La chambre des murmures de Dean Koontz

Me revoici juste après ma lecture de ce second volet des aventures de Jane Hawk. Je suis directement passée de Dark Web dont la chronique est ici, à ce nouvel opus. Même si ce tome peut-être lu indépendamment du précédent, je ne peux que vous conseiller de lire Dark Web, tout d’abord pour votre propre plaisir mais aussi afin de cerner totalement l’ampleur folle de ce que nous propose ici Dean Koontz.

J’ai tout d’abord eu la crainte de cette suite soit moins rythmée et c’est ce qui était le cas durant les premiers chapitres, un peu comme une étape de décompression, il faut dire que Jane en a vécu pas mal des moments forts et dangereux. Durant cette période plus calme, nous rentrons davantage dans la psyché de ce personnage hors norme, le lecteur commence à s’identifier, à la prendre sous son aile, à l’apprécier. Puis les révélations et les découvertes que fait Jane remettent la machine Koontz en fonction, les faits et la folie se dévoilent être encore plus terribles que ce que j’imaginais. De nouveaux personnages rentrent en scène, certains très attachants, d’autres sans aucune humanité, et nous vibrons de peur ou de colère pour eux à chaque instant, d’autant que l’auteur nous serre des chapitres courts qui donnent la sensation d’être au cœur de l’action.

Comme dans Dark Web, le titre du livre nous révèle qu’une infime partie de cette histoire forte et que j’ai pour ma part trouvée vraiment haletante. En avançant vers la fin le lecteur ne peut plus lâcher e livre qui a tant d’impact justement parce qu’il raconte quelque chose qui paraît plausible et envisageable à notre époque. Une société où de nombreux doutes naissent quant à l’honnêteté des pouvoirs publics, à la prise de pouvoir par les grands et les puissants de ce monde. Ce monde et nos vies nous appartiennent-ils encore?

Encore une fois, vous ne vous endormirez plus avec les mêmes pensées en tête…

Les blogueurs en parlent:

Résumé:

[PEUT ETRE LU INDÉPENDAMMENT DES AUTRES TOMES]

Jane Hawk face à une confrérie secrète.

« Il  n’y  a  pas  de  temps  à  perdre.  Fais ce pourquoi tu as été créée ». Tels sont les mots qui résonnent dans l’esprit de  Cora  Gundersun,  une  enseignante 
douce et appréciée… juste avant qu’elle ne se suicide en commettant un attentat terroriste sanglant. L’épouvantable contenu de son journal intime corrobore l’hypothèse  de  la  folie. Quand  de nouveaux cas similaires surviennent, Jane  Hawk,  ancienne  agente  du  FBI, sait qu’elle n’a plus une minute à perdre.
Elle  se  met  alors  à  traquer  une  confrérie  secrète,  dont  les membres se pensent au-dessus des lois et ne craignent aucunes représailles.
À jamais marquée par le suicide de son mari, et la peur de perdre son fils  de cinq ans qu’elle a caché, elle ira jusqu’au bout de sa quête. Sa soif de vengeance n’a d’égale que sa quête de justice… même si elle doit employer des méthodes radicales.

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Dark Web de Dean Koontz

Alors que sort Le second épisode des aventures de Jane Hawk: La chambre des murmures, vous pouvez retrouvez en version Archipoche ce premier opus . Il était donc temps que je me mette à vous parler de Dark Web qui m’attendait depuis plus d’un an, bien sagement et qui démarre fort, très fort.

Dean Koontz n’est plus à présenter, il est dans chaque bibliothèque de fan de fantastique, suspense. Il nous propose ici un roman fort car Jane a perdu son époux, il s’est suicidé, du moins c’est ce que certains puissants tentent de lui faire croire. Mais Jane n’est pas dupe, elle va le faire savoir, les menaces contre son fils et elle ne vont pas tarder. Il lui reste deux possibilités: accepter ou se battre, quitte à tout perdre…

L’auteur nous propose un scénario qui fait froid dans le dos, l’avancée de la technologie qui pourrait être utilisée contre nous, sans même que nous le sachions. En ouvrant ce livre, vous embarquez donc dans une histoire qui va vous faire vous méfier de tous, qui va vous forcer à regarder derrière votre épaule en permanence. Voilà aujourd’hui la vie de Jane, elle en a décidé ainsi car elle refuse d’accepter l’innommable. Elle est ce genre de personnage que j’affectionne particulièrement, qu’il soit homme ou femme, fort, rusé, qui ne tergiverse pas et va droit au but. Jane se montre ingénieuse et courageuse, elle ne se complaint pas dans ses souvenirs mais agit afin de changer les choses.

