Throwback Thursday Livresque n°16

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 18 juillet : Quête

La dernière fois que ce thème est tombé, c’était lors d’une de nos premières participations au TBTL et j’avais choisi de vous parler de la quête du Graal et de ma fascination pour les romans du cycle du roi Arthur.

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Aujourd’hui, grâce à Magali, grâce au blog, et grâce à vous qui nous suivez, j’ai lu des romans plus contemporains et peut-être moins hermétiques et pourtant, le titre que j’ai choisi de vous présenter est celui d’un roman qui a aussi un cadre médiéval. Il s’agit d’un coup de cœur assez récent : La Confrérie des Mages d’Emmanuelle Ferré. Vous trouverez ma chronique ici.

On y retrouve de nombreux éléments propres à la thématique de la quête : l’initiation, l’enquête, la recherche, l’apprentissage, les épreuves, les longs voyages, les rencontres heureuses ou non.

Je m’étais vraiment régalée avec les aventures de Lera qui doit découvrir l’étendue de ses pouvoirs, les responsables des malheurs de sa contrée, les motivations du Grand Mage. Mais surtout, à la fin de ce tome, la quête semble prendre une nouvelle tournure, puisqu’il s’agira de retrouver Alistair. J’ai tellement hâte de m’y replonger…et c’est prévu pour le retour des vacances ! Faut bien essayer de retrouver le moral en rentrant à Paris, c’est le médicament secret que je me suis mis de côté… Je vous en dirai des nouvelles.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

 

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Throwback Thursday Livresque n°14

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 4 juillet : Dépaysement

Nombreux sont les livres lus et chroniqués sur le blog qui auraient pu correspondre à ce thème, mais le roman de Rosie Thomas, Les brumes du Caire m’est venu à l’esprit assez rapidement. Ce livre dépayse le lecteur non seulement par sa destination, mais aussi par un voyage dans la jeunesse de Rosie, une toute autre époque. Un livre enchanteur qui m’a apporté l’odeur des épices, des rues colorées, du charme indéniable du Caire. Je pense coller parfaitement au thème de cette semaine, en tout cas c’est vraiment ce qu’éveille en moi le dépaysement dans la lecture. Et pour vous, quel livre correspond le mieux?

Throwback Thursday Livresque n°13

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 27 juin : Musique

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Aujourd’hui, je vais donc vous parler d’un duo de romans. Il ne s’agit pas d’une saga, mais de deux romans qui racontent la même histoire de deux points de vue différents. Et les deux sont très intéressants, je les fais souvent lire à mes 4e (évidemment, ils n’en choisissent qu’un des deux, mais après ils doivent échanger à ce propos).

Le Pianiste sans visage de Christian Grenier se présente comme le journal intime de Jeanne alors que La Fille de 3eB du même Christian Grenier nous présente les pensées et sentiments de Pierre.

250_Le_Pianiste_sans_visage_2010Tous deux sont élèves du même lycée mais ne se fréquentent pas trop. Pierre est un jeune musicien et Jeanne a perdu son père, qui était compositeur. Amoureuse de la musique, elle se rend au concert d’un jeune pianiste dont elle tombe follement amoureuse de la musique d’abord, de l’artiste ensuite. Avec l’aide de Pierre qu’elle croise souvent sur un banc, elle s’initiera à la découverte de la musique classique, renouera avec les travaux de son père et découvrira le niveau de ces deux talents, Paul Niemand, le jeune artiste et son propre père. Evidemment, ce à quoi elle ne s’attend pas, c’est la découverte de l’amour par la même occasion.

000946039Avoir le point de vue des deux personnages est vraiment intéressant. Pierre connaît très bien Paul Niemand, je ne peux pas vous en dire plus, mais du coup il a un rôle d’intermédiaire essentiel, qui semble trouble du point de vue de Jeanne mais qui est très cohérent quand on se situe de l’autre côté. Voilà qui donne naissance à quelques débas sympathiques en classe.

Ces deux romans sont donc l’occasion d’un bon moment de lecture, ponctué de symphonies, de partitions, d’opéras qui en font un duo parfaitement adapté au thème de cette semaine.

Vous connaissez ?

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Throwback Thursday Livresque n°12 – Les Classiques de Priscilla – Madame Bovary

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Thème de cette semaine, 20 juin : un personnage accro à la lecture

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Aujourd’hui encore (ça va finir par devenir une habitude, méfiez-vous), je vais évoquer un grand classique de notre littérature française qui, de toute façon, a abordé déjà pléthore de thèmes, ce qui explique sa grande présence lors de mes TBTL…

Deux personnages me viennent à l’esprit quand on me parle d' »accro à la lecture » : Don Quichotte et Emma Bovary. C’est d’Emma que j’ai décidé de vous parler aujourd’hui.

