Un fils obéissant de Laurent Seksik

Vous le savez tous, il y a des romans qui nous passionnent, qui nous fascinent, qui nous révoltent, qui nous interrogent… Et puis il y a ces romans qui nous scotchent, tellement ils sont humains, des romans dont on sent qu’ils sont comme des amis intimes, de ceux qui nous connaissent mieux que personne…

Un fils obéissant fait partie de ces rares textes qui m’ont parlé comme peu de textes savent le faire, avec une humanité, une simplicité et une beauté qui m’ont autant émue que le sujet du livre.

C’est l’histoire d’un quinquagénaire qui vient de perdre de son père et qui, un an après le drame, se souvient de ses derniers instants avec lui. C’est aussi l’histoire d’un enfant qui voue un culte à cet homme qui lui apprend la Vie, qui lui apprend tout, qui le porte, même quand il n’a plus envie d’être relevé. C’est l’histoire d’un quinquagénaire qui vient de perdre son père mais veut rester l’enfant auprès de son papa.

Laurent doit écrire un discours en hommage à Lucien. Mais comment rendre hommage à ces êtres qui nous créent, nous construisent, nous blessent parfois, mais nous aiment, comme jamais plus personne ne nous aimera ? Comment faire de cet hommage un texte qui ne soit pas triste mais qui ne soit pas non plus dépourvu de ce sentiment de manque affreux dont on ne se défait jamais ? Laurent Seksik a pansé mes blessures, sans essayer de les masquer par l’oubli ou la détermination, simplement en le nommant, en parvenant à dire l’indicible, de l’amour et de la peine, de l’admiration et de la colère, de la reconnaissance et du deuil.

La force de ce texte réside dans la parfaite maîtrise d’une alternance toujours juste entre sourires aux lèvres et larmes aux yeux. Car c’est là qu’est la vérité, c’est ce qu’explore ce texte, ce petit espace de flottement entre le souvenir heureux et le sentiment de vide qui lui succède inévitablement.

« Je pleurais comme certains esprits simples disent qu’un homme ne devrait jamais pleurer, anéanti de douleur, un édifice effondré sur mes épaules, je pleurais de désespoir, liquéfié, dissous, manquant de souffle et d’air. Mais le plus étrange était que ce saccage intime qui me laissait plus abattu qu’un boxeur après son combat, loin de m’affliger, s’accomplissait dans une sorte d’extase, car cet abîme de désolation, plongée à l’écart di monde, m’accordait de partager un dernier moment avec mon père. »

C’est un texte fort, beau, profondément vrai et tellement touchant. On y retrouve les émotions positives de l’enfance idéale, les colères amusantes de l’adolescence contrariée, les dilemmes de l’adulte en devenir et les maux de l’adulte qui regrette son enfance mais regarde vers l’avenir. Le portrait de Laurent qui se dessine en filigrane dans ce récit est celui, sans concession, de l’homme, de tous les enfants qui ne le sont plus, le mien, et très certainement, le vôtre aussi…

Priscilla

L’Hiver du mécontentement de Thomas B. Reverdy

Ce roman, qui a remporté le prix Interallié en 2018, me semblait très prometteur à la lecture de la quatrième de couverture, et pourtant, j’ai été déçue. Je vous explique pourquoi juste après la quatrième de couverture.

« L’hiver du mécontentement », c’est ainsi que le journal le Sun qualifia l’hiver 1978-1979, où des grèves monstrueuses paralysèrent la Grande-Bretagne. Dans un Londres en proie au désordre, Candice répète pour incarner le Richard III de Shakespeare. Entre deux courses à vélo, la rencontre d’une Margaret Thatcher encore méconnue ou du jeune musicien Jones, elle essaie de se faire une place dans ce monde.

Thomas B. Reverdy écrit le roman de cet hiver qui a sonné le glas d’une époque et accouché d’un monde sans pitié. Mais il raconte aussi comment de jeunes gens réussissent à s’y faire une place, en luttant avec toute la vitalité, la détermination et les rêves de leur âge.

