Vices de Gipsy Paladini

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Gipsy Paladini

Fleuve Editions

ISBN 978-2-265-11641-2

19.90€

Il était évident qu’il allait se passer quelque chose avec cette lecture. Si je remet les événements dans l’ordre, je reçois tout d’abords une invitation Facebook de Gipsy, je découvre donc que sort son nouveau roman Vices, je connaissais l’auteure, bien-sûr, mais je n’avais jamais pris le temps de lire ses romans( Oui je sais, je vais me mettre des coups de fouet!). Et me voilà avec Vices entre les mains après l’avoir acheté dès sa sortie, séduite par la couverture en premier lieu, mais aussi par le personnage de Gipsy Paladini et surtout curieuse d’enfin découvrir l’écriture de celle dont tout le monde parle en ce moment. En effet, se faire éditer par Fleuve et se retrouver en tête des rayonnages de vente de livres, cela ne peut pas être anodin…

Après avoir lu les 401 pages de ce livre et l’avoir traîné partout avec moi pour grappiller chaque minute de lecture possible, je dois dire que la claque est sévère, mais qu’il est difficile d’y mettre des mots.

Gispsy Paladini parvient à faire d’un univers policier que l’on rencontre dans tous les romans de ce genre, un univers vrai où le lecteur s’immerge en totalité. Des personnages sur lesquels elle garde un mystère tout en les rendant palpables, si proches par leurs imperfections. Oubliez les super héros qui sortent leur flingue à tout va, les flics décrits dans Vices ont des états d’âmes, ils traînent leur passé comme un boulet et tentent de continuer à avancer. 

Le roman se décompose en deux épisodes, deux enquêtes différentes et pourtant si proches, car elles exposent les Vices de notre société, ceux des milieux bourgeois et privilégiés où ceux d’une population que l’on oublie, que l’on parque loin de notre vue et au sein de laquelle perdurent des croyances que l’on croyait enfouies.

Oui bien sûr ce roman est dur car il traîte de sujets délicats mais qui malheureusement ne sont pas imaginaires, mais l’auteure y met de la réflexion, l’envie de comprendre. Ce livre est de ceux qui vous tournent dans la tête longtemps après la dernière ligne.

4ème de couverture:

 » Fais tout de même attention. C’est quand on baisse la garde que les chiens attaquent. « 
Le temps où Marie se rêvait en justicière insoumise appartient au passé. Arrachée à sa campagne natale, condamnée aux artères viciées de la ville qui accueille la Brigade des jeunes victimes, où elle officie en tant que lieutenant, la jeune provinciale avale des couleuvres. Car sur le terrain, la justice est un concept. Suicides, harcèlements, disparitions, viols… Et comme si la cruauté du monde ne suffisait pas, Marie doit au plus vite se faire une place au sein d’une équipe de flics à vif.
Qui est l’homme dont Zolan crie le nom chaque nuit ? D’où vient cette fureur qui dévore Sophie ? Pourquoi, chaque premier jeudi du mois, le commandant reçoit-il toujours la même carte postale ? Voilà autant de secrets dissous dans les ténèbres urbaines au fond desquelles Marie espère enterrer le sien…
Si le monde selon Gipsy Paladini se donne sous ses atours les plus noirs, ne vous fiez pas aux apparences : sa voix est lumineuse et perce avec rage l’obscurité.

 

 

 

 

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Fourbi étourdi de Nick Gardel

En ouvrant ce roman, j’ai découvert tout ce que j’espérai y lire. Un petit roman bien noir et bourré de traits d’humour typiques des films d’Audiard, Nick Gardel avoue d’ailleurs, entre autres, s’en être inspiré, ce qui fera le bonheur de tous les inconditionnels du genre.

J’ai découvert les romans des éditions du Caïman grâce à la plume de Philippe Setbon, puis celle Martine Nougué et je dois dire que j’ai immédiatement été séduite par le style de ces publications.

