Les Classiques de Priscilla – Bonjour Tristesse de Françoise Sagan

 

dav

Grâce au Reading Classics Challenge de Lilly and Books, j’ai (enfin !) découvert la plume de la sulfureuse Françoise Sagan avec Bonjour Tristesse. Il s’agit d’un court roman que la fluidité du style rend très facile d’accès, malgré tous les sujets qu’il aborde.

La narratrice, Cécile, 17 ans, nous parle de ses vacances d’été dans une villa de la Côte d’Azur que son père a louée pour plusieurs semaines. Elle vient de rater son bac et n’a pas l’air de voir cet échec comme quelque chose de grave. On sent très vite malgré un contexte apparemment assez neutre, l’importance de ce flashback dans la vie de la jeune femme, mais il faudra attendre les dernières pages pour comprendre pourquoi (honnêtement, je ne l’avais pas vu venir…).

L’ensemble du récit est très théâtralisé, ce qui n’est pas désagréable, et ce qui pourrait ressembler, au premier coup d’œil, à un simple vaudeville (le père avec sa très jeune maîtresse, éphémère évidemment, et sa fille passent des vacances reposantes jusqu’à l’arrivée de la bourgeoise, amie intime de la mère décédée, « tutrice » morale de la fille, mais belle…incroyablement belle !) prend très rapidement une tonalité tragique.

IMG_20190122_210048.jpgLes monologues de la jeune adolescente qui ont semblé longs à plusieurs lecteurs m’ont passionnée. Comme une sorte de fatalité, la narratrice se rend compte, au fur et à mesure, de l’étendue du pouvoir des mots, du mensonge, facultés qu’elle ne pensait même pas posséder. Finalement, elle lance les dés mais au moment où elle souhaiterait les reprendre, elle se rend compte qu’elle n’est plus la seule en lice dans la partie et tous les coups décisifs se font presque sans elle.

J’ai trouvé ses hésitations et sa versatilité très réalistes : elle ne sait pas si elle est amoureuse ou non, si elle est jalouse ou non, si elle aime Anne ou si elle la déteste. Finalement, Cécile est encore une enfant capricieuse qui, au gré des événements, change radicalement de désir, mais comme elle n’est effectivement plus une enfant, le destin ne lui passe pas ses caprices. Comme pour les adultes, chacun de ses choix a une conséquence ; comme les héros tragiques, la question de sa culpabilité demeure en suspens.

Le thème du désir me semble central dans ce roman ; au-delà de l’amour, c’est lui qui détermine la destinée de tous les personnages (de 17 à 45 ans, homme ou femme, enfant ou fiancé…) Cette vision, déjà quelque peu désabusée sur la nature humaine, est impressionnante pour une auteure de 17 ans elle aussi. Car en effet, derrière Cécile, on devine Françoise Sagan : la jeune femme libre, refusant les carcans de la famille, de la bourgeoisie et même des études, à la sexualité affirmée sans honte dans une société encore très moralisatrice, un être assoiffé de changements, de variété et craignant plus que tout la monotonie. On comprend alors le scandale qu’une telle œuvre a pu susciter à l’époque (1954 !!!!!).

En bref, un roman bien construit, une pièce régulière, une narratrice intéressante et un style très agréable, c’est donc une lecture qui m’a vraiment plu et m’a donné envie de découvrir l’œuvre de Françoise Sagan plus en détails. Si vous ne connaissez pas encore, n’hésitez pas !

Juste pour le plaisir des mots, je vous cite le début du roman qui m’a enchanté immédiatement : « Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C’est un sentiment si complet, si égoïste que j’en ai presque honte alors que la tristesse m’a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l’ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd’hui, quelque chose se replie sur moi, comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres. »

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Publicités

Les Classiques de Priscilla – Le Reading Classics Challenge 2019

J’ai donc terminé 2018 en suivant le Reading Classics Challenge proposé par Lilly and Books et c’est tout naturellement et avec plaisir que je m’engage à suivre la version 2019.

