Les sœurs de Biscarosse de Corinne Javelaud

Le 23 janvier 2019 est sorti aux éditions Terre d’histoires le nouveau roman de Corinne Javelaud, je vous avais précédemment parlé de Un été d’orage sorti en mars 2018 dont la chronique est ici

N’abordez pas ce livre en vous disant que vous allez découvrir des femmes(entre autres ici des sœurs) soumises à la gent masculine et transies d’amour, vous allez au contraire découvrir de vraies femmes fortes et volontaires. Vinciane l’aînée se retrouve à devoir gérer la claire pinède, la propriété familiale et sa cadette Mahaut va devenir pilote d’avion et suivre le parcours d’un de ses modèles: Hélène Boucher. 

Donc nous suivons ces deux femmes dont la volonté n’a d’égal que la persévérance. Entre coups du sort, rencontres inespérées, trahisons et mensonges au cœur des merveilleuses forêts Landaises.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman, vous l’avez compris c’est surtout ce côté si différent des romans de terroirs et historiques classiques où la femme faible rentre obligatoirement dans ce cliché typique de l’époque.( n’oublions pas que nous sommes ici au début des années 30). Certaines pionnières ont ouvert la porte, la libération physique est en route, les vêtements deviennent moins engoncés, plus légers. La pauvre jeune fille incapable de travailler, de diriger, ou même de prendre une décision seule s’efface peu à peu, c’est une période charnière pour la femme…Ici Corinne Javelaud nous dresse un tableau plaisant de la femme tout en nous ravissant avec des faits historiques et des records féminins qui font plaisir à découvrir.

Corinne Javelaud est une romancière, une vraie, des faits, des personnages profonds que l’on admire, un amour des mots et des histoires, à découvrir si vous ne connaissez pas ses romans.

Résumé:

A Biscarrosse, au début des années 30, la famille Gelinmacq fait partie de ces propriétaires terriens enrichis grâce au reboisement de la forêt landaise. La fille aînée, Vinciane, a repris la gestion de la propriété familiale qu’elle dirige avec passion. Pourtant, sa rencontre avec un séduisant médecin d’Arcachon qu’elle envisage d’épouser remet en jeu l’avenir de la pinède.
Mahaut Gelinmacq, la cadette, n’a quant à elle qu’un seul rêve : apprendre à voler. Piloter un avion, faire partie de ce cercle restreint de femmes aventurières à la conquête du ciel…
Les sœurs veulent que la Claire Pinède soit préservée sans pour autant sacrifier leur liberté. Mais de douloureux secrets menacent de faire voler en éclats la famille. Les deux sœurs vont devoir choisir entre leur héritage familial et leurs rêves, quel qu’en soit le prix

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La promesse de Lucile d’Albert Ducloz

Second roman que je lis de l’auteur, souvenez-vous de Pascalou dont voici la chronique:https://livresque78.wordpress.com/2018/01/26/pascalou-de-albert-ducloz/

Albert Ducloz écrit ici encore, un très beau roman, cette fois il aborde le sujet de la guerre, mais aussi et surtout de l’occupation. Rien n’est tout blanc ou tout noir dans la vie, cette maxime vaut encore plus je pense en période d’occupation. Difficile de juger Lucile, cette femme courageuse, qui a tant fait pour les siens durant la Première Guerre Mondiale, poursuit sa bonne action alors que les Allemands sont aux portes de la ville de Valence, où elle est « ses filles » se sont réfugiées. Lucile est une femme qui a aimé et aime toujours un homme, peu importe au regard de son cœur la patrie de cet homme, seuls les sentiments qu’elle lui porte comptent.

Une réflexion nécessaire sur l’attitude qu’on pu avoir certaines femmes durant l’occupation, facile de tomber dans l’incompréhension pour nous qui n’avons pas eu à vivre ce dilemme, cette faim perpétuelle, ce manque de tout, cette promiscuité, ce froid… Un homme est un homme d’où qu’il vienne, d’autant que beaucoup de soldats occupants tentaient d’aider ces malheureux dont ils occupaient les terres, et à qui l’Allemagne ôtait le pain de la bouche.

