Surtout le pire de Lou Vernet

Lou Vernet vous propose ici, il faut que vous le sachiez un roman noir qui donne le ton dès les premières pages. Une véritable claque, une gifle qui va vite effacer cette envie de dormir qui vous a prise à l’instant où vous vous êtes dit que vous alliez lire quelques pages au lit, il est tard, vous travaillez demain et pourtant, impossible de quitter cette lecture que vous sentez immédiatement être différente.

Des chapitres courts qui amènent vite le lecteur au rythme de ce livre, comme une respiration qui s’accélère, le cœur se met à battre lui aussi plus rapidement et le piège est amorcé. Une dualité ressentie tout au long de l’histoire, entre les deux principaux personnages bien-sûr Raph et Jim, mais également dans les sentiments, le bien et le mal, la mort et la vie. Des protagonistes qui sont tous plus ou moins en souffrance morale, avec un passé qui rend le présent étouffant, presque impossible. Des images fortes, des souvenirs, des traumatismes qui mettent les êtres en souffrance permanente et les empêchent d’accéder au bonheur qui s’offre à eux. Une histoire, vous l’aurez compris, dure, noire et sans aucune pitié mais le tour de force est de rendre presque belle cette noirceur, cette souffrance. Parvenir à en tirer de l’émotion semble fou mais possible, les plus grands poètes et écrivains ne sont-ils pas les plus torturés?

L’écriture de Lou Vernet est très atypique, elle parvient à vous parler de souffrance, de douleurs avec un style très littéraire presque poétique, elle parvient à vous raconter le plus noir avec cet amour des mots tellement évident. Un roman qui une fois achevé colle à l’esprit, laisse une trace, une interrogation. Un vrai coup de maître, bravo Lou!

Publicités

Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel

C’est avec un œil de novice que je vais vous parler de ce roman. Je n’avais encore jamais lu de livre de Nicolas Lebel, mon œil est donc totalement neuf et je dois dire que cet œil neuf a aimé les pages sur lesquelles il s’est posé durant ces quelques jours de lecture. j’ai pris mon temps, j’ai savouré ce roman.

L’auteur porte un regard incisif et pourtant très juste sur notre société, sur notre pays, son fonctionnement, Une enquête des plus sérieuses avec pourtant une dose de légèreté et d’humour qui fait de l’ensemble un bonheur littéraire. Il est tout à fait possible de lire cet opus des aventures du groupe de Mehrlicht sans avoir eu vent des précédents, quelques rappels des enquêtes passées, mais rien qui gêne la compréhension. Des personnages travaillés qui font sourire ou tiquer mais qui créent une indéniable réaction et pour ma part, un véritable attachement. Les fantaisies de l’auteur concernant certains personnages du monde du show biz feront grincer des dents certains fans et m’ont amené à vérifier des faits du monde people sur internet ( qui est mort, qui est encore en vie, vous comprendrez tout cela lors de votre lecture) et encore une fois à rire et à sourire.

Puis, le roman prend une autre tournure, plus noire, plus sombre. différentes histoires, puis fil à fil un sens commun se tisse et là c’est le deuxième effet kiss cool, une véritable jubilation de lecture. Les personnages prennent de la consistance par leurs réflexions personnelles et intérieures sur les problèmes politiques, judiciaires et autres, donc malgré l’humour quelques fois grinçant de Mehrlicht, cet homme et son équipe se révèlent être des hommes et femmes profonds et vrais avec des envies d’un monde meilleur et plus juste, d’une justice qui ne laisse pas s’en sortir les monstres sous prétexte d’erreurs de procédures et d’ententes entre deux nations.

Nicolas Lebel est professeur, on sent le passionné de littérature, il crée un mélange des genres et des styles, il écrit ici un roman hors norme qui mêle les ingrédients qui font varier les émotions de lecteur d’une page à l’autre. Un roman fort, touchant, qui par moment met aussi le doigt là où ça fait mal en dressant un constat parfois assez déprimant de l’état actuel de notre société. Une lecture que je vous recommande avec grand enthousiasme, je me procure de ce pas les autres romans de l’auteur, faites en autant car que vous soyez fan de questions pour un champion, de la musique des années 80, des bons mots, mais attention pas que…Cette lecture est pour vous.

Résumé:

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie… Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l’heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang. Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver. Un roman qui est l’histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l’aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres. Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer.

Annabelle de Lina Bengtsdotter

Annabelle est un roman Suédois, type de lecture qui n’est pas dans mes habitudes et pour laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir. J’ai aimé cet univers sombre, presque noir, où la souffrance psychologique de ce patelin pauvre de la Suède est omniprésente. Chaque pays à ses régions, ses villes, ses quartiers où le chômage, l’alcool, la pauvreté font office de normalité, Lina Bengtsdotter nous peint ici un des ces tableaux assez sinistres dans la ville de Gullspang.

