Annabelle de Lina Bengtsdotter

Annabelle est un roman Suédois, type de lecture qui n’est pas dans mes habitudes et pour laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir. J’ai aimé cet univers sombre, presque noir, où la souffrance psychologique de ce patelin pauvre de la Suède est omniprésente. Chaque pays à ses régions, ses villes, ses quartiers où le chômage, l’alcool, la pauvreté font office de normalité, Lina Bengtsdotter nous peint ici un des ces tableaux assez sinistres dans la ville de Gullspang.

Charlie est flic, elle est elle-même originaire de Gullspang qu’elle a fuit il y a 19 ans, cette jeunesse a laissé des traces indélébiles dans l’esprit de cette jeune femme qui aujourd’hui en subit encore les conséquences, ses actes reflètent sa souffrance intérieure, elle ne parvient pas à trouver sa place. Difficile pour elle de retourner sur les lieux de son enfance pour enquêter sur la disparition d’Annabelle…

Une enquête typique de la littérature Suédoise, des personnages sombres et torturés, des relations étranges et complexes, et ce tutoiement qui lorsque le lecteur n’est pas habitué, le perturbe quelque peu ( le vouvoiement a été aboli dans les années 60 en Suède), le fait que la traduction en Français de ce roman, respecte ce « tu » permanent donne une ambiance particulière, il faut quelques pages pour s’habituer puis cela nous permet de s’immerger en totalité dans l’histoire et de se retrouver en Suède dans cette province perdue ou le temps semble s’être arrêté.

L’alcool, le désœuvrement, ne s’attaque pas qu’aux adultes, la jeunesse suit le même tracé, comme y échapper d’ailleurs. A tel point que lorsqu’on découvre un jeune qui s’intéresse aux livres, à la religion et la culture, au monde en général, l’étonnement est collectif. Peut-on sortir indemne de ce genre de vie, d’enfance, de modèles? Tout en étant un roman policier, thriller ou tout ce dont nous pourrons le qualifier, ce roman est aussi un constat sur les zones abandonnées, sur les destins brisés dès l’enfance par un entourage néfaste…Une crasse qui vous colle à la peau, des jeunes filles perdues qui ne peuvent que boire et se droguer afin d’oublier l’avenir perdu qui s’étale devant elles. Penser qu’un homme, que l’amour pourra vous sortir de là où elles se sentent engluées.

Merci aux éditions Marabout pour cette lecture forte et marquante.

Résumé:

Collection : Black Lab

En quittant Gullspång à l’âge de 14 ans, Charlie Lager s’était juré de ne plus jamais y retourner. Mais cette petite ville perdue au coeur de la Suède, où chômage et alcool ont peu à peu érodé tout espoir d’un avenir meilleur, est aujourd’hui sous le feu des projecteurs.
Annabelle, 17 ans, a disparu au cours d’une fête à laquelle elle avait pourtant interdiction de participer. Cela fait quatre jours qu’elle n’a plus donné signe de vie. 

Devenue inspectrice à la brigade criminelle de Stockholm, Charlie est envoyée sur place pour enquêter. Fugue, enlèvement, suicide, meutre ? Toutes les hypothèses sont permises. Toutefois une chose est sûre : pour retrouver Annabelle, Charlie devra combattre ses vieux démons et déterrer ce qu’elle avait mis tant d’années à enfouir au plus profond d’elle-même.