Pas de temps morts, pas d’explications superflues, le lecteur découvre au fil des pages la situation et se déplace au rythme de Jane, pas une seconde d’ennui donc, vous l’aurez compris. Une belle réussite, ce genre de livre qu’un lecteur est fier de ranger dans sa bibliothèque avec sa collection de livres du même auteur.

Maintenant que Dark Web est disponible chez Archipoche, vous n’avez plus d’excuse…A lundi pour mon avis sur La chambre des murmures.

Les blogueurs en parlent:

Résumé:

IL FAUT QUE J’EN FINISSE…
C’EST URGENT !

Tels sont les derniers mots d’un homme que la vie semblait avoir comblé… mais qui y a mis fin. Brutalement.
Jane Hawk, inspectrice du FBI, refuse de croire que son mari se soit donné la mort. Pour elle, il y a une autre raison. Sa conviction en sort renforcée lorsqu’elle apprend qu’une vague inexpliquée de suicides frappe le pays.
Quitte à se mettre à dos sa hiérarchie – qui souhaite étouffer l’affaire –, Jane veut des réponses, quel qu’en soit le prix… Or, son enquête dérange. Ses ennemis de l’ombre détiennent un secret si terrifiant qu’ils sont prêts à tout pour l’éliminer.
Mais, bien que seule contre tous, la fugitive la plus recherchée des États-Unis possède pour atouts son intelligence et sa froide détermination. La vengeance est comme l’amour : elle ne connaît aucune limite…

Le Moulin des larmes de Francis Angeletti

Ce roman publié par les éditions Amalthée m’a été proposé par son auteur lui-même, Francis Angeletti. Il a certainement senti, via ma page Facebook, mon intérêt profond pour les romans historiques… C’est une lecture palpitante et émouvante, comme je les aime. Nous suivons la destinée d’une famille, maudite à bien des égards, mais maudite par l’Histoire. Entre 1904 et 1970, nous suivons trois générations ébranlées, chacune à leur manière, par la folie meurtrière des hommes.

Ce roman a le mérité de mêler différents genres : Histoire bien sûr, saga familiale, romance, enquête policière, crise identitaire. Où l’on pourrait se perdre, on navigue assez facilement.

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Quatrième de couverture : Ce roman à tiroirs retrace la saga d’une famille de 1904 à 1970. S’il dévoile des actes de courage et d’entraide, il ne tait pas pour autant une malédiction transmise de génération en génération, pour qu’enfin la vérité éclate au grand jour.
​En 1942, au milieu de la Poméranie occidentale, le sort s’acharnera sur des familles fuyant le nazisme. Elles se réfugieront pour la nuit dans un moulin perdu au bord d’une rivière. Au petit matin, dans une effroyable confusion, les parents voués à une mort certaine seront miraculeusement sauvés. 27 ans plus tard, un père déterminé à retrouver les criminels, lancera un journaliste d’investigation dans une enquête improbable. En rouvrant ce dossier oublié, il ne se doutait pas qu’il découvrirait aussi l’impensable.
Une jeune femme ne pouvait pas imaginer non plus le lourd secret dont elle était l’épicentre. Sa vie commença par un mensonge autour d’une histoire machiavélique. Elle vivra dans l’insouciance jusqu’au jour où elle retrouvera ses véritables origines et son nom.
Elle y découvrira l’amour et la paix. Seuls les caprices du temps pouvaient contrarier ce qui devait être établi.

Dans sa postface, l’auteur nous dit qu’il cherchait surtout à nous émouvoir. C’est chose faite ! J’ai été vraiment secouée par cette histoire, je me suis entendue pousser des cris lors de la scène la plus atroce, j’ai senti les larmes me monter aux yeux à la fin du roman. Pourtant, comme Francis Angeletti le dit aussi, c’est un roman porteur d’espoir, parce que chaque personnage porte en lui une rage de vaincre, de survivre qui n’empêche évidemment pas la mort, mais qui donne du sens à la vie. L’Amour est une valeur essentielle, il scelle le destin de ces personnages touchants et peu gâtés par la vie jusqu’à la rencontre d’un homme, d’une femme, d’un enfant qui changent tout.

