Throwback Thursday Livresque n°29 – Les Classiques de Priscilla – La Confession d’un enfant du siècle de Musset

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Le thème de cette semaine, 21 novembre 2019 : Romantique

Cette semaine, j’ai décidé de jouer sur le double sens du mot « romantique » en vous parlant non d’un roman d’amour, mais d’un roman écrit pendant la période romantique. Ce roman d’Alfred de Musset n’est pas le plus connu de cette époque, mais c’est sa lecture qui m’a fait comprendre ce qu’était vraiment la littérature romantique, La Confession d’un enfant du siècle.

Voici la quatrième de couverture : « J’ai bien envie d’écrire notre histoire. Il me semble que cela me guérirait et m’élèverait le cœur. Je voudrais te bâtir un autel, fût-ce avec mes os… »
C’est ainsi que le 30 avril 1834, un mois après la fin du séjour mouvementé des deux écrivains-amants à Venise, Alfred de Musset faisait part à George Sand de son projet de « confession. »
Or, ce roman quasi-autobiographique où le badinage le cède bientôt à la tragédie intime apparaît aujourd’hui comme un des livres phares du dix-neuvième siècle français. Non qu’il constitue comme Le Génie du Christianisme un quelconque acte de naissance du mouvement romantique, mais parce qu’il situe le Romantisme à la croisée des chemins, à un moment où celui-ci tend à délaisser l’idéalisme pour s’adonner à la « curiosité du mal ».

Le narrateur raconte une période précise de sa vie, celle où l’on n’est plus un enfant mais pas encore un adulte, à un moment précis de l’Histoire, ce moment où les idéaux des révolutions ont laissé place à une désillusion, à l’ennui de toute une génération. Quand se conjuguent ces deux entre-deux, la jeunesse sombre…dans le désespoir, dans la débauche, dans la passion, dans la démesure en tout cas.

« J’ai à raconter à quelle occasion je fus pris d’abord de la maladie du siècle »

Le narrateur, trahi par celle qu’il aimait, va finir par retrouver l’amour, avec une femme plus âgée que lui, qui refuse de se donner et qui va finir par l’aimer, d’un amour à mi-chemin entre la dévotion maternelle et la passion, d’un amour qui, pour l’un comme pour l’autre, finira par être surtout destructeur. Une relation tumultueuse qui n’est pas sans rappeler celle, bien réelle, de Musset et George Sand.

Mais au-delà de l’intérêt autobiographique de cette histoire, ce qui m’a émue à l’époque, c’est la psychologie du narrateur, que l’on sent constamment en détresse, même dans les moments de bonheur. L’insatisfaction, la jalousie, la tristesse, la méfiance viennent ternir le quotidien d’Octave, mais aussi celui de Brigitte, alors que tous deux méritent le bonheur, souhaitent le bonheur à l’autre. Ils s’aiment, s’attirent, se rejettent, se disent des horreurs, se pardonnent et il faudra longtemps avant que leur relation devienne sereine, et à quel prix ?

C’est un roman que j’avais trouvé fort lors de ma première lecture, un peu lent et répétitif lors de ma deuxième lecture, mais je n’en retiens que la première et cette impression de voir s’écrire devant moi les préceptes du Romantisme mis en pratique.

Connaissez-vous ce texte ?

Priscilla

Notre soirée à l’Olympia : Harlan Coben & Friends

Magali et moi-même avons été gentiment invitées par les éditions Belfond à une soirée à l’Olympia en compagnie d’Harlan Coben et de quelques-uns de ses amis. Une soirée qui promettait d’être exceptionnelle : aucune d’entre nous n’était déjà allée à l’Olympia et… Harlan Coben quand même !! J’avoue être une groupie récente, mais bon, ça ne change rien au fait.

Nous avons eu la chance d’être très bien placées et de pouvoir regarder l’auteur de près, ce qui lui donnait immédiatement une dimension humaine, renforcée par sa simplicité, son humour, son désir de partager, de toucher, sa sincérité. La soirée portait vraiment bien son nom, nous avons eu l’impression de passer une soirée entre amis… Et quels amis !