Charlie est flic, elle est elle-même originaire de Gullspang qu’elle a fuit il y a 19 ans, cette jeunesse a laissé des traces indélébiles dans l’esprit de cette jeune femme qui aujourd’hui en subit encore les conséquences, ses actes reflètent sa souffrance intérieure, elle ne parvient pas à trouver sa place. Difficile pour elle de retourner sur les lieux de son enfance pour enquêter sur la disparition d’Annabelle…

Une enquête typique de la littérature Suédoise, des personnages sombres et torturés, des relations étranges et complexes, et ce tutoiement qui lorsque le lecteur n’est pas habitué, le perturbe quelque peu ( le vouvoiement a été aboli dans les années 60 en Suède), le fait que la traduction en Français de ce roman, respecte ce « tu » permanent donne une ambiance particulière, il faut quelques pages pour s’habituer puis cela nous permet de s’immerger en totalité dans l’histoire et de se retrouver en Suède dans cette province perdue ou le temps semble s’être arrêté.

L’alcool, le désœuvrement, ne s’attaque pas qu’aux adultes, la jeunesse suit le même tracé, comme y échapper d’ailleurs. A tel point que lorsqu’on découvre un jeune qui s’intéresse aux livres, à la religion et la culture, au monde en général, l’étonnement est collectif. Peut-on sortir indemne de ce genre de vie, d’enfance, de modèles? Tout en étant un roman policier, thriller ou tout ce dont nous pourrons le qualifier, ce roman est aussi un constat sur les zones abandonnées, sur les destins brisés dès l’enfance par un entourage néfaste…Une crasse qui vous colle à la peau, des jeunes filles perdues qui ne peuvent que boire et se droguer afin d’oublier l’avenir perdu qui s’étale devant elles. Penser qu’un homme, que l’amour pourra vous sortir de là où elles se sentent engluées.

Merci aux éditions Marabout pour cette lecture forte et marquante.

Résumé:

Collection : Black Lab

En quittant Gullspång à l’âge de 14 ans, Charlie Lager s’était juré de ne plus jamais y retourner. Mais cette petite ville perdue au coeur de la Suède, où chômage et alcool ont peu à peu érodé tout espoir d’un avenir meilleur, est aujourd’hui sous le feu des projecteurs.
Annabelle, 17 ans, a disparu au cours d’une fête à laquelle elle avait pourtant interdiction de participer. Cela fait quatre jours qu’elle n’a plus donné signe de vie. 

Devenue inspectrice à la brigade criminelle de Stockholm, Charlie est envoyée sur place pour enquêter. Fugue, enlèvement, suicide, meutre ? Toutes les hypothèses sont permises. Toutefois une chose est sûre : pour retrouver Annabelle, Charlie devra combattre ses vieux démons et déterrer ce qu’elle avait mis tant d’années à enfouir au plus profond d’elle-même.

Roman traduit du suédois par Anna Gibson

Ma vie sera pire que la Tienne de Williams Exbrayat

Découverte totale de cette auteur avec ce troisième roman écrit. Un roman aux inspirations multiples et variées . Un engouement total et rapide s’est emparé de moi lors de cette lecture. Des situations, des personnages, des événements totalement addictifs, dignes d’un film de Tarantino, du Pulp mêlé à du thriller et du roman noir. Tour à tour des passages de votre lecture, vous naviguez entre les genres, pour certains connus et que vous avez fréquemment rencontrés, pour d’autre dans le style Novella, pour ma part de la nouveauté encore et encore.

Des personnages aux destins qui s’entremêlent bien malgré eux, des enchevêtrements, des coïncidences plus ou moins favorables. Williams Exbrayat met ses personnages principaux dans des situations qui tournent mal et dégénèrent, qui prennent une tournure totalement imprévue. Pour les personnages secondaires, des occasions à saisir ou non, des décisions rapides à prendre qui vont changer le cours de leur vie et de leur avenir.

Pas de temps morts, il se passe toujours quelque chose, des événements qui rendent cette lecture folle et addictive, on sent une imagination débordante et des sources d’inspiration multiples et extrêmement variées. Le lecteur éprouve de l’empathie puis quelques pages plus loin l’étonnement, la sidération même… Une lecture stimulante, rythmée, l’auteur donne de la gouaille à certains de ses personnages, ils ont « une grande gueule », un peu à l’ancienne, on sent par moment de l’inspiration  » à la Audiard », et c’est déstabilisant dans le bon sens du terme, cela donne la touche épicée qui rend l’ensemble absolument délicieux. Pas un style en particulier, non, tout un ensemble qui regroupe toutes les influences qu’a pu rencontrer Williams Exbrayat, et vous pouvez me croire, cela donne un plaisir de lecture absolument jouissif.

