Ma première interview : Frédérique-Sophie Braize

C’est avec une certaine fierté que j’ai, aujourd’hui, le plaisir de vous dévoiler ma première interview. Frédérique-Sophie Braize, dont j’avais eu le plaisir de lire et chroniquer deux romans, Sœurs de lait et Lily sans logis, a en effet eu la gentillesse de répondre à mes nombreuses questions sur son travail d’auteure.

1) Avant toute chose, une petite présentation :

photo Frédérique-Sophie Braize

Fille unique d’un alpiniste – ingénieur des Colonnes de Buren à Paris – Frédérique-Sophie Braize vit dix ans chez ses grands-parents, des paysans de montagne. Elle fait ses études au Pays de Galles, d’où elle revient diplômée en Business et Finances du Polytechnic of Wales. Puis elle travaille dans la sécurité privée et industrielle. Après une reconversion, elle enseigne l’anglais aux très jeunes Français, et le français aux enfants primo-arrivants, avant de se lancer dans l’écriture en 2012. Elle vit et travaille entre Paris et la Haute-Savoie.
Elle est l’auteur de recueils de nouvelles remarqués par la critique, pour lesquels elle a reçu les Prix Vedrarias 2012, Gaston Welter 2013, Ecriture d’Azur 2013 et 2014, et Livre sans Frontières 2014. En 2018, son roman Sœurs de lait a remporté le Grand Prix littéraire de l’Académie nationale de Pharmacie et le Prix Patrimoine. Son quatrième roman Lily sans logis a reçu le Coup de cœur de l’éditeur.

2) Lors de notre rencontre au salon du livre des Essarts-le-Roi, ce qui m’avait immédiatement attirée vers votre roman, c’était le prix qui vous avait été attribué. Un prix étonnant dans le monde de la littérature. Vous a-t-il surprise ? Comment est-ce arrivé ?

L’Académie nationale de pharmacie décerne un prix littéraire chaque année depuis 2011. Il est destiné à récompenser une œuvre littéraire évoquant le médicament, la pharmacie, ou d’autres aspects du domaine de la santé. Mon roman Soeurs de lait (éd. De Borée) a fait partie de la pré-sélection, puis de la sélection finale. En décembre dernier, j’ai donc reçu le Grand Prix littéraire de l’Académie de Pharmacie des mains de Phillipe Grimbert, président du jury. J’ai ressenti une grande joie, car la concurrence était de taille. En effet, j’étais en finale avec Christian Signol, Caroline Charron et Gilbert Sinouë. Pour ce même roman, j’ai également reçu le Prix Patrimoine, une reconnaissance pour avoir fait toute la lumière sur cet incroyable fait de société, ce scandale oublié.

3) Dans Sœurs de lait, vous évoquez le thème des essais du radium sur la population et dans Lily sans Logis celui des expériences scientifiques menées sur les siamois. Dans les deux cas, il s’agit d’histoires vraies du monde scientifique. Pourquoi cet intérêt pour l’histoire de la science ? Cela aurait-il un lien avec votre formation, vos études ? Vous êtes, originellement, plus littéraire ou plus scientifique ?

Ma formation est très éloignée du monde de l’écriture et des sciences, puisque je suis diplômée en Business et Finances du Polytechnic of Wales. Je ne suis ni littéraire ni scientifique. Cet intérêt est dû à mon vécu.

4) Je n’ai pas encore le plaisir de connaître les nouvelles que vous avez publiées avant vos romans. Les sujets en sont-ils proches ? Pourquoi avoir commencé par le genre de la nouvelle ? Les idées de roman sont venues plus tard ou bien est-ce l’envie de développer ce qui aurait pu d’abord être une nouvelle ? Avec quel genre êtes-vous finalement le plus à l’aise et pourquoi ?

Les sujets sont différents. Certaines nouvelles sont urbaines et contemporaines, d’autres tendent vers la fable moderne ou, à l’inverse, vers le souvenir de famille ancré dans le passé. Le fil rouge : des héroïnes aux prises avec les soubresauts du destin.
Je n’ai pas commencé par écrire des nouvelles, mais un roman : Paysannes de montagne, publié par les éd. Lucien Souny en 2015 et paru en format poche aux éd. Souny poche en 2018.
Les deux genres me plaisent. Ce sont des exercices très différents. Certains sujets sont plus percutants quand ils sont traités sous la forme d’une nouvelle. D’autres nécessitent le développement du roman.