Menée par la charmante Laurie Cholewa, la soirée a été égayée par la présence de Mark Daumail du groupe Cocoon qui nous a fait le plaisir d’interpréter trois de ses chansons, dont « Sushi », un morceau qui a ensorcelé Harlan Coben et qui est à l’origine de leur touchante complicité.

Un moment tout simplement hors du temps, pendant lequel la guitare et la voix de Mark ont conquis le public, entre français et anglais, entre professionnalisme et intimité…

Ce fut ensuite au tour d’Hildur Gudnadottir, violoncelliste, chanteuse et compositrice de talent, qui s’est fait remarquer ces derniers temps en signant les bandes-annonces de Tchernobyl et Joker.

Là aussi, nous avons été sensibles à la proximité qui existe entre les deux artistes, mais aussi à celle qu’ils instauraient avec nous. Hildur nous a parlé de secrets de famille, de son fils et même de ses courses. C’était encore un excellent moment !

Et enfin, la magie de la littérature a opéré. Ce fut au tour de Stéphane Varupenne d’entrer en scène pour nous lire quelques passages du roman Ne t’enfuis plus dont c’était la soirée de lancement.

Dans une salle plongée dans le noir, à l’exception l’estrade de Stéphane Varupenne, au son ensorcelant de la musique d’Hildur, les mots d’Harlan Coben ont rencontré et touché leur public. Et pour le passage le plus émouvant du roman, c’est Harlan lui-même qui est venu lire en anglais quelques lignes à ses fans. Nous en avons eu des frissons !

Vous l’aurez compris, nous avons passé une excellente soirée, au cours de laquelle nous avons eu le plaisir de rencontrer Julie, de Julitlesmots, la cerise sur le gâteau comme on dit…

Merci, vraiment, aux éditions Belfond, qui nous ont offert une soirée magique.

Priscilla & Magali

Ne t’enfuis plus – Harlan Coben aux Editions Belfond

La lecture, les envies tiennent au final à peu de chose, il aura fallu que j’entende parler de la rencontre avec Harlan Coben ce 18 novembre à L’Olympia (qui fera l’objet d’un petit article plus détaillé de Priscilla) pour que l’envie de revenir à des lectures qui ont bercé ma vie de jeune adulte et mes premières années de boulot reviennent.

Hier soir, j’étais donc à L’Olympia, cette salle mythique, juste au bord de la scène à écouter Harlan Coben parler de ses inspirations, de sa façon de créer et j’ai trouvé absolument incroyable ce moment, j’avais presque l’impression de comprendre et d’entendre ces mécanismes qui l’ont amené à écrire Ne t’enfuis plus, que je venais juste de terminer. Les anecdotes qu’il a raconté m’ont replongée dans l’histoire ainsi que les lectures de Stéphane Varupenne, sans parler de la musique de Hildur Gudnadottir, qui a signé la BO du livre, les moments partagés avec ses enfants, la peur de ne pas plaire au public à chacune de ses parutions… Un moment fort et la découverte non plus cette fois de l’écrivain à succès mais de l’homme en tant que tel, drôle et terriblement agréable.

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Mais je suis ici pour vous parler de Ne t’enfuis plus, voici donc ce que j’en ai pensé:

Tout d’abord l’excitation de retrouver la plume et les histoires tellement bien ficelées de l’auteur, on redécouvre une nouvelle fois ici l’univers familial, l’affection portée aux siens. Simon cherche à tous prix à retrouver Paige, sa fille dont il n’a plus trace depuis des mois, sa fille qui peut sembler perdue car devenue toxicomane et sous la coupe d’un homme peu recommandable. Ne supportant plus cette situation, Simon va braver des situations absolument incroyables afin de sauver son enfant, entre secrets de famille et secte illuminée, Harlan Coben balade son lecteur de rebondissements en révélations. C’est bien là que l’on reconnait son talent et sa force de narration, cette capacité à nous donner l’impression qu’aucune issue favorable et surtout rationnelle et crédible ne pourra émerger de tout cela, énorme erreur car le talent balaye toutes les inquiétudes du lecteur et emboîte chaque événement avec justesse.

Le personnage de Simon, cet homme que l’on imagine fort et grand, car on ne peut s’empêcher de le mettre en scène et de le voir à l’écran et c’est là la force incroyable de l’auteur, donc Simon même si il n’est pas parfait dégage une sérénité qui ne peut que donner envie de le suivre à travers les aventures qu’il va vivre, on lui fait confiance comme on le ferait à un père.

