UnPur d’Isabelle Desesquelles

Comment dire l’indicible ? Comment raconter l’innommable, l’Horreur « avec sa grande H » ? Le roman d’Isabelle Desesquelles est dur, il bouscule, il bouleverse. En même temps, on touche à ce qu’il y a de plus précieux, l’enfant, et à ce qu’il y a de plus atroce, le viol.

qrfAlors que Benjamin est en vacances avec son frère jumeau Julien et leur mère en Italie, il est enlevé par celui qu’il appellera « Le Gargouilleur » (parce qu’il le colle toujours contre son ventre). A l’enfer de la séquestration et du viol, s’ajoute celle d’une enfance volée, pendant laquelle on force l’innocence à commettre l’irréparable.

Je ne dirai pas tout ce qui se passe, puisque, de toutes façons, je ne suis pas certaine qu’un lecteur puisse trancher à la fin du roman sur ce qui se passe réellement. Mais la force du texte, c’est de montrer, à travers le regard de l’enfant, du jeune adulte, puis de l’homme mâture toutes les conséquences, directes et indirectes, d’une telle maltraitance. Benjamin est évidemment traumatisé, mais il est le témoin de son impossibilité à se construire en tant qu’adulte, dans son rapport aux autres, dans sa sexualité.

L’horreur ne réside pas seulement dans les sévices physiques. Finalement, la manipulation psychologique est bien pire. Benjamin voit sa vie gâchée : il perd sa mère, son frère, son droit d’être un adulte épanoui, peut-être même d’être un père.

Ce qu’il raconte fait vraiment froid dans le dos : j’ai eu les larmes aux yeux et la nausée plus d’une fois, et pourtant, je n’ai pas pu décrocher de ma lecture. (Avis à tous les parents : il y a un risque très sérieux de devenir parano…)La faute à un style sans fausse note et une maîtrise très fine de l’intrigue. On s’attache très facilement à cet enfant bafoué, on se détache très rapidement de cet adulte déviant, on compatit immédiatement lors du procès. L’auteure nous emmène exactement où elle veut, Au Bout du Bout, là ou Un Pur devient impur, où l’Impur se bat pour rester Un Pur.

C’est une découverte éprouvante, c’est un livre qui marque, au fer rouge. C’est une écriture violente et sans pitié, mais qui emporte inévitablement, par la beauté des mots, malgré la dureté de cette réalité. Et puis, il y a Rimbaud… « Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie. »

Quelques citations qui m’ont marquée :

« Aujourd’hui, j’éprouve bêtement un sentiment de paix à avoir atteint la cinquantaine, ce n’était pas gagné. Quand le passé n’est jamais assez loin, le présent paraît hors de portée. »

« Ce que révèle la photo, c’est le sang qui coule et ne blesse pas. Une image d’un passé inaccessible et elle transcende l’absence définitive. Ressembler à un garçon ne l’a pas une seconde embêtée, la petite fille se sent belle de ressembler à un qui manque. »

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

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Jour de courage de Brigitte Giraud

Un jeune homme de 17 ans présentant un exposé sur Marcus Hirschberg, un homosexuel juif, fondateur du premier centre de sexologie du monde, victime de la censure et de la barbarie nazie, en profite pour faire son coming-out, ou bien fait son coming-out un peu malgré lui, devant sa professeure, sa meilleure amie amoureuse de lui et tous ses camarades. Le sujet promet d’être intéressant, car mené de manière vraiment originale ; touchant car il relève de l’humain et de l’adolescence. Et pourtant, je n’ai pas été séduite, la magie n’a pas opéré.

Je reste admirative de la manière dont l’auteur gère la temporalité de son récit. La majeure partie du roman nous présente l’exposé dans son déroulement, mais pour que nous puissions comprendre les enjeux du thème et des mots choisis par Livio, il faut bien que nous connaissions son passé. C’est alors mené de main de maître : nous sommes les destinataires des souvenirs de Livio, des flashs qui lui reviennent pendant qu’il parle, mais aussi de ceux de Camille, son amie amoureuse de lui, ce qui nous permet d’avoir une vue d’ensemble de l’évolution du narrateur.