Roman traduit du suédois par Anna Gibson

Publicités

Funestes randonnées de Patrick Nieto

Changement totale dans le style de lecture, j’aime la diversité. Je découvre cette fois l’auteur Patrick Nieto  et Cairn éditions, du noir au sud. Et tout cela est très excitant, nous partons donc faire une randonnée de 299 pages en Occitanie, de beaux paysages, l’air pur, un tueur en série et une équipe de flics pour vous emballer tout cela. Pas de grande originalité, me direz-vous? Vous faites erreur car Patrick Nieto ne nous endors pas avec de longues descriptions à n’en plus finir, de techniques policières et scientifiques qui n’ont pas cours en France, il ne nous assomme pas avec des détails qui au final n’apportent pas grand chose à l’histoire, sauf peut-être des pages en plus… L’auteur va à l’essentiel et j’adore ça, je m’accroche à ce livre, je le transporte partout et me plonge dedans à chaque instant gratté aux obligations journalières. Tout m’inspire: Philomène dont au final on ne sait pas grand chose mais aussi cette enquête qui nous taquine jusqu’à la dernière page, ce tueur mystérieux, qui l’est bien plus qu’on ne le pense, et cette couverture, ce format qui donne le ton. Des victimes pour qui j’ai souffert, des enquêteurs avec qui mes méninges se sont mis en route, j’ai vécu, vous l’aurez compris cette histoire d’un bout à l’autre.

https://www.editions-cairn.fr/du-noir-au-sud-polar-cairn/1042-funestes-randonnees-9782350686486.html

J’ai aimé ce roman policier qui va à l’essentiel, j’ai aimé la poésie que met l’auteur dans certains instants de vie du tueur, je ne vous en dit pas plus, ce serait un crime, je vous dis donc juste: découvrez cette plume, découvrez cet auteur et découvrez cet éditeur, et revenez ici afin que nous échangions de tout cela.

Résumé:

Même si elles offrent de merveilleux moments, les balades occitanes se transforment parfois, pour les femmes qui croisent le Sphinx, en… Funestes randonnées.

Marciac. Été 2016. Le corps mutilé d’une randonneuse est découvert aux abords d’un chemin. Les policiers retiennent leur souffle car il porte la même signature que celle de deux autres crimes perpétrés dans la région récemment.
La psychose d’un tueur en série arpentant les sentiers de randonnée d’Occitanie s’étend peu à peu. Philomène, jeune capitaine nouvellement affectée au SRPJ de Toulouse, devra faire ses preuves sur cette enquête. Fausses pistes, malchances, évènements inattendus, ou encore bizarreries de la nature jalonneront la traque de ce prédateur…

Throwback Thursday Livresque 2019 – Cycle 1 – Episode 4

Le Throwback Thursday Livresque est une initiative de BettieRoseBooks afin de parler de livres qui nous ont marqués, plus ou moins récemment. En 2019, les règles changent un peu.

Chaque mois nous tournerons autour d’un concept et de quatre de ses déclinaisons. Le challenge sera de ne pas reprendre le même livre pour les déclinaisons du concept ( exemple : émotions, leçons de vie, amour, pays imaginaire…). Aussi un genre littéraire pourrait être exploité et aussi dériver vers vos styles de prédilection à vous.

Ce mois-ci :

lesemotions.jpg

Semaine 1 : Un livre qui fait peur ou fait ressentir un profond dégoût envers certains personnages, certaines actions, certains faits…
Semaine 2 : un livre qui m’a mis en joie
Semaine 3 : Un livre qui m’a rendu triste ou en colère (ou les deux)
Semaine 4 : Un livre qui fut une bonne surprise ou un livre dont l’intrigue m’a surpris, pris de court, je ne l’avais pas vu venir.

Cette semaine, le thème proposé a eu le mérite de faire émerger immédiatement de ma mémoire de lectrice, un titre particulier, découvert grâce au Reading Classics Challenge de l’an dernier. Un titre dont la fin m’a scotchée… Dix petits nègres d’Agatha Christie !!

dix-petits-necc80gres-agatha-christieC’était le premier roman d’Agatha Christie que j’ouvrais et l’on m’avait dit que c’était le meilleur. Je n’ai pas été déçue du voyage.

Les personnages sont tous inquiétants, tous suspects, le paysage est escarpé, isolé et dangereux. Les meurtres sont incompréhensibles. Quant à cette petite comptine, elle est oppressante au possible !

Evidemment, l’auteure est une Grande Dame du roman policier. Au bout de quelques pages seulement, il semblait évident que je finirais vite par savoir qui était le coupable, j’ai senti comme une urgence dans mon besoin d’aller au bout. C’est du grand art !

