Crimes de Seine de Danielle Thièry

Nous sommes en 2013 à Paris, la Seine est en crue, la capitale est totalement paralysée, c’est dans ce contexte difficile que l’équipe d’Edwige Marion va entre autres devoir enquêter sur la tentative de meurtre dont a été victime celle-ci. La seine est dans cet opus, la star, elle fait parler d’elle à chaque instant, compliquant des investigations qui seraient déjà difficiles à mener en temps ordinaires.

Comme a l’art de la créer Danielle Thièry, l’ambiance est une fois de plus trouble, nébuleuse, on cherche sans trouver, on essaie de comprendre sans pour autant avoir les informations nécessaires, l’énigme est entière. Cette épée de Damoclès qu’est l’état de santé du commissaire Marion donne un rythme d’urgence à cette enquête hors normes car toutes les rues de Paris sous l’eau, même les locaux de la police doivent être évacués. Une balade dans les mystères de la capitale, qui décidément est une mine inépuisable de possibilités romancières. Paris, ses musées, ses théâtres leur magie, leurs secrets…

On sent une fois de plus, dans ces moments difficiles que va vivre l’équipe d’Edwige Marion, les liens qui les unissent, la force des sentiments, une seconde famille pour chacun d’entre eux. Tout cela va leur être plus que nécessaire pour affronter cette crue centennale mais aussi et surtout les secrets abjects que vont leur révéler leurs investigations. Car rien n’est simple dans une enquête qui sort de l’esprit de Danielle Thièry, l’humain et la psychologie y jouent un rôle primordial.

Des chemins tortueux sur lesquels nous embarque l’auteure, des pièges des erreurs, des chocs, rien n’est épargné au pauvre lecteur. Mais c’est vraiment cette ambiance si particulière qui marque, cette sensation d’avoir les pieds dans l’eau, cette humidité ambiante qui au final m’a mise dans mes petits souliers. On ressort d’un roman de Danielle Thièry avec quelque chose qui colle à la peau et qui peine à nous lâcher, une envie d’en savoir encore un peu plus, afin de patienter jusqu’au prochain roman. Merci aux éditions J’ai lu pour leur confiance.

Publicités

Sex Doll de Danielle Thiéry aux éditions Flammarion

Changement d’univers, on quitte les romances et on se plonge dans ce dernier roman de Danielle Thiéry, une lecture plutôt noire. J’avoue peu connaitre l’auteure, je n’ai lu d’elle que Tabous en octobre 2017.


Impossible tout d’abord de passer à côté de cette couverture qui attire évidemment l’œil mais dont le thème titille la curiosité de la lectrice que je suis. Danielle Thiéry, lorsqu’elle écrit un roman policier sait de quoi elle parle, je rappelle qu’elle a été la première femme commissaire divisionnaire de l’histoire de la police Française, donc on ne peut que plonger dans ses romans à corps perdu. Je rencontre donc ici pour la première fois la commissaire Marion Edwige, une commissaire humaine bien que forte, mère et totalement paumée, impuissante face à sa fille et surtout une patronne imparfaite qui gère son équipe ainsi que les coups durs qui lui arrivent avec autant de lucidité que possible. Elle va dans Sex Doll se retrouver face à un passé nauséabond qui va l’embarquer dans une enquête qui va la toucher au plus profond d’elle même.

Un roman à l’ambiance sombre d’un bout à l’autre où on ne sait plus ou est le vrai et où est le faux. Des rebondissements que l’on ne voit pas venir, comme un coup derrière la tête qui laisse le lecteur pantois, bouche bée. Petit à petit les choses s’imbriquent, sans que pour autant le chemin vers la solution finale ne soit visible. Jusqu’à la dernière page, je me suis sentie embarquée dans cette histoire qui mêle l’aspect du corps avec ces meurtres sanguinaires mais aussi de l’esprit car Danielle Thiéry nous met ici en scène un assassin dont la cruauté n’a aucune limite.