Nous voilà donc cette fois dans une histoire qui débute sur une amitié fidèle et la volonté de rendre service ce qui entraîne notre protagoniste dans des « emmerdes » inimaginables. Des concours de circonstances et des bons mots qui rendent cette lecture absolument jubilatoire, bourré de scènes cocasses ce roman est un vrai délice.

L’auteur nous donne l’impression de ne vraiment pas se prendre au sérieux et du coup parvient à écrire une histoire telle qu’on aimerait en lire tous les jours. Excellent moment de lecture, donc, vous l’aurez compris.

4ème de couverture:

Voler cette antique DS dans un parking souterrain n’était peut-être pas la meilleure idée qu’ait eue Jean-Édouard. Mais c’était pour la bonne cause. Seulement, il y a cette sacoche remplie de petites coupures dans le coffre. Et puis, il va falloir compter avec cet encombrant cadavre qui l’accompagne. Un gars en chien de fusil, portant un col romain sur une veste noire stricte, mais qui a perdu son pantalon dans l’aventure. Sans oublier les deux furieux qui l’ont pris en chasse…

Excellent momen

Un avant-goût des anges de Philippe Setbon

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Philippe Setbon clôt cette trilogie de la vengeance avec Un avant-goût des anges. Trois volumes qui peuvent se lire de manière indépendante mais que l’auteur a relié par de légers détails que vous ne manquerez pas de remarquer.

Ce dernier opus n’a fait que confirmer le talent de Mr Setbon. Des personnages vrais, profonds, torturés. 

La vengeance revêt ici une facette noire, obscure, ancienne, indigeste et le croit on, salutaire. Bruno, le personnage central est brisé, alors pourquoi ne pas foncer tête baissée? sans se poser la moindre question? C’est ce qu’il va faire…

Une histoire courte, sans longueur, qui accapare de suite l’esprit. Une fois commencé, je ne l’ai plus lâché.

Ici pas de tendresse ou de touche d’humour comme dans le premier volume: Cécile et le monsieur d’à côté:

https://livresque78.wordpress.com/2016/05/17/cecile-et-le-monsieur-da-cote-de-philippe-setbon/

Ce dernier visage de la vengeance est par contre la continuité du tome 2: T’es pas Dieu petit bonhomme, la noirceur y est tout aussi présente.

https://livresque78.wordpress.com/2016/05/19/tes-pas-dieu-petit-bonhomme-de-philippe-setbon/

Jetez-vous sur cette trilogie, si ce n’est déjà fait, une très bonne série qui se lit en quelques heures, mais des heures intenses. Trois livres qui vont garder à coup sûr une place de choix dans mes rayonnages de bibliothèque.

Bio de l’auteur:

Philippe Setbon, né en 1957, débute comme auteur et dessinateur de BD dans Métal Hurlant et Pilote, avant de bifurquer vers le cinéma. Il signe les scenario de plusieurs longs-métrages comme  Mort Un Dimanche De Pluie, réalise Mister Frost puis se consacre à la télévision. Il écrit de nombreux téléfilms et séries, dont Les Enquêtes d’Éloïse Rome, Fabio Montale, Franck Riva .Il a également signé six romans chez Rivages, Flammarion et Buchet-Chastel et pour finir, cette trilogie des visages de la vengeance aux éditions du Caïman.

 

 

 

 

 

 

 

Pike de Benjamin Withmer

9-nn-0-54abd2c00ac08Éditions: Gallmeister Neonoir

286 pages

Note générale: ♥♥♥♥/5

Mon avis:

Amateurs de romans très noirs, dont les personnages sont tous plus horribles les uns que les autres: alcooliques, proxénètes, drogués, dealers…, cette lecture est pour vous. Bien-sûr, je ne m’attendais pas à ce que l’auteur nous conte une charmante histoire, mais à ce point tout de même. On peut se rassurer en se disant que l’intrigue se passe aux États-Unis ( loin de nous, petits Français) et sous la présidence de Reagan (loin de nous, dans le temps), mais tout de même, ça donne froid dans le dos. Dès les premières pages, le ton est donné. Derrick entre en scène, non, ne pensez pas à ce policier Allemand qui vous a endormi tant de fois devant votre poste de télé. ce Derrick est là n’est pas un gentil personnage. Tant de crasse, de méchanceté, de violence au même endroit, et pourtant, malgré tout cela, j’ai réussi à m’attacher à Pike ainsi qu’à Rory. Tous les deux ont un passé pas très glorieux pour l’un et  une enfance remplie de malheurs, de bien trop de souffrances pour l’autre. Ils aiment donner des coups et en recevoir, ils s’apprécient mais pas d’amitié mielleuse ici. Mais Pike veut tourner la page, il veut se ranger. L’auteur a crée des personnages forts, ils nous les décrit avec un incroyable réalisme, il est très facile de les détester mais la tentation de chercher une éclaircie est là. Il y  a forcément un morceau de ciel bleu quelque part… Des phrases et des scènes courtes et percutantes, dont l’horreur vous saute à la figure et  ne vous lâche pas l’esprit pendant un bon moment. Benjamin Whitmer est parvenu à me mettre mal à l’aise, je me suis interrogée, me suis demandée si j’allais parvenir à découvrir une fin heureuse ou en tout cas quelques moments de sourires et de bonheur. Ce qui est génial avec les romans noirs, c’est qu’après ça, la réalité vous paraît bien plus belle qu’avant de débuter le roman, on se dit que la vie est chouette et que l’on a bien de la chance d’être né(e) dans un milieu préservé de toute cette horreur. Benjamin Withmer nous propose donc ici une descente en enfer, très bien écrite. Merci aux Éditions Gallmeister pour leur confiance renouvelée.

Résumé:

Pike n’est plus l’effroyable truand d’autrefois, mais il a beau s’être rangé, il n’en est pas plus tendre. De retour dans sa ville natale des Appalaches proche de Cincinnati, il vit de petits boulots avec son jeune comparse Rory qui l’aide à combattre ses démons du mieux qu’il peut. Lorsque sa fille Sarah, disparue de longue date, meurt d’une overdose, Pike se retrouve en charge de sa petite-fille de douze ans. Mais tandis que Pike et la gamine commencent à s’apprivoiser, un flic brutal et véreux, Derrick Kreiger, manifeste un intérêt malsain pour la fillette. Pour en apprendre davantage sur la mort de Sarah, Pike, Rory et Derrick devront jouer à armes égales dans un univers sauvage, entre squats de junkie et relais routiers des quartiers pauvres de Cincinnati. Pike est un remarquable roman noir dans lequel Benjamin Whitmer, digne héritier de Jim Thompson et David Goodis, plonge dans l’âme du lecteur pour y laisser une empreinte indélébile.