Ce que l’on apprend de Marcus Hirshberg est également très intéressant, j’avoue avoir été aussi peu informée au départ que les élèves du lycée de Livio. Comprendre les conséquences des libertés liées à la République de Weimar et ôtées dans la violence par les nazis m’a semblé très enrichissant, vraiment !

IMG_20190804_172317.jpgMais voilà, au-delà de ces deux points très positifs que je tenais à souligner, je n’ai pas été emballée par cette lecture. J’ai trouvé que l’ensemble manquait d’émotions, de sincérité. Livio met en scène son coming-out mais de fait, tout se passe comme s’il en était détaché. Aucun émoi, ni à son propos, ni à celui de son amie « parfaite » Camille. Quant à sa disparition, elle est rapide, inattendue, pas assez développée à mon goût. Bref, une fois n’est pas coutume, je n’ai pas été convaincue… Cela arrive !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Les Classiques de Priscilla – Crime et Châtiment de Fédor Dostoïevski

Ce mois-ci, grâce au Reading Classics Challenge de Lilly & Books, je me suis lancée dans la lecture de Crime et Châtiment de Dostoïevski. J’avais déjà fait connaissance avec la plume de cet auteur russe, au cours de mes études : j’avais lu Le Double. Il ne m’a pas autant marquée que les autres textes lus dans le cadre de cette thématique (Le Portrait de Dorian Gray que j’avais adoré, Les Elixirs du diable et La Méprise de Nabokov).

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Ce roman de plus de 650 pages a beaucoup joué avec mes nerfs. Je l’ai d’abord trouvé, il me faut vous l’avouer, long et ennuyeux, d’autant que cette manie russe de donner, à chaque fois que l’on parle de quelqu’un, ses trois noms rend le style lui-même un peu lourd. Cela manque d’action, le personnage principal manque de dynamisme et d’assurance, j’ai vraiment cru que j’allais abandonner, mais je tenais tellement à connaître cette histoire que je me suis accrochée, et tant mieux. A partir de l’entrée en scène d’autres personnages (Razoumikhine, Dounia, la mère, Svidrigaïlov, Catherine Ivanovna et Sonia), le roman prend une autre dimension. C’est par l’intervention de tous ces êtres que le héros, Raskolnikov, prend son épaisseur et gagne en intérêt.

Le synopsis de ce roman, on le devine avec le titre : il s’agit d’un étudiant désargenté qui, par dépit, va se laisser aller au vol et au meurtre. S’il n’est pas arrêté tout de suite (c’est bien là tout l’enjeu du texte), son châtiment commence avant la moindre décision de justice. Raskolnikov doit vivre avec ce qu’il a fait et on ne peut pas dire que cela soit une réussite. De maladies nerveuses en décisions constamment avortées, ce personnage n’a pas grand chose d’attachant. Il se montre certes souvent généreux, mais avec un tel mépris pour ceux qu’il aide, que cela en devient odieux. Il a une grande estime de lui-même et manque cruellement d’assurance. Il ne parvient ni à regretter son geste, ni à en profiter. Quant à son attitude avec les amis qui l’entourent, malgré tout, elle est tout simplement détestable. Mais c’est là toute la force de ce récit, je me suis sentie absolument fascinée par les êtres les moins agréables (notamment le héros et Svidrigaïlov) alors que les autres me laissaient davantage de marbre (exceptions faites de Dounia dont la loyauté ne va pas sans un caractère fort et de Catherine Ivanovna dont le tempérament de feu m’a souvent fait sourire). En effet, Sonia, Razoumikhine, la mère du héros et de nombreux autres personnages m’ont semblé trop naïfs, trop purs pour être vraiment intéressants. Ce qui me fait dire que l’auteur s’ingénie à nous rendre aussi méprisants (voire méprisables) que son personnage principal : pour être exceptionnel, il faut être vicié…

Ce roman ressemble à une tragédie, mais une tragédie moderne et sans noblesse. Beaucoup de morts évidemment, mais aucune intervention divine, ni présence – selon moi – de destin qui s’acharne : les personnages choisissent leur sort et en paient les conséquences, même s’ils essaient d’oublier le plus souvent. Beaucoup de personnages positifs souffrent malgré leur bonté naturelle. Une seule petite nuance d’espérance apparaît dans l’épilogue et vient redonner un peu de couleur à cette réalité noircie par une plume acerbe mais que j’ai finalement trouvée addictive.

