Throwback Thursday Livresque n°10

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 06 juin : Famille

De nombreux romans traitent de ce thème, mais j’ai tenu à réfléchir à un roman dans lequel la famille joue un rôle crucial. Et très rapidement m’est venue en tête la superbe saga d’Alain Leblanc publiée chez French Pulp Editions, Les Conquérantes.

Vous trouverez ici ma chronique du premier tome et celle du deuxième.

Je ne suis que joie puisque le troisième opus de cette fresque familiale historique sort dans quelques jours.

Nous y suivons une famille tout au long du XXe siècle. L’auteur s’attache à nous montrer l’évolution de la condition féminine bien sûr mais tous ces changements ne sont possibles que par la transmission. Transmission d’une colère, d’un sentiment d’injustice ou au contraire d’une tentative d’apaisement, de la mère à la fille, de la cadette à l’aînée, de la partisane à la néophyte… L’histoire laisse son empreinte sur ces jeunes femmes qui avancent avec le récit, les mésaventures, les leçons tirées de l’expérience des femmes plus mûres. L’héritage familial est parfois lourd, toujours riche. C’est ça la famille !

Si vous ne connaissez pas encore cette saga, je vous invite vraiment à la découvrir, c’est juste génial !!

Priscilla (@priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

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Les Classiques de Priscilla – C’est le cœur qui lâche en dernier de Margaret Atwood

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C’est, encore et toujours, grâce au Reading Classics Challenge de Lilly & Books, que je me suis lancée dans ce roman de Margaret Atwood, bien connue pour sa Servante écarlate. J’ai d’abord été tentée de découvrir celui-ci, mais les critiques que j’en ai lu n’étaient pas toujours élogieuses, beaucoup avaient même arrêté en cours de route. Je suis donc allée dans ma librairie préférée et j’ai pris un autre roman de cet auteur. Je ne regrette pas.

C’est un roman vraiment haletant construit autour d’une intrigue mêlant l’argent, l’amour, le désir, la politique, la déontologie, la science, le bonheur… Les personnages de Stan & Charmaine sont livrés à eux-mêmes : mariés depuis peu mais victimes d’une crise économique sans précédent, ils vivent dans leur voiture, constamment inquiets à l’idée d’être agressés. Quand Charmaine voit passer une publicité pour Consilience, elle est immédiatement attirée. Le concept est simple : un mois en liberté dans un monde coupé de tout, au sein duquel tous les habitants ont du travail, un toit sur la tête et de quoi manger, et un mois en prison à s’occuper de travaux d’intérêt général. Evidemment, même la prison semble plus attirante que la vie qu’elle connaît avec son mari : on y mange et on y dort en sécurité. Malgré les réticences de Conor, le frère de Stan, les deux héros signent et s’engagent pour la vie… Ils ne savent malheureusement pas dans quoi !

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Derrière la façade dorée se cache une réalité glaçante. Bien sûr le concept fonctionne, mais à quel prix ? Que fait-on de ceux qui veulent s’enfuir ? Qui n’y croient plus ? Les deux personnages voient leurs illusions fondre comme neige au soleil au fil des mois. Leur mariage a été amoché par la vie qu’ils ont dû partager et Charmaine est séduite par un homme qu’elle désire passionnément. A partir de cet écart de conduite, tout va s’accélérer pour nos héros. La simple histoire de sexe devient une intrigue politico-économique dont dépend la vie de milliers de personnes. Ed, le fondateur de Consilience, maîtrise les faits et gestes de tous ses clients. Il va de soi que, comme beaucoup d’êtres humains, il sera tenté d’utiliser son pouvoir à des fins personnelles. Au cœur d’une histoire qui les dépasse et qu’ils ont de la peine à croire, Stan et Charmaine, séparés par les membres de la sécurité du protocole, apprennent à se battre seuls, contre leurs désirs, leurs colères, leurs préjugés. Ils ouvrent les yeux sur la réalité, sur la chance qu’ils avaient avant et ils grandissent. Charmaine, surtout. Profondément naïve, influençable, elle est l’instrument de beaucoup de gens véreux et elle a même eu tendance à m’agacer dans sa tendance à se convaincre que tout va bien dans le meilleur des mondes ; alors que Stan, plus « ours », devient l’outil de la rébellion pour sauver sa femme, pour se sauver lui, pour tenter quelque chose !