Voici le programme :

1542366629337_reading-classics-challenge-2019

Et voici mon programme de lecture :

Janvier : Françoise Sagan, Bonjour tristesse (il paraît que c’est une merveille)

Février : Virginia Woolf, Mrs Dalloway (je ne suis pas fan de Jack London)

Mars : Ernest Hemingway, Le Vieil Homme et la mer (je ne connais pas du tout)

Avril : Alexandre Dumas : Le Comte de Monte-Cristo (ça fait des années que j’ai envie de le lire)

Mai dépendra de l’issue du match

Juin : Colette, Le Blé en herbe (depuis des années dans ma bibliothèque mais jamais lu non plus !)

Juillet : Maya Angelou, Je sais pourquoi l’oiseau chante en cage (je ne connais pas du tout, j’ai fait des recherches sur Internet et ce premier roman autobiographique me tente vraiment !)

Août : Dostoïevsky, Crimes et châtiments (lui aussi fait partie de ces titres que tout le monde connait mais que nous sommes peu nombreux à avoir lus)

Septembre : Romain Gary, La vie devant soi (tout le monde dit que ce roman est une merveille)
Octobre dépendra de l’issue du match

Novembre : Philip Roth, Pastorale américaine (on en a beaucoup entendu parler lors de son décès, et je ne connais pas du tout ses œuvres)

Décembre : Kenzaburo Oé, Seventeen (je ne connais pas du tout la littérature japonaise, alors je me lance !)

Merci encore à Lilly and Books grâce à qui je vais faire de nombreuses découvertes encore cette année. Je suis déjà emballée alors que 2019 n’a même pas commencé !

Des volontaires pour suivre ce challenge ?

Priscilla (@Priss0904)

Les Classiques de Priscilla – Orgueil et Préjugés de Jane Austen

dav

C’est un très heureux concours de circonstances qui m’a conduite à découvrir le célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et Préjugés, puisque j’ai reçu, de la part des éditions Diva Romance, Préjugés et Orgueil de Lynn Messina (je vous en reparlerai très vite !) et que Jane Austen était l’un des noms proposés ce mois-ci pour le Reading Classics Challenge de Lilly and Books. En outre, ce roman était depuis un moment dans ma PAL. Autant d’arguments recevables pour me lancer dans la découverte de ce classique. Et grand bien m’en a pris !

J’ai tout simplement adoré ce roman ! J’y ai retrouvé le plaisir de lire des classiques du XIXe siècle, bien qu’on soit très loin, avec Jane Austen, des descriptions réalistes longues et très documentées du réalisme ou du naturalisme français. Le « faire vrai » n’est pas dans la précision, mais dans l’ambiance rendue page après page. Sans réelle description des robes ou des intérieurs, on sent très bien la simplicité de Longburn, l’ostentation de Rosings et la beauté poétique de Pemberley.

Les personnages sont tous hauts en couleurs. Lizzy, évidemment, que j’ai adorée avec son tempérament de feu, sa franchise, sa loyauté, sa naïveté aussi ; Jane et sa réserve candide ; Darcy, évidemment et son orgueil (ou pas !). Bien qu’ils soient moins connus, j’ai beaucoup souri grâce aux répliques cyniques de Mr Bennet et au ridicule de son épouse ou de Mr Collins. Même les personnages moins sympathiques tels que Lady Catherine ou Miss Bingley apportent une touche essentielle à l’histoire.

L’histoire justement : tout le monde la connaît, et pourtant… Bien sûr il y a de l’amour, mais ce n’est pas l’essentiel selon moi. La véritable histoire réside dans la faculté de grandir de Lizzy et Darcy, l’un au contact de l’autre. Il s’agit donc plutôt d’un double roman d’apprentissage. On est loin du coup de foudre, on se rapprocherait même de l’anti-coup de foudre entre Swann et Odette ou entre Aurélien et Bérénice. Mais il y a,  dans le rejet de Darcy par Lizzy et dans l’indifférence de Darcy pour la demoiselle, une fascination immédiate qui ne trompe pas le lecteur.