L’amour dans son plus grand terme est au final un fois encore le thème récurent de ce roman, quelques soient les événements, les défis et les rudesses que la vie va mettre sur le chemin d’un parent, l’amour qu’il porte à son enfant est le plus fort et il peut amener à un geste irraisonné.

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture ainsi que pour cette agréable soirée passée en compagnie de mon amie Priscilla et ces belles rencontres, notamment avec la blogueuse Ju lit les mots

Ne le dis à personne d’Harlan Coben

Très connu pour son adaptation cinématographique, ce roman d’Harlan Coben est une pépite du genre. Une première pour moi avec cet auteur, mais une chose est sûre, ce ne sera pas la dernière.

Voici la quatrième de couverture :

Imaginez…
Votre femme a été tuée par un serial killer.
Huit ans plus tard, vous recevez un e-mail anonyme.
Vous cliquez une image…
C’est son visage, au milieu d’une foule, filmé en temps réel.
Impossible, pensez-vous ?
Et si vous lisiez « Ne le dis à personne… » ?

Ne le dis à personne est un roman oppressant et obsédant jusqu’à la dernière page. L’auteur maîtrise parfaitement son intrigue dont il distille savamment les éléments les uns après les autres, afin que le lecteur ne comprenne pas avant David ce qu’il en est. L’amour se mêle à la pègre, au danger, au mensonge, à la violence de la rue, mais aussi aux liens familiaux (trop) forts. On ne peut pas s’ennuyer avec un tel panaché, avec un tel rythme.

Mais l’art d’Harlan Coben ne se limite pas à cela. Finalement, les véritables enjeux sont seulement humains : qui sont vraiment David ? Elizabeth ? Hoyt ? Scope ? Shauna ? Laura ? La galerie des personnages est riche et intelligemment présentée. Si David apparaît immédiatement comme quelqu’un qui a quelque chose à avouer, la manière dont il parle de son couple au début du roman, laisserait penser à une aventure, lui, l’homme heureux depuis si longtemps qu’il a oublié quelle chance il avait, l’homme amoureux depuis si longtemps qu’il a oublié à quel point il l’était…jusqu’au drame. Ce roman est aussi celui de l’amour, du vrai, celui dont on perçoit la force quand on l’a perdu, celui qui vous transforme profondément et durablement. Elizabeth apparaît comme la jeune femme parfaite, idéaliste et romantique, puis on tente de la présenter comme une femme manipulatrice, menteuse et adultère : la vérité ne se situe-t-elle pas entre ces deux extrêmes ? Hoyt, le père méfiant et à l’origine de tout, est-il seulement machiavélique ?

La trame romanesque est aussi complexe que la trame psychologique du roman dont on ne peut arrêter de tourner les pages une fois qu’on a commencé. Je lirai d’autres romans de lui, c’est certain, d’ailleurs avez-vous des titres à me conseiller ?

J’avoue que la soirée de lancement de son nouveau roman à laquelle Magali et moi avons été invitées ce soir, prend une autre dimension après cette lecture : j’y allais par curiosité, maintenant j’y vais impressionnée… On vous racontera !

Priscilla

Salon des Essarts Le Roi 2019

Nous sommes le dimanche 17 novembre 2019, jour de salon du livre aux Essarts Le Roi dans les Yvelines. Nous vous en avions déjà parlé lors de notre visite en 2018 ICI.

Gros succès cette année pour cette 10ème édition, vous allez le constater grâce aux photos, de belles retrouvailles mais aussi de belles rencontres et découvertes. Pas d’achat cette année et je m’en justifie, ma liste de livres en attente est énorme et j’avoue que je n’ai même pas attaqué les livres que j’ai acheté lors de l’édition 2018, je crois qu’il en est de même pour Priscilla, qui cette fois n’a pas pu être présente.

Voici donc en quelques photos ce sympathique moment que j’ai passé en compagnie d’auteurs charmants et accueillants.

Claire Renaud qui nous présente son roman jeunesse Les mamies attaquent, une jeune femme pétillante.