5) Les personnages féminins de vos romans sont des personnages forts. Pas tout de suite positifs, souvent naïfs au départ, ils évoluent et prennent une vraie force. Anthelmette et Lily ont cela en commun de risquer de tout perdre par amour ou par aveuglement lié à l’amour, pourquoi ?

Parce que l’amour fou porte bien son nom.

6) De fait, et c’est lié à la question précédente, les personnages masculins sont souvent négatifs. Cette dichotomie est-elle liée aux enquêtes que vous avez menées ou plutôt à l’héritage d’autres héroïnes ?

Si l’on regarde mes quatre premiers romans, les personnages masculins sont loin d’être négatifs. Au contraire. Beaucoup de rôles sont attribués à des hommes bons comme Auguste et son fils Hippolyte dans Paysannes de montagne, Gervais le personnage principal de Pour quelques arpents de rêve qui est persuadé que le succès de leur émigration en Argentine passera par les femmes, Anselme qui fait tout pour protéger sa petite Anne-Aimée, ou encore Nez-de-cuir qui a perdu son visage pour tenter de sauver son beau-frère dans Sœurs de lait. Il y a aussi Va-et-Vient qui veille sur Lily dans Lily sans logis. Et d’autres aussi, tels Jean-Sulpice qui va recueillir Yerba Maté, ou encore le père Cabochard qui fait de son mieux pour soutenir sa communauté.

7) Quelles sont vos influences littéraires ? Vos auteurs préférés ? Les œuvres qui vous ont le plus marquée ? Comme ça, à la lecture de vos deux romans, j’aurais pensé à Zola, c’est une erreur ?

Petite, j’ai appris à lire à la maison avec la Comtesse de Ségur.
Gamine, j’ai lu tout Pagnol, car c’était ce que ma grand-mère (chez qui je vivais) avait sur les étagères. J’ai donc été influencée par ces deux auteurs.
Puis Zola, en effet, au lycée. Mais surtout, à titre personnel, Frison Roche (Premier de Cordée, la Grande Crevasse), Hubert Reeves (Poussières d’Etoiles, Sommes-nous seuls dans l’univers ?), Ramuz (La grande peur dans la montagne).

8) Nous sommes sollicitées par de nombreux auteurs auto-édités, parfois par conviction, parfois par obligation. A-t-il été facile pour vous d’être éditée chez De Borée ? Pourquoi avoir choisi cette maison d’édition ?

Avant d’être publiée aux éd. De Borée, j’ai été publiée aux éd. Lucien Souny.
Tout a commencé avec le Prix Vedrarias en décembre 2012.
C’était ma toute première nouvelle et la première fois que je participais à un concours. J’avais déjà écrit un roman que je n’avais fait lire à personne. Le président du jury, Alain Absire, Prix Femina 1987 et directeur de collection chez Calmann-Lévy, m’a encouragée à sortir mon manuscrit du tiroir et à le proposer à des éditeurs. Je l’ai envoyé à huit maisons d’édition. J’ai reçu deux propositions de contrat pour Paysannes de montagne, paru en janvier 2015 aux éd. Lucien Souny. Puis, Pour quelques arpents de rêve est sorti un an plus tard chez le même éditeur. J’ai ensuite proposé le manuscrit de Sœurs de lait aux éd. De Borée. Mon texte a tout de suite été accepté et est sorti en librairie début 2018, puis Lily sans logis aux éd. De Borée également en 2019.

9) Enfin, dernière question, on me dit dans l’oreillette qu’un cinquième manuscrit est en préparation. Pouvez-vous nous en dire plus ? Un roman historico-scientifique aussi ? Ou tout autre chose ?

Il s’agit d’un roman sur le désir féminin et le manque, donc très éloigné du domaine historico-scientifique.

Je tiens encore une fois à remercier chaleureusement Frédérique-Sophie Braize, très sollicitée actuellement, d’avoir bien voulu satisfaire mon immense curiosité. C’est tellement agréable de discuter, de partager avec des auteurs passionnants et abordables comme elle. J’en profite pour vous inviter à découvrir ses écrits.