La seconde Guerre mondiale se révèle bien entendu être, des années de souffrance, de tortures, d’emprisonnements; de morts…Mais au milieu de tout cela, quelques fois , l’amour, l’amitié, l’empathie parvenaient à se frayer un chemin, à apporter une touche d’humanité à toute cette horreur. C’est cela que nous raconte Albert Ducloz  ici avec ce très beau roman où rien n’est écrit d’avance, où rien n’est bien ou mal, nous sommes des êtres humains avec nos faiblesses et quelle que soit l’époque et les difficultés que nous vivons, nous le resterons. https://boutique.centrefrance.com/de-boree/la-promesse-de-lucile-837

Résumé:

A l’issue de la Grande Guerre, Lucile, infirmière auprès des soldats blessés, tombe amoureuse d’un soldat allemand dont il ne lui restera qu’une photo. Elle n’oubliera pas cet amour pourtant controversé. Les années passent et Lucile s’engage auprès des femmes atteintes de tuberculose. A l’aube de la Seconde Guerre, sentant le vent tourner avec les nazis aux portes de Paris, elle décide de partir avec ses protégées de Paris pour Valence où ensemble elles trouvent refuge dans un sanatorium inhabité. Mais les allemands envahissent bientôt la zone libre et réquisitionnent les immeubles. C’est alors que, parmi ces allemands, Lucile reconnaît Ludwig. Les anciens amants ne tardent pas à se retrouver et à s’aimer comme avant, malgré les interdits, les regards réprobateurs et la guerre. Ludwig n’hésitera alors pas à prendre tous les risques à l’encontre de sa hiérarchie pour sauver celle qu’il aime.

L’Affaire des corps sans tête de Jean-Christophe Portes

Avis aux amateurs de romans policiers, ce livre est une pépite du genre ! Moi qui ne suis pas férue de ce genre de littérature au départ (même si j’apprécie de plus en plus), je me suis complètement laissée embarquée par les aventures du jeune Victor Dauterive.

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Le roman de Jean-Christophe Portes mêle petite et grande Histoire, et vous savez à quel point j’adore ça. Mais attention, on a affaire à un vrai professionnel… La Révolution n’est pas la période historique la plus limpide : encore aujourd’hui, on idéalise la naissance de la République et la fin de l’injustice monarchique mais, que ce soit la prise de la Bastille ou les années qui suivent la mort du roi et de la reine, on est loin du conte de fées. C’est une période trouble, violente, injuste où les intérêts de la Nation sont passés parfois après les intérêts personnels. J’ai trouvé personnellement très intéressant de découvrir cette période méconnue de 1789-1791 : ce moment où l’on croit à la Révolution mais où l’on croit aussi, encore un peu, à Louis XVI.

L’intrigue que nous peint l’auteur est aussi complexe que la période, c’est dire ! La force de ce roman, c’est que l’on ne peut pas imaginer l’étendue du complot avant Victor Dauterive, j’ai même souvent été un peu perdue par la foule de personnages mis en scène, les changements de focus et les avalanches de détails, mais je ne me suis pas ennuyée une seconde ! Il faut se concentrer, croiser les récits, les personnages, les points de vue. J’ai vraiment eu le sentiment d’avancer en même temps que le personnage principal, de mener une enquête complexe à ses côtés et cette fin…oh la la…cette fin ! Je ne spoilerai pas, mais j’ai ressenti les mêmes émotions que Dauterive là encore.

Autre point positif, et vous savez à quel point j’y accorde de l’importance : ce roman est vraiment très bien écrit. Le contexte langagier est respecté, sans jamais être lourd, les descriptions sont brèves mais précises et efficaces et le suspens est travaillé de main de maître.