Madame Bovary est un roman que j’ai tenté de lire deux fois en vain avant de le dévorer littéralement quelques années plus tard (et à deux reprises !). Plus que l’histoire, je pense que c’est le style de Flaubert qui m’a perturbée les premières fois, je n’étais sûrement pas assez préparée, et pourtant… Quelle merveille !

L’histoire est relativement simple. Emma est une jeune femme qui lit beaucoup de romances et qui attend de l’amour autant de passion, d’aventure et de frisson que ce que vivent ses héroïnes préférées. Seulement voilà, Emma se voit mariée à Charles, un médecin qui vit dans un petit village campagnard, loin, très loin, des intrigues passionnantes des romans, et bien qu’elle soit véritablement aimée de son mari, très vite, Emma s’ennuie. Elle va donc chercher l’aventure ailleurs, avec d’autres hommes qu’elle croit meilleurs et qui ne le sont pas, qu’elle aime, qu’elle aide jusqu’à se perdre elle-même, préférant la mort au retour à une vie morne et triste.

Pourquoi ce roman est-il aussi fascinant ? Parce que Flaubert est génial. Emma est naïve, souvent bête même, mais Flaubert s’évertue à en faire un personnage avec lequel on compatit forcément. Nous nous ennuierions nous aussi à sa place. Il faut voir la galerie de personnages à laquelle la pauvre héroïne est confrontée : entre la bêtise de son mari Charles, la suffisance stupide du pharmacien Homais, la vénalité de Rodolphe, et j’en passe, la pauvre n’est vraiment pas servie…

L’ironie flaubertienne atteint son paroxysme avec sa peinture du prêtre et du pharmacien. L’un cherchant l’expiation des péchés de la jeune femme et l’autre cherchant la gloire à tout prix. Si j’ai vraiment compris la souffrance d’Emma, j’ai aussi beaucoup souri en lisant ce roman et son style ironique et acerbe. Je vous en conseille vivement la lecture, si ce n’est déjà fait…

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Throwback Thursday Livresque n°10

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Thème de cette semaine, 06 juin : Famille

De nombreux romans traitent de ce thème, mais j’ai tenu à réfléchir à un roman dans lequel la famille joue un rôle crucial. Et très rapidement m’est venue en tête la superbe saga d’Alain Leblanc publiée chez French Pulp Editions, Les Conquérantes.

Vous trouverez ici ma chronique du premier tome et celle du deuxième.

Je ne suis que joie puisque le troisième opus de cette fresque familiale historique sort dans quelques jours.

Nous y suivons une famille tout au long du XXe siècle. L’auteur s’attache à nous montrer l’évolution de la condition féminine bien sûr mais tous ces changements ne sont possibles que par la transmission. Transmission d’une colère, d’un sentiment d’injustice ou au contraire d’une tentative d’apaisement, de la mère à la fille, de la cadette à l’aînée, de la partisane à la néophyte… L’histoire laisse son empreinte sur ces jeunes femmes qui avancent avec le récit, les mésaventures, les leçons tirées de l’expérience des femmes plus mûres. L’héritage familial est parfois lourd, toujours riche. C’est ça la famille !

Si vous ne connaissez pas encore cette saga, je vous invite vraiment à la découvrir, c’est juste génial !!

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Les Classiques de Priscilla – Throwback Thursday Livresque n°8

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Thème de cette semaine, 23 mai : Un classique

Quand j’ai vu sur le blog de Carol le thème de cette semaine, je me suis bien sûr frotté les mains, les classiques, c’est un peu mon dada, vous le savez. Mais lequel choisir ?

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Et bien, figurez-vous que j’ai vite fait mon choix, il s’est imposé à moi en quelques secondes. Déjà, parce que Molière est un Grand Classique parmi les classiques et parce que Le Misanthrope… C’est une merveille !

qrfAlceste est misanthrope, il supporte mal ses congénères dont l’hypocrisie le rend fou. Malheureusement, dans une société de cour et de salons, Alceste devient rapidement la risée de tous les marquis et autres nobles à fanfreluches. Sa franchise et sa nature colérique font de lui la cible de divers procès et autres désaccords.

Pourtant, notre Alceste est amoureux. De qui, me direz-vous ? D’une femme sincère, honnête et droite comme lui ? Non, évidemment… Alceste aime Célimène, une jeune veuve parfaitement à l’aise dans cet univers de faux-semblants. Alceste refuse la présence des hommes dans des salons, Célimène organise des salons. Alceste ne supporte pas de ne pas dire en face ce qu’il pense des autres, Célimène est la championne des portraits à charge derrière le dos de ses victimes… A quel sort Alceste se voue-t-il donc ?