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Michèle Dassas tout aussi charmante dont le dernier roman se nomme Femme de robe 1er prix arts et lettres de France 2018. Une jolie rencontre et très bientôt une chronique sur son roman Le recenseur paru chez Terre de poche Chez De Borée Editions, que Michèle a eu l’immense gentillesse de m’offrir.

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Le charmant Michel Giard qui est également, en plus d’être un auteur de talent dont je vous invite à découvrir les romans, l’un des organisateurs de ce merveilleux salon dont les participants sans exception vantent un accueil absolument incroyable.

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Corinne Javelaud, auteure que j’affectionne particulièrement et qui me réserve toujours un adorable accueil et moment de partage. Elle est l’auteure entre autres des romans:

Les soeurs de Biscarosse

Un été d’orages

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La toujours aussi pétillante Sophie Noël qui nous présente l’un des épisodes de sa nouvelle série de romans jeunesse. Souvenez-vous de ma chronique de Pulpeuse fiction, un véritable plaisir de lecture.

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Luc Fivet dont je vous parlais il y a quelques années lors de la parution de La Manufacture des livres

Et bien d’autres dont j’aurai j’en suis certaine d’autres occasions de vous parler puisque je leur ai proposé de nous écrire quelques lignes afin de se présenter à tous les abonnés du blog.

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Voilà donc mes quelques heures passées sur place, j’espère pouvoir y rester un peu plus longtemps en 2020, qui sera je n’en doute pas encore un bon cru.

Laisse le monde tomber de Jacques Olivier Bosco aux éditions French Pulp

Encore une découverte en cette fin d’année, celle de la plume de Jacques Olivier Bosco avec Laisse le monde tomber. Un polar dans le vrai sens du terme car c’est un roman noir et sombre qu’il nous sert ici. Quand on connaît un peu le monde de la police, on sait que c’est ainsi que cela se passe, alors bien sûr cette histoire est avant tout une fiction mais elle a de sacrés airs de réalité.

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Des flics en souffrances qui mènent avec les moyens du bord des enquêtes toutes plus trash les unes que les autres, des victimes à qui la vie n’épargne rien. Rien de lisse, rien de facile ou même d’esthétique dans ce livre, mais la vie la vraie, celle des cités, des réfugiés et de tous ceux qui tentent de survivre à chaque jour qui se lève, parfois à coups de trafics et de meurtres.
Il faut dire qu’en prime Jacques Olivier Bosco met ses fameux flics déjà en souffrance sur une enquête où les crimes commis sont assez horribles.
L’écriture de l’auteur met en scène tout cela avec la juste dose, un rythme saccadé, des changements de points de vue en passant d’un personnage à l’autre qui rappellent l’état d’esprit et la confusion de chacun face à la souffrance physique et psychologique qui règne tout au long de cette enquête.
Vous êtes avertis ce livre est vraiment d’un noir profond, j’avoue que moi-même qui suis assez habituée pourtant, j’aurai aimé de temps à autre voir un rayon de soleil.

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Donc c’est dit et répété ce roman est sombre mais il met le doigt sur de nombreux défauts de notre société actuelle et donne l’envie d’embellir et d’améliorer tout ça, l’envie de faire bouger les choses de manière radicale car cette réalité racontée par l’auteur ne peut absolument pas rester la nôtre, elle est bien trop glaçante.

AVT_Jacques-Olivier-Bosco_9675Jacques Olivier Bosco source Babelio

 

4ème de couverture:

À travers une succession de crimes dignes du Chien des Baskerville, de jeunes policiers vont être confrontés à la violence sociale et humaine d’une grande cité de banlieue.
« Et la violence ne se combat pas par la violence » ; c’est ce qu’aimerait prouver Jef, le flic idéaliste et lâche, mais sa collègue Hélène, bouffie de mal-être, a de la rage à revendre, quant à Tracy dont le frère est mort lors des attentats de Paris, c’est de vengeance dont elle rêve.
Dans un thriller ténébreux et spectaculaire, leurs voix, celles des retraités, parents, filles et fils de banlieue vont s’exprimer avec lucidité et mélancolie.

« Comment rester humain dans un monde qui vous déteste ? »
Une enquête où se multiplient les pertes et les désillusions, pour un final de guerre.