Ce qui me frappe à l’issue de cette lecture, c’est que les criminels du XXe siècle ne sont pas seulement ceux que l’on pense. La Grande Guerre n’atteint pas la profonde Pologne et ce ne sont pas les nazis qui commettront l’impensable dans ce moulin éponyme qui porte parfaitement bien son nom. Ce sont des hommes, souvent sans scrupule, parfois seulement dans le besoin, et donc généralement vénaux qui se laissent dépasser par leurs peurs, leur déraison, leurs mensonges. De fait, même les pires personnages, bien que je ne les aie pas trouvés particulièrement touchants, ne commettent pas que des horreurs.

Francis Angeletti nous happe dès le début de son œuvre, il parvient à rendre attachants les premiers êtres que l’on y croise et qu’on n’arrive plus à lâcher. Pour chacune des générations que l’on suit, le portrait des personnages est vivant, brossé par des attitudes, des remarques, des actes, plus que par des descriptions trop explicites. On a vraiment le temps de s’éprendre de chacun d’eux avant de les perdre, toujours trop brusquement.

Le seul bémol de ce roman vient justement de là : il reste, à mon goût, encore trop de zones d’ombre, j’en aurais voulu encore, en fait. J’aurais aimé savoir ce que faisait Wiktor tout seul dans cette forêt, quelles relations Maria entretenait avec sa mère et ses oncles, précisément, des moments de complicité, de tendresse. Autant d’éléments qui auraient encore enrichi l’image que je me fais de ces personnages tous intrigants. Mais vraiment, avoir ce genre de remarques à faire à l’issue de la lecture d’un premier roman, je pense qu’en réalité, ça revient à faire un compliment.

Merci, M. Angeletti, pour ce bon moment de lecture, pour cette histoire originale, riche, passionnante et surtout profondément humaine. Merci également aux éditions Amalthée.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Throwback Thrusday Livresque 2019 – Cycle 2 – Episode 2

Le Throwback Thursday Livresque est une initiative de BettieRoseBooks afin de parler de livres qui nous ont marqués, plus ou moins récemment. En 2019, les règles changent un peu.

Chaque mois nous tournerons autour d’un concept et de quatre de ses déclinaisons. Le challenge sera de ne pas reprendre le même livre pour les déclinaisons du concept.

NOUVEAU CYCLE : COULEURS
Pour l’interprétation, vous êtes totalement libres à nouveau. Il peut s’agir de la couleur de la couverture, de celle dont le personnage se revêt toujours, d’une couleur qui revient sans cesse dans l’histoire (exemple le rouge de roses… ), la couleur d’un lieu d’action qui ressort… Pas de limites ! Facile, non ?

  • Semaine 5 : Noir, blanc, gris
  • Semaine 6 : jaune, orange, rouge
  • Semaine 7 : rose, violet
  • Semaine 8 : vert, marron, ocre
  • Semaine 9 : bleu

Quand je pense à ces trois couleurs et à l’espèce de camaïeu qu’elles dessinent, ce qui me vient en premier, c’est la couverture d’un roman de la célèbre et adorée (ô combien !) J. K Rowling, Une Place à prendre.

CVT_Une-place-a-prendre_1950Ce roman m’avait été offert par mon cher et tendre le jour même de sa sortie en France, parce que ledit cher et tendre savait à quel point j’avais aimé la Saga Harry Potter. C’est donc dans un état d’excitation certain que je m’étais lancée dans cette lecture.

Elle m’a marquée parce que je me souviens avoir d’abord été déçue : on est tellement loin de Poudlard, et même si je le savais et que je ne souhaitais pas retrouver ici mes chers amis sorciers, cet univers désespérément réaliste et même vraiment sordide a été un choc assez violent pour la petite fan que j’étais (et que je suis encore !).

De fait, c’est une lecture que j’ai trouvée un peu fastidieuse, longue, mais heureusement, il arrive un moment où J.K Rowling confirme son talent de conteuse (était-ce bien nécessaire ?) en nouant entre elles les différentes intrigues qui tendent à perdre le lecteur peu assidu, pour faire émerger une vérité tout aussi sordide, mais qui m’avait surprise à l’époque.