Et vous, connaissez-vous ce classique ? L’avez-vous lu jusqu’au bout ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dites-moi tout, cela m’intéresse !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Le passageur- Le coq et l’enfant de Andoryss

C’est pour moi une lecture en demi-teinte dont je vous parle aujourd’hui, vous en serez certainement étonnés car les avis semblent être plutôt positifs concernant ce premier tome. Je vais donc de manière simple et clair vous dire ce que j’ai aimé et ce que j’ai moins aimé dans ce livre.

Ce que j’ai aimé:

Le passageur a beau être un roman destiné prioritairement à la jeunesse, il est écrit avec beaucoup d’intelligence, un vocabulaire riche et une histoire profonde et forte. Matéo est un jeune homme touchant, son passé et sa vie actuelle amènent le lecteur à l’empathie. Le sujet de l’adolescence difficile est donc abordé avec les problèmes relationnels de cet âge, les difficultés à trouver sa place au sein de sa famille. Matéo a une relation extrêmement tendue avec son père, on pourrait même la qualifier de révoltante, la douleur de la perte a mis une distance incommensurable entre ces deux-là. La xénophobie, les clichés raciaux sont également abordés et Matéo et sa famille en font également les frais. Vous l’aurez donc compris, des sujets d’actualité et de fond sont abordés par l’auteure, ce qui rend ce roman vraiment intéressant et lui donne un côté mature qui fait sa force.

Ce que j’ai moins aimé:

Ce qui m’a moins plus dans ce livre est justement ce pour quoi je l’avais choisi: le surnaturel. Je n’ai tout simplement pas été transporté par l’aventure à travers le temps de Matéo, il m’est d’ailleurs difficile de mettre des mots sur cette déception. Pas de passion, pas d’envie de découvrir la suite de ce voyage dans le passé ni de connaître l’issue de cette mission dont Matéo se retrouve involontairement dans l’obligation de réaliser. J’ai pourtant bien conscience que le don dont il a hérité lui permet de se sortir d’un quotidien où il ne trouve plus sa place depuis longtemps, pourtant la magie n’a pas opéré. C’est peut-être au final cette ambiance trop noire, trop sombre, trop triste qui m’a freinée. J’en suis un peu déroutée, car je dois avouer que j’attendais beaucoup de cette lecture, dommage!

Un parfum de rose et d’oubli de Martha Hall Kelly

Si vous n’avez jamais entendu parler de Martha Hall Kelly, c’est que vous n’avez pas encore lu son précédent roman : Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, dont je vous parlais ici:

https://livresque78.wordpress.com/2018/01/17/le-lilas-ne-refleurit-quapres-un-hiver-rigoureux-de-martha-hall-kelly/

Voici donc un préquel, car l’auteure écrit une trilogie qui remonte dans le temps, nous sommes ici durant la première guerre Mondiale, nous découvrons entre autres Eliza, la mère de Caroline, une des trois femmes dont il est question dans le précédent roman. Si vous les lisez indépendamment où dans un ordre différent, aucun soucis. J’attendais donc beaucoup de cette nouvelle histoire qui s’inspire de faits réels et historiques et qui est également construite sur la base de trois histoires, celles de trois femmes. Des destins qui se croisent, s’entremêlent, se chevauchent, se bousculent violemment. On est ici sur un rythme et une émotion vraiment différents du premier roman, il est important de le savoir, car ce que j’ai, pour ma part ressenti lors de ma lecture de Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, était un choc total. Ici nous sommes dans un registre différent, qu’il est important d’aborder avec un œil neuf. Eliza, l’américaine qui, même si la vie lui donne quelques coups de poignard, a une existence, qui comparé à Varinka et Sofya, reste digne, elle n’abandonne pourtant pas ceux et celles qui ont moins de chance. Les deux jeunes Russes: Varinka, qui vit dans un dénuement total, et Sofya à qui tout souriait jusqu’à ce qu’elle perde tout et bien plus encore, vont déclencher chez vous, je n’en doute pas, de la colère, de la pitié et tout un tas d’émotions fortes.