Le commissaire Edwige est entourée d’une équipe aux personnalités complexes, rien n’est blanc ou noir, que ce soit avec la psycho-criminologue Alix de Clavery, qui tient ici un rôle fort et intéressant et dont le flaire et la lucidité des analyses vont l’amener au cœur de cette enquête, elle n’imagine pas à quel point, ou encore avec le nouvel adjoint de Marion, Philémon de SaintLéger, dont on ne sait que penser…

Le point fort de ce roman, me concernant est bien évidemment son ambiance, plonger le lecteur dans ce contexte oppressant, obsédant est un véritable tour de force de l’auteure, en utilisant certains chapitres courts qu’elle termine sur une découverte pour lequel il faut au lecteur encore un peu de patience avant d’avoir accès, ainsi qu’avec des SMS, de photos, qui font monter la pression, la tension.

Très bon roman policier qui laisse une trace dans l’esprit du lecteur par la puissance et la mise en scène de son histoire.

Ils en parlent:

Résumé:

Sex doll

Une enquête de la commissaire Edwige Marion

À Paris, l’ouverture d’un hôtel de passe 2.0, dont les pensionnaires sont des poupées de silicone, ne fait pas l’unanimité. Son jeune propriétaire, précurseur sur le marché du sexe, n’avait pas imaginé les réactions violentes que sa start-up provoquerait…
Dans le même temps, l’Office, dirigé par la commissaire Marion, est confronté à une série de meurtres atroces. Trois femmes sont retrouvées mutilées, des parties de leur corps trafiquées afin d’en faire des créatures parfaites.
La psycho-criminologue Alix de Clavery, dont l’expertise est indispensable sur ce dossier, a mystérieusement disparu. Si Marion devine que ces affaires sont liées, elle n’imagine pas à quel point.
De Paris au Japon, elle traque ce Docteur X qui l’obsède depuis quinze ans.

  • 416 pages – 131 x 202 mm
  • Broché
  • EAN : 9782081487345
  • ISBN : 9782081487345

Pour le bien de tous de Laurent Scalese

Réussir le juste équilibre, parvenir à passionner avec un roman policier tout en touchant le cœur des lecteurs avec des problèmes qui parlent à chacun, une actualité qui met en colère et qui fait réagir.

Laurent Scalese parvient à écrire ce roman avec une justesse de chaque instant, une enquête qui interpelle car elle parle de ce qui est brulant depuis quelques temps en France, des personnages qui prêtent à sourire car ils sont si différents et pourtant si proches sans le savoir, et un contexte difficile, des extraits de vies qui une fois racontés prennent une place énorme dans le cœur du lecteur. Comment réussir à humaniser un fait divers, une personne sans identité? Demandez à l’auteur, il a su le faire.

Durant les première pages et la découverte de nos deux enquêteurs, rien ne laisse présager ce qui va suivre, difficile de vous en dire plus, ce serait dévoiler le pot aux roses. Les petits surnoms qu’ils s’attribuent, l’antipathie qui plane de prime abord et les idées reçues vont-ils permettre à ces deux flics aux méthodes si différentes de travailler en osmose? Pour l’instant rien n’est moins sûr.

Un roman surprenant, un auteur impliqué:

Un roman, vous l’aurez compris surprenant dans le meilleur des sens du terme, une lecture inattendue car au final le résumé de l’éditeur nous en dit peu et à forte raison… Une découverte de l’auteur, encore une fois me concernant, on sent l’écrivain qui n’en est pas à son coup d’essai, l’homme a roulé sa bosse, il y fait d’ailleurs une référence.

Quelques bons mots, quelques rappels à des personnalités existantes ou pas 😉 Des émotions variées, des sensations légères et agréables, drôles, puis d’autres plus tranchantes, plus dérangeantes qui appellent à réflexions. Un roman vraiment bien construit, comme je vous le disais en début d’article car l’équilibre y est quasi-parfait et ce n’est pas chose aisée. Puis ce passage, où toujours sans rien dévoiler, j’ai eu cette sensation d’être devant l’écran géant de mon ciné de quartier, tant je parvenais à voir le déroulé des événements, j’en voulais encore!

dav

Merci à Laurent Scalese qui ne peut-être qu’un homme bien puisqu’il se prénomme comme l’un de mes frères, merci aux éditions Belfond pour leur confiance.