J’imagine que je ne serai pas la seule cette semaine à évoquer Agatha Christie, voire Dix petits nègres. Je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir ses autres romans. Et vous, faites-vous partie des nombreux fans de cette Grande Dame ? Quels autres titres me conseilleriez-vous ?

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat

Screenshot_20190209_222219_com.android.gallery3dLa première chose qui me vient là, c’est que visiblement, chez Incartade(s) Editions, on sait choisir les romans policiers… Après Laurent Fréour dont j’avais beaucoup apprécié Les Naufragés du navire de pierre, Pétronille Rostagnat m’a scotchée avec ce roman.

Un bon roman policier, qu’est- ce que c’est ? Une victime, des suspects, un coupable, un ou des policiers, des preuves, des rebondissements… Et bien, ici, on a la totale, mais ça va bien au-delà. Je n’ai jamais eu le moindre soupçon sur le coupable, et ça, c’est assez fort ! Je mets au défi quiconque d’envisager la fin et l’étendue des dommages collatéraux de cet homicide en lisant les premières pages. Pétronille Rostagnat a élaboré une histoire complexe dont elle tient à merveille toutes les ficelles, laissant le lecteur suspendu à ses mots, jusqu’à l’ultime fin du roman. Et quelle fin ! Je ne vous dis que ça…

On suit le personnage principal Alexane, une femme forte, juste, passionnée et droite, dans une affaire qui font se mêler dangereusement sa vie professionnelle et sa vie privée, au point d’ébranler les fondations de sa famille et de son métier. Nous évoluons à ses côtés, vivons ses doutes, ses déceptions, ses espoirs et ses passions. Je l’ai trouvée attachante et vraie, pas parfaite, loin de là, mais toujours sincère et investie dans tout.

L’intrigue est un nœud de vipères. Au-delà du meurtre de la jeune femme, il se cristallise dans cette affaire des non-dits malsains et destructeurs, entre époux, amis et collègues. Néanmoins, l’histoire est réaliste et on ne passe pas systématiquement de l’amour à la haine, les personnages se jugent, se trahissent, s’excusent, pardonnent, et ça change !!

Cette lecture a cela de marquant qu’elle n’est finalement pas qu’un roman policier : l’amitié, l’amour, le sexe, la maladie, l’admiration, la jalousie, la cupidité entrent en scène et ce, au sein même de l’engrenage judiciaire. Les suspects, les victimes, les coupables, les avocats, les policiers, personne n’est blanchi immédiatement, et cela rend le roman absolument passionnant. Parce que, oui, évidemment, on veut absolument savoir qui est le coupable, mais on veut tout autant savoir pourquoi tout le monde ment, quel couple va tenir, qui est un véritable allié…

Cette histoire m’a fait l’effet d’un cocktail détonant dont le titre est absolument parfait, et justifié !

Merci aux éditions Incartade(s) pour cet agréable moment de lecture et merci à Pétronille Rostagnat, pour son talent, tout simplement !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

 

L’Affaire des corps sans tête de Jean-Christophe Portes

Avis aux amateurs de romans policiers, ce livre est une pépite du genre ! Moi qui ne suis pas férue de ce genre de littérature au départ (même si j’apprécie de plus en plus), je me suis complètement laissée embarquée par les aventures du jeune Victor Dauterive.

50597985_558685484607354_8827810509580402688_o.jpg

Le roman de Jean-Christophe Portes mêle petite et grande Histoire, et vous savez à quel point j’adore ça. Mais attention, on a affaire à un vrai professionnel… La Révolution n’est pas la période historique la plus limpide : encore aujourd’hui, on idéalise la naissance de la République et la fin de l’injustice monarchique mais, que ce soit la prise de la Bastille ou les années qui suivent la mort du roi et de la reine, on est loin du conte de fées. C’est une période trouble, violente, injuste où les intérêts de la Nation sont passés parfois après les intérêts personnels. J’ai trouvé personnellement très intéressant de découvrir cette période méconnue de 1789-1791 : ce moment où l’on croit à la Révolution mais où l’on croit aussi, encore un peu, à Louis XVI.