Bravo Jean-Christophe Portes pour votre œuvre et merci pour cet envoi ! Je sais que vous avez écrit d’autres aventures de Victor Dauterive (lien ici) et je m’y replongerai avec plaisir…

 

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Quatrième de couverture : 1791. On découvre des cadavres dans la Seine, nus et la tête coupée. Malgré l’’émoi que cela provoque, Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie nationale n’’a guère le temps de s’en préoccuper : La Fayette, son mentor, l’’a chargé d’’arrêter Marat, ce dangereux agitateur qui en appelle au meurtre des aristocrates. Une mission qui tourne vite au cauchemar pour l’’enquêteur qui joue sa vie en posant trop de questions. Les vainqueurs de la Bastille sont-ils de vrais patriotes ou des activistes corrompus ? Existe-il vraiment un Comité secret aux Tuileries, dans l’ombre de la Cour ? Et n’’y aurait-il pas un lien entre Marat et ces corps flottant dans la Seine ? Peu à peu, Victor Dauterive lève le voile sur un effrayant complot. Une conspiration qui pourrait changer le cours de la Révolution…

L’affaire Rose Keller de Ludovic Miserole

Attention! Arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire! J’ai une chose de la plus haute importance à vous dire: J’ai lu L’affaire Rose Keller de Ludovic Miserole et j’ai tout simplement trouvé cela génial. Mais je vous connais, vous êtes exigeants et vous avez entièrement raison, vous voulez donc en savoir plus… Un bijou French Pulp.

Ce roman m’a passionné car je ne connaissais pas du tout l’histoire de ce fameux Marquis de Sade, j’avais entendu parler de ses écrits dont la réputation n’était plus à faire, bien sûr, mais mis à part cela, je n’avais jamais rien lu de son histoire, de sa vie. Alors bien évidemment il ne m’est pas devenu sympathique, loin de là, mais découvrir à quel point cet homme semblait n’avoir aucun remords, aucune conscience du mal et de la perversité qui l’habitaient, l’a totalement scotché à cette lecture.

De nos jours cet homme sera qualifié de sociopathe, sadique, pervers, les actes que nous racontent Ludovic Miserole, commis par Sade sont difficilement supportables, mais il faut aussi dire que l’époque prêtait également à ce genre de dérive. La condition de la femme, absolument abominable, traitée comme un sous être, ne pouvait que subir le diktat de l’homme. Malheur à la veuve qui se retrouve sans le sou ou à celle qui doit faire commerce de son corps afin de survivre, ces dernières ne représentent que peu d’intérêt pour la société de l’époque et leur parole ne compte pour rien.

Des recherches poussées et méticuleuses, additionnées d’éléments fictifs donnent à ce roman une saveur hors du commun. Les méthodes utilisées dans cette enquête si on peut l’appeler ainsi, les témoignages, le peu de crédibilité donné à la victime, mais aussi et surtout les passe-droits, font bondir le lecteur qui se dit qu’au final rien n’a vraiment changé depuis.

Une lecture magistrale que je veux absolument vous recommander. Bonne lecture donc.

Résumé:

Rose Keller est au chômage depuis plus d’’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris. En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’’un pour un peu de ménage dans sa maison d’’Arcueil, elle ne peut se douter qu’’elle se dirige tout droit vers l’enfer. Elle ne sait pas encore que l’’homme qui vient de l’’engager n’’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’’on surnommera « le divin marquis »…

L’enfant des pins de Françoise Le Gloahec

Nous sommes sur la fin du 19ème siècle, dans les Landes, Françoise Le Gloahec nous fait vivre une incroyable histoire où les destins s’entrecroisent, où les drames et les bonheurs font vivre aussi bien aux personnages qu’aux lecteurs, des émotions vives et franches. Deux univers qui se rencontrent et dont les histoires se mêlent bien malgré eux.