Laissez vous surprendre par cette lecture absolument folle, un peu délurée, une touche de chaque qui fait de l’ensemble un roman vraiment délicieux que vous allez prendre un vrai plaisir à lire.

Extrait:

Les portières du 4×4 claquent. Des gifles pour mes oreilles. J’ouvre les yeux. Trois silhouettes noyées dans la lumière crue d’un milieu d’après-midi. Elles s’approchent d’un pas résolu. Je protège mes yeux avec mes mains. Le soleil tape fort. Foutrement fort. Une enclume sur ma tête. Avec le stress, j’ai perdu des litres de gnôle. Une odeur vinaigrée imprègne mes vêtements. Ma transpiration. Faudrait que je mette le holà sur la piquette, sinon je vais finir comme un pickle. Un roman noir détonant entre pulp à l’américaine, novella et polar, avec une rasade d’humour et beaucoup de désespoir.

Résumé:

Quel est le point commun entre un looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino ? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile : des trafiquants de drogues, des braqueurs grimés en présidents, des flics retors et une bête qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

L’humanité en moins de Karine Vivier

IMG_20180725_141230.jpg

Je vais vous parler d’un jolie découverte de l’autoédition, Karine Vivier nous apporte ici un petit roman de 180 pages, que j’ai beaucoup aimé et par conséquent dévoré.

L’auteure nous propose une histoire ou plutôt trois histoires parallèles, dont le fil conducteur est l’enfant. Vous comprendrez en lisant ce que je veux vous dire par là, j’ai aimé la façon dont nous sont racontées ces histoires, Karine Vivier adopte le ton qui convient à chaque morceau de vie qu’elle pose sur le papier.

Sans chichis, ni tentatives de duper ses lecteurs, elle va d’un bout à l’autre de son histoire, qui est certes difficile car elle touche à l’enfance, et à de terribles moments et difficultés qui jalonnent le parcours de certains. Excusez moi de rester si vague, mais l’histoire est courte et incisive, si je vous donne trop de détails, le plaisir vous sera gâché.

Ces 180 pages de lecture, m’ont malgré tout donner envie de coller des gifles, de secouer certains protagonistes, de faire des leçons de moral… Vous comprenez donc que l’idée de départ de l’auteure ne m’a pas laissé sur ma faim, pas de détails et explications inutiles, nous allons ici à l’essentiel.

Toujours très agréable de découvrir de jeunes auteurs, Karine Vivier fait partie de ceux qui méritent que l’on s‘arrête sur leur écriture et sur ce qu’ils ont à raconter. C’est en tout cas ici un livre que l’on garde en mémoire.
Résumé:

Que peut-il y avoir de commun entre une fillette, un ex-taulard et une mère de famille ?

« L’humanité en moins » met en scène trois personnages qui ont, à un moment de leur existence, perdu leur humanité aux yeux de la société. Trois personnages, trois récits parallèles, une même histoire. Un premier roman noir.

Extrait

C’était toujours le même scénario. « Tu n’es pas là pour penser », lui répétait l’homme, « tu es là pour faire ce que je te dis ». La première fois, c’était sur une autre plage qui ressemblait à celle-ci. Elle avait emmené une autre fillette, plus jeune qu’elle, prendre le goûter dans la camionnette garée près de la jetée. L’homme dans son véhicule avait souri lorsque les deux fillettes étaient arrivées à son niveau. « Mais suis-je bête ? », avait-il déclaré en sortant de sa voiture, « les biscuits sont restés dans le coffre ». « Passe devant, toi », lui avait-il ajouté durement. Il avait ouvert le coffre et poussé l’autre fillette à l’intérieur, qui s’était mise à hurler à pleins poumons lorsque ce dernier s’était refermé brutalement. Puis, la camionnette avait démarré en trombe et ils avaient roulé à tombeau ouvert pendant des heures. Épuisée, la fillette avait fini par s’endormir, le visage collé contre la vitre. Ce qui s’était passé ensuite, elle ne s’en souvenait plus très bien.

Rue Blondel de Valéry Sauvage

IMG_20180514_084932.jpg

 

Je vous parle de ce roman, dont l’histoire et les personnages tournent autour de cette rue: La rue Blondel. Un lieu dont la réputation n’est plus à faire, des destins s’y croisent, plus ou moins heureux. 