Comme à chaque fois, je ne peux pas trop en dire car il y a un vrai suspens dans ce roman, et jusqu’à la dernière page, vraiment ! Je m’en tiendrai donc à mon ressenti. Ce roman est une dystopie passionnante parce qu’à dimension plus humaine que ne le sont des sagas, que j’ai par ailleurs adorées, comme Hunger Games ou Divergente. Nous savons tous que l’argent ne fait pas le bonheur, mais l’absence d’argent mène très souvent à une grande détresse. N’aurions-nous pas signé, nous aussi ?

Ce texte fait également réfléchir à une tendance que nous avons encore aujourd’hui : préférer fermer les yeux que découvrir la vérité et dénoncer, de peur de perdre son confort. Jusqu’où les dirigeants (de manière générale bien sûr, aucune volonté politique dans mon propos !) peuvent-ils utiliser cette peur de perdre ce que l’on a ? Jusqu’où les laisserons-nous aller avant de réagir ?

Je vous laisse sur cette réflexion 😉

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Mes montagnes russes de Charlotte Léman

Me revoici pour vous parler de Charlotte Léman et des ses romans si frais, si bienfaisants, de véritables petits bonbons qui pansent nos mauvaises journées, nos lundis cafardeux… Une nouvelles fois, cette auteure si sympathique m’a embarqué dans son univers, au milieu de ses personnages vrais, crédibles, intelligents, des qualités qui font trop souvent défaut à ce type de lecture. Ici pas de minauderies inutiles et épuisantes, des instants de vie tels que nous pourrions en vivre si nous étions aussi sages et matures que toutes ces jeunes femmes qu’aime nous faire découvrir Charlotte.

Mes montagnes russes est en plus de tout cela, dépaysant, le charme de la Russie, ses coutumes, ses paysages, son climat. Un pays dont Sasha, qui en garde des origines par son arrière-grand-mère, va découvrir et qui va chambouler sn existence. Sasha est une jeune femme déterminée, qui fonce vers une nouvelle vie peut-être, quel courage il faut pour accomplir ce genre de nouveau départ, je n’ai pu m’empêcher de me mettre à sa place. Aurais-je été capable d’en faire autant, de tout remettre en question? Un roman qui en plus de remonter le moral par des ondes positives, amène à la réflexion sur les possibilités qu’offre l’existence et à côté desquelles nous passons certainement, par crainte de l’inconnu. Sasha n’a aucune de ses inquiétudes, elle vit au jour le jour et provoque le destin…

Une lecture, que je ne peux encore une fois que vous conseiller, que votre semaine soit bonne ou pas, vous ne pourrez qu’apprendre de Sasha et de sa positivité, car même si quelques doutes l’assaillent de temps en temps, sa détermination pourra peut-être vous donner l’envie de sauter le pas qui vous effraie depuis si longtemps.

Mes autres lectures de l’auteure:

https://livresque78.wordpress.com/2018/01/24/amoureuses-de-charlotte-leman/

https://livresque78.wordpress.com/2018/09/04/a-lheure-suisse-de-charlotte-leman/

3 minutes de Roslund&Hellström

Voici le tome 2 de cette trilogie qui bien que différente des genres de lecture que j’affectionne habituellement, m’a de suite séduite. Toujours cette impression d’être dans l’un de ces films qui vous scotche à votre fauteuil, il faut dire que l’énigmatique Piet Hoffmann y est pour beaucoup.
On retrouve dans ce deuxième opus les codes du premier, on change de décor pour se retrouver en
Colombie, sur les thèmes de la drogue et l’infiltration afin de démanteler un énorme trafic , même si on retrouve une idée centrale identique au premier roman, il n’est pourtant pas question d’une répétition, alors bien sûr la mécanique de l’infiltration est la même, Piet est toujours en danger ainsi que sa famille mais c’est ce qui fonctionne dans ce livre et qui fait montrer l’adrénaline.

Le trafic de drogue à Bogota n’a rien à voir avec le trafic Suédois, ici les enfants y sont mêler, les femmes et les familles des trafiquants sont souvent les premières cibles de représailles, ici on cache des otages étrangers, on les torture au fin fond de la jungle. J’ai encore davantage aimé ce deuxième tome dans lequel je me suis totalement immergée, des enjeux politiques, des trahisons des alliances improbables, des moments durs et d’autres forts. Et toujours au milieu de tout cela Piet, et cette narration qui fait vivre au lecteur les actions et décisions en même temps que les acteurs, on découvre en temps réel les plans de personnage central afin de se sortir de situations qui paraissent inextricables. Un thriller certes mais bien plus à mon goût car Piet est un homme complet dont la vie de famille prime avant tout et qui fera tout pour préserver les siens, un homme aux ressources multiples qui parvient à me surprendre à chaque fois.