Tous les deux sont orgueilleux, tous les deux ont des préjugés. Si Lizzy ne s’attend pas le moins du monde à l’aveu des sentiments de Darcy au milieu du roman, le lecteur, qui a flirté avec les pensées de celui-ci, s’y est davantage préparé, mais là n’est pas la question. L’originalité du roman est due justement à la lente découverte des mécanismes d’un amour qui n’est pas aussi immédiat que celui qui existe entre Jane, la grande sœur de Lizzy et Bingley, le meilleur ami de Darcy. Il faudra du temps pour que l’orgueil laisse place à la sincérité et pour que les préjugés s’estompent au profit du jugement individuel sur la personne elle-même. Lizzy ne comprendra qu’elle pourrait aimer Darcy que quand elle le verra passer outre ses valeurs, son honneur et ses principes par amour. Et c’est là que c’est magique : dès qu’elle sent qu’elle pourrait l’aimer, elle se rend compte qu’elle l’aime déjà…et que ça ne s’explique pas !

Oui, je spoile un peu… Mais je crois que même ceux qui n’ont jamais lu le roman savent, de par sa notoriété, comment il finit, alors vous m’excuserez…
IMG_20181229_135953[2912].jpg

Dans la foulée, et parce que, vraiment, je suis pleinement rentrée dans cet univers, j’ai regardé l’adaptation de Joe Wright avec Keira Knightley. Je l’ai trouvée bien faite, fidèle sur de nombreux points au roman. Mais rien ne surpassera la lecture de ce chef-d’œuvre : 500 pages de doutes, de questionnements, de compréhension progressive ne peuvent être parfaitement rendues en deux heures de film. J’ai pourtant passé, avec cette adaptation, un second très bon moment…

Vous avez un plaid ? Une tasse de thé ? Du temps ? Foncez !!!

Priscilla (@Priss0904)

Les Classiques de Priscilla – Tous les matins du monde de Pascal Quignard

 

dav

Avec cette chronique, la première question que je me pose, c’est « qu’est-ce qu’un classique ? ». Ce roman peut-il bénéficier de ce statut ? Je ne trancherai pas sur la question de la littérarité de telle ou telle œuvre. Et tout simplement, je rangerais dans cette rubrique les romans que l’on a pour habitude de donner à lire à nos élèves de collège, de lycée ou d’université…

IMG_20181121_133609.jpgMe voici donc à vous parler du roman de Pascal Quignard que je dois lire depuis longtemps et que j’ai enfin pris le temps de découvrir. J’en ai entendu beaucoup de bien, du coup, je m’attendais sûrement à un chef-d’œuvre, d’où ma légère déception.

Le sujet n’est pas facile : rendre la magie de la musique en mots est très délicat, peut-être même impossible. Les limites du « Ut pictura poesis » !

Ce roman raconte l’histoire de la famille de Sainte-Colombe : le père vient de perdre son épouse et doit élever seul ses deux filles, Madeleine et Toinette. Complètement anéanti par son veuvage, l’homme ne se concentre que sur sa musique et n’a de rapport avec ses filles qu’à travers elle. C’est un homme froid, colérique, taciturne et dans le rejet de tout ce qui a trait à la cour de Versailles. Il rencontre un jour un jeune homme, Marin Marais qui vient lui demander de le former à la viole. Le jeune homme est ambitieux, il veut vivre de son art et de son succès. Cette divergence de point de vue et d’objectifs va vite séparer le maître et l’élève, de manière irrévocable. A cette intrigue s’ajoute une dimension amoureuse. Madeleine s’éprend de Marin et vit avec lui une relation  charnelle que Marin rompra de manière cruelle après choisi de voler – aussi – la virginité de la petite sœur.