L’intrigue que nous peint l’auteur est aussi complexe que la période, c’est dire ! La force de ce roman, c’est que l’on ne peut pas imaginer l’étendue du complot avant Victor Dauterive, j’ai même souvent été un peu perdue par la foule de personnages mis en scène, les changements de focus et les avalanches de détails, mais je ne me suis pas ennuyée une seconde ! Il faut se concentrer, croiser les récits, les personnages, les points de vue. J’ai vraiment eu le sentiment d’avancer en même temps que le personnage principal, de mener une enquête complexe à ses côtés et cette fin…oh la la…cette fin ! Je ne spoilerai pas, mais j’ai ressenti les mêmes émotions que Dauterive là encore.

Autre point positif, et vous savez à quel point j’y accorde de l’importance : ce roman est vraiment très bien écrit. Le contexte langagier est respecté, sans jamais être lourd, les descriptions sont brèves mais précises et efficaces et le suspens est travaillé de main de maître.

Bravo Jean-Christophe Portes pour votre œuvre et merci pour cet envoi ! Je sais que vous avez écrit d’autres aventures de Victor Dauterive (lien ici) et je m’y replongerai avec plaisir…

 

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Quatrième de couverture : 1791. On découvre des cadavres dans la Seine, nus et la tête coupée. Malgré l’’émoi que cela provoque, Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie nationale n’’a guère le temps de s’en préoccuper : La Fayette, son mentor, l’’a chargé d’’arrêter Marat, ce dangereux agitateur qui en appelle au meurtre des aristocrates. Une mission qui tourne vite au cauchemar pour l’’enquêteur qui joue sa vie en posant trop de questions. Les vainqueurs de la Bastille sont-ils de vrais patriotes ou des activistes corrompus ? Existe-il vraiment un Comité secret aux Tuileries, dans l’ombre de la Cour ? Et n’’y aurait-il pas un lien entre Marat et ces corps flottant dans la Seine ? Peu à peu, Victor Dauterive lève le voile sur un effrayant complot. Une conspiration qui pourrait changer le cours de la Révolution…

Ma vie sera pire que la Tienne de Williams Exbrayat

Découverte totale de cette auteur avec ce troisième roman écrit. Un roman aux inspirations multiples et variées . Un engouement total et rapide s’est emparé de moi lors de cette lecture. Des situations, des personnages, des événements totalement addictifs, dignes d’un film de Tarantino, du Pulp mêlé à du thriller et du roman noir. Tour à tour des passages de votre lecture, vous naviguez entre les genres, pour certains connus et que vous avez fréquemment rencontrés, pour d’autre dans le style Novella, pour ma part de la nouveauté encore et encore.

Des personnages aux destins qui s’entremêlent bien malgré eux, des enchevêtrements, des coïncidences plus ou moins favorables. Williams Exbrayat met ses personnages principaux dans des situations qui tournent mal et dégénèrent, qui prennent une tournure totalement imprévue. Pour les personnages secondaires, des occasions à saisir ou non, des décisions rapides à prendre qui vont changer le cours de leur vie et de leur avenir.

Pas de temps morts, il se passe toujours quelque chose, des événements qui rendent cette lecture folle et addictive, on sent une imagination débordante et des sources d’inspiration multiples et extrêmement variées. Le lecteur éprouve de l’empathie puis quelques pages plus loin l’étonnement, la sidération même… Une lecture stimulante, rythmée, l’auteur donne de la gouaille à certains de ses personnages, ils ont « une grande gueule », un peu à l’ancienne, on sent par moment de l’inspiration  » à la Audiard », et c’est déstabilisant dans le bon sens du terme, cela donne la touche épicée qui rend l’ensemble absolument délicieux. Pas un style en particulier, non, tout un ensemble qui regroupe toutes les influences qu’a pu rencontrer Williams Exbrayat, et vous pouvez me croire, cela donne un plaisir de lecture absolument jouissif.

Laissez vous surprendre par cette lecture absolument folle, un peu délurée, une touche de chaque qui fait de l’ensemble un roman vraiment délicieux que vous allez prendre un vrai plaisir à lire.