Je sais que ce roman fait polémique et qu’il a déçu grand nombre de lecteurs. Il y a des gens comme ça : J. K Rowling sera toujours, dans nos cœurs, la maman d’Harry, Ron & Hermione, tout comme Romy Schneider sera toujours Sissi. Et pourtant, je me souviens avoir été contente d’avoir découvert cette autre facette de ma magicienne préférée.

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

De poudre, de cendre et d’or de Gwendoline Finaz de Villaine

Date de sortie: Janvier 2019
Editeur: French Pulp Editions

Seconde fois que je vous parle de cette auteure, souvenez-vous en 2012, je faisais une chronique sur Les brumes de Grandville, mon premier service presse, un grand souvenir, une grande fierté, et déjà une plume qui m’avait marqué, voici ce que je vous en disais à l’époque, soyez indulgents, je débutais:

Les brumes de Grandville tome 1

Me revoici 7 ans plus tard et mon enthousiasme pour cette auteure reste le même, Gwendoline Finaz de Villaine est une magicienne des mots, elle prend son temps afin de poser le décor, de vous ferrer petit à petit, elle vous fait même douter. La première partie de ce roman est mystérieuse, le lecteur cherche à découvrir où tout cela va le mener, une jeune femme en souffrance, un voyage dans le temps et quel voyage, Eva se retrouve en 1912 en Inde et à partir de là les événements se déchaînent et le lecteur est pris au piège. Tout cela avec un style, une classe, une élégance, une volonté de véritablement immerger le lecteur dans l’histoire et dans les sensations d’Eva. Je dois pourtant avouer qu’à un moment j’ai regretté qu’à mon nez ne viennent pas les odeurs d’épices, la beauté des fleurs, le vent qui souffle à mon visage mêlant toutes ces sensations typiques de Bombay, puis en poursuivant ma lecture, j’ai compris que ce n’est pas sur ce chemin que ce livre allait me mener, il est pourtant un magnifique hommage à ce pays dont la beauté n’est plus à démontrer. Ce voyage en Inde en 1912 est une immersion au sein de coutumes, et de l’histoire Nationale et politique, un abord différent, une facette pour moi inédite, une vision plus intrinsèque et intimiste de ce pays.

J’ai particulièrement aimé Eva, une femme forte, qui garde la tête froide et qui raisonne avec intelligence, elle va à l’essentiel que ce soit dans ses raisonnements ainsi que dans sa relation avec le ténébreux Hartford Wesley. Voilà je viens de vous parler de cette touche d’épices supplémentaires, ce petit zeste qui donne du pep’s, mais je ne vous en dis pas plus, c’est à vous de découvrir ce petit plus…

Un soupçon de magie, une enquête originale dans un lieu aussi beau que terrifiant, des personnages hauts en couleurs, une héroïne qui a la tête sur les épaules, tout cela donne un roman passionnant jusqu’à la dernière ligne qu’il vous faut absolument découvrir. Merci à French Pulp Editions.

Résumé:

Eva Greville, responsable du patrimoine chez Cartier, découvre un mystérieux tableau de Maharajah, qui la propulse comme par magie au cœur de l’Inde coloniale. 

   Elle se retrouve à Bombay en 1912, accusée d’avoir volé l’Œil de l’Idole, un somptueux collier destiné au souverain de Jaipur. Eva cherche à se disculper, tout en succombant au charme d’un irréductible Anglais, Hartford Wesley.

  Tiraillée entre le passé et le présent, Eva devra survivre et affronter les insurrections du peuple indien. Saura-t-elle résoudre l’énigme du collier et conjurer le sort, choisir entre deux destins ? 

   Des palais du Rajasthan aux grottes d’Ajantâ, de l’Inde mystique à la chasse au tigre de Ranthambore, une véritable plongée dans l’Inde sublime et terrible à la fois.

Outlander au pays des Maharajahs

Sœurs de lait de Frédérique-Sophie Braize

IMG_20190228_234842.jpgC’est lors de notre visite au Salon du Livre des Essarts Le Roi (dont vous trouverez le compte-rendu ici) que ce roman m’avait fait de l’œil. J’avais été intriguée par le fait que cet ouvrage avait reçu un prix de l’Académie Nationale de Pharmacie, mais son auteure, très abordable, m’avait expliqué pourquoi.