Nous assistons ici, une nouvelle fois à trois destins de femmes fortes qui prennent et donnent ce que la vie leur a refusé, à elle mais également aux autres. Une période de l’histoire en plein milieu de la guerre 14-18, une guerre au milieu de la guerre!

Un roman qui même si émotionnellement il est moins fort que le précédent, reste une histoire forte à lire absolument car il parle de combats de femmes, il parle de courage, de sauver sa vie et celle des siens, de ne pas lâcher prise, de continuer, une belle leçon qui relativise encore une fois nos vies actuelles.

Petites questions pour une nouvelle section…

Il est temps de penser à mes futurs élèves. Alors pour se remettre dans le bain, découverte parallèle d’une nouvelle traduction de Roméo et Juliette et d’une version manga car je ne connais pas du tout ce genre… Alors que nombre de mes élèves y sont très habitués et sensibles. On verra ce que je peux en faire…

J’en profite pour vous poser deux petites questions :

– une publication sur le blog quand j’aurai terminé et décidé de la manière dont je vais l’exploiter en classe, ça vous dit ?

– dans l’absolu, une petite section, pas forcément ultra-régulière, du type « Ma vie de prof », avec ce que je fais lire à mes élèves et comment je leur fais découvrir la littérature, trouverez vous cela intéressant ou pas du tout ?

Bisous bisous
Priscilla

Montre moi ta librairie…

Aujourd’hui j’ai très envie de vous parler de la librairie, ou plutôt l’une de mes librairies préférées. Le pavé du canal de Montigny le Bretonneux dans les Yvelines, a su après une période difficile renaître de ses cendres, en voyant les photos vous allez vite comprendre comment.

Vous vous en doutez, j’aime cet endroit, c’est une véritable caverne d’Ali Baba pour les grands mais aussi pour les enfants, tout est fait pour leur donner envie de découvrir l’univers merveilleux des livres, commençons donc par vous montrer le coin lecture enfant:

Petit zoom sur cette très belle édition, chez Kaléidoscope, qui, permet aux enfants de découvrir Frida Kahlo.

Ou encore cette passionnante façon de leur faire découvrir l’histoire chez Gallimard Jeunesse.

Voici le rayon des ados et jeunes adultes, pour ma part j’y suis souvent…

Et nous terminons par une partie des romans adultes. J’aurais pu vous présenter encore de nombreuses photos de cette belle librairie, mais toutes les bonnes choses ont une fin. J’attends impatiemment de découvrir votre dealer de livres😋😍📚

La Confrérie des Mages – Tome II – Les Manuscrits d’Ewenlod d’Emmanuelle Ferré

Suite au coup de cœur qu’avait été pour moi la découverte du premier tome de La Confrérie des Mages, j’avais vraiment hâte de découvrir le deuxième, tout en retardant au maximum puisque le troisième n’est pas encore sorti.

Je dois dire que je suis très ennuyée en écrivant cette chronique : comment vous faire part de mon enthousiasme sans trop en dire, non seulement sur ce tome, mais aussi sur le précédent ? Je vais faire de mon mieux pour partager avec vous mon emballement.

qrfC’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé Lera, Graham, Rachmann, Eachann, Kentigern, Yvanne, Edme, Sachairi, Niven, Seona et d’autres dont je tairai le nom. L’atmosphère du premier tome se reconstitue très rapidement : j’ai d’abord été surprise d’apprendre que trois années séparaient les deux opus, vu ce qui se passe à la fin du premier, mais le roman ne perd pas en efficacité narrative. Avec cette ellipse temporelle, on découvre une Lera qui devient une femme au tempérament de feu, très courtisée et pas intéressée, un Mage confirmé toujours aussi épatant mais qui sait rester aussi une élève, une amie, une sœur. Je l’ai donc trouvée presque plus attachante que dans le premier tome de la sage. D’autres problématiques s’offrent à elles, comme celle du mariage qui offre des scènes assez drôles, notamment avec ses parents, comme la question que j’ai trouvée bien plus centrale dans ce tome de la place des femmes.