Les neufs cercles R.J.Ellory Aux Editions Sonatine

L’histoire: ♥♥♥♥♥

La couverture:♥♥♥♥♥

L’ambiance: ♥♥♥♥♥cvt_Les-Neuf-Cercles_6501

Aujourd’hui je vous parle de R.J.Ellory dont le nom est connu de tous, mais pourtant moi, qui aime le roman policier et le roman noir, ce n’est que le deuxième titre que je lis de cet auteur. Je dois aussi vous dire à quel point j’ai trouvé ce livre, bien écrit, structuré, on sent ici la patte de l’écrivain d’expérience. Ce roman nous parle tout d’abord de la découverte d’un corps, bien sûr, mais il nous parle aussi de l’Amérique, de celle que l’on a tous vu dans les films: de cette période dont tous les américains sont sortis traumatisé, qu’ils aient combattu ou non: Le Vietnam. R.J.Ellory parvient à nous plonger dans cette ambiance des années 70, de retour de la guerre du Vietnam, John Gaines, chanceux survivant est de retour au Mississipi ou il est devenu Shérif d’une petite ville. Malgré les atrocités de la guerre, Gaines n’est pas préparé à ce qu’il va vivre, la découverte du corps d’une jeune fille de 16 ans, qui a disparu vingt ans plus tôt. A partir du moment ou l’histoire est posée, l’auteur va nous entraîner dans une enquête qui va s’avérer très difficile, car le chemin sera semé d’embûches de toutes sortes, la folie d’un homme revenu lui aussi d’une terrible guerre, la détresse d’une mère qui attend le retour de sa fille depuis vingt ans, des secrets, des hommes influents… Il faut rajouter à tout cela une dimension psychologique très présente, en effet, la guerre est un traumatisme, mais que dire de ces combattants revenus de l’enfer? Le shérif Gaines en fait partie, il s’accroche à la réalité pour ne pas sombrer dans la folie, les souvenirs le hantent, la mort, le sang, il lui faut pourtant resté lucide afin de résoudre cette enquête difficile. L’auteur nous plonge donc ici dans un univers noir, mais il le fait avec un talent évident car parvenir à rendre si accrocheur un pavé de plus de 500 pages, c’est déjà une force, mais alors me rendre MOI, si avide de connaître la fin que je le partageai avec ma tartine du petit déjeuner, c’est un exploit, car le petit déjeuner, c’est sacré… Les personnages sont décrits avec beaucoup de précision et d’humanité, Gaines est touchant, on ne peut que partager ses souffrances et admirer son courage. Il faut aussi parler du choix de cette couverture, qui à mon sens, est tout à fait adapté, ce coucher de soleil, cette voiture de police, l’ambiance y est, rien à dire. Un grand merci donc aux éditions Sonatine pour ce superbe roman noir, très puissant et profond. Un roman dont on ne ressort pas indemne.

Clouer l’ouest – Séverine Chevalier – Ecorce Editions

clouer l'ouestL’histoire: ♥♥♥♥

La couverture: ♥♥♥♥

Résumé:

Longtemps je ne me préoccupais pas de la scène blanche. Elle me hantait en sourdine et je faisais taire ses murmures, ou les laissais cogner, légers, aux parois d’une minuscule boîte, enfouie au plus profond de moi. Les bourdonnements de l’extérieur remplissaient leur office de fossoyeurs efficaces, diligents. je ne savais pas qu’alors, les cadavres refusaient de se décomposer.
Vingt ans après son départ, Karl est de retour chez les siens. le plateau de millevaches est enneigé. Les arbres sont noirs. Noirs comme la b^te qui se cache dans les bois et que nul ne parvient à abattre.

Mon avis:

Ce roman n’est pas commun, l’écriture de l’auteure n’est pas commune. Les premières pages sont mystérieuses, elles ressemblent à des pensées jetées sur le papier.

Karl est un personnage torturé, il a des ennuis, il souhaite les fuir en retournant à ses origines, le village ou vivent encore ses parents, son frère, son oncle, et tout son passé.

Ce livre, c’est l’histoire d’une famille, elle est abîmée, chaque membre a ses blessures.

Ce roman est très noir, les personnages que nous dépeint Séverine Chevalier, ne semblent pas connaitre le bonheur, un peu comme si celui ci s’était arrêté à une frontière imaginaire.

Leurs vies s’écoulent avec son lot de souffrance, mais rien ne semble pouvoir mettre un terme à cela, ils attendent et laissent venir.

C’est en tout cas le ressenti que j’ai après la fin de ce roman, qui m’a dérangé, dans le sens ou il m’a amené à me questionner, me mettre plein de questions en tête: Pourquoi? Que s’est-il réellement passé avant le départ de Karl?

Pas de conte de fée et de sentiment dégoulinant ici, ni d’ailleurs de violence verbale, mais de la noirceur que l’auteure nous fait ressentir grâce à ses mots, des phrases et des pages courtes, comme des gifles littéraires.

