Roméo cherche Roméo de Justin Myers

IMG_20181031_132300.jpgUne jolie bouffée d’air frais qui fait du bien au moral ! Si vous avez aimé Coup de foudre à Notting Hill, Le Journal de Bridget Jones ou autres histoires de ce type, vous allez adorer ! Même si ce roman est un peu différent.

J’ai retrouvé dans cette histoire pleins d’éléments qui m’ont fait sourire, non parce qu’on est dans le gag, mais parce que c’est tellement vrai…

Pour peu que vous ayez été en couple avec quelqu’un de « destructeur » pour vous, que vous ayez traîné sur des sites de rencontre, voire que vous ayez rencontré des personnes par ce biais ou que vous ayez tenu un blog, le récit de James, homosexuel, fraîchement célibataire, manquant de confiance en lui, inscrit sur Soulseekers (notez que le nom du site est un peu plus romantique qu’Adopteunmec… et pourtant !) et blogueur sur Un Roméo de plus, va vous évoquer des souvenirs.

Ce qui est très intéressant dans la structure de ce roman, c’est le choix du narrateur-personnage. On est constamment avec le vrai James et on sent très vite le décalage entre lui et Roméo (le personnage du blog), décalage qui est le fond du problème : quand on joue un rôle, il faut veiller à ne pas se perdre en chemin. On sent le problème venir et en même temps, on est happés, nous aussi, par ce blog et par le style humoristique, cynique et volontairement caricatural de son auteur !

Ce n’est donc pas une comédie romantique comme les autres : des rencontres, il y en a plusieurs, de l’amour, pas vraiment, pas le vrai, pas encore, peut-être… Ce n’est pas fleur bleue du tout, ça ressemble plutôt à une descente aux enfers même à certains moments, mais c’est tout en légèreté et franchement, ça fait du bien !

Tous les personnages sont attachants, pour des raisons différentes : les amis Bella, Silvie, Nicole & Richie, Curtis ; les Roméos bien sûr, le crade, le « cuit à point », le « à la baignoire », Finn, Nate et même les personnages plus déplaisants comme Adam ou Hurley… Tous apportent quelque chose d’essentiel dans la quête du héros jusqu’à la fin de l’histoire, que j’ai adorée !

Pour le contenu, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas répétitif. Le point de départ, drôle en soi, se complexifie de relation en relation, les conséquences ne sont pas forcément celles qu’on aurait pu attendre et les choix de James sont souvent surprenants finalement.

Il y a aussi des éléments qui poussent à réfléchir, même si je ne suis pas certaine que c’était forcément l’intention de l’auteur. Par exemple, le fait que toutes les rencontres qui fonctionnent à peu près se font en deux temps, la fin de soirée ayant toujours lieu dans un bar gay, afin de pouvoir embrasser l’autre sans gêner les tables voisines. Même à Londres ! Même au XXIe siècle ! Je vous laisse méditer là-dessus !

Bien sûr ce roman n’a pas vocation à être un chef-d’oeuvre de la littérature, mais l’auteur avance finement dans une intrigue si bien menée que l’on devine rapidement qu’elle s’appuie sur du vécu. On sourit, on rit, on espère, on y croit, on n’y croit plus et on comprend enfin (merci Bella !!) ! J’ai vraiment beaucoup apprécié ces soirées passées avec James, qui doit faire un super pote et ça a été une jolie bouffée d’air frais et d’oxygène ! N’hésitez pas !

Merci à Eric Poupet et aux éditions LJ (J’ai lu) pour cette agréable découverte !

Priscilla (@Priss0904)

Résumé du roman : Gay, gaffeur et célèbre malgré lui… Le cousin de Bridget Jones ! James vient de rompre. Comme il tourne en rond dans son studio et au boulot, il décide de reprendre sa vie amoureuse en mains. Mais à l’ère digitale, pas facile de rencontrer le grand amour romantique ! En attendant, jouant de son humour et de sa belle plume, James trompe l’ennui en racontant sur son blog ses blind dates sous le pseudo de Roméo. Une initiative qui ne tarde pas à faire le buzz. Mais qui est donc Roméo ? Devenu malgré lui une célébrité du net, James ne se doute pas des péripéties qui vont suivre. L’amour sera-t-il au bout de l’aventure ?