Mag @maglivresque78

Résumé:

Sur une route de campagne, un homme est percuté par une voiture. Mort sur le coup, ce n’est pourtant pas la collision qui l’a tué mais les balles qu’il a reçues dans le dos. Si la victime n’a pas de nom ni de papiers, son identité semble précieuse, puisque le véhicule des pompes funèbres qui le transporte est braqué, et le corps enlevé…

Les deux flics chargés de l’enquête forment le tandem le plus mal assorti de l’histoire de la police. Mélanie Legac est jeune, brillante, nerveuse. Le commandant Joseph Schneider a la soixantaine bien tapée, il ne peut plus courir après personne, et ce « croulant », comme elle l’a baptisé, pourrait être son père. C’est la première fois qu’ils travaillent ensemble et ils vont vivre la pire affaire de leurs carrières.

Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel

C’est avec un œil de novice que je vais vous parler de ce roman. Je n’avais encore jamais lu de livre de Nicolas Lebel, mon œil est donc totalement neuf et je dois dire que cet œil neuf a aimé les pages sur lesquelles il s’est posé durant ces quelques jours de lecture. j’ai pris mon temps, j’ai savouré ce roman.

L’auteur porte un regard incisif et pourtant très juste sur notre société, sur notre pays, son fonctionnement, Une enquête des plus sérieuses avec pourtant une dose de légèreté et d’humour qui fait de l’ensemble un bonheur littéraire. Il est tout à fait possible de lire cet opus des aventures du groupe de Mehrlicht sans avoir eu vent des précédents, quelques rappels des enquêtes passées, mais rien qui gêne la compréhension. Des personnages travaillés qui font sourire ou tiquer mais qui créent une indéniable réaction et pour ma part, un véritable attachement. Les fantaisies de l’auteur concernant certains personnages du monde du show biz feront grincer des dents certains fans et m’ont amené à vérifier des faits du monde people sur internet ( qui est mort, qui est encore en vie, vous comprendrez tout cela lors de votre lecture) et encore une fois à rire et à sourire.

Puis, le roman prend une autre tournure, plus noire, plus sombre. différentes histoires, puis fil à fil un sens commun se tisse et là c’est le deuxième effet kiss cool, une véritable jubilation de lecture. Les personnages prennent de la consistance par leurs réflexions personnelles et intérieures sur les problèmes politiques, judiciaires et autres, donc malgré l’humour quelques fois grinçant de Mehrlicht, cet homme et son équipe se révèlent être des hommes et femmes profonds et vrais avec des envies d’un monde meilleur et plus juste, d’une justice qui ne laisse pas s’en sortir les monstres sous prétexte d’erreurs de procédures et d’ententes entre deux nations.

Nicolas Lebel est professeur, on sent le passionné de littérature, il crée un mélange des genres et des styles, il écrit ici un roman hors norme qui mêle les ingrédients qui font varier les émotions de lecteur d’une page à l’autre. Un roman fort, touchant, qui par moment met aussi le doigt là où ça fait mal en dressant un constat parfois assez déprimant de l’état actuel de notre société. Une lecture que je vous recommande avec grand enthousiasme, je me procure de ce pas les autres romans de l’auteur, faites en autant car que vous soyez fan de questions pour un champion, de la musique des années 80, des bons mots, mais attention pas que…Cette lecture est pour vous.

Résumé:

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie… Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l’heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang. Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver. Un roman qui est l’histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l’aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres. Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer.

Annabelle de Lina Bengtsdotter

Annabelle est un roman Suédois, type de lecture qui n’est pas dans mes habitudes et pour laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir. J’ai aimé cet univers sombre, presque noir, où la souffrance psychologique de ce patelin pauvre de la Suède est omniprésente. Chaque pays à ses régions, ses villes, ses quartiers où le chômage, l’alcool, la pauvreté font office de normalité, Lina Bengtsdotter nous peint ici un des ces tableaux assez sinistres dans la ville de Gullspang.

Charlie est flic, elle est elle-même originaire de Gullspang qu’elle a fuit il y a 19 ans, cette jeunesse a laissé des traces indélébiles dans l’esprit de cette jeune femme qui aujourd’hui en subit encore les conséquences, ses actes reflètent sa souffrance intérieure, elle ne parvient pas à trouver sa place. Difficile pour elle de retourner sur les lieux de son enfance pour enquêter sur la disparition d’Annabelle…

Une enquête typique de la littérature Suédoise, des personnages sombres et torturés, des relations étranges et complexes, et ce tutoiement qui lorsque le lecteur n’est pas habitué, le perturbe quelque peu ( le vouvoiement a été aboli dans les années 60 en Suède), le fait que la traduction en Français de ce roman, respecte ce « tu » permanent donne une ambiance particulière, il faut quelques pages pour s’habituer puis cela nous permet de s’immerger en totalité dans l’histoire et de se retrouver en Suède dans cette province perdue ou le temps semble s’être arrêté.