Merci à Séverine Chevalier et à Ecorce Editions.

La suite ne sera que silence de Christian Bindner aux Editions Le Passeur

L’histoire:♥♥♥♥

La couverture:♥♥♥

Résumé:

Quatre heures, le temps du délibéré de la cour d’assises qui juge Baptiste Chauvalet pour avoir assassiné le tortionnaire de son fils de 7 ans. Quatre heures de la vie d’un homme à la fois victime et bourreau, peut-être en route vers la perpétuité.  » Le procès de la légitime vengeance ». titre la presse.
Sous le poids de l’attente silencieuse, la mémoire se met à parler. Les événements qui ont mené à l’enlèvement de son fils reviennent à Baptiste avec violence. Histoires dans l’histoire, il rapporte à son propre drame ses souvenirs de procès bouleversants auxquels il a assisté en tant que dessinateur judiciaire: l’affaire du petit Grégory, François Besse, les bébés congelés, Outreau… Dans ce palpitant roman puzzle, Christian Bindner brouille avec adresse les lignes de son récit. Il fait ressurgir les bribes du passé tourmenté de son héro, ses contradictions d’honnête homme devenu meurtrier par amour de son enfant. Il relève aussi les coulisses de ce grand théâtre qu’est un procès d’assise et trace d’une écriture enlevée la mince frontière entre le bien et le mal.

Mon avis:

Je vais commencer par dire que j’ai adoré ce roman. je le qualifierai presque de docu-fiction, car il mêle une histoire imaginée à des faits divers qui se sont réellement déroulés et dont nous avons tous entendu parler.
Ce livre est émouvant car il traite d’un sujet difficile, la maltraitance à l’enfant, mais l’auteur ne tombe pas dans le larmoyant. le personnage principal, qui est le seul et unique narrateur nous raconte comment il en est arrivé là, dans ce tribunal, à attendre la décision qui l’enverra en prison, son geste peut il être compris, il a tout de même commis une meurtre.
Les anecdotes ne sont pas racontées dans l’ordre chronologique, ce qui donne vraiment ce sentiment d’être dans la tête de ce papa, il se souvient et nous livre ses pensées comme elles lui viennent. Il souffre car il faut dire que le sort s’est acharné sur lui ces dernières années, mais il reste digne, il assume et affronte ce qu’il a fait.

J’ai vécu ses interrogations et ses flashbacks en même temps que lui , je me suis questionnée, j’ai été émue par la situation de cette famille ruinée, écrasée par le poids du drame arrivé au jeune Léo mais aussi par cette vengeance.
Une fois ce roman refermé les questions demeurent, c’est un sujet qui amène vraiment à la réflexion, on ne peut y rester insensible surtout en tant que parent.

On ne peut également pas faire abstraction de cette justice qui décide de votre enfermement ou de votre liberté, du nombre d’années de punition que mérite l’erreur commise.

La frontière entre le bien et le mal est mince, on le découvre dans ce roman.
Merci à Christian Bindner pour ce moment de lecture, ainsi qu’aux éditions le Passeur.bindner

Le diable tout le temps de Donald Ray Pollock

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Résumé:

Dans la lignée des oeuvres de Truman Capote, Flannery O’Connor ou Jim Thompson, un roman sombre, violent et inoubliable sur la condition humaine.

De la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Willard Russell, qui a combattu dans le Pacifique, est toujours tourmenté par ce qu’il a vécu là-bas. Il est prêt à tout pour sauver sa femme Charlotte, gravement malade, même s’il doit pour cela ne rien épargner à son fils Arvin…

Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et prend de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste

Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Theodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.

Donald Ray Pollock s’interroge sur la part d’ombre qui est en chaque individu, sur la nature du Mal. Son écriture est d’une beauté inouïe mais sans concessions. Avec maestria, il entraîne le lecteur dans une odyssée sauvage qui marque durablement les esprit.