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Les Naufragés du Navire de pierre de Laurent Fréour

IMG_20181105_222308[1821].jpgJe ne suis pas particulièrement habituée au genre du polar. Un peu trop émotive, je me suis toujours interdit de lire des romans qui pourraient me faire faire des cauchemars. Chacun ses angoisses. Mais ici, rien de tel ! Aucune description morbide, aucune scène sanglante. Des meurtres, oui, inévitablement, mais ce n’est pas le principal enjeu.

Ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est l’incertitude qui y règne du début à la fin. Tous les personnages ont des raisons d’être les criminels, mais pour beaucoup d’entre eux, nous ne le souhaitons pas. Le Chauffe-Caillou, Arthur, son grand-père, Mai-Lan, Michel, chacun d’entre eux a une histoire dont nous ne saisissons pas tout. Le titre du roman est, à cet égard, fort bien choisi : le navire de pierre, selon moi, ne représente pas seulement le banc de granit qui accueille Raphaël mais renvoie aussi à l’idée que nous naviguons en eaux troubles. C’est ce qui nous transporte d’ailleurs et nous pousse à vouloir savoir comment tout cela se termine. C’est d’ailleurs un peu dommage, la fin se précipite (bon, cela dit, il fallait bien une fin…) et on comprend tout en quelques pages. Cette déception est sûrement bon signe finalement, signe que je ne voulais pas que l’histoire s’achève.

Tous les ingrédients d’une intrigue policière se retrouvent dans le récit de Laurent Fréour, mais sans cliché : on a les policiers (plusieurs personnages, plusieurs méthodes), le journaliste, les criminels, une histoire de règlement de comptes, une histoire de famille, plusieurs histoires d’amour et la superposition de quelques vies. Celles de Raphaël, de Mai-Lan, de Jean-Pierre Vidal et de Marie-Pascale Turpin sont celles qui m’ont le plus touchée. On ne sait pas tout, on apprend les choses en suivant leurs raisonnements, en écoutant leurs peurs, celles qui font ressurgir les fantômes du passé.

Pour moi qui n’ai pas lu le premier roman de l’auteur (dont celui-ci peut être considéré comme une suite), cela a fait naître l’envie de mettre L’Orange sanguine dans une prochaine PAL… Pourquoi pas ?

Merci aux éditions Incartades pour cette enquête prenante, humaine et bien écrite !

Priscilla (@Priss0904)

Quatrième de couverture : En début d’après-midi, il se recroquevilla sur son navire de pierre. La petite boîte en fer d’Arthur serrée contre lui, il s’endormit. Doux souvenirs d’enfant. Il faisait la sieste sur la plage de Pointe-Noire. Puis, Malabar aboya. Le Chauffe Caillou sursauta et se redressa. Quelques mètres plus loin, penché au-dessus de l’Erdre, le chien tenait dans sa gueule un morceau d’étoffe. Il s’approcha et aperçut, coincée entre deux bateaux, une masse inerte. Un visage boursouflé dépassait de l’eau. Avec difficulté, il s’agenouilla. Deux yeux vitreux le fixaient. Brutalement, lui revint en mémoire son premier mort. Dans la rivière qui bordait la route de Conkouati au Congo, il avait déjà croisé pareil regard. Raz de marée, tempête intérieure. Raphaël perdit connaissance. Que s’est-il passé sur les bords de l’Erdre ? De retour en métropole, le capitaine Jean-Pierre Vidal enquête.

Prix tendons du style de l’imaginaire littéraire 2018- Mélodie Ambiehl et Soukayna Ettouji

Ce mini roman est composé de deux nouvelles: La tempête des cœurs de Mélodie Ambiehl, c’est de celui-ci que je vous parle aujourd’hui, car c’est Mélodie qui a eu la gentillesse de me faire parvenir son travail et A travers l’océan de Soukayna Ettouji.

Nous sommes en 2100, les choses ont changé bien évidemment. Mais la beauté de la rencontre de Nathaniel et Isallys est restée la même, les premiers regards, les premiers instants magiques.

Dans cette histoire que nous raconte Mélodie, tout est juste, à sa place, tout coule de source, c’est un véritable flot de beaux sentiments qui submerge le lecteur, mis en valeur par l’amour des livres et des mots.