L’alcool, le désœuvrement, ne s’attaque pas qu’aux adultes, la jeunesse suit le même tracé, comme y échapper d’ailleurs. A tel point que lorsqu’on découvre un jeune qui s’intéresse aux livres, à la religion et la culture, au monde en général, l’étonnement est collectif. Peut-on sortir indemne de ce genre de vie, d’enfance, de modèles? Tout en étant un roman policier, thriller ou tout ce dont nous pourrons le qualifier, ce roman est aussi un constat sur les zones abandonnées, sur les destins brisés dès l’enfance par un entourage néfaste…Une crasse qui vous colle à la peau, des jeunes filles perdues qui ne peuvent que boire et se droguer afin d’oublier l’avenir perdu qui s’étale devant elles. Penser qu’un homme, que l’amour pourra vous sortir de là où elles se sentent engluées.

Merci aux éditions Marabout pour cette lecture forte et marquante.

Résumé:

Collection : Black Lab

En quittant Gullspång à l’âge de 14 ans, Charlie Lager s’était juré de ne plus jamais y retourner. Mais cette petite ville perdue au coeur de la Suède, où chômage et alcool ont peu à peu érodé tout espoir d’un avenir meilleur, est aujourd’hui sous le feu des projecteurs.
Annabelle, 17 ans, a disparu au cours d’une fête à laquelle elle avait pourtant interdiction de participer. Cela fait quatre jours qu’elle n’a plus donné signe de vie. 

Devenue inspectrice à la brigade criminelle de Stockholm, Charlie est envoyée sur place pour enquêter. Fugue, enlèvement, suicide, meutre ? Toutes les hypothèses sont permises. Toutefois une chose est sûre : pour retrouver Annabelle, Charlie devra combattre ses vieux démons et déterrer ce qu’elle avait mis tant d’années à enfouir au plus profond d’elle-même.

Roman traduit du suédois par Anna Gibson

Funestes randonnées de Patrick Nieto

Changement totale dans le style de lecture, j’aime la diversité. Je découvre cette fois l’auteur Patrick Nieto  et Cairn éditions, du noir au sud. Et tout cela est très excitant, nous partons donc faire une randonnée de 299 pages en Occitanie, de beaux paysages, l’air pur, un tueur en série et une équipe de flics pour vous emballer tout cela. Pas de grande originalité, me direz-vous? Vous faites erreur car Patrick Nieto ne nous endors pas avec de longues descriptions à n’en plus finir, de techniques policières et scientifiques qui n’ont pas cours en France, il ne nous assomme pas avec des détails qui au final n’apportent pas grand chose à l’histoire, sauf peut-être des pages en plus… L’auteur va à l’essentiel et j’adore ça, je m’accroche à ce livre, je le transporte partout et me plonge dedans à chaque instant gratté aux obligations journalières. Tout m’inspire: Philomène dont au final on ne sait pas grand chose mais aussi cette enquête qui nous taquine jusqu’à la dernière page, ce tueur mystérieux, qui l’est bien plus qu’on ne le pense, et cette couverture, ce format qui donne le ton. Des victimes pour qui j’ai souffert, des enquêteurs avec qui mes méninges se sont mis en route, j’ai vécu, vous l’aurez compris cette histoire d’un bout à l’autre.

https://www.editions-cairn.fr/du-noir-au-sud-polar-cairn/1042-funestes-randonnees-9782350686486.html

J’ai aimé ce roman policier qui va à l’essentiel, j’ai aimé la poésie que met l’auteur dans certains instants de vie du tueur, je ne vous en dit pas plus, ce serait un crime, je vous dis donc juste: découvrez cette plume, découvrez cet auteur et découvrez cet éditeur, et revenez ici afin que nous échangions de tout cela.

Résumé:

Même si elles offrent de merveilleux moments, les balades occitanes se transforment parfois, pour les femmes qui croisent le Sphinx, en… Funestes randonnées.