Une fin haletante qui a accélérer ma lecture de ce roman dense en pages, en aventures et en action, un roman musclé et sans pitié, un plongeon en Colombie et dans ses travers, sa misère, le besoin à tous prix pour certains de s’en sortir, de gagner de quoi vire. Un second tome qui pourrait se lire indépendamment mais dont la compréhension totale ne peut se faire qu’après avoir lu 3 secondes, dont ma chronique est ici

https://mazarine.fayard.fr/trois-minutes-9782863744918

Throwback Thursday Livresque n°9

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 30 mai : Imaginaire

J’ai, en voyant le thème de cette semaine sur le blog de Carol, rapidement su de quoi j’allais vous parler. Ici c’est vraiment pour moi l’occasion de vous faire découvrir un roman que j’ai lu au démarrage du blog. Une époque où l’audience des articles était limitée et par conséquent cette lecture est malheureusement passée un peu inaperçue. Voici donc le moment parfait pour la remettre à l’honneur et vous la faire découvrir.

Eldorado de Hina Corel, la chronique que j’en avais faite au moment de sa sortie est ici

Un roman qui m’a marqué car il est pour moi à part, il sort du lot des dystopies que l’on trouvait à foison à l’époque de sa sortie. C’est donc vous l’aurez compris une lecture qui me tient vraiment à coeur car elle m’a embarqué loin, très loin, elle est fraîche, différente. Des personnages vrais auxquels on s’attache rapidement, et surtout un résumé de l’éditeur assez énigmatique, qui ne donne que peu d’informations et laisse une place totale au suspense et à la découverte. Une histoire originale et qui est totalement dans l’imaginaire, ce qui colle parfaitement avec le thème de cette semaine TBTL. Bonne découverte et bonne lecture à tous.

https://livresque78.wordpress.com/2015/04/24/eldorado-de-hina-corel/

LOU APRÈS TOUT Livre 1 – Le grand effondrement de Jérôme Leroy

Premier tome d’une trilogie, Le grand effondrement est un roman jeune adulte, paru chez les éditions Syros et je dois avouer que j’ai vraiment accroché, je vous explique pourquoi.

Jérôme Leroy l’auteur, utilise les classiques de ce qui fonctionne depuis quelques années maintenant dans la littérature dystopique: la fin du monde, les contagions, le gouvernement qui fait souffrir le peuple… Mais, car il y a un MAIS de taille, l’auteur rend cette lecture bien plus riche que cela, il fait un constat navrant sur notre société, sur l’état de notre planète, sur les nouvelles technologies, sur les addictions…

Jérôme Leroy construit cette histoire d’une façon intelligente et qui la rend très addictive, on constate tout d’abord dans une première partie où en est notre pays aux alentours de 2040, il situe ses personnages dans le Nord de la France, vers Roubaix, Lille. Il nous met entre les mains le bagage nécessaire à la compréhension, le décor est posé, rien ne va plus, l’angoisse est déjà bien présente. Nous faisons donc la connaissance de Lou et Guillaume, ils tentent ensemble de survivre à un monde apocalyptique où toutes nos craintes semblent s’être matérialisées. Pour en savoir plus à leur sujet il va vous falloir lire le roman car même sous la torture je ne parlerai pas.

Puis vient une seconde partie, la plus grande en quantité de pages et en importance du récit. Nous revenons, à travers les souvenirs de Guillaume sur tout d’abord son histoire personnelle mais aussi sur l’origine de la situation. J’ai aimé le rythme de cette partie, la tension monte crescendo, le doute n’est pas permis puisque l’on connait l’issue funeste de ce récit, pourtant l’angoisse et la peur sont de plus en plus palpables. L’auteur utilise nos craintes de 2019 pour l’avenir et il nous les fait exploser en pleine figure 20-30 ans plus tard, et c’est ce qui en fait une lecture prenante mais inquiétante car elle ressemble assez à une prophétie!

Guillaume qui nous accompagne et bien plus encore ( il nous guide, nous vivons à travers ses souvenirs, ses bonheurs, ses douleurs) tout au long de cette lecture, il est un poète, un tendre, un amoureux, un meilleur ami, un grand frère, un fils. Il laisse dans ce premier livre, le premier tome d’une trilogie qui va, j’en suis certaine, se révéler passionnante, une empreinte forte et émouvante. J’ai donc forcément en terminant ce roman la boule au ventre et la puissante envie de connaître la suite de cette belle saga à la Française, de ces mots de l’auteur qui même si ils racontent le pire savent aussi apporter le meilleur. Bravo.