Il semble assez facile de dire qu’évidemment le misanthrope est le Juste de cette intrigue, mais que son tort est l’excès, à l’instar de ce que lui dit son ami Philinte « La parfaite raison fuit toute extrémité, / Et veut que l’on soit sage avec sobriété« . Mais qui a dit qu’Alceste voulait être sage ou parfait ? Ce qui me touche chez ce personnage, c’est justement son imperfection : il aime, et c’est ce qui le fragilise. En fin de compte, sa haine des hommes n’est-elle pas liée à l’amour que sa belle leur inspire, à tous ces hommes qui deviennent des rivaux ? Ce culte voué à la franchise n’est-il pas simplement la traduction de l’espoir de voir Célimène devenir franche avec lui et lui avouer son amour sans détour, sans concession ? Et Célimène, a-t-elle le choix ? Peut-elle tout renié pour un homme ? Elle qui, en tant que femme, perdrait tout, en le perdant ?

Cette pièce sous-titrée « L’atrabilaire amoureux » trouble ses lecteurs : n’aurait-elle pas davantage mérité le sous-titre de « L’amoureux atrabilaire » ? Je ne sais pas si je vous ai convaincus de lire cette excellente pièce, si ce n’est pas encore le cas, je vous quitte sur quelques citations inoubliables pour moi (et belles… des alexandrins, quoi !!!).

Je veux qu’on soit sincère et qu’en homme d’honneur / On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.

Efforcez-vous, ici, de paraître fidèle, / Et je m’efforcerai, moi, de vous croire telle. (lui, l’amoureux de la franchise supplie celle qu’il aime de lui mentir, c’est magnifique, non ?)

Non, vous ne m’aimez point comme il faut que l’on aime.

Vous voyez ce que peut une indigne tendresse,
Et je vous fais tous deux témoins de ma faiblesse.
Mais, à vous dire vrai, ce n’est pas encor tout,
Et vous allez me voir la pousser jusqu’au bout, 
Montrer que c’est à tort que sages on nous nomme,
Et que dans tous les cœurs il est toujours de l’homme. (ce vers… )

Trahi de toutes parts, accablé d’injustices,
Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices ;
Et chercher sur la terre un endroit écarté
Où d’être homme d’honneur on ait la liberté.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

TBT Livresque n°7

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 16 mai 2019:

Flash-back

 

J’ai trouvé que ce thème était de loin le plus difficile à interpréter de tous ceux que nous avons découverts jusqu’à présent. Il m’a semblé difficile de comprendre le réel sens du flash-back, je me suis donc orientée vers un retour au passé, tout simplement. Mon choix s’est donc porté sur ce très beau roman de Tasmina Perry, L’écho d’un souvenir aux Editions City. Un roman sur l’amitié mais aussi sur le souvenir, une transmission de l’expérience vécue par Georgia afin d’aider Amy à se remettre de la terrible trahison dont elle a fait l’objet. Un retour donc dans les souvenirs de Georgia, voici ma chronique sur le blog:

https://livresque78.wordpress.com/2018/08/07/lecho-dun-souvenir-de-tasmina-perry/

Throwback Thursday Livresque n°6

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Thème de cette semaine, 9 mai : Maltraitance

Je vais vous parler aujourd’hui d’un classique littéraire dont l’auteur a à cœur la protection des enfants. Il s’agit évidemment des Misérables de Victor Hugo. Les destins croisés de Cosette chez les Thénardier ou de Gavroche, l’enfant des rues dressent une peinture pathétique de la manière dont pouvaient être traités les enfants.

cae-19-bayard-cosette-pCette œuvre me semble d’autant plus intéressante de ce point de vue qu’il y a quand même une grande différence entre les deux enfants. Si Cosette est confiée très jeune par sa mère, obligée de se prostituer et de vendre ses dents et ses cheveux pour payer la pension qu’exigent les Thénardier, elle va heureusement croiser la route de Jean Valjean. M. Madeleine, convaincu d’avoir une part de responsabilité dans le sort de Fantine qui a été renvoyée de ses usines, promet de retrouver la petite. Mais il fait bien plus : voyant les conditions de vie de l’enfant, il l’emmène, l’élève et l’aime comme sa fille, la protégeant de tout et lui offrant une enfance dorée, même si elle est, pour une part, bâtie sur un mensonge. Jean Valjean va faire preuve, par amour pour Cosette, d’un sens du sacrifice qui ira jusqu’à ne pas se rendre à son mariage et mourir seul, afin de ne pas gêner la famille de son gendre avec son passé douteux.