Marciac. Été 2016. Le corps mutilé d’une randonneuse est découvert aux abords d’un chemin. Les policiers retiennent leur souffle car il porte la même signature que celle de deux autres crimes perpétrés dans la région récemment.
La psychose d’un tueur en série arpentant les sentiers de randonnée d’Occitanie s’étend peu à peu. Philomène, jeune capitaine nouvellement affectée au SRPJ de Toulouse, devra faire ses preuves sur cette enquête. Fausses pistes, malchances, évènements inattendus, ou encore bizarreries de la nature jalonneront la traque de ce prédateur…

Throwback Thursday Livresque 2019 – Cycle 1 – Episode 4

Le Throwback Thursday Livresque est une initiative de BettieRoseBooks afin de parler de livres qui nous ont marqués, plus ou moins récemment. En 2019, les règles changent un peu.

Chaque mois nous tournerons autour d’un concept et de quatre de ses déclinaisons. Le challenge sera de ne pas reprendre le même livre pour les déclinaisons du concept ( exemple : émotions, leçons de vie, amour, pays imaginaire…). Aussi un genre littéraire pourrait être exploité et aussi dériver vers vos styles de prédilection à vous.

Ce mois-ci :

lesemotions.jpg

Semaine 1 : Un livre qui fait peur ou fait ressentir un profond dégoût envers certains personnages, certaines actions, certains faits…
Semaine 2 : un livre qui m’a mis en joie
Semaine 3 : Un livre qui m’a rendu triste ou en colère (ou les deux)
Semaine 4 : Un livre qui fut une bonne surprise ou un livre dont l’intrigue m’a surpris, pris de court, je ne l’avais pas vu venir.

Cette semaine, le thème proposé a eu le mérite de faire émerger immédiatement de ma mémoire de lectrice, un titre particulier, découvert grâce au Reading Classics Challenge de l’an dernier. Un titre dont la fin m’a scotchée… Dix petits nègres d’Agatha Christie !!

dix-petits-necc80gres-agatha-christieC’était le premier roman d’Agatha Christie que j’ouvrais et l’on m’avait dit que c’était le meilleur. Je n’ai pas été déçue du voyage.

Les personnages sont tous inquiétants, tous suspects, le paysage est escarpé, isolé et dangereux. Les meurtres sont incompréhensibles. Quant à cette petite comptine, elle est oppressante au possible !

Evidemment, l’auteure est une Grande Dame du roman policier. Au bout de quelques pages seulement, il semblait évident que je finirais vite par savoir qui était le coupable, j’ai senti comme une urgence dans mon besoin d’aller au bout. C’est du grand art !

J’imagine que je ne serai pas la seule cette semaine à évoquer Agatha Christie, voire Dix petits nègres. Je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir ses autres romans. Et vous, faites-vous partie des nombreux fans de cette Grande Dame ? Quels autres titres me conseilleriez-vous ?

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat

Screenshot_20190209_222219_com.android.gallery3dLa première chose qui me vient là, c’est que visiblement, chez Incartade(s) Editions, on sait choisir les romans policiers… Après Laurent Fréour dont j’avais beaucoup apprécié Les Naufragés du navire de pierre, Pétronille Rostagnat m’a scotchée avec ce roman.

Un bon roman policier, qu’est- ce que c’est ? Une victime, des suspects, un coupable, un ou des policiers, des preuves, des rebondissements… Et bien, ici, on a la totale, mais ça va bien au-delà. Je n’ai jamais eu le moindre soupçon sur le coupable, et ça, c’est assez fort ! Je mets au défi quiconque d’envisager la fin et l’étendue des dommages collatéraux de cet homicide en lisant les premières pages. Pétronille Rostagnat a élaboré une histoire complexe dont elle tient à merveille toutes les ficelles, laissant le lecteur suspendu à ses mots, jusqu’à l’ultime fin du roman. Et quelle fin ! Je ne vous dis que ça…

On suit le personnage principal Alexane, une femme forte, juste, passionnée et droite, dans une affaire qui font se mêler dangereusement sa vie professionnelle et sa vie privée, au point d’ébranler les fondations de sa famille et de son métier. Nous évoluons à ses côtés, vivons ses doutes, ses déceptions, ses espoirs et ses passions. Je l’ai trouvée attachante et vraie, pas parfaite, loin de là, mais toujours sincère et investie dans tout.