L’époque racontée n’épargne rien aux protagonistes de cette histoire, mais les difficultés ne sont pas le propre des nécessiteux, la vie donne mais elle reprend et dans L’enfant des pins, cette dernière a tendance à n’épargner personne. Le départ de cette histoire est la difficulté d’une famille a prendre soin d’un de ses enfants, plus fragile, plus chétif que les autres, la vie, encore elle, va décider d’ôter cette enfant à sa famille. Les événements vont à partir de là et au fil des années s’enchaîner, les mensonges, les jalousies, les erreurs de parcours et les mauvaises décisions vont emmener le lecteur dans une histoire à laquelle il va s’accrocher comme à une bouée de sauvetage. Impossible de quitter ce roman, dont les rebondissements, doublés d’un très belle narration, d’une description de la lande et des métiers autours de cet arbre, le pin, qui fait aujourd’hui son identité, rendent ce moment de lecture troublant de réalisme et de sensations vivaces.

Une époque, nous l’avons dit, difficile où le travail épuisant, nécessaire à faire vivre la famille ne laisse pas toujours la place aux sentiments dont un enfant à besoin pour s’épanouir. Des années perdues, des deuils physiques et psychologiques, l’auteur joue avec nos émotions avec un talent de conteuse qui donne envie d’en découvrir plus, mais qui aurait aussi pu décliner cette histoire sur plusieurs volumes afin d’en étoffer les destins personnelles de chacun.

Une roman riche et fort que vous ne pourrez qu’aimer, j’en suis certaine, je vous laisse donc le découvrir et j’espère vraiment que vous l’aimerez autant que moi.

Résumé:

Dans les Landes, en 1850, la misère est accablante. Une nuit, la femme d’un paysan abandonne l’un des deux jumeaux qu’elle vient de mettre au monde. L’enfant est de constitution fragile et le couple n’a pas les moyens de l’élever. Rongée par la culpabilité de l’abandon, elle est incapable d’aimer le fils qu’elle a choisi de garder. Estèfe grandit donc dans l’ombre de ce jumeau dont sa mère lui a dit qu’il était mort. Le peu d’affection provient de deux garçons du voisinage qui deviennent une véritable seconde famille. Malgré cette amitié et pour échapper à son destin de paysan, Estèfe tente de refaire sa vie en Argentine, mais il reste obsédé par le mystère qui entoure la mort de son jumeau. Seul un retour dans les forêts de son enfance lui permettra de comprendre ce qui s’est réellement passé. Et à mesure que les secrets de famille refont surface, un drame se noue… Un secret inavouable. Un homme en quête de ses origines. 17,50 € / 256 pages
Hachette : 62 9488 4 / ISBN : 978-2-8246-1369-7 L’auteur Le Gloahec Françoise Françoise Le Gloahec est l’auteur d’une trentaine de romans aussi bien pour les jeunes lecteurs que pour les adultes. Avant de s’établir dans le Sud-Ouest, elle a longtemps vécu en Bretagne, terre de légendes qui lui a donné le goût de l’imaginaire.

Les Conquérantes (Tome 2) d’Alain Leblanc

Vous vous en souvenez ? J’avais dévoré le premier tome dont la chronique se trouve ici. Et bien… Je me suis laissée prendre une deuxième fois ! La magie opère toujours avec ce deuxième opus des aventures de Clémence et de sa descendance.

Je les avais quittées à la fin des années 1920 alors que Clémence dirigeait enfin seule sa maison de couture, que Gilberte assumait son indépendance et son homosexualité et que Noémie se laissait marier à Norbert, sous les ordres de son père, un être Ô combien charmant !

C’est cette dernière que nous suivons le plus précisément à partir de 1930. La jeune fille soumise et effacée se dévoile enfin et nous apprenons comment elle a été élevée, loin de sa mère et de sa sœur et comment elle essaie de s’en sortir. Le plus passionnant, c’est évidemment son évolution, sa prise de conscience progressive qu’elle peut penser et même agir par elle-même. Elle n’est pas aussi catégorique que Clémence ou Gilberte, elle se comporte de façon plus modérée, plus réfléchie. Elle me ressemble un peu plus en fin de compte. Bien sûr, elle ne ressent rien pour son mari, bien sûr ses convictions politiques (souvent très superficielles d’ailleurs) et son antisémitisme la révulsent au plus haut point et bien sûr elle serait ravie d’être débarrassée de lui, mais elle se montre également droite, reconnaissant ses quelques valeurs et ses mérites de père de famille. Partagée entre l’obéissance à laquelle son père l’a habituée et la virulence de sa mère et de sa sœur, déchirée entre sa situation de mère de famille et d’amoureuse (son amant lui-même ne se montrant pas toujours ouvert et compréhensif), elle doit trouver son équilibre et il lui faudra tout le roman pour y parvenir.