Nous rencontrons différents profils, qui au final tournent tous autour de celui de Lucienne, alias Lulu, une jeune femme dont le poste de travail se trouve en haut de trois marches. Lucienne rêve de mieux bien-sûr.

Les histoires de chacun au fil des ans, pas toujours drôles ou positives, mais vraies, de 1947 à 1972 dans un quartier qui bien que mal famé pour certains, recèle des trésors cachés, des cœurs en souffrance, de belles amitiés, des vies qui se croisent et restent dans la mémoire. 30 ans de vie ,de passages, de mauvaises trajectoires, 30 ans dans la rue Blondel, quartier Strasbourg Saint Denis.

Résumé:

http://ateliershenrydougier.com/catalogue/rue-blondel/

Près de la Porte-Saint-Martin, à Strasbourg-Saint-Denis, il y a la rue Blondel. Or dans la rue Blondel, y’avait une demoiselle. Elle avait l’uniforme que porte la profession : une jupette ultra-courte et puis un boléro ayant peine à cacher un soutif en dentelle deux tailles trop étroit. Elle se postait toujours en haut de ses trois marches, dans le creux d’une porte. On aurait dit un peu comme une pauvre madone dessus son piédestal.
Elle s’appelait Lucienne, mais on disait Lulu. Et puis y’avait Momo, le serrurier et ses mauvaises
fréquentations et puis aussi Edmond, qui n’aimait pas son prénom, qui n’aimait pas ses parents, qui ne s’aimait pas trop non plus lui-même et qui partit en Grèce sans vraiment savoir pourquoi.
Tout commença dans les années 1950, rue Blondel, à Strasbourg-Saint-Denis.

 

 

 

 

Des noces noires de Arnaud Sérac

 

 

Editions De Borée -Marge Noire

Arnaud Sérac nous raconte ici une histoire sombre, difficile, mais il le fait de telle façon que l’on se sent un peu comme chez soi. Vous allez vous dire que je deviens dingue, pourtant, croyez moi, si vous venez à la rencontre de Laure et du « vieux » son coéquipier, vous aurez cette impression que vous pourriez les croiser dans votre vie de tous les jours.

Ce ne sont pas des supers flics, des héros, ils n’ont pas de matériel High Tech,  ce sont une femme et un homme qui avec leurs moyens, ceux que la police Française met à leur disposition,  tentent de résoudre une série de crimes plutôt « trash ». Aucun indice pour les mettre sur la piste de ce tueur sanguinaire, puis des rencontres, des faits, mais aussi des soucis personnels vont mettre dans cette enquête une ambiance pesante.

L’auteur utilise cette écriture simple mais sincère qui fait mouche, j’ai été tout simplement passionnée par cette histoire, ses personnages, la réalité des difficultés que chacun rencontre, une authenticité qui comme je vous le disais au début de cet article m’a amené à me sentir dans un univers connu, car Arnaud Sérac, même si cela reste un roman, nous donne ce sentiment d’immersion dans les faits, au milieu de ces personnages qu’il a crée de toutes pièces et qui pourtant semblent si réels.

Une très belle surprise pour moi, un roman noir qui laisse des traces dans l’esprit de la lectrice que je suis.

Résumé:

Laure, jeune officier de police de trente-six ans, s’est promis de retrouver coûte que coûte les agresseurs de son père, policier, lui aussi, victime d’une attaque à main armée qui l’a cloué sur un fauteuil roulant. Elle fait équipe avec François, dit « le vieux », flic, veuf et désabusé, abandonné par son fils. Ensemble, ils doivent résoudre plusieurs crimes d’une rare atrocité qui ont lieu dans leur secteur. Les corps démembrés d’étudiants sont retrouvés éparpillés à travers la ville sans qu’il y ait un lien les rattachant entre eux, mis à part leur jeunesse, leurs valeurs, et le fait qu’ils postulaient à des petits boulots pour joindre les deux bouts. La recherche de mobile sans indice est ardue et délicate, d’autant plus que les fausses pistes et les témoignages bancals s’accumulent… La vérité n’est pas toujours celle que l’on croit et les apparences sont parfois trompeuses. Peu à peu, le malaise plane, le doute s’insinue et Laure ne sait plus qui croire. Le Vieux aurait-il un lien avec ces crimes ? Dans cette intrigue policière, l’auteur saisit la finesse de la psychologie des personnages et dépeint avec réalisme le milieu difficile dans lequel ils évoluent. Nous suivons tour à tour, Laure et le Vieux ; nous pénétrons leurs pensées. Ce sont deux écorchés vifs qui traînent de profondes blessures : la recherche d’un agresseur pour l’un, la quête de l’amour filiale pour l’autre. Deux âmes esseulées en quête de rédemption

 

Miasmes de Elisabeth Sanxay Holding

 

9782917559987_1_75

 

Aujourd’hui, je vous parle d’un roman noir, mais pas n’importe lequel. Elisabeth Sanxay Holding l’a écrit en 1929, il est inédit en France et sort aujourd’hui le 15 mars aux éditions Baker Street.