Ils en parlent:

http://www.nouveautes-jeunesse.com/2019/05/lou-apres-tout-le-grand-effondrement-jerome-leroy-syros-2019.html

https://journalduneternelado.blogspot.com/2019/05/lou-apres-tout-livre-1-le-grand.html?m=1

Une très belle découverte. Tome 2- Octobre 2019, Tome 3 -Février 2020

https://www.lisez.com/livre-grand-format/lou-apres-tout-le-grand-effondrement/9782748526349

Tout le monde connaît Lola de Jonathan Mazo

Attention, ce roman est un OVNI littéraire. Jonathan Mazo nous embarque dans une histoire abracadabrantesque du début à la fin. J’ai même, à plusieurs reprises, été perdue, mais j’ai aimé être perdue, parce que je me suis retrouvée dans la position du narrateur, David. Comme lui, nous ne connaissons pas Lola, nous ne savons pas ce qu’elle fait là… Je m’explique avec la quatrième de couverture :

qrfÀ la suite d’une rupture dont il ne parvient pas à se remettre, David noie son chagrin entre les quatre murs de son appartement parisien. Un soir, alors qu’il broie du noir, une sublime italienne prénommée Lola surgit dans son salon. Il ne l’a jamais vue mais tout porte à croire qu’ils vivent ensemble depuis plusieurs mois. Aurait-il perdu la raison ? Lorsqu’il se décide à en parler autour de lui, tout le monde semble connaître Lola. Et si le destin s’était décidé à lui prêter main-forte dans sa quête de l’âme sœur ?

Nous en sommes là quand le récit commence…

Le personnage de David est haut en couleurs : paumé, un peu loser sur les bords, David est en plus blasé par la vie et en arrive à tenir des propos d’une misogynie assez affolante, si elle n’était pas drôle, tellement c’est du second degré. Il fuit les responsabilités de couple, d’adulte et se retrouve tout à coup face à une Lola, institutrice, impulsive, volontaire et exigeante. En quel honneur David devrait-il se conformer aux désirs de cette jeune femme qui a déjà l’air désabusée par son couple ?

Lola arrive évidemment avec toute une bande de joyeux lurons autour d’elle : sa meilleure amie Clémentine, une jeune mère célibataire un peu folle, un peu nymphomane, un peu inconsciente, mais surtout en mal d’amour ; ses parents Demetrio, sourd muet un peu rude mais au cœur débordant d’amour, et Louise ; son admirateur, un homme beau, qui connaît le succès et sait y faire pour séduire les femmes. Et surtout Lucien, le vieux voisin aigri que tout le monde déteste et qui s’avère être un ange avec David et Lola, un ange au destin étrange et insaisissable.

Au contant de tout ce petit monde, David va évoluer, se rendre compte qu’il doit se battre pour obtenir la vie qu’il veut, qu’il n’y a pas de fatalité ou de facilité en amour. David va aller d’espoirs en désillusions : Lola existe-t-elle ou non ? La connaît-il ? Le connaît-elle ?

Ce roman est ambigu jusqu’à la fin, il n’est jamais définitif justement. La fin peut même éventuellement être considérée comme un début, pourquoi pas ?

Merci aux éditions Incartades pour cette découverte originale et drôle de Jonathan Mazo.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

 

Les Classiques de Priscilla – Throwback Thursday Livresque n°8

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Thème de cette semaine, 23 mai : Un classique

Quand j’ai vu sur le blog de Carol le thème de cette semaine, je me suis bien sûr frotté les mains, les classiques, c’est un peu mon dada, vous le savez. Mais lequel choisir ?

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Et bien, figurez-vous que j’ai vite fait mon choix, il s’est imposé à moi en quelques secondes. Déjà, parce que Molière est un Grand Classique parmi les classiques et parce que Le Misanthrope… C’est une merveille !

qrfAlceste est misanthrope, il supporte mal ses congénères dont l’hypocrisie le rend fou. Malheureusement, dans une société de cour et de salons, Alceste devient rapidement la risée de tous les marquis et autres nobles à fanfreluches. Sa franchise et sa nature colérique font de lui la cible de divers procès et autres désaccords.

Pourtant, notre Alceste est amoureux. De qui, me direz-vous ? D’une femme sincère, honnête et droite comme lui ? Non, évidemment… Alceste aime Célimène, une jeune veuve parfaitement à l’aise dans cet univers de faux-semblants. Alceste refuse la présence des hommes dans des salons, Célimène organise des salons. Alceste ne supporte pas de ne pas dire en face ce qu’il pense des autres, Célimène est la championne des portraits à charge derrière le dos de ses victimes… A quel sort Alceste se voue-t-il donc ?