J’ai enfin pu lire son texte et j’en suis ravie ! C’est un roman finement construit qui repose sur des mensonges et des silences, propres à chaque famille, mais qui, ici, aggravent la situation déjà rendue critique par la visite étrange de trois hommes qui semblent vouloir, sans contrepartie, aider la population du petit village en fournissant à ses habitants des soins, à base de radium.

Aujourd’hui, cela fait frémir mais à l’époque, on pouvait encore penser que la radioactivité pouvait avoir des effets bénéfiques sur le corps, malheureusement. Ainsi Frédérique-Sophie Braize articule les conséquences de la Grande Guerre (les morts, les gazés, les gueules cassées, les malades, les célibataires), les progrès scientifiques et une saga familiale. Le récit s’étend sur plusieurs années et met en scène quatre sœurs de lait : Ferdinande, Anthelmette, Zoé et Coqueline, aux prises avec une sorte de malédiction familiale. En effet, Prunelle et Prudent, leurs parents n’ont jamais réussi à garder en vie un fils. A l’époque, avoir une fille n’a aucun intérêt financier et génère des tensions familiales importantes, c’est ce qui explique aussi qu’Anthelmette se détourne de sa propre fille alors que Zoé se bat bec et ongles pour sauver ses jumeaux, d’autant que son fils aîné vient lui aussi de perdre la vie.

Non, ce roman n’est pas d’un abord facile : les sujets traités sont assez graves, l’ambiance de départ est plutôt lourde et les noms (qui nous paraissent) étranges de tous ces personnages obligent le lecteur à se concentrer. Mais ça ne dure pas bien longtemps : j’ai été vite happée par les aventures de ces femmes, de nombreux fils conducteurs se mêlent et l’on se demande : si Coqueline va épouser Côme (le Parisien, bon samaritain, croit-elle), si Anthelmette va aimer sa fille, si Ferdinande va revenir, ce qu’a bien pu faire Anselme pour être réformé… Et il faut vraiment aller au bout pour tout comprendre. J’ai donc, tout simplement, dévoré ce texte, tenaillée par l’envie de savoir qui étaient tous ces gens, quels étaient leurs secrets.

Les personnages sont vraiment intrigants. Si l’on s’attache plutôt facilement à Coqueline, Zoé, Zéphir, Anselme, Ferdinande, Pasque, Florimont et Fleur, les autres membres de la famille sont assez énigmatiques et dérangeants. Quant aux trois escrocs, je dirais que leur portrait est plutôt fin, notamment celui du docteur et du vétérinaire. Côme est à part, il joue un double jeu que le lecteur lui-même découvre au fil du texte, mais ses dernières apparitions font définitivement de lui un être abject. Je suis vraiment passée par de nombreuses émotions au fil de ma lecture, donc.

Le cadre médical fait froid dans le dos. On se rend compte de manœuvres de l’industrie pharmaceutique pour faire passer le radium partout (dans l’eau, les médicaments, les savons, les crèmes, les légumes, la terre elle-même, les vêtements) au point de pouvoir utiliser un village entier comme cobaye. Ca semble inhumain et fou, et pourtant, c’est encore un pan bien sombre de notre Histoire, un pan que nous méconnaissons. L’auteure est savamment documentée et nous livre toutes ces informations sans aucune lourdeur, ce qui constitue un vrai tour de force. 

Aujourd’hui encore, les nombreux rappels de médicaments, de laits infantiles font ponctuellement planer la menace d’empoisonnements plus ou moins généralisés. Nous ne sommes pas beaucoup plus à l’abri de tout cela…

Mais ce qui m’a le plus touchée à la lecture de Sœurs de lait, c’est l’évolution de cette famille. La sècheresse et la dureté qui caractérisent notamment la mère laissent peu à peu entrevoir un amour très fort pour ses filles et ses petites-filles. Les quatre femmes, pas forcément proches au début, tissent des liens dans la douleur, des liens qu’elles voient devenir indéfectibles. Malgré leurs différends, elles se soutiennent, se prêtent main forte si besoin et finissent par former un cercle solide. La fin, à cet égard, est assez émouvante.