Romans :
Paysannes de montagne (éd. Lucien Souny 2015) Grand Livre du mois, France Abonnements.
Format poche (éd. Souny Poche 2018)
Pour quelques arpents de rêve (éd. Lucien Souny 2016)
Sœurs de lait (éd. De Borée 2018) Grand Prix littéraire de l’Académie de Pharmacie 2018. Prix Patrimoine 2018. Sélection 2019 : Prix Guerres et Paix, et Grand Prix des Ecrins
Format poche (Coll. Terre de Poche, éd. De Borée) à paraître le 13 juin 2019
Lily sans logis (éd. De Borée, mars 2019) Coup de cœur de l’éditeur. Sélection 2019 : Prix Obiou, Prix Patrimoine, Prix du Roman historique.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

 

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Aventures et mésaventures d’une aide soignante:Interview de F. Catanzaro l’auteur et de sa maman Magali.

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En avril 2016, je vous parlais d’un joli livre écrit par Florent Cantazaro sur le métier méconnu de sa maman Magali: Aide soignante. Un petit livre touchant et drôle rempli d’anecdotes:

https://livresque78.wordpress.com/2016/04/17/aventures-et-mesaventures-dune-aide-soignante-a-domicile/

Xavier Hernandez psychologue clinicien, accompagné  des internautes mobilisés pour l’occasion, ont réalisé une interview de l’auteur ainsi que de sa maman, héroïne un peu malgré elle de ce livre.

Je vous propose d’en découvrir la première partie:

 

 

Mr Valette Patrice, quelques questions…

 

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https://livresque78.wordpress.com/2016/09/21/le-secret-du-chateau-de-fraisac-de-patrice-valette/

Patrice Valette auteur du roman Le secret du château de Fraisac, roman qui m’a beaucoup plu et dont je vous parlais il y a quelques jours, est une personne très accessible. Il a donc, avec beaucoup de gentillesse, accepté de répondre à quelques une de mes questions:

Comment êtes-vous devenu auteur?

C’est un désir de gamin, j’avais 9 ans quand j’ai dit à un copain d’école : « Un jour j’écrirai un livre « . J’ai toujours aimé écrire. Beaucoup de bout de romans sont partis en fumée ou à la poubelle, avant d’en finaliser un premier (mais qui à mes yeux ne valait rien!) Et j’ai toujours vécu un peu dans le rêve, bien qu’ayant les pieds bien encrés au sol.

 Quel métier exerciez-vous auparavant?

Mes métiers, car j’en ai exercé plusieurs : Mécanicien automobile / Fraiseur-tourneur-ajusteur / analyste-programmeur chez un motoriste d’aviation / en parallèle à l’informatique j’étais prof de théâtre / commerçant et plein de petits jobs. Pour le théâtre j’ai produit 28 pièces. (Écriture, mise en scène et parfois jeu).

Avez-vous rencontré des difficultés à trouver une maison d’édition?

Je n’ai pas vraiment eu de difficulté pour être édité. J’avais proposé le manuscrit de Fraisac à un petit éditeur régional qui était intéressé mais qui, cette année-là, avait bouclé son budget. Il me demandait donc d’attendre l’année suivante. Comme je ne risquais rien et que je voulais connaître l’impact du roman sur les lecteurs, j’ai mis le livre sur Amazon. Il s’est bien vendu. Et un jour mon éditeur actuel m’a contacté pour savoir si j’étais prêt à tenter l’édition traditionnelle. Et voilà, une nouvelle aventure pour moi.
Combien de temps vous a pris l’écriture de ce livre?
En règle générale je m’astreins à écrire un chapitre par jour. Des fois ce ne sont que deux pages, des fois deux chapitres. C’est très variable. Il me faut environ 2 mois pour rédiger un roman de 250/260 pages. Mon gros problème c’est que j’ai beaucoup d’idées (énormément, et pas toutes bonnes lol) mais je suis un grand feignant ! Par contre quand je me lance enfin dans l’écriture, je ne m’arrête pas avant la fin.
Je ne peux, une fois de plus que vous recommandez ce roman qui met en scène nos belles campagnes ainsi qu’une époque qui donne du charme à l’histoire.