Vous connaissez maintenant ma prédilection pour les romans à toile de fond historique… Ignorant tout de cette période sombre et décisive pour la Grande-Bretagne, j’avais hâte de me plonger dans l’époque et de voir des personnages auxquels je me serais attachée se battre avec leurs démons. Et c’est là que le mélange n’a pas pris sur moi. J’ai trouvé que le récit des grèves, de la dégradation progressive des rues de Londres, des conditions de travail prenait trop de place, notamment parce que l’auteur met à les décrire un soin quasi-scientifique. C’est trop pour moi. Je me suis accrochée au début, mais j’avoue avoir sauté des pages entières, ce qui ne m’arrive jamais.

Les personnages sont, de ce fait, relégués au second plan. Je déplore un manque d’évolution chez nombre d’entre eux. Si Candice est attachante, son histoire est trop rapide, paraît presque bâclée et le lecteur passe à côté de tout ce qui fait la consistance d’un personnage romanesque. Ne parlons même pas des autres, dont on ne sait quasiment rien (qu’il s’agisse de Cindy, Jones ou Alice). Il manque les éléments clés de leur histoire : la première de la pièce, l’histoire d’amour, les conséquences du départ… Tout cela laisse vraiment un goût d’inachevé.

Il y a néanmoins de bons points dans ce roman, évidemment. J’ai beaucoup aimé, par exemple, la description en pointillés de Margaret Thatcher que l’on voit devenir La Dame de Fer après n’avoir été que la fille d’un épicier.

J’ai adoré, surtout, toute la réflexion de Candice sur le pouvoir à travers les notes qu’elle prend pour s’approprier le rôle de Richard III. Les parallèles entre l’histoire de ce tyran et celles des luttes politiques pour le pouvoir au sein d’une Angleterre en pleine crise sont d’une grande finesse et invitent à la réflexion. D’autant plus que les parallèles ne se limitent pas à l’Angleterre de 1978, loin s’en faut. Je vous laisse juger.

Voilà, je sais bien que ce roman a été encensé et je suis ouverte à la discussion avec tous ceux qui trouveront mon jugement cruel, mais pour le coup, cette fois, je suis complètement passée à côté…

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Trancher d’Amélie Cordonnier

Pervers narcissique, harcèlement moral, maltraitance des femmes… Ces sujets sont complètement d’actualité. Non pas parce qu’il y a davantage d’hommes mauvais qu’il y a cinquante ans, mais seulement parce qu’aujourd’hui la société a mis un nom dessus et que leurs méfaits sont enfin reconnus.

Dans ce court mais très beau roman d’Amélie Cordonnier (qui sort en poche le 4 septembre), nous reconnaissons les traits de ces histoires et pourtant, aucune redite ! L’auteure réussit le challenge d’écrire un roman entier à la deuxième personne du singulier. Qui parle ? On ne le sait pas vraiment, et pourtant on se laisse embarquer, très facilement.

C’est l’histoire d’une femme amoureuse, d’une mère de famille bienveillante et aimante, d’un être bafoué dans son intimité et dans sa confiance en elle. Après avoir traversé, avec son mari, une période violente et destructrice, après avoir rompu et finalement laissé une chance à l’homme de sa vie, après sept années de bonheur, le Mal revient en force. L’alcool, la jalousie, la colère, tout se mêle pour transformer l’homme gentil en Bête pour sa femme et pour ses enfants. Et puis, un jour, c’est trop ! En mettant des mots sur sa vie, cette jeune femme prend conscience de la réalité et prend une décision : trancher, sous quinzaine ! Elle restera ou le quittera pour toujours. Le compte à rebours est lancé. L’homme en est informé, et pourtant, il ne parvient pas à être parfait pendant deux semaines : oscillant entre une forme orale de barbarie et des preuves d’amour à n’en plus finir. La jeune femme semble prendre peu à peu de l’assurance face au Monstre, mais elle n’est jamais aussi froide qu’elle le souhaiterait face à l’homme.