Extrait:

Les portières du 4×4 claquent. Des gifles pour mes oreilles. J’ouvre les yeux. Trois silhouettes noyées dans la lumière crue d’un milieu d’après-midi. Elles s’approchent d’un pas résolu. Je protège mes yeux avec mes mains. Le soleil tape fort. Foutrement fort. Une enclume sur ma tête. Avec le stress, j’ai perdu des litres de gnôle. Une odeur vinaigrée imprègne mes vêtements. Ma transpiration. Faudrait que je mette le holà sur la piquette, sinon je vais finir comme un pickle. Un roman noir détonant entre pulp à l’américaine, novella et polar, avec une rasade d’humour et beaucoup de désespoir.

Résumé:

Quel est le point commun entre un looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino ? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile : des trafiquants de drogues, des braqueurs grimés en présidents, des flics retors et une bête qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

Nuits à haut risque de Marie-Bernadette Dupuy

J’ai reçu ce livre lors de la dernière opération Masse critique organisée sur Babelio, j’ai sélectionné cette lecture car j’aime particulièrement l’auteur, alors quelle joie lorsque j’ai vu que j’avais été retenu.

thCHW1HJUL.jpg

Je connaissais donc Marie-Bernadette Dupuy dans un tout autre style d’écriture. Et je vais être franche, j’ai sur ce roman policier été déçue.

En effet, ce livre est composé de trois enquêtes dont l’enquêtrice principale est Maud Delage, agréable personnage que l’on prend plaisir à découvrir. Cependant, l’intrigue des ces histoires manque pour moi de profondeur, le format « Nouvelles » ne m’a pas séduite, on est habitué à lire des grandes sagas où l’auteur nous narre avec précision son histoire. Cependant il est à noter que le talent de manipulation des mots de l’auteur est bien entendu présent, mais la magie n’a pas opéré pour moi. Je préféré donc indéniablement Marie-Bernadette Dupuy dans l’écriture de ces romances historiques.

Attention, je ne dis pas que le livre est mauvais, bien loin de là, je me suis juste laisser croire que j’allais comme d’habitude me laisser embarquer dans une longue et belle histoire, au final cette déception est de mon fait, tanpis pour moi.

Merci à Babelio et à Archipoche pour cette découverte, celle de cette auteur tant lue et appréciée dans tout autre genre.

L’orange sanguine de Laurent Fréour

Seconde chronique en ce mois de novembre concernant les romans de Laurent Fréour, pour moi une découverte totale, puisque c’est Priscilla qui vous parlait il y a peu, du dernier roman de l’auteur: Les naufragés du navire de Pierre, pour l’article en question c’est ici:

https://livresque78.wordpress.com/2018/11/06/les-naufrages-du-navire-de-pierre-de-laurent-freour/

Nous avons donc lu séparément ces deux romans et dans le désordre, mais rien de tout cela n’est grave bien sûr puisqu’ils se lisent de manière indépendante

IMG_20181122_192529073

 

Qu’ais je pensé de L’orange sanguine? Tout d’abord cette couverture, vous connaissez mon attirance pour cette vitrine du livre, ici elle est très belle et attire irrémédiablement le lecteur. Concernant l’histoire, Laurent Fréour revient ici aux fondamentaux du roman policier, pas besoin de fioritures, une enquête rondement menée avec tous les ingrédients nécessaires: un mort, des collègues, des proches, des patrons, des petits chefs… Mais aussi et surtout un lieu qui fait rêver: l’île de la réunion, ses lagons, ses paysages, son rythme de vie indolent que nous envions tant, et pourtant Landry Hammerrer a bien été tué sur son lieu de travail. Jean-Pierre Vidal alias JPV va devoir démêler cet imbroglio de relations néfastes et de collègues en souffrance afin de trouver le meurtrier.

Une enquête basée sur des interrogatoires, des découvertes à coup de délation, une enquête que je pourrais qualifier d’enquête à « l’ancienne », ce qui satisfera à coup sûr les puristes du genre. Un agréable moment de lecture, au rythme des courses de fond du capitaine JPV et du vocabulaire et des expressions Créoles, qui sont heureusement expliquées dans un glossaire en fin de roman. Car  autant certains termes vous paraissent évidents puisqu’ils sont arrivés jusqu’à notre métropole, mais pour d’autres, la surprise et le sourire sont au rendez-vous.