IMG_20190106_212222.jpgEvidemment ce second tome subit les conséquences imposées par la période historique relatée. Si le premier roman narrait une histoire qui, au gré des événements, changeait quelque peu de nature, les décennies mises en scène dans le second sont toutes marquées par le fascisme déferlant en Europe, qu’il s’agisse du début des années 1930 pendant lesquelles Hitler inquiète, des années de guerre ou de celles de la lente et difficile reconstruction du pays.

Encore une fois, l’auteur brille par la qualité des informations qu’il maîtrise et nous délivre. Nous vivons, avec les personnages, sous l’Occupation et comme eux, nous tremblons pour les Résistants, nous comptons les morts et disparus, nous nous révoltons contre les collabos et les délateurs. Ce roman nous plonge dans la Résistance intérieure, dans les sous-sols, dans les trains avec de faux papiers d’identité et il nous permet de nous rendre compte de la longueur de la guerre, de l’attente entre la promesse de De Gaulle le 18 juin 1940 et le débarquement des Alliés en juin 1944 pour ceux qui risquaient leurs vies à différentes échelles.

De ce fait, comme en 1914-1918, les femmes prennent une grande place, aidant ou suppléant leurs conjoints, quand elles ne vont pas complètement à leur encontre. La différence ici, c’est qu’elles se sont parfois montrées exemplaires à côté d’hommes qui se sont volontairement rangés du mauvais côté. Les Résistants savent ce qu’ils doivent à la gent féminine, ce qui explique l’obtention du droit de vote pour les femmes en 1944.

Aussi ai-je encore plus hâte maintenant de découvrir le troisième et dernier tome, qui concerne les décennies 1960-2000. Selon moi, il sera d’autant plus intéressant qu’il évoquera la condition féminine au quotidien. Il n’y sera plus forcément question d’héroïnes à qui les hommes devront reconnaître un statut mais de femmes qui devront simplement prouver (et c’est dommage que ce soit nécessaire) qu’elles sont les égales des hommes, même dans un contexte ordinaire. J’imagine déjà que Marianne, Ninon, Carole, Isabelle et Rachel seront au cœur d’un récit que je suis impatiente de découvrir.

logo_légéJe vous invite donc encore une fois chaleureusement à découvrir cette fresque historique et humaine dans laquelle les événements mais surtout les personnages vous scotchent à votre livre du début à la fin ! Merci Alain Leblanc, merci FrenchPulp Editions !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Résumé disponible sur le site de l’éditeur :

La France des années 30. Tandis que l’Europe s’enfonce lentement dans la guerre, Noémie se découvre mariée à un mari fasciste et antisémite. Comme sa mère avant elle, la jeune femme va devoir entrer en résistance pour faire entendre sa voix : résistance contre l’envahisseur nazi bien évidemment, mais résistance aussi contre l’autorité des hommes et le carcan moral qu’ils imposent aux femmes de toutes les conditions.

Une lutte qu’elle mènera avec les siens et tous les descendants des héros déjà croisés dans le premier tome des Conquérantes, saga historique qui retrace en trois volumes le combat des femmes pour l’égalité, un combat plus que jamais d’actualité.

Le mur du temps de Ludovic Metzker

Ce roman de Ludovic Metzker m’attendait bien sagement dans ma liseuse depuis le mois de d’Août 2018, vous avez remarqué que petit à petit je rattrape mon retard de lecture? Je suis assez fière de moi je dois l’avouer.