Difficile de ne pas trop vous en dire, mais en plus d’être magnifique dans le choix des mots et également riche dans son idée, accrochée à chacune des pages, je désirais tant connaitre l’issue du dilemme que doivent affronter Nathaniel et Isallys.

Une histoire qui aurait vraiment méritée d’être approfondie, même si Mélodie a su en si peu de pages y mettre l’essentiel, la quintessence de l’amour, j’aurais pour ma part en découvrir encore, plonger plus longtemps dans ce magnifique univers de passion, si intense.

Toujours en essayant de ne rien vous dévoiler, il faut définitivement que je vous dise que j’ai été emportée par la délicatesse, l’intelligence et l’incroyable justesse de ce livre.

Je ne peux à vous, que conseiller de découvrir au plus vite Mélodie et son talent et à Mélodie de se plonger dans l’écriture à corps perdu car il est évident qu’elle est faite pour cela.

Merci infiniment à Mélodie de m’avoir accordé sa confiance, j’ai vécu un moment magique à la lecture de ses mots.

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Les voleurs du temps de Corinne Martel

J’ai rencontré Corinne Martel lors du salon Sang pour Sang en septembre 2018, un belle rencontre qui a gravé mon esprit. Corinne est une femme douce, intelligente. Même si la couverture du roman Les voleurs du temps, donne le ton, je suis d’un naturel naïf, je dois donc avouer que je m’attendais pas à cette histoire. Il faut dire que la 4ème de couverture ne nous donne pas beaucoup d’indices sur le contenu.

Les voleurs du temps est un roman particulier, difficile pour moi de trouver mes mots.

C’est un livre dur qui pourtant parle d’amour d’un bout à l’autre, il est, je dirais même poétique… Le ton employé est torturé, un véritable drame est vécu par les personnages principaux, les mots sont choisis avec délicatesse et finesse. A travers les événements qui en font un thriller, la passion, l’empathie, le besoin urgent de l’autre sont constamment présents. Un regard acerbe de la victime sur son bourreau, sur l’injustice de la vie, sur l’acharnement du destin et l’effet domino que peut avoir l’action d’une personne.

Des personnages comme on en croise peu, de la douleur, de la souffrance mais tout cela avec une ambiance hors norme, quelque chose d’impalpable, un sentiment qui est dans l’air, tout autour de nous.

Une lecture qu’il faut découvrir pour réellement comprendre et percevoir toute son ampleur, une compréhension du tableau dans son ensemble, dans les toutes dernières pages, les pièces s’emboitent et vous scotche à votre fauteuil.
4ème de couverture:

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La petite fille du phare de Christophe Ferré

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Je viens aujourd’hui vous parler aujourd’hui d’un roman que l’on voit beaucoup circuler sur les réseaux, les blogs etc… Il paraissait logique que je vienne à mon tour vous donner mon avis sur ce roman dont la couverture est tout simplement superbe. 

Je dois être franche, car ce n’est pas le coup de foudre à tous les coups, que ce livre m’a quelque peu surprise, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cette histoire d’enlèvement d’enfant dont les parents ne semblent rien ressentir.

Pas d’attachement, pas d’empathie, donc, j’essaie de poursuivre ma lecture en faisant abstraction de cela et en ne me focalisant que sur l’enquête. De ce côté-là, les rebondissements sont au rendez-vous, dès le début, des pistes s’ouvrent, des suspects se profilent, des mystères demandent à s’éclaircir. Une intrigue qui tient vraiment la route.

Un bon rythme, une écriture fluide et une description de lieu qui nous plonge dans la beauté de la côte de granit rose et nous transporte sur les plus belles plages de la Manche.