La quête des manuscrits de Lorhian Ewenlod commence finalement rapidement et l’auteure parvient à en faire un événement majeur qui ne traîne pas en longueur, malgré les difficultés qu’il présente. Alistair est évidemment central ici, et là encore, Emmanuelle Ferré parvient à mêler suspens, doutes, joie et surprise en veillant à ne pas faire de cette intrigue quelque chose de pathétique ou de répétitif. Autre force de l’auteure, sa peinture des personnages : j’ai trouvé ma relation avec Murdag, Darius et Karin absolument passionnante. On les déteste d’abord, on apprend à les connaître peu à peu, on s’en méfie toujours et on apprend à les aimer, d’une certaine manière, à hauteur de ce qu’ils sont.

Ce qui m’amène à l’intrigue. Les liens entre le passé de la famille royale, les souvenirs de Lera et l’évolution des pouvoirs de certains des Mages sont inextricables. C’est une histoire vraiment complexe et finement menée : on y retrouve de la magie, des connaissances sur la nature, les mathématiques, mais aussi de l’instinct, de l’empirisme, de l’expérience. Cela peut sembler difficile à suivre et pourtant, on ne s’y perd jamais. Encore une fois, les combats sont épiques (j’ai beaucoup aimé cette quasi-réécriture du mythe du cheval de Troie), les descriptions de paysages grandioses (je pense notamment au temple sous-marin, dans lequel, j’ai tellement aimé me perdre avec Lera), les relations entre les personnages sont fines (Lera-Alistair, Tam-Lera, Yvanne-Lera, Yvanne-Alistair, Sachairi-Seona, Edme-Alistair-Indreas, Lorhian-Ishbel, Lorhian-Lera, Lorhian-Alistair, Karin-Darius, et tant d’autres…) et chacun des personnages de cette immense galerie de portraits évolue. Personne n’est laissé de côté.

Vous l’aurez compris, cette saga me rend bien élogieuse, et je vous assure que c’est à raison. Il me tarde tellement de lire le troisième tome, d’autant plus qu’ici, tout semble bien se terminer. On devine, bien sûr, quels seront les rebondissements (bien que l’on se trompe peut-être), mais je ne peux pas aller plus loin que la simple piste. L’imagination d’Emmanuelle Ferré est aussi aiguisée que sa plume, les deux peuvent réserver encore bien des surprises, j’en suis sûre.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Home Sweet Home de Charlotte Leman

Voici la fin des aventures de notre duo de copines, Charlotte et Valentine, ces deux jeunes femmes qui m’ont tant fait rire et sourire arrivent-elles dans ce dernier roman à trouver la plénitude qu’elles recherchent depuis si longtemps?

Nos deux jeunes femmes ont atteint l’âge de raison, c’est-à-dire le mien, la quarantaine entamée ne résout pas tous leurs problèmes amoureux, bien au contraire. Mais elles ont toutes les deux quelque chose de précieux, une amitié indéfectible qui dure depuis 30 ans. Elles peuvent toujours dans ce dernier tome de leurs aventures, compter l’une sur l’autre en tout instant. J’ai encore beaucoup rit avec ce Home Sweet Home, car les tragédies familiales que nos deux amies vivent avec leurs enfants ados, je les ai vécus et cela m’a forcément rappelé des souvenirs, qui avec le recul portent à sourire. On sent d’ailleurs à travers les mots de Charlotte Leman, qu’elle est elle-même dans cette tranche d’âge, il faut vivre la quarantaine pour la traiter avec autant de vérité et d’humour.

Charlotte et Valentine ont tout vécu du pire eu meilleur, mais elles l’ont vécu coude à coude, telles deux âmes sœurs. Une amitié qui fait envie et qui même si dans ce dernier roman est plus téléphonée et textée, il faut dire que les plannings respectifs de nos deux amies sont chargés, est essentielle et omniprésente. Elles prennent les choses avec un recul qui fait du bien et qui amène à réfléchir sur notre propre vie et notre propre ressenti de femme et maman de 40 ans.

Je remercie Charlotte Leman, qui m’a donné depuis ces dernières années, la possibilité de découvrir entre autres ces deux personnages à qui elle a donné une vie bien au-delà des mots et des pages. Charlotte et Valentine existent incontestablement en dehors de ses livres, car l’auteure a su leur donner les qualités et les défauts de chacune d’entre nous, un hymne à la femme et à la mère de famille.

Amoureuses de Charlotte Léman

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