Je n’ai vraiment pas accroché avec ce roman. Monsieur de Sainte Colombe, aussi touchant qu’il puisse être en veuf qui veut absolument revoir sa femme, magie rendue possible grâce à la musique, ne m’a pas vraiment émue. On ne comprend pas bien ses colères, sa haine de la cour et son revirement final. Seul élément convaincant à mon goût : son amour de la musique et son élitisme. Pour lui, savoir jouer ne suffit pas à devenir un vrai musicien et l’on sait combien c’est vrai…

« Quand je tire mon archet, c’est un petit morceau de mon cœur vivant que je déchire. Ce que je fais, ce n’est que la discipline d’une vie où aucun jour n’est férié. J’accomplis mon destin. »

En ce qui concerne les autres personnages, la brièveté du récit ne m’a pas permis de m’attacher à eux. Madeleine et Toinette sont assez insipides à mon goût, quant à Marin, le narrateur fait en sorte que le jugement que l’on porte à son encontre ne soit jamais remis en cause, même à la fin… On espère qu’il a changé et la dernière phrase fait tout basculer.

Dernière chose qui m’a profondément déplu, ce sont les passages évoquant la sexualité des personnages. Evidemment, dans une intrigue située au XVIIe siècle, cela détonne, on n’y est pas habitués. Qu’à cela ne tienne, Pascal Quignard revendique son appartenance au XXe siècle et le dépassement de ces convenances, tant mieux ! Toutefois, ces mentions sont trop crues à mon goût. Ne voyez pas là un excès de pudeur, non, non ! Mais je trouve que cela n’apporte rien à l’histoire et que, suggérée, cette dimension aurait été plus acceptable. Franchement, savoir que comme il fait froid, « son sexe est tout petit et gelé » alors que le personnage est en train d’écouter la musique dans la nuit, j’ai du mal à en comprendre l’intérêt.

Je suis évidemment prête à entendre tous les désaccords et toutes les rébellions que ma chroniques pourraient susciter, avec grand plaisir, même. C’est ça, la magie de la littérature, elle touche chacun selon ses sensibilités !…

Priscilla (@Priss0904)

Quatrième de couverture : Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l’ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.
Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu’à la barque. L’ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu’il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura :
– Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids

Les Classiques de Priscilla – Phèdre de Jean Racine

dav

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un classique parmi les classiques : Phèdre de Jean Racine. Je l’ai lu une première fois au lycée, il y a … quelques années ! Puis en première année de Lettres Modernes à l’université pour le cours de Littérature comparée. En préparant le concours évidemment. Et pour moi, après, souvent… Pourquoi cette pièce me touche-t-elle ? Pourquoi suis-je tant émue par son intrigue ? Je vais tenter de l’expliquer.

dav

L’histoire, tout le monde la connaît, ou presque ! Phèdre, sœur d’Ariane (épisode du Minotaure) et « fille de Minos et de Pasiphaé », épouse de Thésée, plus âgé que lui, tombe amoureuse du fils de Thésée, Hippolyte, au premier coup d’œil. Sachant cet amour impossible car presque incestueux, moralement en tout cas, Phèdre se retranche derrière une apparence de marâtre et parvient à éloigner l’objet de ses vœux du palais. Forcée par son mari lui-même à le rejoindre quelques années plus tard, elle se rend compte que sa passion ne s’est pas éteinte. Thésée quitte le palais pour combattre et on annonce sa mort. Phèdre voit là une urgence, celle de placer son propre fils comme héritier légitime, mais aussi une entrave en moins à ses désirs. Elle avoue, sous le coup de la colère, son amour à Oenone, sa nourrice, puis à Hippolyte lui-même. Devant un refus qui blesse son orgueil, Phèdre fulmine, souffre, d’autant plus qu’Hippolyte aime ailleurs, une certaine Aricie que Thésée maltraite à cause de la trahison de ses frères. Pire encore, Thésée revient, sa mort n’était qu’une rumeur. C’est là que les choses se précipitent : il faut sauver l’honneur, empêcher Hippolyte de parler, à tout prix. Et je n’irai pas plus loin, au cas où certains d’entre vous n’auraient pas encore lu cette magnifique pièce. Toutefois, le fait que ce soit une tragédie doit vous aiguiller.