La piste aux étoiles de Nicolas Lebel


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Nicolas Lebel, je m’en rends compte avec ce deuxième roman de l’auteur que j’ai la chance de découvrir, a l’art et la manière d’allier l’utile à l’agréable. Il traite de sujets forts et d’actualité et y mêle le détachement (ici celui de l’embaumeur) et l’humour. Si vous ouvrez ce livre, vous y trouverez donc du fort, du puissant, de l’action mais aussi Mireille Mathieu, Heckel et Jeckel, un homme canon, un artiste dont l’égo n’a pas d’égal et j’en passe! Là, vous vous demandez quel plomb à sauté dans mon cerveau, sachez pourtant que oui je suis saine d’esprit. J’adore ce mélange des genres, cette ironie qui adoucit ce monde de bruts, un style que je trouve vraiment original et inimitable, un véritable bonheur de lecture. Après avoir lu il y a quelques mois Dans la brume écarlate et avoir fais mon baptême de la plume de l’auteur, j’ai entamé cette lecture avec une jubilation non feinte car je savais que j’allais retrouver cet humour si bien placé et je ne me suis pas trompée.


Certes en utilisant des faits actuels, Nicolas Lebel fait preuve d’une imagination sans pareille, un plongeon avec ce personnage « L’embaumeur » qui vaut vraiment le détour, une rencontre littéraire que l’on n’oublie pas. Il est vraiment de ceux que l’on aime suivre et que l’on peine à quitter, mais il garde son mystère et c’est peut-être aussi ce qui accentue son charme. Un moment de lecture sans faille, sans temps mort, on se projette durant les quelques 216 pages, qui ont au final un goût de trop peu, c’est d’ailleurs la seule chose que je peux reprocher à ce livre. Un univers qui mêle donc action et humour, il faut que vous sachiez quand ouvrant ce livre vous découvrirez que s’y côtoient Mireille Mathieu, un homme canon et Heckel et Jeckel, non, je n’ai pas perdu l’esprit je vous assure, j’ai juste passé du temps en compagnie de Nicolas lebel et je vous invite à en faire autant.

Le plus fou dans l’histoire c’est qu’il y a quelques temps j’avais tenté de lire le premier tome des aventures du capitaine Mehrlicht et que je n’avais pas accroché. Ce qui prouve bien que la lecture est aussi une histoire de moment et d’état d’esprit et surtout qu’il ne faut jamais dire jamais.

Résumé :
Quand on propose à l’Embaumeur de participer à un projet d’exposition de cadavres, il faut s’attendre à un refus : un défunt, ça se respecte, ça ne s’exhibe pas !
Mais dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on veut, encore moins lorsqu’Interpol s’en mêle.
Mandoline va devoir s’inviter dans la folie morbide d’un artiste mégalo et s’infiltrer dans sa forteresse turque pour tenter de lever le voile sur un trafic international de cadavres…

 

Throwback Thursday Livresque n°28

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram, Bettie du blog Bettie Rose Books a pris l’initiative d’en faire un rendez-vous livresque en 2016. Le but est de parler chaque jeudi d’un livre « ancien » de notre bibliothèque en fonction d’un thème donné. Bettie a passé le flambeau, désormais le récap’ des liens se fait sur le blog my-bOoks.com. Venez y participer.

Aujourd’hui, un thème cher à mon cœur. J’ai beaucoup hésité entre La Vague de Todd Strasser, Hunger Games, saga que j’ai adorée entre nous soit dit, Douze hommes en colère et tellement d’autres titres… Mais la nouvelle que j’ai choisi de vous présenter a, selon moi, une dimension supplémentaire. Il s’agit de Matin brun de Franck Pavloff.

Voici la quatrième de couverture :

Charlie et son copain vivent dans une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême : l’Etat brun. Dans la vie, ils vont d’une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni de purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux. Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous ?

Je n’ai presque pas besoin d’en dire plus. Mais je vais le faire quand même…

Ce très court texte met le doigt sur un sujet que j’ai à cœur de faire travailler à mes élèves. Que se passe-t-il quand on ne se révolte pas ? Que se passe-t-il quand personne n’a le courage de hurler ? Que se passe-t-il quand il ne se passe rien ? Quand on laisse faire, par tranquillité.