Je vous laisse donc vous faire votre propre opinion de ce roman de Christophe Ferré, dont je regrette le manque de sentiments, l’absence de fusion avec les personnages qui aurait donné la touche magique à ce roman policier auquel il manque définitivement quelque chose. 

http://www.editionsarchipel.com/livre/la-petite-fille-du-phare/

Résumé:

Le temps d’une soirée dans un pub tout proche de leur villa située sur la côte de granit rose de Ploumanac’h, Morgane et Elouan ont laissé la garde de leur fille de 10 jours, Gaela, à son frère adolescent, Arthur.
Mais au retour, un berceau vide les attend.
Aucune trace d’effraction, pas de demande de rançon. À la douleur de la disparition, s’ajoute la violence du soupçon de la gendarmerie. Morgane est une mère déjà éprouvée par la perte d’un enfant, Elouan, un père souvent absent…
Les pistes se multiplient mais l’enquête n’avance pas.
Pourtant, près d’un mois plus tard, le miracle : Gaela est rendue à ses parents. Le soulagement l’emporte sur l’incompréhension.
Sauf pour Arthur, convaincu que ce bébé n’est pas sa sœur…

 

La parole du chacal de Clarence Pitz aux éditions Le Lys Bleu

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Vos bagages sont prêts? Vos vaccins sont à jour? Je me permets d’insister sur ce point, car notre avion va décoller pour le Mali. N’oubliez pas de glisser votre machette dans vos valises et surtout pensez à emmener votre sang-froid, car il va vous en falloir une fameuse dose durant le périple que vous allez vivre avec ce livre.

Cette expédition, qui sur le papier paraît réglée dans les moindres détails, va rapidement tourner au cauchemar, surtout pour Claire, qui a eu la bonne idée d’emmener son fils Sacha, pensant lui offrir un voyage de découvertes et d’enrichissement. Clarence Pitz va faire vivre quelques jours difficiles à ces touristes sortis de son imagination, vous comprendrez bien que je minimise les choses afin de ne pas vous effrayer. Mais au final, vous aurez peur malgré tout, car ce plongeon dans l’inconnu, dans un pays, avec des coutumes, des rites, des ancêtres, bien différents de ce que nous connaissons, va vous terrifier, mais c’est ce que vous recherchez en ouvrant ce roman. 

Faut-il sourire ou trembler de toutes ces coutumes ancestrales? Que feriez-vous à leur place? Personne ne peut le dire, mais je vous invite à tenter de vous en faire une idée, en tout cas, vous ne ressortirez pas totalement indemne de cette lecture, jusqu’à la toute dernière page, jusqu’à ce que votre voyage en enfer prenne fin.

Résumé:

« Partez à la découverte du Mali ! Rencontrez son célèbre peuple, les Dogons, et partagez leur vie durant trois semaines ! Célébrez avec eux le fameux Sigui, fête religieuse qui n’a lieu que tous les soixante ans ! Profitez d’un voyage unique et exclusif en petit groupe. Inscrivez-vous dès maintenant, les places sont limitées. Dogons 2027, l’expérience d’une vie. »Claire aurait dû suivre son intuition et renoncer à ce voyage. L’ombre fantomatique qu’elle a aperçue au milieu des tombes dogons dans un documentaire ne présageait rien de bon. Surtout qu’Armand, guide charismatique et anthropologue renommé, était resté curieusement évasif lorsqu’elle lui avait posé des questions sur ces caveaux. Armand dont le coup de volant a plongé leur camionnette dans un marigot. Tout ça pour éviter un foutu chacal ! Le village dans lequel ils ont échoué après cet accident est peuplé d’habitants craintifs et entouré d’une nature hostile. Un village isolé et désuet où le temps semble s’être arrêté. Un véritable tombeau à ciel ouvert dont il est impossible de sortir. Dire qu’elle a entraîné Sacha, son fils de dix ans, dans cet enfer? Et que, chaque nuit, un mystérieux visiteur vient déposer d’étranges objets près du garçon.

À PROPOS DE L’AUTEUR Clarence Pitz est une auteure belge qui partage sa vie entre Bruxelles, la Savoie et la Touraine. Professeure d’Histoire de l’Art et d’Anthropologie, dévoreuse insatiable de thrillers et passionnée de voyages, elle se lance dans l’écriture en 2017 et entame une série de romans où elle mêle culture et suspense. La parole du chacal a fait partie des finalistes du concours VSD-RTL du meilleur thriller 2018.