Je remercie donc chaleureusement Frédérique-Sophie Braize pour son enthousiasme communicatif qui a suscité ma curiosité lors du salon des Essarts-Le-Roi, ainsi que les éditions De Borée qui m’ont gentiment fait parvenir l’exemplaire que j’ai dévoré en quelques jours.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)

Les mal-aimés de Jean-Christophe Tixier

J’ai été sélectionné lors d’un masse critique privilégiée sur Babelio. Me voici donc, certes très en retard à lire ce roman et cet auteur dont je ne connais rien du tout. Les mal- aimés est un roman extrêmement noir, il touche à l’enfance à une période, fin du 19ème siècle et début du 20ème, et dans un lieu où la noirceur de la campagne semble tout dévorer. L’auteur nous dépeint des personnages durs, sales, peu instruits pour la plupart, ils commettent des actes révoltants, des négligences qui laissent un goût âpre dans la bouche. La peur de la justice divine et de la présence du diable, des âmes vengeresses, les inquiètent davantage que la justice des hommes.

Naître sur ces terres à ce moment vous englue, vous empêche de quitter les lieux. Résignés, alcooliques, violents, tous les tableaux les plus noirs nous sont dressés ici et laissent bien après la fin de cette lecture une étrange sensation. On ne sait pas trop à quoi on vient d’assister, pour ma part je sais juste que je respire l’air frais à nouveau, je me sens moi-même comme si je venais de quitter ce bagne dont il est question tout au long du livre, en toile de fond.

Un roman fort, l’écriture de Jean-Christophe Tixier est belle, elle porte les émotions, qu’elles soient agréables ou non. Un livre qui marque, qui scotche et qui ne laisse, quoi qu’on en pense, pas indifférent.

Merci à Babelio ainsi qu’à Albin Michel pour cette découverte.

Résumé:

1884, aux confins des Cévennes. Une maison d’éducation surveillée ferme ses portes et des adolescents décharnés quittent le lieu sous le regard des paysans qui furent leurs geôliers.

Quand, dix-sept ans plus tard, sur cette terre reculée et oubliée de tous, une succession d’événements étranges se produit, chacun se met d’abord à soupçonner son voisin. On s’accuse mutuellement du troupeau de chèvres décimé par la maladie, des meules de foin en feu, des morts qui bientôt s’égrènent… Jusqu’à cette rumeur, qui se répand comme une traînée de poudre : « ce sont les enfants qui reviennent. » Comme si le bâtiment tant redouté continuait de hanter les mémoires.

Porté par une écriture hypnotique, le roman de Jean-Christophe Tixier, portrait implacable d’une communauté rongée par les non-dits, donne à voir plus qu’il ne raconte l’horreur des bagnes pour enfants qui furent autant de taches de honte dans l’Histoire du XXe siècle.

Sur les ailes de la chance de Georgia Hunter

Découvrir à l’âge de 15 ans que vous êtes issue d’une famille qui a survécu à l’holocauste, c’est ce qui est arrivé à Georgia Hunter, elle a fait de cette incroyable révélation un roman. Un travail de recherche absolument incroyable lui a permis de nous présenter la terrible histoire de cette famille juive polonaise durant la Seconde Guerre mondiale.

L’auteure dont voici le premier roman a donc effectué un travail titanesque afin de rassembler les destins de la famille Kurc, une famille soudée, courageuse, qui force le respect à de nombreuses reprises durant les événements qui sont relatés dans ce roman riche en faits historiques, de 1939 à l’issue de cette terrible guerre et de l’horreur qu’ont vécue les Juifs polonais, lors de l’occupation de leur patrie par les nazis. Malgré des moments certes difficiles et insoutenables, nous ne tombons pas dans le drame et la lamentation, que bien entendu, cette période crée en nous. Non, nous vivons dans cette lecture, le combat, la force, la volonté de survivre, de protéger les siens. Une véritable leçon de courage, qui rend un hommage fort et vibrant à tous ceux qui ont laissé leur vie, qui ont perdu un proche durant cette guerre.

Une approche, pour moi qui lit régulièrement des romans sur cette période, différente car la Pologne n’est pour ma part, pas la face la plus exposée, la plus narrée, ce pays a pourtant tellement souffert, lui aussi…

Une lecture donc, émouvante, forte, puissante, qui parvient à faire resurgir le meilleur au milieu du pire, l’espoir au cœur de l’innommable, la force des liens familiaux face aux distances et aux obstacles. A LIRE ABSOLUMENT.