Mêler une période de l’histoire aussi importante et émotionnellement forte avec du fantastique est osé, Ludovic l’a fait! Je dois tout de suite vous dire que j’étais un peu inquiète, la souffrance, la mort, les tortures perpétrées durant cette période de l’histoire me sont assez pénibles, mais je me suis lancée. J’ai pris le recul nécessaire face à ce livre et l’ai abordé comme une fiction, la part fantastique m’y a aidée. J’ai bridé mes émotions face aux souffrances des deux protagonistes, puisque vous l’aurez compris, les places de Benoît et Benjamin vont s’échanger, Benoît va découvrir l’horreur qu’ont vécue les prisonniers Juifs durant la Seconde guerre mondiale, un comble pour une personne à qui son amie reprochait de manquer d’empathie dans l’écriture de sa thèse sur la Shoas.

Le pari de Ludovic Metzker est réussi, je ne vais pas vous raconter l’histoire du roman, ce n’est pas le but de cette chronique, je vais juste vous dire que je l’ai lu quasiment d’une traite et que je l’ai terminé lors d’une fin de nuit où le sommeil une fois parti, ne voulait plus revenir. Très envie de connaître l’issue de cette histoire incroyable, je n’ai pas été déçue. Une brillante idée de placer un jeune homme de notre époque, qui profite de la paix, du calme, du luxe de notre vie actuelle dans l’enfer des camps, durant une des périodes les plus terribles de l’existence de l’homme. Respirez, profitez, vivez, amusez-vous, aimez vos proches ainsi que vos petits chats ( n’est-ce pas Ludovic?), nous avons cette chance de vivre libres, égaux dans un pays et à une époque extraordinaire. Bravo pour cette histoire Ludovic, j’encourage tous les lecteurs de cet article à se lancer dans la découverte de ton univers, ils m’en diront des nouvelles.

Résumé:

Paris, juillet 2016

Benoît est un jeune étudiant en histoire. Pour terminer son mémoire sur l’Holocauste, il se rend au « Mémorial de la Shoah » accompagné de Jennifer, sa meilleure amie dont il est secrètement amoureux.
Devant un morceau du mur de l’ancienne synagogue de Lodz, le jeune homme fait un malaise

Lodz, juillet 1944

Benjamin n’aspire qu’à retrouver la liberté volée par les nazis.
Battu et laissé quasiment pour mort par les Maquereaux devant le mur de l’ancienne synagogue, il fait une prière tout en sachant que ses jours sont comptés.
Épuisé, il se laisse aller et pense que la mort l’arrache à la vie

L’Hôtel du Lac des Ombres de Daniela Tully

IMG_20181226_230241.jpgQuelle histoire, mes amis… Je découvre, avec ce roman, les éditions Mazarine et d’emblée j’avais été attirée par cette couverture que je trouve tout simplement magnifique. Mais le contenu n’a rien à envier à l’enveloppe.

Vous le savez maintenant, je raffole des romans historiques mais j’avoue que je craignais un peu de me lasser de la période hitlérienne en Allemagne vu que j’ai lu, il y a peu, De notre côté du ciel. Mais non ! Rien à voir !

Daniela Tully arrive à mêler intelligemment roman historique, saga familiale, enquête policière, amoureux maudits et roman d’apprentissage en quelques 350 pages. Je me suis immédiatement laissé prendre au jeu en croyant naïvement que je ferai des allers-retours entre le passé et le présent et entre les différents protagonistes. Ce n’est pas tout à fait le cas ! Le plus étonnant ici, c’est que toutes les clés sont données plusieurs dizaines d’années après les faits et pas forcément de la manière la plus traditionnelle qui soit. Je ne peux pas vous en dire plus, il faut que vous le lisiez.

Tous les personnages sont attachants, même ceux qui sont dérangeants. La famille Montgomery, à l’arbre généalogique vraiment complexe, et aux individus cupides ou profondément humains ; Maya la libraire solitaire, perdue, en quête de toutes les formes d’amour ; Martha, la jeune fille rebelle et idéaliste ; Hans, l’homme bon et différent ; Siegfried, l’homme aux personnalités multiples ; Wolfgang le frère torturé… Tous ont des liens, tous ont des secrets, tous ont plusieurs identités, plusieurs vies et on n’a de cesse de tourner les pages que quand la vérité s’est dévoilée.