 

 

 

Eragon de Christopher Paolini

eragonVous vous en doutez, Eragon, ce n’est ni un service presse, ni un classique, c’est juste LE premier (et sûrement pas le dernier) roman que j’ai lu sur les conseils de Mag. Je l’ai commencé il y a un moment, avant même de me lancer dans cette merveilleuse aventure du blog. Ma lecture a donc été entrecoupée par toutes celles que je vous ai présentées depuis mon arrivée. Mais ça y est, j’ai fini le premier tome (presque 700 pages tout de même) !

Que dire de ce roman tellement connu et encensé ? D’abord, chapeau bas à l’auteur, extrêmement jeune, quand il s’est lancé dans cette saga. On y trouve tout ce que l’on aime dans la Fantasy. Pour moi, grande fan d’Harry Potter, j’y ai vu de nouveau la magie, l’amitié, la formation d’un héros, mais surtout, j’ai été absolument éblouie par la richesse de l’univers dépeint ici. Les lieux, les noms propres, la diversité des créatures, la langue et la complexité de l’intrigue sont tels qu’il faut vraiment s’accrocher pour ne pas perdre en chemin de précieuses informations (celles-là mêmes qui ne sont pas dans le film et qui ont bloqué la réalisation d’un deuxième volet cinématographique).

A l’issue de ce premier tome, on se pose presque plus de questions qu’au début. Evidemment, il reste pleins de fils à remonter pour se rendre compte de l’immensité de la toile, mais on sent déjà toute l’étendue du génie de cet auteur adolescent.

Très peu de manichéisme ici : tous les personnages sont doubles, les bons comme les mauvais ; chacun a une histoire, qu’il ne divulgue pas, qu’il transforme, à défaut de pouvoir la taire. Comme Eragon lui-même, nous comprenons les tenants et les aboutissants par bribes. La relation qui se construit tout au long du roman entre Saphira et le dragonnier est vraiment belle et prenante, c’est celle qui est le plus travaillée évidemment, et la seule qui, en ce qui me concerne, m’ait vraiment émue. Les tomes suivants permettent peut-être de s’attacher davantage aux personnages, cela gagnerait en intensité (notamment au niveau des émotions), parce que, pour les actions par contre… la fin, notamment, est assez spectaculaire !

Seul bémol à ce grand roman d’aventures : quelques longueurs lors des nombreuses errances d’Eragon, Brom et Murtagh. Certes, ils doivent se cacher et se préparer à se défendre tout en traversant des territoires plutôt hostiles, mais justement, peut-être trop de territoires à mon goût, trop de routine, quelques répétitions. Il n’en reste pas moins que ce roman offre à ses lecteurs tout ce que la fantasy a de plus beau : du rêve, de l’évasion, de la magie, de la violence, de l’amour…

Evidemment, j’ai très envie de lire la suite ! Evidemment, ça ne viendra pas tout de suite : ma triple vie de Maman, de prof et de blogueuse – passionnante elle aussi – ne me le permet pas. Mais promis, j’y viendrai, lors d’un moment d’accalmie. Merci Mag pour ce bon conseil !!!

Priscilla (@Priss0904)

Résumé de l’intrigue : Eragon mène une vie simple, jusqu’au jour où il ramasse dans la forêt une étrange pierre bleue. Le garçon découvre qu’il s’agit d’un œuf et assiste bientôt à la naissance… d’un dragon ! En décidant de l’élever, il devient Dragonnier, héritier d’une caste d’élite que le terrible roi Galbatorix veut éliminer. Eragon n’a que seize ans, mais le destin du royaume de l’Alagaesia est entre ses mains.

A fleur de peau de James Barnaby

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L’auteur débute cette histoire de façon à nous mettre dans le bain immédiatement.

James Barnaby nous fait de suite comprendre que Jane a vécu l’indicible à l’âge de 11 ans, puis il nous ramène au présent, Jane a aujourd’hui 19 ans et son cauchemar est loin d’être terminé.

J’ai eu à ce moment de ma lecture, quelques peurs, quelques doutes dus à certains clichés qui peuvent être peu engageants: les policiers en uniforme stationnés dans leur véhicule se goinfrant de donuts et cet agent du FBI au look impossible. Mais ces idées reçues ont vite été mises au rebut, car plus on avance dans cette terrible histoire et plus la profondeur de l’intrigue prend le dessus et fait oublier tous les défauts.

Un thriller de presque 450 pages qui gagne en intensité et en qualité. 