L’intrigue en soi est assez complexe mais ce n’est pas ce qui me passionne le plus dans cette pièce. Cette tragédie est une tragédie du langage. A part à la fin, il n’y a aucune véritable action, tout se passe dans les mots… Et quels mots ! Racine a le don de m’embarquer quand il fait parler ses personnages :

  • d’acharnement du sort : « Tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire » « Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc / Ont allumé le feu fatal à tout mon sang, / Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle / De séduire le cœur d’une faible mortelle. »
  • de culpabilité : « J’ai conçu pour mon crime une juste terreur. / J’ai pris la vie en haine et ma flamme en horreur »
  • d’amour : « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. / Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue. / Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais plus parler. / Je sentis tout mon corps et transir, et brûler. »  « Ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée ; / C’est Vénus tout entière à sa proie attachée. »

Il y en a évidemment bien d’autres, que je vous invite à découvrir par vous-mêmes. Cette pièce, c’est celle de l’amour impossible (encore !), de l’amour incestueux (pas tout-à-fait), de la culpabilité, de la jalousie destructrice, de la haine de soi-même surtout. Ces vers me donnent des frissons, pas vous ?

Priscilla (@Priss0904)

Les Classiques de Priscilla – Le Roi se meurt de Ionesco

Je vous en avais déjà parlé quand je me suis présentée : j’aime beaucoup lire des classiques de la littérature. J’en ai lu beaucoup, forcément, et je ne compte pas vous faire de chroniques sur tous ceux que j’ai aimés, ce serait long pour moi et sûrement fastidieux pour vous. Mais je me dis que ça pourrait aussi dépoussiérer certains de nos vieux auteurs si, au détour d’une lecture de ce genre, je vous faisais un petit article sur ce que j’en ai pensé.

dav

J’ouvre donc la série « Les classiques de Priscilla », en quelque sorte, en espérant que certains d’entre eux inspirent certains d’entre vous.

davRécemment, donc, j’ai découvert Ionesco grâce à la pièce Le Roi se meurt. J’ai toujours été assez peu réceptive à ce qu’on appelle l’absurde (Beckett, notamment), j’en ai lu pendant mes études et de fait, ceux qui ne m’avaient pas été imposés, je les ai laissés…loin ! Mais cette fois, c’est différent !

Si la pièce reste loufoque, les symboles sont clairement déchiffrables et le message nous parle à tous : comment réagit-on face à la mort ? Evidemment, ici, c’est un roi qui meurt, mais justement, c’est, je pense, pour mieux nous montrer que le pouvoir est complètement vain à ce propos.

On sourit, on rit même parfois, on rit jaune aussi, on a pitié de ce roi médiocre. Bref, on s’interroge et on se reconnaît, même, dans quelques passages. J’émettrais néanmoins une réserve : si le début m’a vraiment plu et embarquée, j’ai trouvé la pièce vite répétitive. A force de longueur, on en vient à souhaiter que le roi meure…un peu plus rapidement !

Quelques citations qui m’ont plu :

« Mon chéri, mon Roi, il n’y a pas de passé, il n’y a pas de futur. Dis-le-toi, il y a un présent jusqu’au bout, tout est présent ; sois présent. »

« Plonge dans l’étonnement et la stupéfaction sans limites ainsi tu peux être sans limites, ainsi tu peux être infiniment »

« Ce n’est plus un roi, c’est un porc qu’on égorge. – Ce n’est qu’un roi, ce n’est qu’un homme. »

Priscilla (@Priss0904)