Il semble assez facile de dire qu’évidemment le misanthrope est le Juste de cette intrigue, mais que son tort est l’excès, à l’instar de ce que lui dit son ami Philinte « La parfaite raison fuit toute extrémité, / Et veut que l’on soit sage avec sobriété« . Mais qui a dit qu’Alceste voulait être sage ou parfait ? Ce qui me touche chez ce personnage, c’est justement son imperfection : il aime, et c’est ce qui le fragilise. En fin de compte, sa haine des hommes n’est-elle pas liée à l’amour que sa belle leur inspire, à tous ces hommes qui deviennent des rivaux ? Ce culte voué à la franchise n’est-il pas simplement la traduction de l’espoir de voir Célimène devenir franche avec lui et lui avouer son amour sans détour, sans concession ? Et Célimène, a-t-elle le choix ? Peut-elle tout renié pour un homme ? Elle qui, en tant que femme, perdrait tout, en le perdant ?

Cette pièce sous-titrée « L’atrabilaire amoureux » trouble ses lecteurs : n’aurait-elle pas davantage mérité le sous-titre de « L’amoureux atrabilaire » ? Je ne sais pas si je vous ai convaincus de lire cette excellente pièce, si ce n’est pas encore le cas, je vous quitte sur quelques citations inoubliables pour moi (et belles… des alexandrins, quoi !!!).

Je veux qu’on soit sincère et qu’en homme d’honneur / On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.

Efforcez-vous, ici, de paraître fidèle, / Et je m’efforcerai, moi, de vous croire telle. (lui, l’amoureux de la franchise supplie celle qu’il aime de lui mentir, c’est magnifique, non ?)

Non, vous ne m’aimez point comme il faut que l’on aime.

Vous voyez ce que peut une indigne tendresse,
Et je vous fais tous deux témoins de ma faiblesse.
Mais, à vous dire vrai, ce n’est pas encor tout,
Et vous allez me voir la pousser jusqu’au bout, 
Montrer que c’est à tort que sages on nous nomme,
Et que dans tous les cœurs il est toujours de l’homme. (ce vers… )

Trahi de toutes parts, accablé d’injustices,
Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices ;
Et chercher sur la terre un endroit écarté
Où d’être homme d’honneur on ait la liberté.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Les quatre filles du docteur Moreau de Janine Boissard

Il n’est jamais trop tard pour faire des découvertes, encore plus dans le domaine des livres. Me voici donc pour vous parler de ma découverte de Janine Boissard, cette auteure dont je vois les romans sur les réseaux sociaux, en librairie et sur les blogs depuis des années et pourtant l’occasion ne s’était jamais présentée.

Je viens de passer un très agréable moment en compagnie de cette famille Moreau, les deux parents, les quatre filles, un niveau de vie qui semble assez aisé, en tout cas il n’est pas un souci. Parlons tout d’abord de l’écriture et du style de l’auteure, je m’avoue assez étonnée car je ne m’attendais pas à ce rythme. En effet, je n’imaginais pas un flot aussi vif, aussi jeune. Utilisant des références actuelles, des préoccupations de la jeunesse avec malgré tout, une touche de classe où l’on sent la famille éduquée (tout en restant simple) des références qui peuvent par conséquent plaire à tous types de lecteurs.

Concernant l’histoire qui nous est racontée ici, elle est simple, mais respire la vie de famille avec ses moments d’émotion, de douleur, d’euphorie, avec pour chaque membre de cette tribu sa propre sensibilité, sa priorité, son degré d’importance, mais toujours avec la solidarité familiale et l’envie de soutenir l’autre quelque soit l’épreuve à affronter.

Dans une famille, pas de petit bonheur ou de petite souffrance, tout ce qui touche à un enfant ou à une sœur, touche à tous les membres vivant sous le même toit. Un roman qui ramène au passé de la lectrice que je suis, qui me touche par la simplicité des mots, qui dans une relation familiale ont une importance qui marque à jamais. Une grand-mère qui réconforte, des parents qui peinent à s’endormir tant qu’un de leur enfant n’est pas rentré au bercail, l’inquiétude de savoir son frère ou sa sœur mal en point…

Une lecture donc qui ne raconte au final qu’un morceau de vie, mais qui encore une fois émeut par sa réalité, par sa simplicité. Hâte donc de découvrir de ce que Janine Boissard aime à raconter à ceux qui aiment les belles histoires.