L’auteur nous plonge dans nos petites certitudes puis brusque retour en arrière, ce dont le lecteur était certain n’est plus si évident. Se mêlent à tout cela des enjeux politiques, des sociétés secrètes, des ambitions personnelles. Et au milieu de tout cela, Jane, la petite fille de 11 ans qui ne se souvient pas de ce qu’elle a subi et la toute jeune adulte, qui tente de garder le cap de sa vie, ces deux périodes de la vie de la jeune fille nous sont narrés par des allers-retours passé-présent.

Dans ce livre on ne sait plus à qui faire confiance, chaque page nous assaille de doutes. Une plongée aux tréfonds de la psychologique, des possibilités de l’esprit humain, une enquête hors normes pour des événements hors du commun sur fond de films de Disney. j’attise votre curiosité n’est ce pas?

Un thriller 100% psychologique dont la trame une fois la dernière page tournée, est vraiment redoutable, malgré certains petits détails qui peuvent chiffonner le plus pointilleux des lecteurs. La qualité de cette histoire finit par faire oublier tous ces petits défauts. 

Un final qui garde ses secrets jusqu’au dernier instant et qui met dans les dernières pages le lecteur proche de l’apnée. Comme quoi, il n’est pas bon de se fier à ses premières impressions car si je les avais écouté, je n’aurai pas poursuivi ma lecture. A lire, croyez moi sur parole.

Mag

Résumé:

Se réveiller sans rien savoir des dernières heures écoulées, un fardeau que Jane supporte depuis ses onze ans. L’année où elle a été enlevée. Brillante étudiante de 19 ans aux yeux de tous, la jeune fille souffre pourtant de « fugues temporelles », crises proches du somnambulisme dont elle ne garde aucun souvenir. Comme chaque année, Jane passe l’été au bord du lac Mendota dans le chalet familial. Obligée de se rendre à Chicago pour son travail, sa mère la laisse en compagnie de son beau-père, Richard, qu’elle adore. Mais le lendemain matin, Jane se réveille les mains ensanglantées. Près d’elle gît Richard, égorgé. Et Jane le sait, elle a tout de la coupable idéale…

 

L’Archipel du chien de Philippe Claudel

IMG_20181027_142055[1745].jpgCe roman, offert par mon Chéri, a été un vrai coup de cœur surprise pour moi ! Je n’en avais pas entendu parler jusqu’alors et la quatrième de couverture est plus qu’énigmatique… Je me suis donc lancée à l’aveugle avec, pour seule certitude que je trouvais la couverture vraiment jolie ! Et grand bien m’en a pris !

J’ai adoré le style de l’auteur, fluide, cynique (jusque dans le choix des noms des personnages) ; j’ai beaucoup souri pendant la lecture de ce roman malgré la noirceur du tableau qui nous est représenté.

Parce que, non, cette fable ne prête pas vraiment à rire dans le fond. Le cadre est rapidement posé : la Voix nous interpelle dès le début, elle nous accuse, même si nous ne savons pas encore de quoi, et elle revient à la fin, renouveler son réquisitoire, faire entendre la morale. Mais là ne s’arrête pas le parallèle que l’on peut sentir entre ce roman et le genre pratiqué par La Fontaine.

Le cadre spatio-temporel est essentiel : pas d’époque précise (« Les faits que je vais raconter ont eu lieu hier. Il y a quelques jours. Il y a un an ou deux. Pas davantage« ) et…une île ! Avec tout ce que ça implique : l’île, dans la littérature, ça a toujours été le lieu de l’inconnu, de l’aventure, de la sauvagerie, du danger, mais aussi de la rencontre avec l’Autre, celui qui est différent de nous, de la rencontre avec le Surnaturel aussi parfois ; c’est un lieu aux limites claires, mais isolé du reste du monde, ouvert sur l’océan mais fermé sur lui-même. Tous ces topoi se retrouvent, de manière très savoureuse, chez Philippe Claudel. Notons qu’en outre, le nom de cet archipel, le titre du roman, a son importance : notre île est quand même une des dents du chien que dessine l’archipel sur une carte, tout un programme !