Gavroche n’aura pas cette chance. Victime des Thénardier lui aussi, puisqu’il est leur fils, Gavroche, épris de liberté, vit de menus larcins dans Paris. Sa franchise, son air de titi Parisien font de ce personnage un « gamin » vraiment attachant. On ne le suit pas de manière continue mais il apparaît ponctuellement, venant égayer la description des bas-fonds de Paris et ajouter, par petites touches, à la peinture pathétique de ses conditions de vie. Tout cela jusqu’à la scène très connue de sa mort sur les barricades. Un passage émouvant et merveilleusement bien écrit dont je ne me lasserai jamais.

800px-Gavroche_(Les_Misérables)« Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade. Il avait l’air de s’amuser beaucoup. C’était le moineau becquetant les chasseurs. Il répondait à chaque décharge par un couplet. On le visait sans cesse, on le manquait toujours. Les gardes nationaux et les soldats riaient en l’ajustant. Il se couchait, puis se redressait, s’effaçait dans un coin de porte, puis bondissait, disparaissait, reparaissait, se sauvait, revenait, ripostait à la mitraille par des pieds de nez, et cependant pillait les cartouches, vidait les gibernes et remplissait son panier. Les insurgés, haletants d’anxiété, le suivaient des yeux. La barricade tremblait ; lui, il chantait. Ce n’était pas un enfant, ce n’était pas un homme ; c’était un étrange gamin fée. On eût dit le nain invulnérable de la mêlée. Les balles couraient après lui, il était plus leste qu’elles. Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache-cache avec la mort ; chaque fois que la face camarde du spectre s’approchait, le gamin lui donnait une pichenette. Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l’enfant feu follet. […] Gavroche n’était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l’air, regarda du côté d’où était venu le coup, et se mit à chanter.
Je suis tombé par terre,
C’est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C’est la faute à…
Il n’acheva point. Une seconde balle du même tireur l’arrêta court. Cette fois il s’abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s’envoler. »

Ce roman est un chef-d’œuvre sur bien des aspects. Je me contenterais de ceux-là pour respecter la thématique, mais il y a tant à en dire…

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Throwback Thursday Livresque n°5

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 2 mai : Science-fiction

Je vais vous parler aujourd’hui d’un roman que je fais régulièrement lire à mes élèves de 3e car je trouve qu’il permet de réfléchir à l’avenir de notre civilisation, sans pour autant être aussi long et difficile que 1984 d’Orwell ou Le Meilleur des Mondes d’Huxley. Il s’agit de littérature jeunesse, mais de très bonne qualité : Felicidad de Jean Molla.

Quatrième de couverture : Pour tous les Citoyens de Grande Europe, le bonheur est un droit et un devoir. Il est garant d’une société harmonieuse et policée. A la demande du ministre de la Sûreté intérieure, le lieutenant Alexis Dekcked enquête sur une affaire de la plus haute importance. Des parumains, conçus pour servir les humains se sont révoltés et se sont enfuis dans les enclaves de Felicidad. Leur disparition est-elle liée au meurtre de leur créateur, Choelcher, le généticien génial ? Pourquoi le ministre du Bonheur obligatoire est-il sauvagement assassiné ? Dekcked peut-il avoir confiance en Majhina, la belle parumaine dont il est amoureux ? Son enquête va le conduire à des vérités qu’il n’aurait jamais dû mettre au jour. Hommage à Blade Runner le nouveau roman de Jean Molla allie suspense et action. Entre polar et science-fiction, une histoire menée à un rythme haletant. Lecteur, ne vous laissez pas manipuler !

003586550Ce roman a le mérite de passionner ses lecteurs. On commence dans le feu de l’action et on ne le quitte jamais. A une enquête policière, mêlant intérêts personnels, complots politiques et meurtres, s’ajoute une vraie réflexion sur la place des robots dans notre société. Ces parumains créés pour exécuter les tâches les plus répétitives, refusées par les humains, ont tout de leurs compatriotes, sauf les droits : ils ont un couvre-feu, des obligations de présence et d’extinction, l’interdiction d’avoir des sentiments… Et pourtant, ils sont là, ils servent, ils apprennent à connaître les hommes, ils leur viennent en aide, ils se révoltent, preuve que les sentiments, quand le robotique se rapproche à ce point de l’humanité, naissent en dépit des efforts scientifiques fournis. Quel est le but des ces frondeurs robotisés ? Agissent-ils de leur propre chef ? Y a-t-il un humain derrière eux ? Pourquoi ? Pour le héros, la question sera aussi de savoir s’ils ont vraiment tort de se rebeller ? Pourquoi ces doutes en lui ?

La fin est également géniale. Le retournement est tel qu’il faut souvent que je reprenne les choses  avec mes chères têtes blondes… Je vous invite à le découvrir, il se lit vite, bien et vous surprendra, quel que soit votre âge !!

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)