L’auteure nous narre ici une histoire sombre où les mystères se cumulent, une ambiance dérangeante dans laquelle évolue Dennison, un jeune médecin qui tente de s’installer dans la profession et de faire sa clientèle. 

Un roman qui malgré l’époque où il a été écrit fait preuve de beaucoup de modernisme dans son intrigue, on sent également que derrière la plume se cache une femme, en effet la délicatesse des relations et la prévenance de Dennison sont bien présentes et rendent la lecture agréable tout en y mêlant mystères et questionnements.

Les éditions Baker street ont également publié un précédent roman de l’auteure: Au pied du mur paru en 1947, qui a d’ailleurs été adapté au cinéma à deux reprises en 1949 et 2001.

Résumé:

Le jeune Docteur Dennison trouve l’ambiance étrange, quand il prend un poste d’assistant au Dr Leatherby, qui va le loger dans sa grande maison, mais Dennison n’arrive pas à mettre le doigt sur les sources de son malaise.. Il se passe des choses inquiétantes, des allées et venues secrètes, des personnes au comportement et aux paroles contradictoires, un patient qui meurt mystérieusement au lendemain
d’une consultation avec le Dr Leatherby…Plus il cherche à comprendre et plus il se trouve confronté à l’hostilité des uns et des autres, Clairement personne n’a envie qu’il en apprenne plus… La jeune infirmière de service lui dit même carrément qu’il ferait mieux de s’en aller. Mais il s’accroche à sa recherche de la vérité, qui va l’amener dans une spirale de plus en plus vertigineuse…

 

 

 

J’ai toujours aimé la nuit de Patrick Chamoiseau

 

 

PicsArt_12-18-01.18.24.png

Patrick Chamoiseau
ISBN : 2355845549
Éditeur : Sonatine (02/11/2017)

Voici un roman très noir que nous propose Patrick Chamoiseau aux éditions Sonatine. Un huis clos particulièrement bien narré, qui me permet de découvrir l’écriture de l’auteur.

Eloi Ephraïm reçoit à la veille de son départ en retraite, une confession inattendue d’un tueur psychopathe et sanguinaire,  ce tueur c’est Hypérion Victimaire, ancien militaire Martiniquais qui se considère comme étant droit et honnête. Hypérion nous explique comment il est devenu ce tueur, cet archange chargé de rendre ses lettres de noblesse à son île. 

Entre Eloï et Hypérion, un point commun, celui de vouloir rendre cette Martinique tant aimée, mais bien évidemment les méthodes ne sont pas les mêmes. Bien qu’Eloï ait été un flic engagé et passionné, à tel point qu’il en a négligé sa vie personnelle, il ne peut qu’écouter avec effarement cette confession hors du commun.

Un regard acerbe mais vrai sur la Martinique et ce qu’elle est devenue, bien loin des zones touristiques et de l’idée que le public s’en fait.

Un roman noir, certes, mais aussi passionnant par la description que nous fait Patrick Chamoiseau de cette île.

4ème de couverture:

Un commandant de police enfermé seul avec un tueur.
La scène pourrait paraître banale.
Elle l’’est déjà un peu moins lorsqu’’on sait que c’’est la dernière nuit de service actif du policier et que, pour la première fois de sa longue et monotone carrière, il se retrouve enfin face à ce dont il a toujours rêvé : un tueur en série inconnu des forces de l’’ordre.
Sauf que cette fois, dans cette maison isolée, c’’est le tueur qui tient l’’arme qu’’il pointe depuis des heures sur le policier.
Des heures que l’’officier écoute et essaye de graver dans sa mémoire l’’incroyable confession de celui qui se surnomme « l’archange de la mort » et qui lui raconte dans le détail son « œoeuvre » : dix années de crimes impunis.
Comment le flic en est-il arrivé là ? Comment une simple altercation au début de la soirée l’a-til mis sur la piste du tueur ? Et quelles sont ses chances de s’’en sortir ?

Patrick Chamoiseau nous livre ici un formidable roman noir, en même temps qu’’il dresse un portrait déchirant d’’une Martinique livrée à tous les débordements, en passe de perdre sa culture, sa magie et son humanité.