Les personnages enfin. Aucun prénom, ou presque. Aucun pour les personnages principaux de ce huis-clos en tout cas, mais des caractéristiques qui les définissent parfaitement et viennent donner corps à ces êtres de papier. Le Maire d’abord, pragmatique, à un point tel qu’il en devient inhumain ; le Docteur, complice silencieux jusqu’à l’innommable ; la Vieille, complètement flippante ; l’Instituteur, le révolté assoiffé de justice ; le Commissaire, alcoolique jamais ivre et grand manipulateur ; le Curé, sans aucun doute mon personnage préféré, porteur certes d’une morale, mais qui tient plus de l’apiculture et de la psychologie que de la religion, puisque, selon lui, Dieu est parti en pré-retraite ; les hommes de main enfin, Amérique et le Spadon. D’autres représentants de l’Humanité sont marquants : Mila et son père, effrayants vraiment ; la femme et les jumelles de l’Instituteur, symboles douloureux ; l’odeur, enfin, qui a un statut de personnage à part entière pour moi, odeur de plus en plus présente, oppressante, symbolique du ou des « crime(s) » mais que tous ne sentent pas… ou ne veulent pas sentir.

Les couleurs sont très importantes et significatives également : le noir de la pierre de lave du Brau, volcan plus ou moins endormi ; le blanc de la pureté (ou pas !!) ; le rouge sang qui envahit le bleu de la mer lors de la pêche au harpon…

La fable fait sourire, comme toutes les fables, mais fait aussi froid dans le dos, comme toutes les peintures un peu réalistes de l’être humain. Ce roman a vraiment été une belle lecture, qui m’a fait rire, surtout parce que ces êtres ne sont pas nous, et qui m’a fait réfléchir, surtout parce qu’ils pourraient l’être en vérité. Un beau moment de lecture que je vous invite à vivre : merci à mon Chéri donc ! Et merci à Philippe Claudel !

Priscilla (@Priss0904)

Quatrième de couverture https://www.babelio.com/livres/Claudel-LArchipel-du-chien/1020629

Quelques citations qui m’ont marquée :

« Vous convoitez l’or et répandez la cendre. Vous souillez la beauté, flétrissez l’innocence. Partout vous laissez s’écouler de grands torrents de boue. La haine est votre nourriture, l’indifférence votre boussole. Vous êtes créatures du sommeil, endormies toujours, même quand vous vous pensez éveillés. Vous êtes le fruit d’une époque assoupie. Vos émois sont éphémères, papillons vite éclos, aussitôt calcinés par la lumière des jours. Vos mains pétrissent votre vie dans une glaise aride et fade. Vous êtes dévorés par votre solitude. Votre égoïsme vous engraisse. Vous tournez le dos à vos frères et vous perdez votre âme. Votre nature se fermente d’oubli. »

« Mais le métier de ces hommes [politiques] est de parler tout le temps, de parler et de ne jamais écouter qui leur parle, de ne jamais s’arrêter de parler, de vivre dans la parole, même la plus creuse et qui devient un bruit inepte et enjôleur, le chant moderne des Sirènes. »

« C’était toujours pareil avec les hommes qui ont étudié. Le Maire se disait que si le monde tournait si mal, c’était la faute aux hommes comme l’Instituteur, empêtrés d’idéaux et de bonté, qui cherchent jusqu’à l’obsession l’explication du pourquoi du comment, qui se persuadent de connaître le juste et l’injuste, le bien et le mal, et croient que les frontières entre les deux versants ressemblent au tranchant d’un couteau, alors que l’expérience et le bon sens enseignent que ces frontières n’existent pas, qu’elles ne sont qu’une convention, une invention des hommes, une façon de simplifier ce qui est complexe et de trouver le sommeil. »

« Qu’est-ce que la honte, et combien la ressentirent ? Est-ce la honte qui rattache les hommes à l’humanité ? Ou ne fait-elle que souligner qu’ils s’en sont irréversiblement éloignés ? »

 » – Vous êtes pourtant intelligent. Je comptais sur vous. Et je suis certain que vous êtes un homme bon.

Je suis surtout un homme lâche, lui avait-il répondu.

Un homme lâche ? avait repris, songeur, l’Instituteur.

C’est presque un pléonasme, non ?  » avait conclu le Docteur«