L’intrigue est un nœud de vipères. Au-delà du meurtre de la jeune femme, il se cristallise dans cette affaire des non-dits malsains et destructeurs, entre époux, amis et collègues. Néanmoins, l’histoire est réaliste et on ne passe pas systématiquement de l’amour à la haine, les personnages se jugent, se trahissent, s’excusent, pardonnent, et ça change !!

Cette lecture a cela de marquant qu’elle n’est finalement pas qu’un roman policier : l’amitié, l’amour, le sexe, la maladie, l’admiration, la jalousie, la cupidité entrent en scène et ce, au sein même de l’engrenage judiciaire. Les suspects, les victimes, les coupables, les avocats, les policiers, personne n’est blanchi immédiatement, et cela rend le roman absolument passionnant. Parce que, oui, évidemment, on veut absolument savoir qui est le coupable, mais on veut tout autant savoir pourquoi tout le monde ment, quel couple va tenir, qui est un véritable allié…

Cette histoire m’a fait l’effet d’un cocktail détonant dont le titre est absolument parfait, et justifié !

Merci aux éditions Incartade(s) pour cet agréable moment de lecture et merci à Pétronille Rostagnat, pour son talent, tout simplement !

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

 

L’Affaire des corps sans tête de Jean-Christophe Portes

Avis aux amateurs de romans policiers, ce livre est une pépite du genre ! Moi qui ne suis pas férue de ce genre de littérature au départ (même si j’apprécie de plus en plus), je me suis complètement laissée embarquée par les aventures du jeune Victor Dauterive.

50597985_558685484607354_8827810509580402688_o.jpg

Le roman de Jean-Christophe Portes mêle petite et grande Histoire, et vous savez à quel point j’adore ça. Mais attention, on a affaire à un vrai professionnel… La Révolution n’est pas la période historique la plus limpide : encore aujourd’hui, on idéalise la naissance de la République et la fin de l’injustice monarchique mais, que ce soit la prise de la Bastille ou les années qui suivent la mort du roi et de la reine, on est loin du conte de fées. C’est une période trouble, violente, injuste où les intérêts de la Nation sont passés parfois après les intérêts personnels. J’ai trouvé personnellement très intéressant de découvrir cette période méconnue de 1789-1791 : ce moment où l’on croit à la Révolution mais où l’on croit aussi, encore un peu, à Louis XVI.

L’intrigue que nous peint l’auteur est aussi complexe que la période, c’est dire ! La force de ce roman, c’est que l’on ne peut pas imaginer l’étendue du complot avant Victor Dauterive, j’ai même souvent été un peu perdue par la foule de personnages mis en scène, les changements de focus et les avalanches de détails, mais je ne me suis pas ennuyée une seconde ! Il faut se concentrer, croiser les récits, les personnages, les points de vue. J’ai vraiment eu le sentiment d’avancer en même temps que le personnage principal, de mener une enquête complexe à ses côtés et cette fin…oh la la…cette fin ! Je ne spoilerai pas, mais j’ai ressenti les mêmes émotions que Dauterive là encore.

Autre point positif, et vous savez à quel point j’y accorde de l’importance : ce roman est vraiment très bien écrit. Le contexte langagier est respecté, sans jamais être lourd, les descriptions sont brèves mais précises et efficaces et le suspens est travaillé de main de maître.

Bravo Jean-Christophe Portes pour votre œuvre et merci pour cet envoi ! Je sais que vous avez écrit d’autres aventures de Victor Dauterive (lien ici) et je m’y replongerai avec plaisir…

 

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Quatrième de couverture : 1791. On découvre des cadavres dans la Seine, nus et la tête coupée. Malgré l’’émoi que cela provoque, Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie nationale n’’a guère le temps de s’en préoccuper : La Fayette, son mentor, l’’a chargé d’’arrêter Marat, ce dangereux agitateur qui en appelle au meurtre des aristocrates. Une mission qui tourne vite au cauchemar pour l’’enquêteur qui joue sa vie en posant trop de questions. Les vainqueurs de la Bastille sont-ils de vrais patriotes ou des activistes corrompus ? Existe-il vraiment un Comité secret aux Tuileries, dans l’ombre de la Cour ? Et n’’y aurait-il pas un lien entre Marat et ces corps flottant dans la Seine ? Peu à peu, Victor Dauterive lève le voile sur un effrayant complot. Une conspiration qui pourrait changer le cours de la Révolution…