Mon avis:

J’ai acheté ce roman sur un coup de tête, sans trop savoir ce qu’il valait. Je l’ai trouvé génial, et oui génial par sa noirceur et sa crasse.
Difficile de trouver les mots pour qualifier cette lecture, elle m’a tout simplement scotché.
En lisant ce roman, je me demandait lequel de ces personnages était le plus repoussant, méchant, diabolique.
Ils se cachent tous derrière leurs prières et leur foi pour mieux tuer, salir et rendre détestable tout ce qu’ils touchent.
L’auteur parvient à nous rendre accroc à ses lignes alors qu’il nous dépeint l’enfer sur terre.
A côté des personnages de ce livre vos pires ennemis redeviennent des angelots en culotte courte.
Une lecture très noire mais extrêmement addictive, on veut connaître la fin à tout prix, afin de savoir si il y a au moins un gentil!

Mystic Rivier de Dennis Lehane

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Résumé:

East Buckingham, non loin de Boston, abrite le quartier des locataires, les Flats et celui de petits propriétaires, le Point. Aux Flats, l’avenir des habitants se résume aux allocations chômage de fin de mois. Au Point, on espère se faire une petite vie tranquille loin des voyous de « Cradeville ». Mais quelquefois, les enfants de ces deux quartiers aiment à se retrouver. C’est le cas de Jimmy Marcus et Dave Boyle des Flats et de Sean Devine de Point. Leurs familles se connaissent car les pères travaillent dans la même entreprise de chocolat… même si le père de Sean est contremaître et celui de Jimmy, simple ouvrier. Un samedi de 1975, alors que les trois gamins se bagarrent dans la rue, deux prétendus policiers descendent de voiture, les sermonnent et se proposent de raccompagner le petit Dave chez lui. L’enfant ne réapparaît que quatre jours plus tard. Tous comprennent et se taisent. Dave, qui a subi le pire, se réfugie lui aussi dans le silence et la culpabilité. Vingt-cinq ans plus tard, l’assassinat de Katie, la fille de Jimmy Marcus, portera en écho le sceau de cet événement tragique et indicible. S’il délaisse ses personnages habituels (les détectives privés Patrick Kenzie et Angela Gennaro), Dennis Lehane n’abandonne pas pour autant ses thèmes favoris comme l’amour et la trahison, la faute, la culpabilité, le remord et la vengeance et livre là son chef-d’œuvre. Mystic River, dont Clint Eastwood a acheté les droits, c’est Shakespeare au cœur de l’Amérique avec, en son sein, les lumières et les ténèbres des hommes qui se défendent d’être des héros et n’aspirent qu’au bonheur.

Mon avis:

Après avoir lu « Shutter island », de nombreux amis babelio m’ont conseillé celui-ci. Et comme pour  » Shutter Island », j’avais vu l’adaptation cinématographique, avec le fabuleux Sean Penn.
Et encore une fois, le fait de connaître l’histoire avant d’ouvrir le livre, n’a pas été un problème loin de là, j’en jubilais d’avance.
Un roman noir, mais raconté avec un talent indéniable, qui nous fait rencontrer les personnages, s’y attacher, et les détester.
Les sentiments que j’ai ressenti ont changé en fonction de l’âge des personnages, mais je n’en dirai pas trop pour ceux qui n’ont pas encore découvert la vie près de Mystic River. Ceux qui n’ont pas lu le livre, passez votre chemin……

Jimmy reste tel qu’il est, un tueur, mais il vivra avec, Michael, le fils de Dave deviendra peut-être à son tour un meurtrier, comme le fils de Ray l’est devenu. Sa mère Celeste va certainement perdre définitivement pied, alors qu’elle a trahi son mari, il faudra qu’elle vive avec cela sur la conscience.
Donc tout ne se termine pas bien, et chacun vivra avec ses erreurs, à l’image de nos vies à chacun, car nous commettons tous des erreurs et nous mentons tous un jour ou l’autre.