Amour, haine, jalousie, fraternité, homosexualité, ambition, reconnaissance, famille : tous ces thèmes se mélangent en 80 ans d’histoire et sur deux continents pour créer une intrigue unique et vraiment prenante. L’auteur mêle tous ces fils d’une main de maître, le tout dans une ambiance peinte de façon très réaliste : personnellement, le Montgomery Resort m’a autant fascinée que dérangée !

Autre intérêt de ce roman très riche : les différents niveaux de narration. En plus des changements de focalisation (Martha, Maya, Hans…) s’insèrent dans l’histoire des contes, des lettres, des récits qui sont autant d’éléments de réponse au problème principal : la disparition inexpliquée de Martha.

Que vous soyez friands de récits historiques, d’enquêtes policières, de sagas familiales ou d’histoires d’amour, ce roman devrait faire votre bonheur. Il est encore temps de se faire des cadeaux après tout 😉

Merci aux Editions Mazarine pour ce passionnant voyage !!

Priscilla (@Priss0904)

Les amants du dernier jour de Joseph Farnel

Amoureux de romans historiques, vous serez ici servis, heureux, enchantés. Voici donc, huit jours avant Noël un très joli roman à mettre sous le sapin. J’ai rencontré Joseph Farnel lors du salon du livre des essarts le roi en novembre, c’est un homme qui a eu de nombreuses vies, c’est sa propre description d’ailleurs. Cette expérience des gens et de la vie en elle-même nous la ressentons immédiatement dans le style de l’auteur.

Attention la couverture vous fera penser à une romance historique, pourtant ce roman est bien plus, il nous plonge au milieu des événements qui ont précédés la seconde guerre mondiale, à travers l’existence d’une famille Russe naturalisée Française. Mais le pilier de ce roman est Judith, jeune fille issue de cette famille d’immigrés, son poste au Ministère de l’intérieur va lui donner un rôle bien plus important que ce qu’imagine son entourage. une femme forte, au caractère impétueux, sa détermination à aider son pays, la France, ainsi qu’à participer à des opérations secrètes vont aussi la mettre dans une position sentimentale délicate. 

La fidélité à sa patrie, à son amour, à ses valeurs, difficile de respecter toutes ces idées lorsque votre monde s’écroule et que le côté sombre de l’être humain prend le dessus, quand la noirceur envahit votre quotidien et remplace les plaisirs d’un repas familial, des préparatifs d’un mariage…

Un roman qui parle donc aussi de courage, celui des résistants, mais aussi des allemands et de leurs soldats, qui ne se battaient pas tous pour Hitler, mais refusaient pourtant de trahir leur nation. Rien n’est simple dans une guerre, nous le savons déjà, Joseph Farnel aborde ici avec beaucoup de justesse je trouve, le ressenti non pas d’un peuple mais de l’individu à part entière durant une période telle que celle qu’il nous décrit. Un peu de romantisme, d’amour fort dans tout cela et le tour est joué. Une histoire que l’on souhaiterait presque plus longue, plus étoffée, bref on en veut encore.

Résumé:

Paris vit au rythme de l’Occupation allemande. Pour se rendre utile, Judith, fille d’immigrés russes, devient interprète au Ministère de l’Intérieur. Impétueuse et pleine d’idéaux, elle tente d’avoir accès à certains secrets pour les transmettre au réseau de Résistance qui l’a recrutée.

Mais la jeune femme va voir ses certitudes vaciller le jour où, lors d’une mission d’espionnage, elle rencontre Reinar, un commandant de l’armée allemande. L’homme est charmant, éduqué, intelligent. C’est le coup de foudre. Le problème, c’est que Judith est mariée. Son époux est parti au front et elle est sans nouvelles. Est-il mort au combat ? Le cœur écartelé, prise dans la tourmente de la guerre, la jeune femme va devoir faire un choix qui scellera son destin… Une femme de caractère et de cœur dans les chaos de la guerre.