En marge de cette enquête, nous vivons aussi au rythme de notre capitaine qui roule en side-car, un flic bien étrange, qui souhaite recoller les morceaux avec sa femme. Une parenthèse qui au fil des pages rend ce personnage attachant, ce qui donne une véritable profondeur à l’histoire, eh! oui les flics ont une vraie vie!

Merci à Laurent Fréour ainsi qu’aux éditions Incartades pour ce très agréable moment passé.

Mag @livresque78

Les Naufragés du Navire de pierre de Laurent Fréour

IMG_20181105_222308[1821].jpgJe ne suis pas particulièrement habituée au genre du polar. Un peu trop émotive, je me suis toujours interdit de lire des romans qui pourraient me faire faire des cauchemars. Chacun ses angoisses. Mais ici, rien de tel ! Aucune description morbide, aucune scène sanglante. Des meurtres, oui, inévitablement, mais ce n’est pas le principal enjeu.

Ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est l’incertitude qui y règne du début à la fin. Tous les personnages ont des raisons d’être les criminels, mais pour beaucoup d’entre eux, nous ne le souhaitons pas. Le Chauffe-Caillou, Arthur, son grand-père, Mai-Lan, Michel, chacun d’entre eux a une histoire dont nous ne saisissons pas tout. Le titre du roman est, à cet égard, fort bien choisi : le navire de pierre, selon moi, ne représente pas seulement le banc de granit qui accueille Raphaël mais renvoie aussi à l’idée que nous naviguons en eaux troubles. C’est ce qui nous transporte d’ailleurs et nous pousse à vouloir savoir comment tout cela se termine. C’est d’ailleurs un peu dommage, la fin se précipite (bon, cela dit, il fallait bien une fin…) et on comprend tout en quelques pages. Cette déception est sûrement bon signe finalement, signe que je ne voulais pas que l’histoire s’achève.

Tous les ingrédients d’une intrigue policière se retrouvent dans le récit de Laurent Fréour, mais sans cliché : on a les policiers (plusieurs personnages, plusieurs méthodes), le journaliste, les criminels, une histoire de règlement de comptes, une histoire de famille, plusieurs histoires d’amour et la superposition de quelques vies. Celles de Raphaël, de Mai-Lan, de Jean-Pierre Vidal et de Marie-Pascale Turpin sont celles qui m’ont le plus touchée. On ne sait pas tout, on apprend les choses en suivant leurs raisonnements, en écoutant leurs peurs, celles qui font ressurgir les fantômes du passé.

Pour moi qui n’ai pas lu le premier roman de l’auteur (dont celui-ci peut être considéré comme une suite), cela a fait naître l’envie de mettre L’Orange sanguine dans une prochaine PAL… Pourquoi pas ?

Merci aux éditions Incartades pour cette enquête prenante, humaine et bien écrite !

Priscilla (@Priss0904)

Quatrième de couverture : En début d’après-midi, il se recroquevilla sur son navire de pierre. La petite boîte en fer d’Arthur serrée contre lui, il s’endormit. Doux souvenirs d’enfant. Il faisait la sieste sur la plage de Pointe-Noire. Puis, Malabar aboya. Le Chauffe Caillou sursauta et se redressa. Quelques mètres plus loin, penché au-dessus de l’Erdre, le chien tenait dans sa gueule un morceau d’étoffe. Il s’approcha et aperçut, coincée entre deux bateaux, une masse inerte. Un visage boursouflé dépassait de l’eau. Avec difficulté, il s’agenouilla. Deux yeux vitreux le fixaient. Brutalement, lui revint en mémoire son premier mort. Dans la rivière qui bordait la route de Conkouati au Congo, il avait déjà croisé pareil regard. Raz de marée, tempête intérieure. Raphaël perdit connaissance. Que s’est-il passé sur les bords de l’Erdre ? De retour en métropole, le capitaine Jean-Pierre Vidal enquête.