C’est une nouvelle percutante parce qu’elle interroge, parce qu’elle bouscule. On pourrait d’abord penser qu’il s’agit d’un texte pamphlétaire sur les dictatures et en quelque sorte, la nouvelle a ce rôle aussi, mais c’est tellement évident que ce n’est pas drôle. Dans Matin brun, le régime – imaginaire et caricatural – n’est pas le plus coupable. Je ne ferai pas de politique ici, mais je crois qu’aujourd’hui, il est important que les jeunes aient conscience de l’importance de la révolte, quels que soient les sujets pour lesquels ils choisiront plus tard de se battre.

Finalement, pour ce thème de la révolte, j’ai fait le choix de vous parler d’un texte qui aborde l’absence de révolte… Mais, je vous assure, c’est un texte révoltant !!

Priscilla

Lettres à l’assassin de ma fille de Cath Staincliffe

Lettres à l’assassin de ma fille est, vous vous en doutez bien, un roman très prenant, très fort publié chez Stéphane Marsan étions, commençons par vous présenter la quatrième de couverture :

 
« État de stase. Nous accomplissons les gestes nécessaires pour manger et boire ; nous nous lavons, même si la tentation est grande pour moi de m’en abstenir, comme si c’était une façon de revendiquer mon désespoir et ma souffrance. Mais il faut penser à Florence. Tout serait si différent sans elle. Je pourrais me laisser aller, n’être redevable à personne. Tempêter, me déchaîner, perdre le contrôle. »
Ruth vit seule à Manchester. Un soir de septembre, sa fille est retrouvée morte à son domicile. Le monde de Ruth s’écroule. Quatre ans après l’assassinat, Ruth décide d’écrire à son meurtrier pour exorciser les émotions destructrices qui la ravagent, reconstituer les événements et retrouver la vie qu’il lui a volée en prenant celle de sa fille. Dans Lettres à l’assassin de ma fille, Cath Staincliffe s’attache à décrire les répercussions d’un crime violent sur une famille ordinaire et explore des questions fondamentales liées à la justice et au désir de vengeance, foncièrement humain.
Peut-on vraiment pardonner à ceux qui nous ont infligé le pire ?

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Un roman épistolaire absolument époustouflant qui m’a prise aux tripes, mon ventre de mère, de femme, d’être humain n’a pu que saigner au même titre que celui de Ruth. Les lettres qu’elle écrit à l’assassin de sa fille sont comme un journal intime, une forme de thérapie, on apprend au fil de ces écrits le déroulé des événements, c’est bien plus qu’une simple narration, c’est une plongée au cœur des ténèbres qui ont envahies cette famille avec une brutalité atroce. Une mère dont la mort laisse une fille et un époux dans une sidération et une peine incommensurables, mais aussi des parents, des ami(e)s, des collègues, comment continuer à vivre, comment poursuivre avec un tel vide? Difficile d’imaginer la vague qui submerge lors d’une perte frontale telle que celle-ci, L’auteure Cath Staincliffe a su m’intégrer dans ce processus de deuil, grâce aux mots de cette mère et grand-mère à qui cet assassin vient de prendre une partie d’elle-même.
Une histoire en trois parties, qui gagne en intensité à chaque page, j’ai lu les derniers chapitres de ce roman en apnée, et je l’ai terminé à bout de souffle et totalement chamboulée. Je savais bien entendu en commençant cette lecture que ces lignes me marqueraient mais j’avoue que je ne pensais pas être tellement happée, tellement avide de savoir et surtout de comprendre, au même titre que Ruth. Les lettres narrent ce crime atroce mais elles parlent aussi et surtout l’amour de l’autre, de la patience nécessaire à l’éducation d’un enfant, de chaque petit détail qui crée un beau voir un magnifique souvenir, de la difficulté à connaître son prochain… Un panel d’émotions, de sensations, qui une fois remise du choc m’ont permis me sentir plus vivante. Des émotions certes fortes, mais ne prenez pas peur car pas de larmoiements excessifs mais de la dignité, celle dont nous souhaiterions tous faire preuve afin de rendre le plus beau des hommages que l’on peut rendre à un être cher. 

Un roman que je suis vraiment mais alors vraiment heureuse d’avoir découvert et que je vous encourage grandement à lire vous aussi.