Décembre : Kenzaburo Oé, Seventeen (je ne connais pas du tout la littérature japonaise, alors je me lance !)

Merci encore à Lilly and Books grâce à qui je vais faire de nombreuses découvertes encore cette année. Je suis déjà emballée alors que 2019 n’a même pas commencé !

Des volontaires pour suivre ce challenge ?

Priscilla (@Priss0904)