Evidemment, on peut juger. Il est facile de se demander pourquoi elle reste si longtemps, pourquoi elle lui laisse tant de pouvoir. Mais les mots d’Amélie Cordonnier disent tout, pour peu qu’on veuille les entendre. Ils disent les horreurs prononcées par le Monstre, les déclarations d’amour offertes par l’Amant, les colères et les angoisses des enfants, les doutes, les espoirs et les désillusions de la femme. Aux grossièretés gratuites et injustifiées succèdent de beaux moments de littérature.

Avec le personnage, je me suis demandé si les choses s’arrangeraient, si l’on pouvait pardonner un tel comportement, si l’on pouvait tout recommencer. Finalement, la question n’est pas de savoir si l’on peut accepter ça, évidemment, objectivement, on ne peut pas, on ne doit pas. Mais que faire quand on aime l’autre bien plus qu’on s’aime soi-même ? On a beau dire qu’il ne faut pas, c’est bien le propre de l’amour – de soi, d’un autre – de ne pas pouvoir être contrôlé. Est-il humainement possible de trancher ? Dans le vif, comme ça, sans pouvoir recoller les morceaux ? Quitter un être, c’est dire « Adieu » à sa vie telle qu’on la connaît. Il faut du courage, une forme d’abnégation et énormément d’amour, pour soi-même et pour ses enfants. Tout ça, elle l’a. Est-ce que ça suffit ? A vous de trancher…

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Le Jardin des étoiles mortes de Laure Margerand

Aujourd’hui je vais vous parler du « Coup de cœur de l’éditeur » chez J’ai lu. Un coup de cœur que je comprends pour de nombreuses raisons : l’originalité de l’histoire d’abord, les choix narratifs ensuite, la tonalité faussement légère qui rend ce récit très plaisant malgré la gravité du sujet abordé.

hdrplL’intrigue d’abord. Alors qu’il vient d’être largué sans raison, Bertrand sombre dans un état de dépression avancé : il perd son emploi, mange mal et passe son temps à traquer son ex sur Internet. De cette attitude franchement pathétique découle sa prise de conscience : on ne devrait pas pouvoir ainsi fouiller dans la vie de ceux qui ont décidé de nous quitter, ou même qui sont morts. Après avoir rencontré un informaticien, hacker à ses heures, il décide de créer Obseq-Net, un service auquel il faut s’abonner afin qu’il gère l’effacement de nos données virtuelles au moment de notre mort.

Parallèlement, le lecteur fait la rencontre d’Inès, une jeune femme moderne, pleine de talent et entièrement focalisée sur sa carrière jusqu’à ce qu’elle rencontre Edgar-Lucas, un homme fascinant dont elle tombe éperdument amoureuse.

Seulement voilà, un jour, Bertrand reçoit le certificat de décès d’Inès. Comme à son habitude, il se met à fouiller sa vie virtuelle, mais cette fois, il tombe complètement sous le charme de la jeune femme partie bien trop tôt. Commence alors une enquête au départ un peu malsaine, pendant laquelle Bertrand vit par procuration une relation amoureuse avec la jeune femme ; mais cette enquête s’avèrera peu à peu concluante et nécessaire.

Les choix narratifs confèrent une grande originalité au récit. En effet, on alterne dans un premier temps entre les histoires de Bertrand et d’Inès mais dans un second temps, l’espace entre le temps du flashback et le temps de la narration se réduit. L’attitude de Bertrand pose question à de nombreux personnages de son entourage, mais elle interroge également le lecteur : il fait, avec Inès, ce que l’on peut craindre de tous les gens mal intentionnées qui traînent sur Internet (espionnage, téléchargement des photos, traçage des achats et des échanges). D’ailleurs, même si je ne peux pas vous raconter la fin, mais je ne suis pas certaine qu’après un Edgar-Lucas, ce soit rassurant de tomber sur un Bertrand qui raconte une histoire comme celle-là.

Malgré ce petit aspect moralement discutable, ce roman se dévore en quelques heures, tellement on veut comprendre. L’histoire d’Inès, d’abord très légère, prend vite une sombre tournure et comme Bertrand, on se prend à vouloir comprendre ce qui a bien pu lui arriver. L’amour fou, exclusif, qu’elle partage avec son petit ami devient vite dangereux. Les pervers narcissiques sont des êtres tellement effrayants… J’ai été assez fascinée par la manière dont le piège se referme sur Inès. L’auteure ne passe rien sous silence et il faut vraiment avoir déjà connu le phénomène pour sentir les rouages malsains dissimulés derrière les week-ends en amoureux déconnectés, les crises de jalousie inexpliquées et les cadeaux incessants.

On s’attache donc très facilement à cette jeune femme qui a tout pour être heureuse (une maman aimante, une meilleure amie au top, des talents insoupçonnés, des goûts musicaux qui font sourire) et qui rayonne. Sa vie, ponctuée de coups de téléphone, de déplacement professionnels, de box découvertes et de saunas avec sa copine, permet au roman de garder une légèreté que le thème aurait pu lui retirer. Et on le préfère largement avec !

C’est un roman aussi dérangeant et glaçant que plaisant et original. Un cocktail détonant qui, en ce qui me concerne, a bien fonctionné. Vous laisserez-vous tenter ?

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Les belles vies de Benoît Minville

Avec ce roman qui se dévore littéralement, Benoît Minville réussit à évoquer la vie d’adolescents blessés, ces gamins de la DDASS paumés, parfois délinquants mais jamais volontairement mauvais, sans écrire pour autant un roman triste.

IMG_20190612_133710_184Djib et Vasco sont deux jeunes, un peu borderline. L’un vit avec sa mère et sa sœur, son père ayant abandonné le foyer quelques années auparavant ; l’autre vit avec ses deux parents, des émigrés du Portugal, et son petit frère Hugo. Ils ne sont pas brisés par leur enfance, ils sont juste adolescents. Ils fument, boivent de temps en temps, se battent assez facilement, sèchent les cours de temps en temps. Mais cette ultime baston, à la fin de l’année scolaire, va changer le cours de leurs vies. Fatigués de devoir aller les chercher au commissariat, leurs trois parents décident de les envoyer dans la Nièvre, dans la maison de « Tata & Tonton », famille d’accueil pour la DDASS.

Là-bas, les deux jeunes banlieusards seront confrontés à des réalités, des sentiments, des émotions qu’ils ne soupçonnaient pas : l’injustice évidemment, la colère, l’amitié, l’amour, la solidarité, le pardon. Ils en ressortent grandis, différents. Benoît Minville se garde pourtant bien de faire à ses lecteurs une quelconque leçon de vie.

Pour moi, qui travaille depuis 10 ans maintenant au contact d’adolescents, ce roman est un petit trésor de réalisme. Il permet aux adultes que nous sommes de relativiser le discours ambiant sur ces graines de voyous. J’ai beaucoup souri en les « entendant » parler, en lisant le cheminement de leurs pensées, parfois tordues, je veux bien l’admettre ; j’ai été très émue par ces jeunes adultes en devenir qui doivent composer avec le vol de leur enfance, avec leur manque d’assurance, avec des tas d’erreurs pour lesquelles ils paient, alors que ce ne sont pas les leurs. Chaque personnage est attachant et on a à cœur de les voir s’en sortir, pas sur le long terme, nous ne sommes pas dans un conte de fées, mais au quotidien, face aux problèmes qu’ils peuvent régler, des problèmes qui semblent secondaires aux adultes occupés que nous sommes, mais qui constituent le peu d’éléments sur lesquels ces gamins ont une vraie emprise.

Ce roman m’a charmée sur bien des aspects et pourtant, ce qu’il ne dépeint n’est pas rose : il y a évidemment des enfants battus, des enfants abandonnés, des orphelins, mais en fait, quelle que soit leur histoire, ils sont avant tout des enfants. Les adultes de cette histoire sont eux aussi très touchants : Tonton & Tata évidemment qui sont des modèles de compréhension et d’amour (un amour qui se donne inconditionnellement et immédiatement, à tout le monde), mais aussi les mamans de Djib et Vasco, qui se battent pour que leurs fils aient le meilleur, même quand il faut se battre contre leur cœur de maman…

Je trouve que le texte, l’histoire, le style de Benoît Minville rendent un bel hommage à tous les adolescents et rappellent le rôle des adultes dans leur construction. Nous tous, parents, enseignants, encadrants, adultes en général, sommes en charge de la jeunesse, de notre relève, et c’est une vraie belle mission, j’en suis convaincue ! Merci donc à Benoît Minville de le dire de si belle manière et merci aux éditions J’ai lu pour cette touchante découverte !

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La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose de Diane Ducret

Quand j’ai commencé ce roman, je m’attendais à un feel good léger et ça commence de cette façon. J’ai tout de suite été embarquée par la plume virevoltante de Diane Ducret qui a des formules vraiment drôles face à des situations qui paraissent dans un premier temps cocasses.

Pourtant, assez rapidement, le roman change de ton et nous embarque dans une histoire personnelle percutante, riche en rebondissements qui sont loin d’être heureux. Enaid est une jeune femme qui raconte son enfance, son adolescence et son entrée dans la vie d’adulte. Petite fille incomplète, incomprise, aimée mais pas de manière claire et pas de toutes les personnes nécessaires, elle devient une jeune femme rebelle, fragile en quête d’amour à tout prix, au point de se perdre elle-même dans cette quête, physiquement et psychologiquement, une adulte avec un handicap, prête à tout pour redevenir comme tout le monde. Nous la suivons, sans jamais nous lasser, de Paris à Biarritz, en passant par Rome, l’Espagne, Ibiza, la Suisse, car elle est toujours en fuite, en fuite de son carcan de vie, en fuite d’elle-même, en quête d’un amour qu’elle ne parvient pas à retrouver, puisqu’il s’agit de l’amour maternel.

Comment, en effet, vivre normalement quand on est séparé de sa mère, qui n’a plus le droit d’approcher son enfant, quand on vit avec ses grands-parents, dont on ne comprend qu’assez tard qu’ils sont ses grands-parents, quand on ne voit son père que par intermittence ? Comment croire que l’on peut être aimé quand les principales personnes qui sont censées nous aimer depuis le premier jour ne le font pas…ou si mal ?

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Ce que j’ai trouvé profondément émouvant dans ce roman autobiographique, c’est que, ayant à peu de choses près l’âge d’Enaid, je n’ai pu que me reconnaître dans certains de ses déboires (pas tous, rassurez-vous !) et surtout dans les conséquences qu’ils ont pu engendrer sur la confiance que l’adolescente que j’étais pouvait avoir en elle. On ne ressort pas indemne de cette lecture : la vie de notre héroïne est parsemée d’aventures, d’embûches mais le message reste toujours positif. On peut être un flamant rose, donner l’impression qu’on tient mal sur ses pattes mais tenir quand même, avancer malgré tout, voler même !

Enaid a cela d’héroïque qu’elle ne cesse jamais de se battre et qu’elle ressort toujours plus forte de ce qu’elle traverse. Par curiosité, j’ai été regarder quelques interviews de Diane Ducret après ma découverte de son roman et j’ai été d’autant plus admirative du personnage principal de son récit après l’avoir vue aujourd’hui. C’est une femme souriante, dynamique et vraiment très jolie, dont on voit immédiatement qu’elle s’est reconstruite, avec succès.

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Source : Wikipédia « Diane Ducret »

C’est donc, malgré des épreuves douloureuses, un roman essentiellement positif qui a cette originalité de ne pas être un feel good du début à la fin mais à la lecture duquel on finit par se sentir bien, vraiment !

Merci à Marie Foache des éditions J’ai lu pour cette découverte et à Diane Ducret pour son message humaniste et positif.

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

Nous avant tout le reste de Victoria Redel

photomania-6049ec24a93c1e85443a01ad1443a99dQuand la mort est imminente, quand la vie devient urgente, sur quoi se concentrer ? L’amour ? L’amitié ? La famille ? La vérité ? Le présent ? Le passé ? Peut-on mourir heureux ? Qu’est-ce que vivre heureux ?

Ce roman, dans lequel on sent la mort planer dès les premières pages, est un hymne à la vie.

Anna est condamnée et décidée à abréger ses souffrances. En cette occasion lourdement particulière, tous les gens qui l’aiment se réunissent pour tenter de la convaincre de se battre. Encore… Désespérément… Mais à travers ses « Vieilles Amies », celles de l’enfance, des bêtises et de la complicité, ses nouvelles amies, son mari, ses enfants, ses frères, son groupe de musique, Anna rejoue, avec un plaisir épuisé mais bienfaisant, les meilleurs moments de sa vie. Cet ultime flashback n’aura pas l’effet escompté, mais quel bonheur pour elle de se rendre compte, avant le grand départ, qu’elle a eu de la chance !

Ce roman m’a vraiment chamboulée parce qu’il a ravivé de nombreux souvenirs. On souhaite tous que les gens qu’on aime nous quittent avec la même certitude qu’Anna, on espère tous avoir joué un rôle déterminant dans leur bonheur, à l’heure du bilan. Et ce chemin, long et douloureux, pour ceux qui restent, ce chemin qui conduit à s’apercevoir que nos êtres chers ne meurent jamais vraiment, qu’ils sont en chacun de nous, dans nos souvenirs bien sûr, mais dans notre avenir aussi. Ces amis, parents que l’on connaît si bien qu’on les entend, outre-tombe, nous conseiller, nous consoler, nous guider ou se fâcher.

L’histoire n’est pas vraiment gaie, mais elle n’est complètement triste non plus. On ne peut pas accepter l’inacceptable, on ne peut que le subir, c’est en quelque sorte, le tribut que l’on paie tous un jour ou l’autre à la vie. Mais on continue, on avance, pour tous les autres êtres chers qui continuent à rythmer nos vies, pour que notre bilan soit lui aussi positif, pour que le leur nous compte parmi ce qui les a le plus marqués. Il y aura toujours des erreurs, des silences, des absences, mais il y aura toujours aussi des fous rires, des victoires, de l’amour.

Se souvenir de l’amour et oublier les aigreurs, pardonner les fautes, être reconnaissant pour toutes ces joies partagées un jour et qu’il ne faut jamais effacer. Les êtres passent, trépassent même mais leur simple passage est souvent une bénédiction. Anna n’est extraordinaire que parce que ses proches la voient ainsi, ses amies sont si précieuses parce qu’elle a voulu leur donner cette place. Bien sûr, il y a un peu de « Carpe Diem » dans ce texte que j’ai vraiment trouvé beau, mais c’est aussi un « Carpe Diem » au passé, parce qu’on ne peut, un jour, plus saisir grand chose du présent. Alors on se ressaisit de ses souvenirs, comme on ne l’avait jamais fait et ce faisant, on se sent bien, on oublie la peur qui nous paralyse. La vie est toujours plus forte que la mort, à nous de décider la direction vers laquelle se portera notre regard.

sticker-citation-carpe-diem-plume-oiseaux-ambiance-sticker-KC_2824Pas de leçon de vie dans ce roman, contrairement à ce que ma chronique pourrait laisser penser. Simplement, un roman qui touchera tous ses lecteurs qui pourront y plaquer leur propre expérience et qui forcément le refermeront les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres. Chez moi, il a fait naître l’envie de dire Merci à tous ceux qui, un jour, pour plus ou moins longtemps et avec plus ou moins de succès, ont essayé de faire partie des bons souvenirs…

Priscilla (@Priss0904, @litterapriscilla, Page Facebook)

J’irai danser ( si je veux ) de Marie-Renée Lavoie

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https://www.jailupourelle.com/j-irai-danser-si-je-veux.html

Collection : Lj
Genre : Contemporain
Thématiques : Comédie, Comédie romantique
Date de parution : 16/05/2018
Nombre de pages : 256
Format : Semi-poche

 

Voici une lecture fraîche mais qui malgré tout traite de la difficulté d’être quitté.

Diane tente de se remettre suite à son divorce, elle manque de confiance en elle mais elle peut compter sur sa meilleure amie pour la secouer.

On alterne avec cette lecture entre rires et émotion, on imagine tout à fait les difficultés rencontrées par cette femme qui aborde la cinquantaine et qui tente de remettre le pied à l’étrier. Des anecdotes touchantes et drôles, des scènes coquaces auxquelles s’ajoute la touche du verbiage Québécois qui chante à nos oreilles et nous dépayse tout au long de la lecture.

L’originalité est ici, je trouve, l’âge de l’héroïne car il faut avouer que la cinquantaine chez les femmes est peu utilisée dans les comédies de ce type.

Tous les ingrédients y sont, afin de passer un moment de lecture, léger et agréable.

De belles heures de lectures que je vous conseille.

Résumé:

Diane danse comme une enclume, aime les chats, se trouve moche et déteste les mariages. Surtout le sien. Elle vient de se faire plaquer pour « quelqu’un d’autre » (sexe non-identifié mais prévisible, genre « jeune pétasse »)… Désagrégée ou presque, Diane est secouée par sa meilleure amie. Celle-ci lui suggère de se remettre au plus vite sur le marché de la séduction, en commençant tout doux par le « frenchage », le flirt. Ji-Pi, le charmant comptable du quatrième étage, marié, devrait faire l’affaire. Enfin, normalement…

 

 

La vie étoilée d’Ethan Forsythe de Antonia Hayes

9782290153888 A paraître le 02 mai 2018

Antonia Hayes

J’ai Lu

508 pages

https://www.jailu.com/Catalogue/litterature-etrangere/la-vie-etoilee-d-ethan-forsythe

Difficile de vous parler de ce roman sans trop vous en dévoiler.

Je peux déjà commencer par vous dire que c’est une lecture emplie d’amour, entre Ethan et sa mère la relation est forte. Ce jeune homme de douze ans est différent, il est extrêmement intelligent, sensible, et isolé car souvent le génie est incompris. Il possède aussi l’intelligence du cœur, celle qui vous ouvre aux autres, à l’amour et qui vous donne la capacité de pardonner, de passer outre les problèmes, le genre d’enfant que l’on a envie de prendre dans ses bras, de protéger. 

Antonia Hayes nous raconte ici une histoire qui traite du pardon, de l’erreur humaine car en effet dans la vie tout n’est pas toute blanche ou toute noire…Le pardon peut-il être accordé en toutes circonstances? La difficulté n’est-elle pas de se pardonner à soi-même?

Nous découvrons l’histoire de chacun grâce à des retours dans le passé, qui petit à petit nous permettent de comprendre et nous amènent à voir les choses sous un autre angle.

Un roman émouvant, qui amène inexorablement à une réflexion sur notre propre position de parent et qui nous ouvre un regard différent sur nos enfants. A lire absolument car c’est une histoire de celle qui vous marque.

Résumé:

Du haut de ses douze ans, Ethan Forsythe est un garçon pas comme les autres : il vit la tête dans les étoiles, rêve d’Einstein et de supernovas. Ethan ignore tout de son père, jusqu’au jour où il tombe sur une étrange lettre… Quel secret sa mère garde-t-elle enfoui ? Ethan  veut découvrir par tous les moyes la vérité sur sa famille.