Les blogueurs en parlent:

https://www.editionsleduc.com/produit/1786/9782368123447/sur-les-ailes-de-la-chance

Résumé:

Inspiré par l’incroyable histoire vraie d’une famille juive polonaise séparée au début de la Seconde Guerre mondiale, Sur les ailes de la chance est un hommage au triomphe de l’espoir et de l’amour sur l’horreur.

Au printemps 1939, la famille Kurc fait de son mieux pour mener une vie normale, en dépit du danger chaque jour plus proche. Halina savoure son histoire d’amour naissante, Jakob prépare son avenir avec Bella, et Mila s’habitue à son nouveau statut de mère, sous le regard bienveillant de Nechuma, la matriarche de cette joyeuse tribu. Chacun à sa façon tente d’oublier la situation de plus en plus précaire des Juifs dans leur ville de Radom, en Pologne. Mais l’horreur qui envahit l’Europe ne va pas tarder à les rattraper.

Séparés par six années de guerre et cinq continents, des jazz clubs du Paris des années 1930 aux plages de Rio de Janeiro en passant par le goulag sibérien et le ghetto de Varsovie, les Kurc vont traverser la guerre, poussés par la même rage de survivre et l’espoir, immense, qu’un jour ils seront à nouveau réunis.

Les Classiques de Priscilla – Mrs Dalloway de Virginia Woolf

Je suis encore dans les temps, ouf… Dans les temps pour vous parler de mon mois de février du ReadingClassicsChallenge 2019 dont vous avez mon programme ici.

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J’ai donc découvert ce mois-ci Virginia Woolf et son célèbre roman Mrs Dalloway. C’est une lecture qui a été longue et difficile en ce qui me concerne. J’ai beaucoup aimé le style : tout y est décrit en nuances, en sensations qui invitent le lecteur à imaginer parfaitement le Londres des années 1920, et ça, ce fut un réel plaisir.

Je ne peux qu’être admirative du tour de force opéré par Virginia Woolf dans ce roman où il ne se passe pas grand chose, mais pendant plus de 300 pages. C’est ce qui a rendu ma lecture un peu fastidieuse, je n’ai que rarement été happée par un suspens qui m’aurait motivée à ouvrir mon livre à chaque occasion et, fait assez rare en ce qui me concerne, mes yeux se sont souvent fermés malgré moi au cours de ma lecture. D’ailleurs, l’action que nous attendons le plus n’a jamais lieu.

IMG_20190225_220945_654Et pourtant… Pourtant, j’ai aimé ce roman ! Ce glissement opéré entre plusieurs personnages, chacun nous offrant un monologue intérieur par définition très intime. Je me suis sentie émue par Peter, Clarissa, Richard, Septimus et Rézia en particulier. Nous sommes confrontés, presque malgré nous, au décalage qui existe entre les apparences et les méandres profonds de leurs âmes. Nous découvrons alors les finesses des psychologies, les incidences du passé et les manœuvres des égos surdimensionnés des bourgeois anglais.

A cette richesse de la narration s’ajoute un travail important de tissage entre les différentes « intrigues ». Tout se passe comme si nous suivions un personnage, jusqu’à ce qu’il en rencontre un autre, qui l’intrigue de quelque manière que ce soit, et que nous choisissions de changer notre focalisation pour suivre ce nouveau personnage.

Pour moi, ce roman est une parfaite illustration d’une forme de tragédie moderne, celle de ces personnages de la haute société qui donnent le change, quitte à s’enfoncer dans des vies mornes, sans saveur, désespérées, accrochés qu’ils sont à un passé, une adolescence insouciante ou qu’ils veulent voir comme telle. Ces gens deviennent ternes, vides, dépressifs, suicidaires mais surtout condamnés à ne pas s’en sortir, comme prisonniers d’une destinée qui les dépasse. En effet, on sait, on sent que Clarissa & Peter n’arriveront pas à vivre un amour, dont on ne peut même pas assurer qu’il serait salutaire ; on sent que personne ne connaît vraiment Clarissa qui finalement ne s’interroge sur ses sentiments qu’à l’égard d’une personne qui n’est ni son mari, ni son premier amant.

Mais attention, je ne ressors pas moi-même déprimée par ma lecture, déjà parce que je n’appartiens pas, et heureusement, à cette catégorie de personnes et parce que, ce que je garde de ce récit, c’est sa beauté et sa poésie, malgré une certaine lenteur.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? Ca m’intéresse…

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla)